LES CLASSIQUES FRANÇAIS DU MOYEN AGE
publiés sous la direction de ^iario roques
PHILIPPE DE NOVARE )
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MÉMOIRES
I218-I243
ÉDITÉS PAR
CHARLES KOHLER
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PARIS ^^/^'
LIBRAIRIE ANCIENNE HONORÉ CHAMPION, ÉDITEUR
5, QUAI MALAQUAIS (VI°)
I9I3
121
IQIS
INTRODUCTION
Le récit que nous publions dans ce livre comprend toute l'œuvre
historique de Philippe de Novare, ou, plus exactement, tout ce qui
nous est parvenu de cette œuvre. Cet ensemble est formé de
deux morceaux distincts : 1° un court fragment d'autobiographie ;
— 20 une relation de la guerre de Frédéric II contre les Ibelins en
Terre-Sainte et en Chypre, de 12 18 à 1243. On lui a appliqué le
titre de Mémoires^ qui convient au premier morceau mais qui est
trop compréhensif pour le second. Toutefois, il n'y avait pas grand
inconvénient à le conserver, et c'est ce que nous avons fait.
La tradition manuscrite ne nous a pas livré ces Mémoires sans leur
avoir fait subir de nombreuses altérations, dues à la négligence ou à
la niaiserie des copistes et surtout aux opérations de remanieurs qui
les ont travaillés, tronqués et interpolés. Mais il était possible, au
moins pour une grande partie, de les restituer sous leur forme pre-
mière. On l'a tenté dans la présente édition qui, par là, diffère nota-
blement des précédentes.
I. — L'auteur et ses œuvres. — Philippe, dont l'origine resta
longtemps incertaine, était de Novare en Lombardie % et le nom de
cette ville lui servit de patronyme, sans que d'ailleurs on en doive con-
clure que ses ascendants aient été seigneurs du lieu. Il naquit appa-
remment vers 1195 ; sa famille était de bonne noblesse. Jeune
encore, il quitta Tltalie et se rendit en Chypre, où il entra comme
I. Gaston Paris, Philippe de Novare, dans Romania, t. XIX (1890), pp. 99-
102.
IV PHILIPPE DE NOVARE
écuyer au service d'un baron chypriote, Pierre Chappe. En 1218,
nous le trouvons avec ce personnage au siège de Damiette. Depuis
lors, son existence paraît s'être écoulée toute entière en Orient, et
c'est en Orient sans doute qu'il mourut, âgé de plus de 70 ans. Il y
vécut dans l'intimité des Ibelins, seigneurs de Baruth, d'abord auprès
de Jean 1er, dit le vieux sire de Baruth qu'il avait probablement
connu devant Damiette et auquel l'attachèrent les liens d'une admi-
ration sans bornes et d'une affection respectueuse ; puis, celui-ci
étant mort (1236), auprès de Balian III, son fils aîné et son suc-
cesseur, dont il fut l'ami et le compagnon d'armes, et qui lui servit
de compère. Il fut de leur clientèle, de leur « maisnie s et les suivit,
à partir de 1229 surtout, dans leurs expéditions guerrières. Cepen-
dant les travaux et les récréations de l'esprit semblent avoir eu
pour lui plus d'attraits que le métier des armes. Avant tout, il fut un
juriste, versé dans la pratique des cours féodales, praticien habile,
retors même, il l'avoue, et « le meilleur pledeourdeçà mer », au dire
de Hugues de Brienne, son contemporain i. A ce titre, ses patrons
les Ibelins remployèrent fréquemment dans leurs négociations, qu'il
terminait toujours à leur avantage — c'est lui du moins qui le rap-
porte.
Philippe a composé des ouvrages de genres divers : il en a lui-
même donné la liste dans l'épilogue de son livre Des quatre tenid'aage
(Tonte 2. Ce sont, outre ce traité de morale, qu'il publia à 70 ans pas-
sés, un traité de droit féodal, le Livre déforme déplaît 3, document
précieux au premier chef parmi ceux qui font connaître les institu-
tions des royaumes latins de Jérusalem et de Chypre ; enfin, une
série d'écrits en rimes et en prose, œuvres historiques et œuvres
d'imagination, composées par lui à différentes époques, sur des sujets
variés .
1. Doc. relatifs à la succcssîlnUté au trône et à la régence {Recueil des hist. des
croisades. Lois, t. II p. 404, cf. p. 406).
2. Publié en 1888 par M. Marcel de Fréville pour la Société des aiic.
textes français. Voy. plus loin, p. xxm : Bibliographie.
3. Publié en 1841 par le comte Beugnot. Voy. plus loin, p. xxiii : Biblio-
graphie.
IXTKODUCTIOX V
II. — Lk Ri-cuiiiL DH Philippe de Novare. — Nous n'avons à nous
occuper ici ni du traité Des quatre ien^ (Vaage d'onie, ni du Livie de
forme de plait. Mais il sera à propos de fournir quelques précisions sur
les autres œuvres de Philippe. Celles-ci ont chacune leur caractère
propre, comme on va le voir. Cependant, si on les rapproche dans
Tordre chronologique de leur composition, elles constituent un
ensemble, une sorte de journal intime, où nous voyons l'auteur
apparaître successivement avec les passions de la jeunesse, l'activité
et les ambitions de l'âge mûr, enfin avec les préoccupations plus
graves qu'inspire l'approche de la mort. Aussi, Philippe, devenu
vieux, voulut-il les réunir en un recueil qu'il laisserait à' ses des-
cendants, en mémoire de lui-même et de ses amis. Nous sommes
renseignés par son propre témoignage sur ce qu'il avait mis dans ce
Recueil. En tête, figurait une autobiographie partielle dans laquelle
il rappelait ses origines, les raisons et les circonstances de son éta-
blissement outre mer. Après, venaient des rimes et chansons « des
granz folies dou siècle que Tan apele amors » ; des chansons de cir-
constance composées par lui à l'occasion « d'une grant guerre qu'il
vit a son tens antre l'empereor Fredri et le seigneur de Baruth », et
sans doute au moment même où s'accomplirent les événements qui
en forment le sujet ; une Estoire ou Conte en prose de cette même
guerre, à laquelle Philippe avait pris part aux côtés des sires de Baruth,
Jean I^r et Balian III d'Ibelin ; enfin des « chansons et rimes de
Nostre Seigneur et de Nostre Dame et des sains et des saintes. » '
I. La partie de l'épilogue du livre Des quatre ten^id'aage d^ome d'où nous
tirons les renseignements qui précèdent, est ainsi conçue : « Phelipes de
Navarre (sic), qui fîst cest livre, en fist autres .11. Le premier fist de lui
meesmes une partie, car la est dit dont il fu, et comment et por quoi
il vint deçà la mer, et commant il se contint et maintint longuement par lu
grâce Nostre Seignor. Apres i a rimes et chançons plusors, que il meïsmes
fist, les unes des granz folies dou siècle que l'an apele amors ; et assez en i a
qu'il fist d'une grant guerre qu'il vit a son tons antre l'ampereor Fredri et
le seignor de Barut, mon seignor Jehan de Belin le viel. Et .j. moût biau
compe i a il de celé guerre meïsmes dès le commancement jusques a la fin,
ou que il sont devisé li dit et H fait et li grant consoil des batailles et des
sièges atiriez ordeneement ; car Phelipes fu a touz. Après i a chançons et
rimes qu'il fist plusors en sa viellesce de Nostre Seignor et de Nostre Dame
et des sains et des saintes. Celui livre fist il por ce que ces troveiires, et li
fait qui furent ou pais a son tens, et les granz valors des bons seignors
VI PHILIPPE DE NOVARK
11 est à présumer que, dans le Recueil, les chansons de la guerre
contre les Ibelins ne formaient pas un morceau à part, mais qu'elles
y figuraient dans le cadre même qui nous les a conservées, c'est-à-
dire enchâssées dans VEstoire en prose, et chacune à la place com-
mandée par le récit.
Le caractère très personnel, très subjectif, des productions ainsi
rassemblées par Philippe s'affirme encore expressément, pour VEs-
toire, dans l'intitulé de cette oeuvre :
« Ici comence l'estoire et le droit conte de la guerre qui fu
entre l'empereor Federic et messire Johan de Ybelin, seignor de
Baruth. Et par quey l'on peusse meaus entendre cornent mut et
comensa et fu celé guerre, et cornent avint que partie desChiprois se
tint vers l'empereor et la plusgrant partie vers le seignor de Baruth,
Phelipe de Nevaire, quy fu a tous les fais et les conseils, et qui
mainte fois a esté amés des bons pour le voir dire et haïs des mal-
vais, vous en dira la vérité, aucy corne en touchant les homes et les
grans fais. »
III. — Les Mémoires de Philippe de Novareet les Gestes des
Chiprois. -- Le Recueil de Phihppe ne nous est point parvenu ;
nous ne possédons même plus séparément aucun des morceaux dont
il était formé. Les chansons d'amour et les chansons pieuses
paraissent irrévocablement perdues. Mais un court fragment de
l'autobiographie semble avoir passé dans la première partie de la
vaste compilation historique connue sous le nom de Gestes des Chiprois,
dont il forme les §§ 82 à 91, et la seconde partie de cette même com-
pilation nous a conservé dans son entier (§§ 97 ci 229) VEstoîre de la
guerre de Frédéric II contre les Ibelins, avec une partie au moins des
chansons de circonstance que Philippe y avait intercalées. L'Autobio-
graphie et VEstoîre sont réunies dans la présente publication sous le
titre de Mémoires,
fussent et demorassent plus longuement en remembrance a cels qui sont
descendu de lui et des autres amis, et a touz ces qui les vorront oïr ». —
Vient ensuite la description du second des livres de Philippe de Novare,
son Livre de^ forme de pîait. Je rappelle que l'épilogue du traité Des quatre
teni d'aage d'orne ne figure que dans un seul des cinq manuscrits de cette
œuvre, le ms. de la Biblioth. nat., fr. 12581, fol. 407.
INTRODUCTION VII
Les Gestes des Chiprois ont été composés, vers 1320 très probable-
ment, par un nommé Gérard de Montréal, que Ton a cru pou-
voir identifier avec le jurisconsulte de ce nom ^ . Un seul manu-
scrit, incomplet du début et de la fin, nous en est parvenu; il fut
copié en 1345 à Cérines dans l'île de Chypre par Jean le Miège,
personnage inconnu d'ailleurs, alors prisonnier d'Aimeri de Milmars,
lieutenant du châtelain de Cérines 2.
Cette compilation se divise en trois parties. La première partie est
une Chronique de la Terre-Sainte, qui, dans l'état actuel du
manuscrit, dtbute avec l'année 11 32, et qui devait être précédée d'une
brève Chronique universelle allant de la création du monde à la
fin du xie siècle ; elle se termine par une série de renseignements
sur les Ibelins et sur le mariage d'Isabeau de Brienne, fille de Jean
de Brienne, avec l'empereur Frédéric II, en 1224- 122 5. La seconde
partie presque entière est consacrée à l'histoire delà guerre des Ibelins
contre les partisans de l'empereur en Chypre et en Palestine, de 1218
à 1243. Enfin la troisième, dont nous n'aurons pas à nous occuper,
est une chronique des royaumes latins d'outremer, depuis 1243
jusqu'au début du xive siècle.
Vers la fin du xve siècle, après 1489 probablement, date de l'occu-
pation de Chypre par les Vénitiens, les Gestes furent traduits en
italien ; puis, au xvi^ siècle, ils furent insérés sous cette nouvelle
forme dans une compilation d'histoire chypriote que l'on désigne
communément sous le titre de Chronique d'Amadi, du nom du pos-
sesseur (peut-être aussi le copiste) de l'unique manuscrit qui s'en est
1. Chronique de Vile de Chypre^ par Florio Bustron, publ. par R. de Mas
Latrie (Co//. de doc, inéd.), p. 8. Cf. Riant, Septième rapport du secrétaire de
la Société de l'Orient latin (28 mai 1883), p. 15. — Gestes des Chiprois^ éd.
Raynaud, Préface, pp. xxvj-xxvij. — Hist, orientaux des croisades. Doc.
arméniens, t. II, pp. ccxlvi-ccxlvii. — Gaston Paris, dans Rev, Or, latin,
t. IX, p. 164, n. I.
2. En deux endroits du manuscrit (fol. 9^ v° et 198 v**), Jean le Miège a
inscrit son nom, en l'accompagnant de quelques renseignements sur lui-même.
La plus complète de ces notices est celle du fol. 93 v° : « Cestuy lyvre fu con-
ply le mercredy a .ix. jours d'avril Tan de M. CGC. et XLIII de Crist ; et il
l'a escrit Johan le Miege prizounier a mon seignor Heymery de Milmars,
tenant leuc dou chastelain a Cherines. » On peut supposer qu'une troi-
sième notice analogue figurait à la fin du manuscrit.
VIII PHILIPPE DE NOVARK
conservé (auj. Biblioth. de Saint-Marc, cl. VI, n» clvii). Cette
chronique s'arrête au 3 février 1442, date du mariage du roi Jean II
de Lusignan avec Hélène Paléologue. Elle a été publiée en 1891 par
René de Mas Latrie (ColL de doc. if ledits). Le Vénitien Francesco
Aniadi, de la bibliothèque duquel provient le manuscrit, mourut en
1556.
A la fin du xvie siècle, l'auteur d'une autre chronique italienne
de Tîle de Chypre poursuivie jusqu'en 1489, Florio Bustrone, un
Chypriote d'origine itaUenne, paraphrasa en l'abrégeant la traduction
d'Amadi. Bustrone connaissait aussi, selon toute apparence, le texte
original des Gestes des Chiprois, peut-être même a-t-il eu sous les
yeux, séparément, les œuvres historiques de Philippe de Novare.
Mais, contrairement à l'opinion énoncée par G. Paris (7?^t'. de VOr,
latin, t. IX, pp. 203-204), rien n'autorise à croire qu'il ait utilisé
directement ni les Gestes ni Philippe. Sa chronique, au moins pour
l'époque dont nous avons à nous occuper, ne contient pas grand'chose
que ne donne aussi la Chronique d'Amadi ; elle permet seulement
de contrôler en quelques passages l'exactitude de l'unique manu-
scrit de celle-ci. Une édition en a été donnée en 1884, par René de
Mas Latrie également, dans la même collection.
a) U autobiographie de Philippe. — Ainsi qu'il vient d'être dit,
nous mettons à l'actif de Philippe la composition des §§ 82 à 91 des
Gestes des Chiprois, et nous considérons ce morceau comme un extrait
de son autobiographie. Cette double revendication est purement con-
jecturale : aucun témoignage, si vague soit-il, ne l'autorise. Mais elle
repose sur des raisons assez fortes pour qu'il n'y ait pas de témérité
à la formuler et à la tenir pour fondée jusqu'à preuve du contraire.
En effet, le morceau dont il s'agit a certainement été écrit par un
homme qui tenait de près aux Ibelins. Il donne sur certains membres
de cette famille des détails trop menus, trop intimes, pour qu'on
leur puisse attribuer une autre origine. Or, le rédacteur des Gestes,
qui, pour cette partie de sa compilation, paraît n'avoir eu d'autres
sources que les écrits de Philippe de Novare, des Annales de Terre-
Sainte et une continuation française de Guillaume de Tyr, n*a tiré
ni de ces deux derniers documents ni du conte de Philippe ce qu'il
INTRODUCTION IX
rapporte en cet endroit. Au regard du continuateur et des Annales,
on peut, je crois, affirme»- cette indépendance. Au regard de VEs-
foirCj elle est pour le moins très probable, puisqu'on ne s'explique-
rait pas pourquoi Gérard de Montréal en aurait détaché ce morceau,
et que d'ailleurs VEstoire, reproduite par lui dans la 2eme partie de
sa compilation, s'y poursuit sans lacune apparente. On admettra
donc qu'il a tiré de l'Autobiographie le fragment en question. Reste
à savoir s'il l'en a extrait mot pour mot. Apparemment non ; car,
lorsqu'il dit que Marie de Montferrat était fille d'Amauri 1er, roi de
Jésusalem, dont elle était la petite-fille, et qu'Isabelle de Brienne,
fille de Marie de Montferrat était la sœur d'Aalis de Champagne,
reine de Chypre, dont elle était la nièce, il commet une double erreur,
que l'on ne peut guère faire remonter à Philippe, trop bien informé
des généalogies des familles d'outremer. De plus, les renseigne-
ments qui se lisent aux §§ 84 et 85 sur les Ibelins, à supposer
qu'ils soient empruntés à l'Autobiographie, ne devaient pas y être
donnés sous la même forme. Mais, somme toute, le morceau est
bien dans la manière de Philippe. Les modifications qu'ont pu lui
faire subir le compilateur ou des remanieurs de son œuvre n'en
ont pas altéré profondément la physionomie. Nous le publions tel
que nous le trouvons dans les Gestes, parce qu'il n'est guère pos-
sible de faire la part entre ce qui est original et ce qui a été changé
postérieurement à Philippe. A peine eût-il été permis d'y rectifier, en
se reportant à la traduction d'Amadi (p. 115-116, 117), l'erreur rela-
tive au degré de parenté d'Isabelle de Brienne et d'Aalis de Cham-
pagne, car Amadi, exact, lui, sur ce point, embrouille d'autre part
leur parenté en faisant d'Aalis de Champagne et de Marie de Mont-
ferrat, mère d'Isabelle, des filles d'Amauri 1er de Jérusalem.
b) L'estoire de la guerre des Ibelins et de Frédéric II. — La 2^ partie
des Gestes qui nous a conservé VEsioire delà guerre des Ibelins contre
les partisans de Frédéric II, débute par un titre que nous avons trans-
crit plus haut (p. vi), et dont la teneur semblerait indiquer que tout
ce qui va suivre, jusqu'à la fin de cette 2^ partie, est la reproduction
pure et simple de VEstoire.
Or, ce n'est point exactement ce que nous trouvons. Le manu-
X PHILIPPE DE NOVARE
scrit de Cérines donne bien toute VEstoire, mais il la donne découpée
par tranches, entre lesquelles viennent se placer brusquement et mala-
droitement de courtes notices de caractère annalistique, tantôt iso-
lées, tantôt réunies par petits paquets, et qui généralement n'ont rien
à voir avec la guerre des Ibelins contre Frédéric. Il contient de plus,
^à et là, des morceaux historiques relatifs aux affaires de Terre-
Sainte, et aussi aux affaires d'Occident, plus étendus que les notices
chronologiques, et qui eux non plus ne se rattachent à VEstoire ni
pour le fond, ni par aucun lien de forme.
Que ces notices annalistiques et ces morceaux d'histoire aient été
intt-rpolés dans l'œuvre propre de Philippe, c'est ce que l'on pourrait
presque affirmer a^riorf, puisqu'ils dénaturent complètement le carac-
tère de cette œuvre telle que Philippe dit l'avoir conçue. Mais, il y a
plus. En ce qui concerne les notices annalistiques, nous sommes
renseignés par l'auteur même des Gestes, qui déclare avoir intercalé
dans les « contes », c'est-à-dire dans les narrations, dont il a formé
sa compilation, la mention « des chozes qui sont avenues tous
les ans » (cf. Gestes, § 8i). Gérard de Montréal a dû les emprunter à
des Annales de Terre-Sainte, dont nous ne possédons pas le texte
original mais dont deux remaniements nous sont parvenus ^ Une de
ces notices au surplus (§ 119), où il est parlé de saint Louis, doit être
postérieure à 1270, alors que la rédaction de VEstoire se place bien
antérieurement, vers 1258 au plus tard.
Pour ce qui est des morceaux historiques étrangers à l'objet de
VEstoire, une autre annonce de Gérard de Montréal permet de dou-
ter qu'ils aient appartenu au texte original des Gestes. En tête de la
3e partie des Gestes, qui fait suite à VEstoire, Gérard dit ceci :
« Depuis que vous avés oy retraire tous les erremens quy sont
avenus desa la mer en Surie et en Chypre, quy apartient seulement de
Vempereor a siaus de Chipre, si vos viaus retraire plussors autres
chozes... » D'ailleurs, on va le voir, un indice matériel de l'inter-
polation se dégage de l'examen comparatif des Gestes et de la Chro-
nique d'Amadi.
I. Publiés par R. Rôhricht (avec la collaboration de G. Raynaud) dans
Archives de V Orient latin, II, 11, pp. 429-461.
INTRODUCTION XI
L'auteur, quel qu'il soit, de cette chronique a inséré dans son
œuvre, comme nous l'avons rappelé déjà, une traduction italienne
des Gestes. Il suit d'assez près le texte français de VEstoire auquel,
cependant, il ajoute çà et là des amplifications de rhétorique, et dont
il a supprimé les chansons de circonstance, sans doute à cause de
la difficulté qu'il aurait eue à les mettre en italien et du peu d'intérêt
qu'elles devaient présenter pour les gens de Chypre, au xve siècle.
Nous retrouvons bien dans sa chronique la plupart des notices anna-
listiques du manuscrit de Cérines, qui, nous l'avons vu, appartiennent
à l'œuvre originale de Gérard de Montréal, mais nous n'y trouvons
pas les morceaux historiques qu'en raison de leur sujet et de la façon
dont ils sont introduits dans le récit nous sommes portés à croire
interpolés. Comme il serait surprenant qu'Amadi les eût laissés de
côté, alors qu'il conservait scrupuleusement de courts extraits d'an-
nales sans rapport avec l'histoire de Chypre, on admettra qu'ils
n'existaient pas dans l'exemplaire des Gestes traduit par lui. Et si,
maintenant, il se trouve que cet exemplaire représente une rédaction
antérieure à celle du manuscrit de Cérines, il sera permis de con-
clure que les morceaux dont il s'agit n'ont pas fait partie de l'œuvre
de Gérard de Montréal, qu'ils y ont été ajoutés par un remanieur et
que, par conséquent, on ne saurait les attribuer à Philippe. Or, cette
supériorité de la rédaction utilisée par Amadi apparaît par endroits
de la façon la plus évidente. En effet, la traduction qu'il en donne
nous a transmis, en italien, le refrain d'une chanson de circonstance
que Philippe avait enchâssée dans son conte et dont la copie de Jean
le Miège ne porte pas trace (cf. § lxxxix, note h). Elle contient
nombre de traits, absents également de cette copie, et que l'on peut
sans hésitation faire remonter à Philippe, comme par exemple l'his-
toire de ce chevalier de l'armée des Ibelins qui, à la bataille d'Agridi,
fut pris par les siens pour un ennemi, parce qu'il avait prononcé
« baillance » le cri de ralliement des Chypriotes qui était « vail-
lance » ; comme encore la mention de la mort du connétable de
Chypre Gautier III, sire de Césarée, tué par Gauvain de Chenichi à
la bataille de Nicosie, le 14 juillet 1229; comme enfin certains
détails du duel d'Anceau de Bries et d'Aimeri Barlais.
Ainsi, pour dégager l'œuvre propre de Philippe du texte des Gestes,
^" PHILIPPE DE NOVARE
il
il faut tout d'abord débarrasser ce texte des notices annalistiques
qu'il contient et des récits historiques étrangers au sujet de VEstoirc.
Mais ces deux sortes d'interpolations, gauchement introduites
entre les paragraphes ou divisions de VEstoire, ne sont pas les seules
que celle-ci ait subies dans la copie de Cérines. Il en est d'une troi-
sième sorte, qui, elles, intéressent le texte même, la substance, de
l'œuvre de Phihppe.
C'est ce que nous allons montrer :
Si l'on compare le récit de la guerre des Ibelins et de Frédéric II
par Philippe, tel qu'il figure dans le manuscrit de Cérines, et le récit
de cette même guerre dans la Continuation française anonyme de
Guillaume de Tyr, que nous désignerons sous le titre à^ Livre de la
Terre-Sainte \ et que l'on appelle aussi Livre du conqitest ou Histoire
d'Eracles, on constate que plusieurs passages sont exactement ou
presque exactement les mêmes dans l'un et l'autre récit. Or le con-
tinuateur de l'archevêque de Tyr n'a pas connu l'œuvre de Philippe,
c'est chose certaine, et Philippe qui écrivait vers la même époque n'I
pas connu davantage le récit du continuateur. Il faut donc admettre
que les passages dont il s'agit ont été introduits dans l'un ou dans
l'autre texte par un tiers. Mais l'original est-il Philippe, ou bien est-ce
le continuateur ? La solution de ce problème nous est fournie, ici
encore, par la comparaison de la chronique d'Amadi et des Gestes.
En effet, la chronique italienne ne contient aucun des passages corn-
muns au texte de Cérines et au continuateur de Guillaume de Tyr ;
donc ces passages ne figuraient pas dans lœuvre de Gérard de Mont-
réal, et conséquemment ils ne sont pas de Philippe. Ils ont été pris
au Livre de la Terre-Sainte et incorporés dans le texte des Gestes par
un remanieur qui tantôt les a substitués purement et simplement au
passage original correspondant, et tantôt les a combinés avec lui. A
leur place, la chronique d'Amadi nous a conservé, en italien, l'écri-
ture de Gérard de Montréal, reproduction probablement textuelle
de celle de Philippe. Dans la restitution de VEstoire que nous avons
entreprise, ils devaient être remplacés par la leçon d'Amadi.
I. Rec. des hist. des croisades. Hist. occidentaux, t. II, pp. 1-381.
INTRODUCTION XIII
Une remarque pour finir :
Le remanieur qui, à l'aide du Livre de la Terre- Sainte, a modifié
dans l'œuvre de Gérard de Montréal des passages appartenant à Phi-
lippe, est peut-être le même qui a introduit dans cette oeuvre les
morceaux historiques dont il a été question plus haut. En effet plu-
sieurs de ces morceaux sont tirés à peu près mot pour mot du même
Livre. On a voulu Tidentifier avec Jean le Miège, le copiste du
manuscrit de Cérines, qui a exécuté sa copie vingt-cinq ans à peine
après la date de la composition des Gestes. Mais cet homme, à en
juger par son travail, plein des bévues les plus grossières, était trop
ignorant pour exécuter même la besogne littéraire relativement
facile à laquelle s'est livré le remanieur. Il y a là un nouvel indice
de l'existence, dès avant 1343, d'une rédaction des G^5/^5 antérieure
à celle que nous fait connaître le manuscrit de Jean le Miège.
Il conviendra maintenant de résumer ce qui vient d'être dit, d'une
part sur les rapports des Gestes des Chiprois et du Livre de la Terre-
Sainte avec le texte de Philippe de Novare, et, d'autre part, sur les
rapports des Gestes avec la chronique d'Amadi. Nous pensons avoir
établi les points suivants :
1° Gérard de Montréal a inséré dans les Gestes deux œuvres de
Philippe de Novare, savoir un court fragment de son autobiographie,
et, en entier, son Estoire de la guerre de Frédéric II et des Ibelins.
Rien ne permet de supposer qu'en reproduisant ces deux œuvres, il
y ait apporté de notables modifications. lia seulement intercalé dans
la seconde quelques notices annalistiques, courtes indications chro-
nologiques sur des événements importants de Terre-Sainte et de
Chypre. La rédaction fournie par le manusciit de Cérines n'est pas
tout à fait conforme à la sienne. C'est un texte interpolé en majeure
partie à l'aide du Livre de la Terre-Sainte par un ou plusieurs rema-
nieurs. Les remaniements ont consisté d'une part à y introduire des
récits historiques n'ayant aucun rapport ou n'ayant que des rapports
lointains avec le sujet principal, et d autre part à façonner par endroits
et à compléter, au moyen de détails appropriés, le texte même de
V Estoire .
XIV PHILIPPE DE NOVARE
20 La traduction italienne de la compilation de Gérard de Mont-
réal, incorporée dans la chronique d'Amadi, a été faite d'après un
exemplaire plus voisin, sur nombre de points, de l'original que ne
Test le manuscrit de Cérines, et plus voisin aussi par conséquent de
l'œuvre de Philippe. Dans la reconstitution de cette œuvre qui fait
l'objet de la présente publication, certaines leçons de la chronique
italienne doivent être substituées à celles du susdit manuscrit.
*
* *
IV. — Éditions et travaux antérieurs. — Les deux premiers
éditeurs des Gestes des Chiprois, MM. Gaston Raynaud ^ et Louis de Mas
Latrie 2 semblent en avoir considéré la seconde partie, telle qu'elle
figure dans le manuscrit de Cérines, sauf cependant au regard des§§
230 et suivants, comme représentant presque sans changements
l'œuvre de Philippe; du moins ils ne se sont pas prononcés catégorique-
ment sur ce point K Les premières études critiques de la compilation
de Gérard de Montréal sont d'un érudit allemand, M. Paul Richter 4.
La comparaison que ce savant a faite des divers documents qui inté-
ressent l'histoire de cette compilation l'a conduit vers quelques-unes
des conclusions que nous formulons ici, mais ne Ta pas amené jus-
qu'aux plus essentielles. Nous n'avons pas à reprendre parle détail les
arguments sur lesquels celles-ci reposent . Le lecteur qui voudra les
connaître devra recourir au travail publié par G. Paris dans la Revue
de V Orient latin (t. IX, pp. 164-205) sur les Mémoires de Philippe
de Novare, et à l'étude d'ensemble sur les Gestes des Chiprois que j'ai
1. Édition parue en 1887 (voy. plus loin, p. xxii : Bibliographie. Édi-
tions des Gestes des Chiprois).
2. Édition parue en 1906 (voy. ihid.).
3. Lorsque Gaston Paris fut adjoint comme collaborateur à Mas Latrie,
rédition était déjà en épreuves, et il n'a pu guère y faire que des corrections
de forme. Du reste, dans l'intention de l'Académie, il s'agissait de publier
intéjîralement les Gestes sans en rechercher ou en distinguer typographique-
ment les sources.
4. Voy. plus loin, p. xxiv : Bibliographie. Travaux sur la vie et les
œuvres de Philippe de Novare. — Les mémoires de M. Richter ont été
aucilysés et commentés en détail par G. Paris dans la Revue de l'Orient
Jatitiyt. IX, pp. 164-205.
INTRODUCTION XV
mise dans la Préface du tome II des Historiens arméniens des croisades.
Il suffisait d'en rappeler ce qu'il est nécessaire de connaître pour
justifier la présente publication. L'œuvre propre de Philippe de
Novare, la seule qui, dans la compilation où elle est engagée, ait une
réelle valeur littéraire, reparaît ici sous sa véritable physionomie, non
point sans doute )usqu'en ses moindres traits telle qu'elle est sortie
de la plume du conteur, mais du moins hors du canevas hétéroclite
où elle se dispersait, et débarrassée des retouches que de misérables
barbouilleurs lui avaient fait subir. On constatera qu'ainsi dépouil-
lée de sesaflfublements, r£5/o/r^ forme un récit parfaitement agencé,
où tout s'enchaîne, sans superfluités. Il y a là, à la fois, une preuve
que la compilation de Gérard de Montréal l'a reproduite intégrale-
ment et que les orocédés de critique employés pour en reconnaître
et en assembler les fragments épars ne nous ont point fourvoyé.
V. — Établissement de l'édition. — Il va de soi que, pour éta-
blir l'édition nouvelle, on devait suivre d'aussi près que possible les
Gestes des Chiprois qui, seuls, nous rendent dans la langue originale
l'œuvre de Philippe, et qui, pour le fond même, en ont conservé
l'image plus fidèlement que ne l'ont fait les autres écrits où elle est
insérée. Le meilleur de ceux-ci, la traduction d'Amadi, précieux entre
tous pour les raisons exposées plus haut, ne pouvait, au regard
de la structure littéraire et linguistique de l'édition, être considéré
que comme un document auxiliaire.
Les matériaux à mettre en œuvre pour con^tituer notre texte
devaient être les suivants : le manuscrit de Cérines, une copie
moderne de ce manuscrit, sur laquelle on trouvera plus loin les
renseignements utiles, les éditions de G. Raynaud et de l'Académie,
enfin la chronique d'Amadi.
a) Le manuscrit de Cérines. — Des Gestes, ainsi qu'on l'a dit,
un unique manuscrit nous est parvenu, celui de Jean le Miége (cf.
ci-dessus, p vu). Jusqu'à nos jours on en avait totalement ignoré
l'existence. Il a été retrouvé en 1882 à Verzuolo, en Piémont, dans
le château des comtes Mola di Larisse, héritiers par leur mère des
comtes Galleani di Canelli.On n'a pu savoir par quelle voie il y était
parvenu. Il est aujourd'hui la propriété de M. Charles Perrin, ancien
Philippe de Novare. il
XVI PHILIPPE DE NOVARE
ingénieur des mines, domicilié à Verzuolo, à qui le comte Massimo
Mola di Lcirisse l'a donné. Ce manuscrit est malheureusement d'une
incorrection lamentable. Toutes les altérations que des copistes illet-
trés ou stupides peuvent faire subira la pureté grammaticale et litté-
raire d'un texte y apparaissent à profusion : mots et phra>es ou parties
de phrases sautés, mots liés, mots coupés en deux ou plusieurs tron-
çons, mots invertis ou mutilés, bourdons, orthographes fantaisistes,
rien n'y manque. Il eût été néanmoins désirable d'y pouvoir recou-
rir pour la présente publication. Force a été d'y renoncer. M. Per-
rin s'est refusé catégoriquement à l'envoyer en France; il n'a pas
davantage consenti à le déposer dans une bibliothèque d'Italie ou à
le laisser consulter chez lui.
U) Edition Raynand et copie Perrin. — Nous n'avons disposé
que de l'édition de G. Raynaud (/?) et d'une copie figurée du manu-
scrit de Cérines, exécutée, avec beaucoup de soin d'ailleurs, en 1883,
par M Perrin lui-même (P), copie dont celui-ci avait fait présent au
comte Riant et qui appartient aujourd'hui à la Bibliothèque natio-
nale (nouv. acq. fr. n» 6680). On verra plus loin pourquoi le texte
de l'Académie des Inscriptions ne pouvait être utilisé à l'égal dei? et
de P.
L'édition de G. Raynaud a été préparée non d'après le manuscrit
de 1343 mais sur la copie fournie par M. Perrin. Toutefois
l'éditeur, ainsi qu'il résulte d'une correspondance échano;ée avec lui,
eut à sa disi^osition, pendant quelque temps, le manuscrit original, sur
lequel il collationna entièrement la copie. De plus, au cours de l'im-
pression, les épreuves des feuilles 5 à 16, correspondant aux pp. 8,
1. 26, à 94, 1. 17, de notre édition, donc à la majeure partie de VEs-
toirey turent confrontées à nouveau avec le manuscrit de Cérines par
le propriétaire de ce manuscrit. Pour la feuille 4, qui comprend le
fragment d'autobiographie, et pour la f. 17, où se trouve la fin de
VEsioire, cette seconde revision ne fut pas faite. Ainsi, des deux textes
dont nous nous sommes servis, la copie Perrin pouvait être consi-
dérée comme le plus exact pour la partie publiée dans les feuilles
4 et 17 de l'édition Raynaud, et cette édition même semblait offrir
une sécurité plus grande pour la partie intermédiaire. D'une manière
générale, c'est bien aussi ce que l'on peut conclure de la comparai-
IXTKODUCTIOX XVIl
son littérale de la copie P et de l'édition R. Cependant, en quelques
cas, R donne la leçon correcte (confirmée par le texte d'Amadi)
dans les feuilles 4 et 17, tandis que Pest fautif, et P à son tour doit
être préféré à R en plusieurs passages appartenant aux feuilles 5
à 16 de l'édition. Nous ne rechercherons pas l'origine de cette in-
conséquence ; il en a été tenu compte dans rétablissement de notre
texte.
Il importe de spécifier ici que R est non pas le texte littéral
de l'édition Raynaud avec les corrections qui y ont été introduites,
mais le manuscrit de Cérines reconstitué dans la mesure du pos-
sible d'après les indications fournies par l'éditeur (signes gra-
phiques dans le texte ; leçons du manuscrit notées au bas des pages
et dans les Additions et corrections, pp. 389-391 du volume).
r) Edition de V Académie. — L'édition des Gestes, préparée par
L. de Mas Latrie avec la collaboration de G. Paris, et publiée dans
le t. II des Historiens arméniens des croisades, ne pouvait, au même
titre que P et R, tenir lieu du manuscrit de Cérines. En effet, les édi-
teurs n'ont pas eu ce manuscrit à leur disposition, et ils ont été con-
traints, comme nous-même, d'opérer exclusivement sur la copie de
1883 et sur l'édition Raynaud ^ Mais leur publication nous a été très
utile à un autre point de vue. G. Paris a pris à tâche de n'y laisser
passer aucune des impuretés du manuscrit de Cérines, que l'édition
précédente avait respectées. En s'aidant d'Amadi et de Bustrone,
quand cela se pouvait, et sinon par conjecture, il a méthodiquement
amendé le texte de Jean le Miège. Nous avons en général adopté ses
corrections. Un certain nombre nous ont paru inutiles ou trop auda-
cieuses. Dans ce cas, nous avons ou bien conservé la leçon du manu-
scrit ou bien proposé des rectifications qui ne s'en écartaient pas
autant. Chose curieuse, qui s'accorde mal avec ce que nous savons
des moyens d'information dont ont disposé les auteurs de l'édition
académique, ceux-ci donnent expressément comme provenant du
manuscrit de Cérines des leçons qui ne figurent ni dansP ni dans R,
S'il n'y a pas eu là, de leur part, de simples erreurs matérielles, on
I. Cf. Rec. des hist. des croisades. Documents arméniens, t. II, p. 652.
XVni PHIf.IPPE DE NOVA RE
supposera qu'ils ont pu consulter des notes prises par G. Raynaud
d'après ce manuscrit, mais non utilisées par lui dans son édition. En
raison de l'incertitude où nous sommes sur l'origine et la valeur de
ces leçons, nous n'avons pas cru devoir les incorporer dans notre
édition. Nous les indiquerons ici :
I, VII, 1.2-3 ^'^' ^'"'ï''- g'^iles e aler ; R, P galles a alcr
II, XXI, 1.4 -- pofrlveû ; — porveû
— LV, 24 — mais je suis; — mais je fui
- LV, 34 — covenir [aj Anceau ; — covenir a Ancer.u
— Lxxiii, ^.j — et Grimbert ; — et Timbert
— xcTii, 1. II - asquel[s]; — as quels
— cxxxix, 1. 7 — par[t]; — part
— cxLii, 1.4 — de daubaleste; — de daubalestrc
— cxLvii, 1. 10 — campagne; — campanei?; can-
panc P.
— CLXii, 1. 3 — morty; — moty
— CLXVii, 1. 5 — consenti[s]t ; — consentist
— ci.xxxix, 12 — esrachèe (ci. Romania, — arachée.
XIX, p. 100, n. 5) ;
d) Traduction d'Amadi. — L'apport de la traduction d'Amadi
dans la mise au point du texte des Mémoires s'est réduit aux trois
opérations suivantes :
i) Restitution de passages totalement corrompus et de mots omis
ou mutilés dans le manuscrit de Cérines .
2) Substitution des passages originaux conservés par la traduction
aux passages extraits du Livre de la Terre-Sainte par les remanieurs
de l'œuvre de Gérard de Montréal.
3) Insertion, à titre tout à fait exceptionnel, de passages dont les
Gestes des Chiprois ne portent pas trace, mais que l'on peut considé-
rer comme ayant disparu de cette œuvre.
Pour ces divers emprunts faits ci la traduction d'Amadi, il a paru
convenable d'en remettre le texte en français, plutôt que de repro-
duire l'italien. On l'a fait en se rapprochant le plus possible du voca-
bulaire de Philippe, dressé d'après son Estoire et ses autres œuvres.
Les passages de la traduction substitués ou insérés ont été imprimés
entre crochets et leur introduction dans notre texte a été justifiée
en note. Le lecteur remarquera entre les §§ cxxxii et cxxxiii une
IXTKODUCTIOX MX
hicuuc provenant de la suppression d'un passage emprunté au Livre
ik hi Terre-Sainte par un renianieur des Gestes. Il eût été possible de
combler cette lacune au moyen de la chronique d'Amadi, qui nous a
conservé le texte correspondant de Philippe. Si on ne l'a pas tait,
c'est en raison de la longueur du morceau. Le texte itaUen a d'ail-
leurs été reproduit en note.
VI. — Graphie de l'édition. — Le manuscrit de Cérines
ne porte point de divisions par chapitres ou paragraphes. Le pre-
mier éditeur, M. Raynaud, en a simplement numéroté les alinéas,
chaque alinéa formant un paragraphe, et cette numérotation, qui se
poursuit sans reprises d'un bout à l'autre des Gestes, a été conservée
dans l'édition de l'Académie. Il nous a paru nécessaire d'adopter,
pour chacune des deux parties des Mémoires séparément, un autre
mode de coupures, divisant plus rationnellement le texte et égaU-
sant autant que possible l'étendue des paragraphes. Ceux-ci ont été
numérotés en chiffres romains et l'article correspondant de l'édition
Raynaud a été placé entre parenthèses à côté de ces chiffres. La sup-
pression totale, pour cause d'interpolation, de paragraphes de cette
édition a été signalée en tête du paragraphe suivant par un appel de
note renvoyant aux Variantes et notes critiques {^^ . 102-133).
L'orthographe, très diverse et souvent étrange, du manuscrit a été
respectée toutes les fois qu'elle ne constituait pas une erreur mani-
feste de copie. Exception a été faite cependant pour les noms de
nombres. Ceux-ci, dans le manuscrit, sont presque toujours marqués
en chiffres romains et non en toutes lettres. On a conservé le chiffre
pour les dates seulement; dans les autres cas le chiffre a été remplacé
par le mot.
Le manuscrit emploie indifféremment la majuscule ou la minus-
cule en tête des noms propres et des phrases ; l'édition suit, sur ce
point, le mode actuel d'écriture.
Les abréviations, rares d'ailleurs, ont été résolues paléographi-
quement. La plupart, au surplus, pouvaient l'être au moyen d'autres
exemples du mot écrit en entier.
Il est à peine besoin de dire que la ponctuation, l'accentuation et
autres signes graphiques sont du fait de l'éditeur. Nous nous sommes
\X PHILIPPE DE NOVARE
conformé sur ce point au système adopté pour les précédents
volumes de la collection.
VII. — Variantes et notes critiques. — Le commentaire du
texte comporte, ainsi qu'il vient d'être indiqué, des Variantes et noies
critiques. Réunies à la suite de l'édition, elles y forment un chapitre
à part. On les a groupées paragraphe par paragraphe en deux subdi-
visions superposées :
jo Leçons présumées fautives du manuscrit, amendées dans l'édi-
tion ; variantes provenant, suivant le cas, de P ou de R. — Aucun
appel de note, aucun signe, placé dans le texte de l'œuvre, ne révèle
l'existence de ces leçons et variantes. Que celui donc qui utilisera
la présente édition se tienne pour averti de l'inconvénient qu'il y
aurait à la citer, sans avoir vérifié, à l'aide de cette partie du com-
mentaire, la leçon réelle du manuscrit. On a dû sacrifier la com-
modité du lecteur à des convenances typographiques.
20 Notes consistant surtout dans la transcription de passages
d'Amadi introduits ou non dans notre texte comme • ayant dû ou
simplement pu figurer dans l'original de Philippe. Des appels, figu-
rés par les lettres de l'alphabet, renvoient du texte à cette catégorie
de notes. — Le commentaire biographique et géographique, très suc-
cinct, a été joint de préférence à la Table des noms propres.
VIII. — Appendices. — A la suite des Variantes et notes critiques, on
trouvera successiveinent : une Table chronologique, une Table des noms
propres, un Glossaire et deux Cartes, l'une de l'île de Chypre, l'autre
de la Syrie et de la Palestine.
La Table chronologique, comprenant les années 1217a 1243, s'ap-
plique exclusivement à des faits relatés par les Mémoires, qu'ils y
soient racontés en détail ou signalés par une simple allusion. Phi-
lippe, dans son récit, a donné peu de dates, surtout de dates pré-
cises. Aussi est-ce souvent par induction, ou au moyen d'autres
documents, qu'on a pu situer chronologiquement les événements
qu'il rapporte. On ne s'est point astreint à déterminer la date de tous
les menus faits que contient son récit : les faits datés entre lesquels
ils se placent feront connaître l'année, sinon le jour, où ils se sont
accomplis.
INTRODUCTION X\l
La Tabli' des iio/ns propres a dû recevoir un assez grand dévelop-
pement, parce qu'on y a introduit quelques renseignements généalo-
giques ou géographiques sur les personnages et les lieux cités, puis
surtout parce qu'on a accompagné la référence au texte de la men-
tion et souvent de la date de l'événement à propos duquel appa-
raissent l'homme ou le lieu. Pour les principaux héros du récit, dont
les noms reviennent presque à chaque paragraphe, et pour les pays
où se passe l'action, le lecteur aura de cette fiiçon, au lieu de fasti-
dieuses énumérations de chiffres, un résumé du rôle que les uns et
les autres jouèrent dans le drame. Ce système avait de plus l'avan-
tage de désencombrer l'annotation, du texte.
Le Glossaire ne contient guère que des mots et formes de mots peu
usuels, ou des mots détournés de leur sens ordinaire. On regrettera
peut-être de ne pas trouver ici un glossaire plus complet, d'autant que
ceux qui accompagnent les deux premières éditions des Gestes sont
aussi très sommaires. Philippe est un écrivain de race, dont la langue
et la grammaire valent d'être étudiées de près. L'uniformité requise
pour les volumes de la collection n'a pas permis de donner une
eAtension plus grande à cette partie de la publication.
Le tracé des Cartes a été fait, pour l'ile de Chypre, d'après la carte
qui accompagne l'ouvrage de L. de Mas Latrie, Uîîe de Chypre, sa
situation présente et ses souvenirs du moyen âge (Paris, Firmin Didot,
1879, in-12), et, pour la Palestine et la Syrie, d'après la planche
85 de Spruner-Menke, Hand-Atlas f. die Geschichte des Mittelalters
(3e éd., 1880). L'une et l'autre a été réduite ensuite par le graveur.
Destinées uniquement à éclairer la lecture de Philippe de Novare,
elles ne contiennent que les noms de lieux cités dans les Mémoires.
BIBLIOGRAPHIE
En dressant cette Bibliographie on n'a point eu la prétention de noter
tout ce qui a été écrit sur Philippe de Novare, mais simplement de
fournir les titres complets des ouvrages et articles cités dans le pré-
sent volume. Exceptionnellement, on a inséré dans cette liste l'indi-
cation de quelques travaux qui n'ont pas été mentionnés au cours
de l'Introduction, ou dans lés notes de l'édition, mais qui, tenant de
près à notre sujet, pourront être consultés utilement par le lecteur.
Éditions des Gestes des Chiprois.
1. Les Gestes des Chiprois. Recueil de chroniques françaises écrites en
Orient aux XIII^ et XIV^ siècles {Philippe de Navarre et Gérard de
Montréal), publié pour la lere fois pour la Société de l'Orient latin
par Gaston Raynaud. — Genève, J.-G. Fick, 1887, in-S'^, xxviij-
393 pp.
2. Les Gestes des Chiprois, [publiés parL. de Mas Latrie et G. Pa-
ris], dans le Recueil des historiens des croisades. Documents arméniens^
t. II (Paris, Imprim. nationale, 1906, in-foL, ccLXiv-1038 pp.),
no VI, pp. 653-872 et 999-1012 du volume. Préface par Ch. Kohler,
pp. CXXXII-GXXXIX.
Traductions des Gestes des Chiprois.
1. Chroniques d'Amadi et de Strambaldi, publiées par M. René de
Mas Latrie. Première partie : Chronique d'Amadi. — Paris, Imprim.
nationale, 1891, in-40, vii-534 pp. (Coll. de documents inédits sur
Vhistoire de France. Première série : histoire politique).
2. Chronique de File de Chypre, par Florio Bustron, publiée par
M. René de Mas Latrie. Paris, Imprim. nationale, 1884, in-40,
531 pp. (Coll. de documents inédits sur Vhistoire de France, Mélanges
historiques, tome V).
RIHT.ÎOGKAPHIK XX 111
Éditions d'autres œuvri:s de PiiiLiprE de Kgvare.
1. Livre de Philippe de Navarre^ publié par le comte Beugnot dans
le Recueil des historiens des croisades. Lois, 1. 1 (1841), no iv, pp. 469-
571. — Le titre de cette œuvre dans le meilleur manuscrit est : Le
livre de forme de pi ail que sire Felippe de Novairefist ùouriinsien ami
aprendre et enseigner counient on doit plaidoier en la haute court .
2. Les quatre âges de Vhomme, traité moral de Philippe de Navarre,
publié pour la première fois d'après les manuscrits de Paris, de
Londres et de Metz, par Marcel de Fréville. Paris, FirminDidot, 1888,
in-80, XXVI- 145 pp. (Publication de la Société des anciens textes
français).
RÉCITS ABRÉGÉS DE LA GUERRE DE ChYPRE D APRÈS PHILIPPE
de Novare.
I. Marinus Sanutus, Liber Secretoruni fidelium Cntots, lib. IIP
dars XI, cap. m ; dans Bongars, Gesta Dei per Fruncos, t. II (Hano-
viae, 161 1, in-fol.), pp. 211-212.
Hans Mùller, Der Longohardenkrieg aiif Cypem, I22cf~i2p^. Mit
hesonderer Beruch:^ichtigung der Gestes des Chiprois des Pljelippe de
Xovaire. Ina-ug. Dissert, zur Erlangung der philosopb. DoKtorwûrde
vor der kgl. Preuss. vereinigten Friedrichs-Univ -rsitat Halle-Wit-
tenberg. — Halle, 1890, in-80, 64 pp.
RÉCITS DE LA guerre DE ChYPRE d'APRÈS AmADI ET BUS-
TRONE.
I (d'après Bustrone) : Historié de re Lusignani, publicate da Hen-
rico Giblet cavalier [pseudonyme de Gio. Francesco Loredano]. Libri
undeci. In Bologna, per Giac. Monti, 1647, in-40, 731 pp., sans les
pièces liminaires [14 feuillets non paginés].
— 2e éd., avec le même titre. Venetia, 165 1, appresso liGuerigli,
in-i2, 756 pp., sans les pièces liminaires [24 feuillets non paginés].
— Reproduite, peut-être même simplement réimprimée, avec
quelques petites modifications partielles de caractères et de disposi-
tions typographiques, dans : Opère di Gio. Francesco Loredano,
XXIV PHILIPPE DE KOVARE
nobile veneio, divise in sei volumi (Venetia, appresso li Guerigli,
165 3-1656, in-12), t. IV, paru en 1653, 756 pp., également sans les
pièces liminaires.
— 3^^ éd., avec le même titre, dans les Opère di Gio. Francesco
Loredano nobile veneto divise in otto volumi. AU' illustriss
Signora la Signora Contessa Hleonora Gambara (Vene-
tia, 1667, appresso i Guerigli, 8 vol., in- 16), t. V, )72 pp., plus, en
icte, l'Avis au lecteur [2 feuillets non paginés], et, à la fin, la Table
des matières [14 feuillets non paginés].
— Traduction française, sous le titre : Histoire des rois de Chypre
de la maison de Lusignan et les différentes guerres qu'ils ont eu contre
les Sarrasins et les Génois, traduit de l'italien du chevalier Henri
Giblet,Cypriot. Paris, André Cailleau,oî^ Guillaume Saugrin, 1732,
2 vol. in-12 ; 1er vol. : 45^ pp.^ plus, en tête, 6 pp. non numérotées
contenant l'Avertissement; 2^ vol. : 379 pp., plus, à la fin, 4 pp.
non numérotées contenant le privilège.
2 (d'après Amadi et Bustrone) : L. de Mas Latrie, Histoire de Vile
de Chypre sons le règne des princes de la maison de Lusignan. Paris,
Didot, 185 2-1 862, in-80, 3 vol. et i carte. Cf. t. I, pp. 228-328.
Travaux sur la vie et les œuvres de Philippe de
NOVARE.
[E. de] P[astoret], Philippe de*Navarre jurisconsulte ; dsius Hist.
littéraire de la France, t. XIII (1814), pp. 94-96. — Beugnot, Notice
sur la vie et les écrits de Philippe de Navarre {Bihlioth. de VEcole des
Chartes, i^e série, t. II, 1840-41, pp. 1-3 1). — Id., Introduction aux
Assises de la Haute-cour ; dans Rec. des Instar . des croisades. Lois, 1. 1
(Paris, Imprim. royale, 1841, in-fol.), pp. xxxvii-xlix. — Félix
Lajard, Philippe de Navarre, Jean d'Ihelin, Geoffroi le Tort, Jacques
d'Ihelin et rédacteurs anonymes des Assises de Jérusalem ; dans Hist.
litt. de la Fr., t. XXI (1847), PP- 433-4<^7 (^f- sur Philippe de N.,
pp. 441-447). — G. Raynaud, Préface d^^ son édition des Gestes des
Chiprois (cf. ci-dessus), pp. xiii-xx. — G. Paris, Philippe de Novare
{Romania, t. XIX, 1890, pp. 99-102). — Id., Les Mémoires de
Philippe de Novare (Rev. de V Orient latin, t. IX, 1902^ pp. 164-205) ;
BIBLIOGRAPHIK XXV
reproduit dans : G. Paris, Mélanges de littérature française du nioyen-
dge, publiés par Mario Roques, 2^ partie (Paris, H. Champion,
19 12, in-8«), pp. 427-470. — Beitràge ^ur Historiographie in den
Kreu:^fahrerstaaten^ vornehmlich fur die Zeit Kaiser Friedrich H,
Inaugural Dissertation zur Erlangung der Dociorwûrde, von der
Philosoph. Fakultàt der Friedrich-Wilhelms-Universitât zu Berlin
genehmigt, nebst den beigefûgten Thesen... verteidigt... von Paul
Richter : Philippe de Nevaire ein Memoirenschreiber :(ur Geschichtc
Kaiser Friedrich IL Berlin, 1890, in-S», 39 pp. ; travail publié à nou-
veau avec d'importants remaniements dans les Mittheilungen d.
Instituts f. osterr. Geschichtsforschung, t. XIII (1892), pp. 255-310,
sous le titre : Beitràge ^ur Historiographie in den Kreu:(fahrerstaaten,
vornehmlich f. die Gesch. Kaiser Friedrichs II \ l.Das Geschichtswerk
des Philippe de Nevaire. M. Richter est revenu une troisième fois
sur le même sujet dans un appendice de la 2*^ partie de ses Beitràge
lur Historiographie... {Mittheil. d. Instituts...^ t. XV, an. 1894, pp,
593-599), en rectifiant certains points sur lesquels il avait particuliè-
rement insisté dans ses conclusions précédentes. — Ch. Kohler,Pr^-
face de Tédition des Gestes des Chiprois, publiée par l'Académie des
Inscriptions et Belles- Lettres (cf. ci-desbus), pp. cxxxii-cxxxix.
— Hans Mûller, Der Longobardenkrieg atif Cypern . . (cf. ci-des-
sus), pp. 5-10. — P. Meyer, De l^ expansion de la langu française
en Italie pendant le nioyen-dge {Afti del congresso international di
science storiche, I.IY. Roma, 1903, in-80) Tir. à part: Roma, tipogr.
délia R. Accademia dei Lincei, 1904, in-80.
ADDITIONS ET CORRECTIONS
Pages 3, § X, 1. 2, au lieu de convenait de faire, leçon de R, lire convenait
faire, leçon de P (cf. § lxix 39 et § lxxiii 33).
— 14, § xxiii, 1. I, lire robes.
— 23, § XL, 1. 8, au lieu de onoreement, lire plutôt ennoreement.
— S 3) § LVi, 1. 5, ou lieu de livraisons (mis pour maisons du ms.), il faut
peut-être lire mensions,
— 46, 1. 78, lire fait il.
— 79, § cxxxvi, 1. 6, et p. 80, § cxxxvii, 1. 2, // eût mieux valu inter-
préter L /Jrt/' sinquante et 120/1 />rtr cinquante ; on trouve en effet sin-
quante en tontes lettres au § cxxxi, 1 5.
— 80, § cxxxvii, 1. 12, //refirent.
— ^3» § cxLiv, 1. 8, virgule après ens.
— 93' § CLXviii, 1. 9, au lieu de maihnée, lire maihnee.
— 108, § LXiii, 1. 7, lire counestablie P.
— iio, § LXXIII, 1. ly, au lieu de v, lire v.
— 115» § cvi, 1. 5, au lieu de sans, lire saus.
— 127, § CLXi, 1. I, lire si sejornerent i? ; si se jornerent P.
— 130, § CLXXvi, lire soit dire a gas — il meïsnie le claim.
— 133» § CLXXXix, 1 . 2, //re esrachée.
— 137, 1. 22 (cf. p. 73, § cxxii). Le traité entre Henri 1''% roi de Chypre,
elles Génois est exactement du 10 juin 1232 (Liber jurium reipubli-
cae Genuensis, t. I, col. 899-903).
— 138, 1. 12-13, ajouter, au sujet d'Aalis de Champagne : épouse divorcée
(1227) de Boémond V d'Antioche (Annales de T.-S., dans Archives
de rOr.lat., II 11, p. 438).
— 144, col. I, après Chantecler, ajouter : Chats (Cap des). Voy. Gavata.
— 147, col. I, au sujet de Gautier de Eguevive, ajouter : fils de Renaud,
seigneur d'Acquaviva, dans les Abruzzes (cf. Gestes des Chrprois^ éd.
Acad., p. 719, note c).
— 155, col. I, ajouter La Tour (Guillaume de). Voy. Guillaume de
LA Tour.
— 156, col. I, ajouter la date du mariage de Marie d'Antioche-Tripoli :
août (?) 1240.
— 156, col. 2, entre la 1. 4 et la 1. <^, ajouter : Montferrat. Voy. Monferar .
— 157, col. 2, au sujet de Philippe de Montfort, ajouter qu'il était marié à
Alice d^Ibelin, sœur de Jean 7^' d'Ibelin^ seigneur de Barufh, et de
Philippe dLbelin, bail de Chypre.
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FRAGMENT D'UNE AUTOBIOGRAPHIE
122J-1224
I (82). Ce fu en l'an de ryncarnasion de Nostre Seignor
Jehsu Crist m. ce. xxiii, avoit au rëaume de Jérusalem une
haute damoisele quy avoit nom Yzabiau, la quele estoit
fille dou roy Johan de Breine, et quy estoit dreit heir et
dame dou royaume de Jérusalem de par sa mère la raïne
Marie, quy fu fille dou roy Heimery, roy de Jérusalem.
II (83). Geste haute damoizelle que je vos dis, quy
estoit dreit heir dou royaume de Jérusalem, si avoit une seur
quy estoit mariée au roy de Chipre,quy avoit nom Hugue de
Lezegniau, la quele l'on la nomoit la rayne Alis.
III (84). En cel tens avoit desa mer en Surie un haut
home, quy avoit nom messire Johan de Yblin, et estoit sei-
gnor de Baruth, le quel avoit au rëaume de Chipre moult
grans rentes de cazaus et d'autres choses. Cestu seignor de
Baruth si fu vaillant et moult hardy et entreprenant et large
et cortois et de bel acuell a toute gent, et por ce il estoit
moult amé et moult renomé partout, et par my tout se il
estoit sage et cônoissant et preudome et lëau enver Dieu.
IV (85). Le seignor de Baruth si avoit un frère quy ce
nomet Phelippe de Yblin, quy avoit aussi assés de rentes et
fiés, et quy fu meïmes vaillant et entreprenant. Ses deus
Philippe de Kovare 1
2 PHILIPPE DE NOVARE
seignors estoient oncles de l'avant dite damoisele, rayne de
Jérusalem, et de sa suer la raïne Aalis de Chipre.
V(8é). Or avint en cel an que Fedric, que l'on dizoit
l'enfant de Poulie, estoit fait enperour par pape Onoire, le
quel enperour regnoit a cel tens a grant poier et a grant
renomee. Et avint chose que a cel tens estoit aie le roy Johan
de Breine a la court de Rome, au pape, qui avoit nom Onoire ;
dont il porchassa que le dit pape otroya le mariage de la
dite damoyselle Yzabiau, rayne de Jérusalem, sa fille, au dit
enperor Federic, si con je vous ay dit^.
VI (87). Dedens ce, le dit enperor avoit mandé mesages
au roy Johan et as barons dou royaume de Jérusalem pour
espouzer la dite damoisele, de la quele il en avoit oy parler ;
mais les mesages de l'empereor pacerent en Surie, et enceaus
jors passa le roy Johan a court de Rome, que les uns ne
sorent novelles des autres ;et porchassa le roy Johan la des-
pensasion dou pape pour le dit mariage, con vous avés oy"^.
VII (88). Le maryage fu otroé et parfait d'une part et
d'autre, si que l'empereor fist aparailler et armer vint gallees
a aler en Surie por amener la dite damoisele rayne de Jéru-
salem ; et ordena l'emperor un predome et sage, l'evesque de
Pacte, au quel vesque l'emperor dona son anel, dou quel anel
le dit evesque devoit espouzer la dite damoisele pour l'em-
pereor. Et ensy fu la chose afermee par sainte iglize et ordena
l'empereor chevaliers des siens et valès pour aler sur les dites
guallees, pour acompaigner la dite dame a son revenir, et
manda l'emperour biaus prezens de biaus juaus a la dite
dame et a ses oncles et as autres siens parens, et se partirent
les guallies et ariverent en la cité d'Acre.
VIII. Et avint choze que en siaus jours le noble baron,
seignor de Baruth, se trova a Acre, quy resut l'evesque de
Pacte et les autres chevaliers de l'empereour moult henoree-
ment, con sil quy estoit moult cortois seignor, et l'avoit
MÉMOIRES, I, V-XI 3
usé et savoit bien taire ; et les herberga, et fist servir bien et
largement ; et s'asemblerent tous les barons quy a Acre se
troverent, et resurent les letres dou pape et de Tempereor et
dou roy Johan, et les entendirent dilyguanment et a grant
reverense et a grant joie dou dit mariage.
IX (89). Le seignor de Baruth et son frère quy vint de
Chipre, et tous les autres barons et chevaliers de la Surie et
de Chipre, et les comunes et borgès et autres s'aparaillerent
de tayller robes envessees et autres choses quy fust aferable
a faire feste de si haut mariage con sestu et de si haut enco-
ronement ; et menèrent la dite damoisselle a Sur, et iquy fu
elle mariée et encorounee par l'arsevesque de Sur, Simon.
Et dura la feste quinze jours en behorder et en danses et en
semonces, et de changer envissures et doner robes et d'autres
festes de plussors manières.
X (90). Quant les festes furent parfaites en la cité de
Sur a moût grant henour, si com il couvenoit de faire pour
si haut mariage com est de si haute persone de Tempereor
et de si haute rayne com est la rayne de Jérusalem, le sei-
gnor de Baruth, son oncle, et son frère monseignor Phelippe
de Ybelin, et les autres parens, sy ordenerent aucunes per-
sones a mander avec la rayne jusques a Tempereor, et si orde-
nerent le quel y ala : l'arsevesque de Sur, Simon, et messire
Balian, seignor de Sayete, couzin germain de la dite rayne,
et autres chevaliers et valès et dames et damoiseles ; et l'acom-
paignierent jusques a l'empereor Federic, mais le seignor de
Baruth, son oncle, et aucuns des autres barons l'acompa-
gnerent jusques en Chipre.
XI (91). Et quant vint a uit jours de jugnet, l'an de m. ce.
et xxiiii, la dite rayne se recully sur les vint guallies devant
dites, que l'empereor ly avoit mandées. Au recullir la rayne
Aallis, sa seur, rayne de Chipre, et les autres dames l'acom-
paîgnerent en la maryne a lermes plourant, con seles quy
PHILIPPE DE NOVARE
penseeiit bien que ja mais ne la cuideent veïr, si com il ne
firent. Et au partir que la dite dame fist, ele regarda la terre,
et dist : c( A Dieu vos comans, douce Surie, que ja mais plus
ne vous verray! » Et elle profetiza, car ensy fu.
II
GUERRE DES IBELINS CONTRE LES IMPÉRIAUX
EN TERRE SAINTE ET EN CHYPRE
I (97). Ici comencë l'estoire et le droit conte de
LA guerre qui FU ENTRE l'eMPEREOR FeDERIG ET MESSIRE
JOHAN DE YbELIN, SEIGNOR DE BaRUTH.
Et par quey Ton peusse meaus entendre cornent mut et
comensa et fu celé guerre, et cornent avint que partie des
Chiprois se tint vers l'empereor et la plus grant partie vers
le seignor de Baruth, Phelipe de Nevaire, quy fu a tous les
fais et les conseils, et qui mainte fois a esté amés des bons
pour le voir dire et haïs des malvais, vous en dira la vérité,
aucy come en touchant les homes et les grans fais.
II (98). Il avint, ensi come Nostre Seignor le con-
senty, que le bon roy Hugue de Chipre, quy fu moût vail-
lant, ala a Tortouse en pèlerinage, et puis vint a Triple, et
ileucamalady et trépassa de cest siècle, en Tan de .m. ii*^. et
XVIII, a dis jors de jenvier, et fu enterré a l'ospital de Saint
Johan. La royne Aalis, sa feme, demoura moult jeune, et
avoit trois enfans de luy, un fys et deus filles. Le fys n'avoit
que nuef "^ mois et avoit nom Henry, qui fu, après son père,
roy de Chipre et fu apelé le roy Henry Gras. La dite reyne
Aalis estoit nièce de monseignor Johan, seignor de Baruth,
et de messire Phelippe d'Ybelin, son frère.
6 PHILIPPE DE NOVARE
III. Tous les homes liges dou roy firent homage corne
de baill a la dite reyne, et tous les homes liges prièrent et
requistrent a messire Phelippe de Ybelin que il fust baill de
Chipre por gouverner la terre et tenir la court et coumander
sus les homes. Le roy Hugue meïsme Tavoit avant prié et
comandé a la mort. Monseignor Phelippe ressut le baillage,
si ot moult de travail et noise, et la reyne otles rentes, que
moût largement les despendy. Messire Phelippe d' Ybelin
gouverna moult bien la terre et en pais, et moult i fist de
bien et de hennor et de loyauté et de largesse ; et monsei-
gnor de Baruth estoit tout le plus en Surie, et a tous les
besoins metoit grant conseil et grant aye au fait de Chipre.
IV (iio)". Si tost come le juene Henry, fis dou devant
dit roy Hugue de Chipre, fu un poy grandet, ses oncles et
ses autres homes le couronnèrent a moult très grant feste.
L'arcevesque Estorgue de Nicossie en fist ce qu'a Tiglyze en
afferoit a faire a son corounement. L'emperere Federic se
corroussa moult de ces deus choses, quant il le sot, s'est a
saver dou baillage et dou corounement, por ce que le roy
Henry devoit estre son home. Il disoit que le baillage estoit
suens et que il devoit, par les us d'Alemaigne, tenir le bail-
lage de Chipre tant que le dit roy eûst quinze^ ans d'aage. Et
aucune fois manda l'empereor a la reyne Alis de Chipre
qu'ele li laissast tenir le baillage de grâce % tant com il liplai-
roit ; mais dou corounement se parcoroussa il trop, et disoit
que le roy Henry ne devoit recevoir coroune que de luy. Et
toutes voies mandoit il moût amiables letres tous jors as deus
frères, monseignor de Baruth et le bail sire Phelippe; tout
adés les apeloit oncles en ses letres, por ce que i Festoient a
la reyne Yzabeau de Surie, quy estoit sa feme.
V(iii). En celuy tens, avoit aucuns juenes homes en
Chipre. L'un ot nom messire Aymery Barlais, l'autre sire
Amauride Bethsan; cil duyestoient cousin d'un lignage. Le
MÉMOIRES, II, III-VII 7
tiers ot nom sire Gauvain, le quart sire Guillaume de Rivet;
cil duy estoient d'un lignage. Le quint ot nom sire Hue de
Gibeleth ; celuy fu d'autre lignage, et apartenoit as enfans
de monseignor de Baruth par lor mère. Ceaus cinc s'acor-
derent et jurèrent encontre le lignage de Ybelin. Et siavoient
esté moût bien d'eaus, et avoient ressu moût de biens et
d'amors d'eaus, especiaument de monseignor de Baruth, plus
que de nul home; mais folie et orgueil, quy souvent muet
de richesce et de repos, et que il y a moult de gens quy ne
puent souffrir l'aise, les mena a ce que il firent et que il dirent,
et toutes voies y ot achaisons. Et si les oirés ci après main-
tenant.
VI (112). Ilavint que monseignor de Baruth fist ses deus
fils aihnés chevaliers en Chipre. L'un fu messire Balian, quy
puis fu conestable de Chipre et seignor de Baruth ; l'autre fu
messire Bauduyn, quy fu ceneschal de Chipre. A celé cheva-
lerie fu la plus grant feste et la plus longue qui fust onques
desa mer que l'on sache. Moût i ot douné et despendu, et
bouhordé, et contrefait les aventures de Bretaigne et de la
Table ronde, et moult de manières de jeus.
VII (113). Un jour, après la chevalerie, juoient a un
jeu que l'on apellebarbadaye. Syavint que un chevalier tous-
can, quy avoit nom Toringuel ^ et estoit de la maihnee de
messire Phelippe, le baill, fery messire Heimery Barlais, si
come l'on fiert a seluy jeu. Le dit sire Heimery se coroussa
et dist que il Tavoit felonessement féru et trop fort ; a tant
s'en parti dou jeu. L'endemain il gaita le chevalier entre luy
et sa force, et le laidirent malement, si que cil fu mahaignyé
et en péril de mort. Messire Phelippe, le baill, s'en aïramout,
et ly vost corre sus. Tous ceaus desa jure se tindrent a mes-
sire Heymery, mais riens ne montoit contre le pooir de
messire Phelippe, le baill. Monseignor de Barut, son frère,
se mist entre deus et les tint a force, et manda son fys, mes-
PHILIPPE lyE NOVARE
sire Balian, quy condeusist messire Heimery Barlais la ou il
vosyst aler.
VIII (114). Après ce ne demora gaires que messire Hei-
mery Barlais se party de Chipre et ala a Triple, et la fu tout
îver. Monseignor de Barut passa de Chipre a Baruth, et manda
querre sire Heimery Barlais, au Pascour, et le mena en Chipre
devant son frère si soudeinement que il ne sot mot, et dist a
son frère que il voloit en toutes manières et en toutes guises
que il pardonast a sire Heimery, et se il nel faisoit, ja mais a
luy ne parleroit ni ne le verroit, et que il feroit autel fin
come sire Heimery. Le baill dolent fist la volenté de son
frère, et le chevalier mahanié forspassa, quy ne vost faire
pais. Sire Heimery s'avoit moult d'avenant, si fu ariere tout
sire, et moût ot grant compaignie et grant amour a messire
Balian. En cel an, un poi après, avint que la reyne Alis de
Chipre se corroussa a ses oncles et a ses autres homes, et
sans lor gré et lor otroy s'en ala a Triple et espousaBemont,
fys dou prince d'Antioche. Tous ceaus de Chipre, et sire
Heimery Barlais meïsme, crièrent aune vois que se le prince
lust baill en Chipre et que il eùst pooir, que ce seroit la mort
et la destrucion de leur petit seignor.
IX (115). Après ne demora gaires que le devant dit
sire Phelippe de Yblyn laissa le baillage, maugré tous ceaus
dou païs ; et la reyne Alis, quy estoit a Triple, manda que
messire Heimery Barlais fust baill tant qu'elle peûst venir en
Chipre. Messire Heimery l'otroya maintenant, sans ce que
il eûst otroy de nul home de Chipre, ains le tindrent a grant
despit, et s'asemblerent a la court, et dist messire Phelippe
d'Ybelin que il tenoit a grant orgueil et a grant superbe ce
que sire Heymeri s'estoit offert et avoit otroié d'estre cheve-
teyne sur luy et sur les autres bonnes gens de Chipre, et que
il n'estoit mie home que il deûst ce faire, et que c'estoit
bien encontre ce que il meïsme avoit dit, quant la reyne
MÉMOIRES, II, VIII-XI
Alis espouza le prince. Sire Anceau de Bries se leva et dist
que de tant corne messire Heymery Barlais en avoit fait
et dit, avoit il fait que desloyal, et se il fust en my la place,
plus l'en direit et le provereit.
X. Celuy messire Anceau de Bries fu fis d'un cousin
germain de monseignor de Baruth et de son frère ; si estoit
juenes hom et fort et durs, membrus et ossus, vigourous et
pénibles, et entreprenans et faiseour, amy et enemy cortois,
et large de quanque il pooit tenir, blans et blondes et vayrs
et camus, a une chiere grefaignie, semblant au leupart. Les
deus frères l'avoient moût cher, et il le descervoit bien, et
saches que de ceste guerre fu il le plus prisié a dreit après
les deus frères et leur enfans, et le bon jeune seignor de Ce-
zaire qui estoit lor nevou. Si corne sire Heimery Barlais ot
oï ce retraire que l'on avoit dit de luy en mal, il s'en party
de Chipre et ala a Triple, et enprist que la atendroit la venue
de l'empereor, que moût estoit criée de jour en jour ; et son
entendement estoit que, par ra5'e de l'empereor, il porroit
sousmetre le lignage de ceaus d'Ybelin.
XI (117)^. Il avint, grant tens aveit, que messire Gau-
vayn ot contens a un chevalier quy avoit nom messire Guil-
laume de la Tour. Le dit Guillaume fut naffré de nuit entre
luy et un suen cousin ; et disoit l'on que ce avoit fait sire
Gauvain et son lignage. Le chevalier gary de ses plaies et
vint a la court devant le baill, et apela sire Gauvain de traïson,
et il se defendy, et furent lor gages donnés et receûs, et la
bataille fu férue, et pais en fu faite au champ. La pais fu
grevouse et vilaine a sire Gauvain [et ot a mal que celuy
chevalier l'eûst apelé ^], et li sembla que il ne l'osast avoir
apelé, se il n'eûst le maintenement de ceaus de Ybelin ; et
sans tout ce n'estoit il mie si cler d'eaus come il avoit esté
devant, et aucune achaison i avoit ; tout avant, por la grant
lëauté que il savoit en eaus, osa il bien entrer en champ et
se y combatre.
lO PHILIPPE DE NOVARE
XII. Au partir dou champ dist que il n'avoit mie seû
les covenances de la pais tant corn il fu au champ, et que il
ne tendroit ja ce que soulignage avoit covenancié. Tantost
s'en ala au Temple, et de la a Acre, et d'Acre outre mer a
Tempereor, et servy l'empereor un tens ; et savoit moult
d'oizeaus, et si fu moût honoré a celé court. L'empereor
estoit sur son venir, car Tigiyze le destreignoit de tenir le
covenant de pascer en Surie que lor avoit fait. Il vint au port ;
les galees furent arivees, et le passage tout apresté ; l'empe-
reor respita sa venue jusque a l'autre passage, si com li
plot, et manda partie de ses gens desa mer et de ses galees ;
et sire Gauvain revint lors desa mer en Chipre^.
XIII (122) «. En celé chaude novelle que l'on crioit que
l'empereor venoit maintenant, ains que l'on seûst que il avoit
respité son passage, sire Heimery Barlais, quy estoit a Triple,
se porpensa que il venroit en Chipre a la court, et s'alëaute-
reit de ce que sire Anceau de Bries avoit dit de luy ; et pensa
que dedens les quarante jors que il avroit de respit au fait de la
bataille après les gages donnés, seroit venu l'empereor, et
son fait prendroit bien. Le dit sire Heimery s'en vint tant
tost en Chipre et fu en la court, et desmenty sire Anceau de
ce qu'il avoit dit de luy, et s'en offri a défendre, et tendy son
gage. Leroy ressut les gages ; le jour de la bataille fu donné
et ordené par esgart de court a eaus deus. Et dedens celé
quaraintaine les galees de l'empereor vindrent, si com vous
avés oï ^, et sot l'on que il ne devoit mie venir. Lors le patri-
arche Gerolt de Jérusalem et moult d'autres gens se travail-
lèrent de faire pais de celé bataille, mais ne pot estre faite,
car sire Anceau ne vost otroyer en nulle guise.
XIV. La bataille fu férue. Sire Heimery ot le piour,
car il avint, a la première jouste, que sire Anceau brisa sa
lance, et sire Heymery, quy moult estoit vesiés, espareigna
la soue, quy avoit un des meillors fers dou monde, et laprist
MÉMOIRES, II, XII-XVI II
par my le niileuc et fery en dardant trois cos en la visière
dou heaume de sire Anceau, et tous jors feroit la visière, et
le poygnoit en la chiere. Au tiers cop, sire Anceau lansa la
main a toute Tespee que il tenoit, dont il avoit féru grans
cos dessus le heaume de sire Heymeri, et prist la lance dever
le fer a tout ce que il tenoit l'espee, et il avoit moût forte
main, si aracha la lance par force del poyn de sire Heymeri ;
et sire Anceau fu fort, et tira si durement que sire Heimery
perdy la lance que il avoit pris dou travers. Sire Anceau tira
tant qu'il l'abaty ; et il fu pesantement armés, si fery grant
cop a terre et fu moût blecié ; toutevoies se leva si come il
pot, et foy vers la lice tout droit a l'encontre dou leuou estoit
monseignor de Baruth par dehors la lice.
XV. Il avoit moult bien afaitié son cheval, si qu'il
corroit après luy par tout, et il meïsme coroit, et son cheval
après luy ; il traist l'espee et se mist entre là lyce et le cheval '^ .
Sire Anceau redressa moult hastivement son heaume, et
prist sa lance en dardant si come sire Heimery lassoit et
travailloit luy meïsme ; et dou monter estoit neent, car il
estoit pesantement armés, et petit chevalier, et le cheval
estoit grant et haut et fier. Adonc sembla a monseignor de
Barut et a tous ceaus quy la estoient que sire Heymeri ne
pooit durer. Et sire Anceau le hastoit moult, et s'on ne ly
eûst desloé, il fust descendu a pié, car il le cuidoit legie-
rement ocirre. Monseignor de Baruth entra au champ, entre
luy et le seignor de Cezaire, quy estoit conestable de Chipre,
et ne vostrent plus soufrir ; si firent tenir as chevaliers sire
Anceau a force par le frein et firent tenir le cheval de sire
Heymery, qu'yl avoit ja si lassié quy ne pooit plus. Il par-
lèrent de pais.
XVI. A celuy jour, messire Phelippe de Ybelin, qui
estoit frère de monseignor de Baruth, gisoit malade dou mau
de la mort. Son frère, le seignor de Baruth, li fist savoir
12 PHILIPPE DE NOVARE
l'estat des deus champions, et il, quy ja sentoit la mort, vost
en toutes guises que pais fust ; et tant manda, pryant et con-
jurant, a sire Anceau, ovec la force que monseignor de Baruth
ly fist, que la pais fu faite ; et sachiés que la pais fu vileine
a sire Heimery,car il y ot raenson motie et autres covenances
griés et fors; mais toutes voies il en sauva sa vie. Sire
Heymeri s'en party dou champ entre luy et sire Gauvain et
les autres des cinc, s'est a saver sire Amaury de Bethsan, et
sire Guillaume de Rivet, et sire Hue de Gibelet ; si mandèrent
moult plaignant a l'empereor dou lignage de Ybelin, disant
moult de maus et de mensonges sur eaus.
XVII (123). En celuy meïsme an de .m.if. et xxvii,
messire Phelippe d'Ybelin, le bon preudome, quy estoit frère
de monseignor de Baruth, morut en Chipre de celé maladie
qu'il avoit. Moût en fyst l'on grant duel, et moult fu grant
damage a tous ses amis et a tout le païs ; moult fu pleint, et
moût le dut bien estre.
• XVIII (126)^. En l'an de .M.ii<^. et xxix, l'emperere Federic
passa la mer pour venir en Surie, par le coumandement dou
pape Greguoyre ; et ariva premièrement en l'isle de Chipre,
en la cité de Lymesson ^ ; et mena o luy setante entre gua-
lees et tarydes et autre navie. Mais grant partie de son ost
et de sa mahnee, et son mareschau, et ses chevaus estoient
devant arivé a Acre. Messire Heymeri et messire Gauvain et
grant partie de lor amis et de lor suite entrèrent en vasseaus
armés, et alerent contre l'empereor jusquès as parties de
maryne ; et si tost com il le virent, il acuserent monseignor
de Baruth quy ne l'avet deservy vers eaus, et porchaserent
le pis qu'il porent a luy et a ses heirs et a tout son lignage,
et firent entendant a l'empereor, selonc ce que l'on retraist,
se il prenoit Chipre, que de Chipre poroit fornir Surie de
quanque bezoin seroit en son hostel, et outre tout ce en poroit
avoir et tenir mil chevaliers.
MÉMOIRES, II, XVII-XXI IJ
XIX. L'emperere lor fist grant feste et grant prou-
messe, et dist que il les creroit moût, et il en furent moult
liés, et ariverent o luy en Chipre ; toutevoies l'empereres
manda moût cortoises letres a monseignor de Baruth, qui
estoit a Nicossie, preant et requérant, come a son cher oncle,
que il venist a luy parler et ly amenast le jeune roy et ses
trois anfans et tous ses amis. Et ly manda un autre mot, quy
tu prophétie par la grâce de Nostre Seignor, car il ly manda
que il et ses amis et ses anfans seroient riches et honorés de
sa venue, et si furent il, la Deu mercy, mais ce ne fu mie
par son gré. Le message de l'empereor fu moût honoré a
Nicossie, et moût en fist l'on grant feste de sa venue.
XX. Monseignor de Baruth assembla ses amis et lor
requist conseil por le jeune roy Henry et por luy meïsme-
Tous, a une vois, crièrent que il ne ses enfans ne se
meïssent au poier de l'empereor, ne menassent le roy lor
seignor ; car les maies euvres de Tempereor estoient trop
aparans, et mainte fois avoit dit bêles paroles et mandées que
les fais estoient oribles et pezans ; par coy il ly looyent que
il s'esoingnast en aucune manière, disant que il et tous ses
amis et tout le poier de Chipre s'apareilloyent hastivement
et le siveroient en Surie au servise Deu, et le serviroient en
Surie come seignor ; « et tout ensy l'avoit empris dou faire
monseignor Phelipe, vostre frère, quant il viveit ». Ce luy
eûst esté bon conseil, car en Surie estoit le Temple et l'Ospi-
tau, et autres bones gens quy vosicent et bien et pais, et
Tempereor ne peûst mie si faire son gré dou tout.
XXI. Monseignor de Barut respondy a cest conseill,
et dist que loyalment et amiablement conseilloyent, mais
il voloit meaus estre pris ou mort et soufrir ce que Deu en
avoit porveù, que consentir que l'on peûst dire que par luy
ne par son lignage, ne par les gens desa mer, fust remés ne
destornés le servize Deu, ne le conquest dou reyaume de
14 PHILIPPE DE NOVARE
Jérusalem et de Chipre ; car il ne voloit pas mesfaire a
Nostre Seignor, ne que Ton peûst dire par le siècle :
« L'empereor de Rome ala outre mer a grant esfors, et eûst
tout conquis, mais le sire de Baruth et les autres desloyaus
d'outre mer aiment plus les Sarrasins que les Crestiens,et por
ce se révélèrent a l'empereor, et ne vostrent que la Terre
Sainte fust recovree. »
XXII (127). Pour ces choses devant dites s'en ala le
seignor de Baruth a l'empereor, et ses enfans et tous ses
amis, et tout le pooir de Chipre, des chevaliers et des sergens,
et menèrent le petit seignor le roy Henry a l'empereor, et se
mistrent del tout a sa manaie ; et il les resut a moult grant
feste et a moût grant semblant de joie, et sembloit que lor
enemy fussent desjuglé. L'empereor lor requist tantost un
don, et ce fu qu'il ostassent la noire robe que il avoyent
encore vestue pour la mort de sire Phelippe d'Ybelin, lor
frère, et dist que plus grant bien lor devoit estre la joie de sa
venue que le duel de lor amy, lor frère, qui estoit trespassé,
ja fust ce que il estoit moult preudome et vaillant. Il otroye-
rent moût volentiers son comandement, et le mercierent
moult volentiers et offrirent entérinement lor cors et lor
cuers et lor avoirs a son comandement, et l'empereor les
en mercya moult liement, et dist que il les guerredoneroit
largement et richement.
XXIII. Maintenant manda rooes d'escarlate a ceaus qui
vestoient noir, et autres juaus, et lor pria de bouche que il
manjassent tous l'endemain o luy. Il fistrent lor robes has-
tivement, et l'endemain matin vindrent tous vestus d'escar-
late devant l'empereor. Et en celé meïsme nuit devant, il fist
ovrir celeement une porte au mur d'une chambre qui feroit
en un jardin ; ce fu en un beau maner ou il estoit herbergié,
que monseignor Phelippe avoit fait a Lymesson. Par cele
fauce posternne fist entrer l'empereour de nuit priveement
MÉMOIRES, II, XXII-XXV I5
trois mil homes armés ou plus, entre sergens et arbalestriers
et gent de marine, tant que près toute la garnison de sa
navie y fu laens, et furent mis par les estables et par les
chambres, les portes closes sur eaus, tant que il fu hore de
manger ; les tables furent mises, et Taiguc donnée.
XXIV. L'empereor fist aseïr delés luy le seignor de Ba-
ruth et le vieill seignor de Cezaire, qui estoit conestable
de Chipre ; a une autre longue table fist asseïr le roy de
Chipre au premier chef et le roy de Salonique, et puis le
marquis Lance et autres barons d'Alemaigne et dou règne ;
et comanda que tous les chevaliers chiprois fucent en tele
manière asis que monseignor de Baruth et les autres que
il peûssent luy veïr et oïr, quant il parlereit ; et dévissa que
les deus fis dou seignor de Baruth servicent devant luy, l'un
de la coupe et l'autre de l'escuële, et le juene seignor de
Cezaire et messire Anceau de Brie tranchereent devant luy,
et que il fucient tous quatre en cors et seins par dessus lor
secors, car il disoit que tels estoit l'usage et le dreit de
l'empire . Et il le servirent moût volentiers et noblement, et
moût y ot de mes et diverces viandes.
XXV. Au derein mes issirent les gens armés de la ou
il estoient repost, et porpristrent le palais et les chambres
et toute la grant court, et la mestre porte et toutes les autres.
Il estoient bien ''armés au palais ou l'empereor estoit,
et en ot assés devant luy qui tuit tenoient les mains as armes,,
les uns as poumeaus des espees, les autres as couteaus. Les
Chiprois s'en aparceurent bien, mais il ne sonnèrent mot, ains
s'esforcerent de faire biau semblant. L'empereor torna sa
chère devers le seignor de Baruth et li dist en haut : « Messire
Johan, je vous requier deus choses; faites les amiablement
et pour bien, si ferés que sage. » Et il respondy: « Sire,
dites vostre plaisir, et je en feray volentiers ce que je enten-
deray que soit raison, ou que preudes homes en esgarderont. »
I6 PHILIPPE DE NOVARE
XXVI. « L'une des deus choses, dist l'emperere, si est que
vous me rendes la cité de Baruth, car vous ne l'avés ni tenés
raisonablement. L'autre chose si est que vous me rendes
tout ce que le baillage de Chipre a rendu et que la regale a
valu et rendu puis la mort au roy Hugue, ce est la rente de
dis ans, car ce est mon dreit, selon l'usage d'Alemaigne. »
Le seignor de Baruth respondy : « Sire, je cuit que vous
jués et gabés o mey; et bien pout estre aucunes maies gens
ont ce loé a requere, quy me hayent, et por ce vous en est
souvenu ; mais, se Deu plaist, vous estes tels et si bon sei-
gnor et sage que vous conoissés que nous vous poons tant
servir, etvolentiers le ferons, que vous ne les en croirés ja. »
L'empereor mist la main sur sa teste et dist : ce Par cest chef
que mainte fois a coroune portée, jeferay mon gré des deus
choses que j'ay demandé, ou vous estes pris. »
XXVIL Adonc se leva le seignor de Baruth et dist
moût hautement, a moût beau semblant : « Je ay et tien
Baruth come mon droit fié ; et madame la reyne Yzabeau,
qui fu ma suer de par ma mère et fille dou roy Amaury et
droit heyr dou reyaume de Jérusalem, et son seignor le roy
Amaury ensemblement o ly me donnèrent Baruth en change
de la conestablie, quant la crestienté l'ot recovree, toute
abatue, ettele que le Temple et l'Ospital et tous les barons
de Surie la refusèrent, et l'ay fermée et maintenue des
amones de la crestianlé et de mon travail!, et tous jors y
ay mis et consumé quanque j'ais de rente en Chipre et
aillors ; et se vous entendes que je la tiens a tort, je vous
en forniray raison et droit en la court dou reyaume de Jéru-
salem. Et de ce que vous me requerés les rentes dou baillage
de Chipre et dou régal, je n'en eu onques nule, et mon
frère n'en fu baill que de la noise et dou travaill et de gou-
verner le royaume ; mais la reyne Aalis, ma nièce, ot les
rentes et en fist son gré, come celé quy avoit droit au bail-
MÉMOIRES, II, XXVI-XXIX I7
lage selonc nostre usage ; et se vous de ce me requerés droit,
je vous en forniray raison par les us et par la court dou
royaume de Chipre ; et soies certains que pour doute de
mort ou de prizon je ne feray plus, se jugement de boune
court et de loyale ne le me faisoit faire. »
XXVIII. L'emperere se corroussa moût et jura et
menassa, et en la fin dist : « Je ay bien oï et entendu delà
la mer, grant tens a, que vos paroles sont moût belles et
polies, et que vous estes moult sages et moût soutils de
paroles, mais je vous mostrerai bien que vostre sens et vostre
soutilece et vos paroles ne vaudront riens contre ma force. »
Le seignor de Baruth respondy en telle manière que tous
ceaus quy la estoient se merveillerent, et tous ses amis en
doutèrent trop.
XXIX. Le respons fu tel : « Sire, vous avés piessa oï
parler de mes paroles polies, et je ray bien oy parler souvent
et lonc tens de vos euvres ; et quant je mui a venir sa, tout
mon conseil me dist, a une vois, ce meïsnie que vous me
faites orres et pis, et je ne vos croire nuluy ; et ce ne fu mie
por ce que je bien ne doutace, mais j'oissy a droit essient,
et auprès vous vueill encores plus volentiers recevoir prison
ou mort que consentir que Ton peûst dire ne noter de mal,
ne soufrir que la besoigne de Nostre Seignor et le conquest
de la Terre Sainte et le vostre servise fust mis arierepar mey
ne par mon lignage, ne par ceaus de la terre ou je fuis, ne
que novelles alassent par la crestienté et deïst Ton : « Ne
« savés ? L'emperere de Rome ala outre mer, et eûst tout
« conquis, se ne fussent ceaus d'Ybelin, les deslëaus d'outre
« mer, qui plus aiment les Sarazins que les Crestiens ; et se
« révélèrent et ne vostrent sivre l'empereor, et por ce est tout
« perdu. » Tout ce meïsme, si com je vous ai retrait, dis je a
mon conseil, quant je party au venir a vous de Nicossie, et
vins tous apencés de soufrir quanque peùst avenir, propre-
Pbilippe de Novare. 2
l8 PHILIPPE DE NOVARE
ment por amor de Nostre Seignor Jhesu Crist, quy souffry
pascion et mort pour nous, qui nous en délivrera se a luv
plaist ; et se il veaut et deigne soufrir que nous recevons
mort ou prison, je l'en mercie ; et a luy me tien dou tout. »
A tant se taist, et s'asist. 1
XXX (128). L'emperere fu moût corouscié, et chanja
souvent coulour, et les gens regardèrent moult le seignor j
de Baruth, et moût y ot de paroles et de menaces ; et gens |
de religion et autres bones p^ens s'entremistrent de concorder
les, mais onques ne postrent remuer le seignor de Baruth
de ce qu'il avoit dit que il feroit. L'emperere faisoit de moût
estranges requestes et perillouses. En la fin, fu concordé a
ce que le seignor de Baruth avoit devant offert, et neent
plus i ot de force que tant que il ly dounast, a l'empereor,
vint vavassors des plus aparans de Chipre, qui le plegereent
sur leur cors et lor avoyrs et estages que le seignor de Baruth
le siveroit et iroit en la court dou reyaume de Jérusalem,
et la ly forniroit droit ; et ensi tost con il vendroit en la
court, les ostages dévoient estre quites et délivres.
XXXI. L'emperere li demanda deus fis suens, messire
Balian et l'autre, messire Bauduyn, et quanque il disoit ;
ne valut riens ; par force covint qu'il les eùst. Et lors dist
l'emperere au seignor de Baruth : « Je say bien que Balian
est tout vostre cuer, et tant con j'avray luy, j'avray vous. »
L'emperere le manda querre, et il vint droit a luy, et le
père les livra, chascun d'eaus par le poin destre, a l'empereor
et dist : « Je les vous baill et livre en Deu foy et en la vostre,
par tel covenant que, ensi tost con je venderay en la court
dou reyaume de Jérusalem apareillié de fournir dreit, il seront
quites et délivres, et ensy que vous les tenrés et garderés
ennoreement, ne que vous ne lor ferés ni soufrirés a faire
mau ne vylenie ne outrage. » — « Et je ensi les receis en Deu
foy et en la moie, dist l'empereor, et par moy seront il riches
MÉMOIRES, II, XXX-XXXIII I9
et honorés, se Dcu plaisl. » A tant s'en party Temperere, et
les fist mètre en traversains grans et desmesurés ; et avoient
une cruis de fer a quoy il estoient atachié, si que il ne
pooyent ploier ni bras ni jambes, et de nuit metoit les autres
o^ens en fers ovec eaus.
XXXII (129). Si tost com le seignor de Baruth fu
party de laens, ses enemis vindrent a Tempereor, et li dis-
trent : « Sire, que avés vous fait ? Le seignor de Baruth
s'en ira ja et garnyra les chasteaus encontre vous et révélera
toute la terre, ja pour ses enfans ne laira ; et le plus de gens
l'aiment tant que chascun le sivra. Mais faites bien : mandés
le querre tantost, et mandés li amiables lettres, que il porra
bien tant faire que vous li rendes ses enfans. Si tost con il
vendra, prenés le : Oti^y a le vilain, si a la proie. Ensi pores
estre seignor de Chipre, et non autrement. » L'emperere,
qui moult faisoit maus volentiers par sei sans enortement,
le manda querre. Le seignor de Baruth fu moût bien garry
par tel quy bien en fust a croire et quy avoit esté au conseil;
et il estoient herbergié hors de la ville a tentes, luy et ses
amys, et tous avoient lor chevaus et lor armes ; et l'empe-
rere n'avoit nul cheval en la ville, mais dedens la ville estoit
la force soue, pour la grant pietallie que il avoit.
XXXIII. Le seignor de Baruth ot conseil, et dist que
il s'en voloit aler garnir les chasteaus et garder la terre as
drois heirs dou roy Hugue, que qu'il avenist dou roy, que
l'emperere avoit tenu del tout et pris. Adonques le jeune
seignor de Cezaire, qui estoit nevou dou seignor de Baruth,
et messire Anceau de Brie, ces deus qui moût estoient preus
et vigourous, li distrent : « Sire, ne faites, mais aies a l'em^
pereour, et menés nous ovec vous, et chascun de nous avéra
un couteau en sa chauce priveement ; si tost come nous
serons devant luy, nous l'ocirons, et nos gens seront sur
lor chevaus devant la porte, tous armés. Ja puis que l'empe-
20 PHILIPPE DE NOVARE
ireor sera mort, nul ne se movera, et si rescourons nos cou-
sins. » Le seignor de Baruth se corroussa trop et les menassa
a ferir et a tuer, se il en parloient ja mais, et dist que ensi
seroient bonis a tous jors mais, et toute crestianté crieroit :
« Li traïtour d'outre mer ont ocis lor seignor l'empereor. »
« Et puis qu'il seroit mors, et nous vis et sains, nostre droit
seroit tort, et la vérité n'en poroit estre crehue. Il est mon
seignor; que que il face, nous garderons nos fois et nos
henors. »
XXXIV (130). A tant s'en party le seignor de Baruth,
si tost come il fu anuitié. Le cry fu grant a la herberge au
despartir. L'empereor oï le cry, si ot moût de paour, et s'en
party dou manoir ou il estoit, et se mist en la tour de l'Os-
pitau, quy estoit forte et plus près de sa navie ; et laens mist
ses bostages en prison. Le seignor de Barut s'en ala droit de
Limesson a Nicossie, et la tint entre luy et ceaus qui le
vostrent sivre. Il fist moult richement garnyr un cbasteau
quy a nom Deudamor, et la envoya les femes et les enfans
d'eaus et de lor amis. Il et toutes ses gens d'armes demorerent
en la ville de Nicossie. L'empereor manda en Surie et fist
venir en Cbipre son ost et ses cbevaus, et moult de sodoiers.
Et le vieill prince d'Antiocbe et le seignor de Gibletb et le
seignor de Saete et moult d'autres gens vindrent a l'empe-
reor a Lymesson, et tant con il i fu, messire Aymeri Barlais
et sa rote estoient berbergiés par dessus la maison ou estoient
les ostages en prison. L'endisoit que il faisoyent moût grant
vileinies sur eaus, teles qu'eles venoient jusques a eaus.
XXXV (131). Quant l'emperere Federic fu bien esforcé,
il cbevaucba droit a Nicossie, et le seignor de Barutb trova
bien lor en son conseil que il se porroit bien combatre a
luy, mais le preudome dist que ce ne feroit ja, se Deu plaist, \
ni a son seignor ne se combateroit, ni a lui ne voloit com-
batre tant con il le peust eschiver ; et sa coustume fu tous
MÉMOIRES, II, XXXIV-XXXVII 21
jors tele que il metoit le droit envers luy volentiers, et enpre-
noit la besoigne a envis, et puis que il comensoit, il parfai-
soit. Et Nostre Seignor ly douna plus de grâce, de sens et
de valour et d'ennor, et plus li niostra s'amour qu'a nul home
de son tens ne de sa richesse. Il guerpi Nicossie a Tempereor,
et s'en alaau Deudamor, que il avoit garni, et l'empereor
n'osa aler après luy ; si demora lonc tens a Nicossie o moût
grant gent.
XXXVI (132). L'iver aprocha, et l'emperere avoit oï
novelles de son païs que le pape Grégoire et le roy de
Jérusalem Johan le guerreoyent en Puille ; si en douta moût,
et se hastoit moût d'aler en Surie por faire aucunes trives as
Sarrazins et retorner en son païs. Por ce avint que il fîst
tenir paroles de pais au seignor de Baruth hastivement, et
tant fu la parole tenue par gens de religion et par autres
que ii s'acorderent. La fin fu tele que l'emperere et tous 'ses
barons jurèrent au seignor de Baruth que il li rendroit main-
tenant ses deus enfans, sains et saus de vie et de menbre, et
que il li tenroit pais, et de rien ne li amermeroit luy ne les
suens, se par esgart des deus cors ne le feïssent, ne mau
guerredon ne lor rendroit pour chose qui eûst esté, et que il
feroit recevoir les chasteaus et le royaume au roy Henry
meïsme ; et, si enfant con le roy estoit, que il y metroit de
ses homes liges qui garderoient les fortereces et le royaume
jusques a l'aage le roy.
XXXVII. Le seignor de Baruth et les suens jurèrent
que il rendroient le chasteau de Deudamor au comandement
dou devant dit roy de Chipre, et que il venroyent o l'empe-
reor et le serviroient tant corn il seroit en Surie, a lor coust
meïsme, et que il ne rendroient mau guerredon a luy ni a
la soue partie de chose qui eûst esté. Et l'empereor lor requist
moût que il li coneùssent que le baillage estoit suen ; et ii
li respondirent que il ne le feroyent, por tant poroient
22 PHILIPPE DE NOVARE
perdre les testes, car dou baillage estoient il homes
de la reyne Aalis ; mais, sans faille, il jureroient fëauté
a l'empereor, por ce que il estoit chef seignor de
lor seignor le roy Henry ; et ce meïsme jureroyent il
par tel covenance, se il se contenist au prevelige des cove-
nans qui furent entre le père de l'empereor et le roy Henry,
que les homes le roy deûssent faire la fëauté et que il soyent
tenus dou sairement ; et se n'est au previlyge, que il en
soyent quites. De celé pais tenir fu plege le Temple et
rOspitau, et tous les barons et les riches homes de l'une
part et de l'autre. Le chasteau de Deudamors et toutes les
autres fortereces de Chipre rendy Ton au roy, et il par le
comandement et par la doute de l'empereor les livra a ceaus
de ses homes qui estoient de la partie de l'empereor.
XXXVIII (133). L'emperere Federic et sa gent alerent
tantost a Famagouste pour passer. La vint sanavie de Lymes-
son, et la rendy il au seignor de Baruth ses deus enfans, qui
moût avoient enduré prison en terre et sur mer as galees, et
estoyent tel atorné qu'il estoit grant pitié dou veïr. Toutes
voies ressut il messire Balian de sa maisnie, et ly offry et li
donna assés ; et celuy, qui estoit plus vaillant bachelier et
vigourous et larges et avenant et plaisant a toutes gens sur
tous ceaus desa mer, le servy volentiers et amiablement, tant
que l'emperere s'en loet moult ; et l'autre fis de monseignor
de Baruth, qui estoit valet et avoit nom Johan, retint il puis
que il furent en Surie, et dist que il ly donreit Foges, qui est
en Puille; et por ce fu il apelés Johan de Foges.
XXXIX (134). L'emperere o toute sa navie mut de
Famagouste un soir a l'anuitier. Celé nuit meïsme le guerpi
le viel prince d'Antioche, et s'en fuy en une galee, et ariva
a un suen chastel quy a nom Nefin. La rendy grâces a Deu
que il estoit eschapé de l'empereor, car il estoit venus en
Chipre après que le seignor de Baruth ot faite sa pais, et
MÉMOIRES, II, XXXVIII-XLI 23
Tempereor avoit requis au prince que il comandast a tous
ses homes liges d'Antioche et de Triple que il feïssent fëauté
auci corne avoient fait ceaus de Chipre. Le prince se tint a
mort et dezerité ; si contrefist le malade et le muet, et crioit
trop durement : « A ! a ! a ! » ; et tant se tint ensi que il s'en
party, ensi con vous avés oï ; mais si tost corne il fu a Nefin,
il fu gary.
XL (135). En Tan de m. lis et xxix'^, Temperere vint en
Surie o toute sa navie, et le roy et tous ses Chiprois o luy.
Le seignor de Baruth ala a Baruth, et il y fu moût volentiers
veû, car nul seignor ne fu onques plus tendrement amé de
ses homes. Il ne demora que un jor, et maintenant suit
Tempereor, et Tatainst a Sur. L'emperere fu moût beau receû
en Surie, et tous li firent homage. [Il se parti de Sur et ala
en la cité d'Acre et fu receû onoreement. Sa navie quy estoit
de setante galees et naves se mist au port d'Acre, et il se *
herbergia au chasteau. Lors fist assembler les homes liges
et requist a eaus que il li feïssent homage^'] come a bail, por
ce que il avoit un fis petit, que l'on apela le roy Conrad,
qui estoit droit heir dou reyaume de Jérusalem de par sa
mère, qui estoit morte. L'emperere et ses gens et toutes les
gens de Surie murent d'Acre por aler a Japhe ; et maintenant
tint paroles de trives au Quemel, qui estoit adonc soldan de
Babiloyne et de Domas, et tenoit Jérusalem et toute la terre ;
et lors fu rendue Jérusalem et Nazereau et Lydde a l'empe-
reor.
XLI (136). En celui meïsme an^, entre ces faites,
l'empereor manda le conte Estiene de Botron en Chipre,
et autres Longuebars assés, et fist saisir toutes les fortereces
et toute la regale a son eus, et dist que il estoit bail, et que
c'estoit son droit. Les Chiprois se doutèrent moult, et lor
femes et lor enfans ; si se mistrent en les religions a receit, la
ou il porent. Partie s'en fuirent hors de Chipre ; nomeement
24 PHILIPPE DE NOVARE
messire Johan d'Ybelin, quy puis fu conte de Japhe, et qui
au jour estoit enfant, et sa suer, et autres gentils gens, s'en
fuirent au cuer d'yver, et orent si mau tens qu'a poi qu'il ne
noyèrent, et si con Deu plot, il ariverent a Tortouse. L'empe-
rere tint Chipre ; les Chiprois quy estoient la en Tost furent
moût a mal aise, et, se le seignor de Baruth le vosist con-
sentir, il eussent emblé et fortrait le juene roy Henry et
s'en fussent party de l'empereour.
XLII (137). L'empereor fu maintenant mau de toute
la gent d'Acre ; espesciaument dou Temple fu trop mau ; et
au jor avoit moût vaillans frères au Temple, frère Piere de
Montagu, quy moût estoit vaillant et noble, [et moût vaillant
et sage^J estoit aucy le maistre des Alemans; et ceaus de vau
la terre n'estoient mie bien de l'empereour. L'empereor fist
moût de lais semblans, et avoit tous jors galees armées, rimes
a fernel, en l'iver meïsmes. Et moût de gens disoyent que
il voloit prendre le seignor de Baruth et ses enfans, et sire
Anceau de Bries, et autres de ses amis, et le maistre dou
Temple et autres gens, et les voloit mander en Puille; et
autre fois disoit l'on que il les voloit faire ocirre a un conseil
ou il les avoit mandés et semons ; et il s'en aparsurent, et
il y alerent si esforceement que il ne l'osa faire. Toutes
voyes fist il sa trive as Sarasins tel con il vostrent, et ala en
Jérusalem, puis vint a Acre. Le seignor de Baruth ne le
guerpi onques, et si ly avoit l'on loé moult souvent que il
s'en partist, mais il n'en vost [riens faire ^].
XLIII (138). A Accre assembla l'empereor sa gent, et y
fist venir tout le peuple de la ville, et il y avoit moût [de Pi-
sans, qui estoient mout^] bien de luy. 11 lor sarmona et dist
ce que il vost ; et en son sarmon se compleinst moût dou
Temple. [Et il mist le siège a la maison dou Temple; et la
maison dou Temple^] se trova moût desgarnie, car le cou-
vent estoit tout dehors ; mais tantost joindrent, que par mer
MÉMOIRES, II, XLII-XLV 2J
que par terre, tant de gens. Ne sai quans jors dura le siège,
mais vileinement s'en party ^ L'empereor apareilla son pas-
sage priveement, et le premier jor de may, en son l'aube,
sans faire assavoir a nuluy, il se recuilli en une galee devant
la boucherie. Dont il avint que les bouchers et les vieilles de
celé rue, quy moût sont enuiouses, le convoyèrent, et Taro-
cherent de tripes et de froissures moût vileinement.
XLIV. Le seignor de Baruth et messire Eude de Mon-
beliart Foirent dire ; si corurent la, si chascerent et laidirent
ceaus et celés quy Tavoyent aroché, et a luy crièrent de terre
la ou il estoit en la galee, que il le comandoyent a Deu. Et
Tempereor lor respondy moût bas, ne sai bien ou mau, et
lor dist que il laissoit en son leu baill le seignor de Saete et
messire Garnier TAleman. Et Tempereor avoit moût bien
garny le chasteau de Sur ; si le livra au seignor de Saete et
comanda, et faisoit semblant que il se fioit moût en luy ;
mais le roy Henry de Chipre en mena il o luy.
XLV (139). Ensi party d'Accre Tempereor, heïs et mau-
dys et vileynis, et ariva en Chipre a Lymesson, et la mist il
le devant dit roy Henry, et ly donna a feme une soue cou-
sine, fille dou marquis de Monferar. La fina il a les cinc baus
que vous avés oï nomer, qui estoient de la soue partie, et lor
vendy le baillage de Chipre et la terre por dis mille mars,
jusque a Taage dou dit roy de Chipre ; et lor fist jurer que il
ne soufriroient que le seignor de Baruth et les suens en-
trassent en Chipre, et comanda que il les deseritassent. Et eaus
Totroyerent volentiers a l'empereor ; et lor bailla sodoyers
alemans et flamens et longuebars, a lor deniers meïsme, et
il quistrent et porchascerent a Acre et par tout sodoyers ;
et aucuns homes le roy, en achaison de ce que il avoyent le
roy Henry o eaus, et pour talant de retorner a lor hostel, se
tindrent a eaus et furent a lor comandement ; mais les chas-
teaus ne lor furent mie lyvrés jusque a tant que il eussent
26 PHILIPPE DE NOVARE
l'argent paie. L'empereor Federic s'en ala outre mer et laissa
en son leu gens por recevoir l'argent et livrer lor les chas-
teaus.
XLVI (140). Phelippe de Nevaire estoit adonc en Chi-
pre por une soue besoigne privée. Les cinc baus privee-
ment le mandèrent querre de nuit, et li prièrent et requistrent
a moût beau semblant que il traitast pais entr'eaus et le sei-
gnor de Baruth, et distrent que la fin que il avoient fait a
l'empereor n'estoit que por délivrer de ses mains le roy et la
terre, et si tost come il avroientles chasteaus, que il feroyent
quanque le seignor de Baruth vodra. Et Phelippe de Ne-
vaire, qui conoissoit son seignor a sage et pitous, otroya as
cinc baus que il se travailleroit volentiers, par si que tous
cinc ly jurereent sur sains évangiles, se la pais ne pooit estre,
que il conduyroient luy et sa maisnee et toute la soue chose,
saine et sauve, a Baruth ou a Acre. Phelippe de Nevaire se
travaila moût de la pais, et trova a son seignor ce que il
vost.
XLVII. Les cinc baus taillèrent et roberent les povres
gens de Chipre tant que il payèrent l'argent et orent les chas-
teaus. Adonc se troverent tant de gent et cuiderent estre
moût fort ; mais pechié et folie les mena a ce que il s'enor-
gueillerent et cuiderent la terre tenir et défendre, et vencre
monseignor de Baruth et les suens, et toutes voyes tenoient
parole de pais a Phelippe pryveement. Maintenant firent
assembler tous les gens dou païs a la court dou roy. Un
d'eaus meïsme ala querre Phelippe, et si li mist le bras au
col, et li proya que il venist ches le roy, car il voloyent con-
seiller a luy priveement. Il y ala volentiers, car il se tenoit
moût a ceùr por le sairement qu'il ly avoyent fait.
XLVIII. Quant Phelippe de Nevaire entra en la court le
roy, il vit que les portes estoyent moût durement gardées de
gens armés de la maisnee as cinc baus, qui gardoient les
MÉMOIRES, II, XLVI-L 27
portes moût fièrement, que nul issist. Phelippe douta, et ne
hst nul semblant. Quant tous furent assemblés, un des cinc
baus se leva, qui estoit moût bien parlant et avoit nom mes-
sire Guillaume de Rivet, et dist moût, o bêles paroles.
Entre les autres, dist que le seignor deBaruth avoit folement
perdu le roy et la terre, et il avoyent sagement recovré l'un
et l'autre, et avoyent acheté le baillage, et por ce requeroyent
a tous les gens de laens que il juracent d'eaus sauver et gar-
der et tenir a bail jusque a l'aage le roy ; et dist que il avoient
bien decervy au roy. Et le roy estoit a lor poer, et moût
estoit doutis ; et parla le roy moût bais, et regarda moût vers
Phelippe.
XLIX. Si tost con ce fu fait, Tevangile fu aportee en la
place, et messire Heimery Barlais dist a Phelippe de Ne-
vaire : « Tout premier aies avant, si jurés, car nous volons
outreement que vous soies le premier. » Phelippe se leva et
dist : « Sire, parlés a moy a une part, vous et vos quatre
compaignons. » Et il respondirent et crièrent tous cinc :
« Si m'aït Des, ne ferons, car trop avriens a faire, se nous
voliens conseiller a tous ceaus qui jureront, et ensi neseroit
ja mais fait ; mais jurés, et nous vous ferons plus de bien
que n'ont fait ceaus qu'avés tant servy ; et le quel que vous
volés de nous tous vous donra fié a vous et a vos heirs, et
paierons toutes vos dettes. »
L. Phelippe respondy : « Je sui moût liés que, en au-
dience de tant de gens, m'offres a faire tant de bien et vous
me faites tant d'ennor qu'ansi me proisiés, et je vous en
mercy moût ; mais je ne pues faire ce que vous me querés,
car je sui home de la reyne Aalis del baillage, et se je
otroyasse et jurasse vous a tenir abaills, donc mentiroy je ma
foi. » Et il crièrent maintenant : « Por ce ne laissés vous
mie, mais por ce que vous ne volés estre contre le seignor
de Baruth. » Et Phelippe dist que « encontre le seignor de
28 PHILIPPE DE NOVARE
Baruth ne seroie je ja mais, se Deu plaist, car j'ains plus luy
et ses enfans que nule gent dou monde. » Adonques dist
messire Hue de Gibeleth : « Avés oy qu'il a dist ? Je los
que Ton le pende. » Phelippe li respondy que il ne se te-
noitpas a la parole de messire Hue, et que son père messire
Betran avoit mainte fois parlé plus sagement. Lors s'es-
crierent tuit. L'un dist : « Prenés le ! » L'autre dist : « Muire
adès ! ^ »
LI. Phelippe s'aïra et fu auci come désespéré de sa vie,
et s'agenoila devant le roy, et retraist en audience le cove-
nant et le sairement que les cinc baus li avoyent fait, et
tendy son gage et offry a prover tout ensi con la court esgar-
dereit de son cors encontre le cors d un d'eaus cinc qu'ensi
estoit. Moût de leur maisnee, chevaliers, tendirent leur gages
contre Phelippe, et il les refusa tous par raison de parole, et
tout adès se paroffry contre un d'eaus cinc ; et disoit que il
estoit bien lor pareil, et que ce provereit il bien par bons ga-
rens de son païs qui estoient en Chipre et en Surie ; et chas-
cun d'eaus le desment}^, mais nul d'eaus ne tendy son gage.
A tant l'aresterent et le firent garder en un canton dou pa-
lais a chevaliers qui tenoient les espees nues es mains. Les
gens se merveillerent moût de ce que Phelippe osa dire et
faire. Il firent aporter un grant traversain, et comanderent
que il fust mis dedens et amené au chasteau de Deudamors.
Au palais le gardèrent jusques a grant pièce de nuit, et toutes
les autres gens jurèrent [as baus'»].
LU. Les cinc baus orent conseil a une part, et distrent :
(( Cest home a requis esgart de court, et se nous sur ce le
prenons, il sera lait ; mais requérons luy que il doint pièges
de mil mars d'argent que il venra demain a la court, en tel
point come il est ores ; et disons li que se il jure, il sera
mené par esgart ; et quant il sera party de saens, faisons le
ocirre come enemi mortel en celé nuit. » Ensi come il orent
MÉMOIRES, II, LI-LIV 29
porparlé, il li requistrent les pièges. Phelippe de Nevaire res-
pondy que il n'avoit nul plege, et c'ome lige ne devoit dou-
ner nul plege, car sa foy et son fié le plegeit, et il ly distrent
que il ly troveroyent bien pièges, quepareaus meïsmes s'ou-
fryrent a luy piéger ; [et luy, les merciant, les prioit que il
le servissent quant il en auroit de besoing ^].
LUI (141). A tant s'en party d'eaus Phelippe de Ne-
vaire, et s'en ala a l'Ospitau tout dreit, et porchassa tant en
celé nuit meïsme que il ot bien cent et cinquante homes
d'armes, et trova laens les femes et les enfans de ceaus quy
estoient en Surie ovec le seignor de Baruth ; et se Phelippe
ne fust entré, les cinc baus y fussent entrés l'endemain, et
l'eussent pris. En celé nuit meïsme fu assailli et pris l'ostel
ou Phelippe estoit devant herbergié,et troverent son lit tout
fliit, et l'esprevier dessus le lit fu passé de plusors lances et
de dars. Et il y avoit deus suens homes qui gardoient l'os-
tel ; l'un fu ocis et decopé, et l'autre nafré malement.
LIV (142). L'endemain saisirent les cinc baus tous les
fiés de monseignor de Baruth et de ses amis. Phelippe fist
faire une cisterne dedens la tour de l'Opitau, et fist faire
assés de bescut, et moût garny et horda bien l'Ospital ; et
quant les cinc baus sorent que Phelippe fu laens, si l'asse-
gerent, et firent moût durement garder de jour et de nuit
qu'il n'en issist. Phelippe de Nevaire vost faire assaver cest
fait tout premièrement a monseignor Balian d'Ybelin, son
conpere, et puys qu'il ot comencié a escrire les letres, li
prist il talant de faire les en rime. Et por ce que sire Hei-
mery Barlais estoit plus malvais que tous les autres, il le
vorra contrefaire a Renart, et por ce que, au romans de
Renart, Grimbert, le taisson, est son cousin germain, il
apela messire Amaury de Betsan Grinbert, et por ce que
sire Hue de Gibîet avoit la bouche torte, et il faisoit sem-
blant que il feïsttous jors la moe, Phelippe l'apela singe.
30 PHILIPPE DE NOVARE
LV (143). Geste est la letre rimee que sire Phelippe de
Nevaire, qui estoit enclos a l'Ospital Saint Johan a Nicossie,
manda a messire Balian d'Ybelyn, quy estoit a Acre :
Salus plus de cent_ mille, beau sire et beau compère,
Vous mande ly hermite qui or est noveau frère.
Ce ne fust la crois blanche, tant y eûst matière
Qu'il ne chantast ouan houres ni messe entierre. 4
Compère, vostre terre contrefait or Espaigne,
Car il y a cinc baus tous en une conpaigne.
Moût amour me mostrerent por jurer lor enseigne;
Mais je le contredis ; si orent tel engaigne, 8
Que sans esgart de court et sans autre bargaigne
Me quémandèrent prendre et mètre en la longaigne ;
Durement contrefirent celé nuit Alemaigne :
Les portes garder firent, n'i ot nul qui se faigne. 12
Celuy les establi, a la chiere grifaine,
Quy de son cors meïsme mesura lachampaigne.
Je ne vy celé nuit nule si fiere beste,
Come celuy quy traist en mi le champ sa teste. 16
Se Dieu plaist, en sa vie avra il tel tempeste.
Car a tous les grans sains fait on chascun an feste.
Ency fui aresté en la court celé nuit ;
Beau parler ne requerre esgart n'orent nul fruit; 20
Et si lor dy je tant qu'il m'esgarderent [tuit.
En traversain me mistrent '^] li traïtour recuit,
Puis me vostrent ocirre en traïson de nuit;
Mais je fui bien garny par tel, a qui qu'ennuit, 24
Quy me douna conseil bon et leal, ce cuit.
Maintenant afublai la chape saint Johan;
Mais j'ai fiance en Deu que j'en istray ouan.
MÉMOIRES, II, LV 3I
Ce savoîe de voir venu soit Balian, 28
Et Anceau le camus, je criasse autre ban.
Celuy qu'entre la lice se mist et le chevau
M'a par force enbatu et mis a l'Ospitau.
Deu ! s'eussent laissié tuer le deslëau, 32
Ja nefust avenu en Chipre ytantde mau.
S'on eûst covenu a Anceau le camus,
Quant dou chevau a terre fist le grant flatimus,
De la messe fust dite le benedicamus ; 36
Tout le mont eiist dit : « Deu grâces dicamus. »
Le benedicamus fust dit de sa chanson
h
Balian, n'obliés les fers ne la prison.
Volentiers le celace, mais par tout le sait Ton. 40
Se l'on vous aresta, n'i avés nule honte.
Car celui qui vous prist a pris et roy et conte.
Mais ce me fait crever que chascun dit et conte
due celuy le fist faire qui de gens est la honte ; 44
Et il se mostre bien qu'il a de vous grant doute.
Balian, ne souffres qu'a vostre tens aveigne
Que racheté dou champ au dessus de vous veigne.
De monseignor Phelippe de Naple vous souveigne 48
Et de vostre bon oncle ; puis bien vous en coveigne.
Par Deu ! ly dui Phelippe de Naple et d'Ybelin,
Et l'oncle vostre père, monseignor Bauduyn,
N'orent onc pour nul fait les ches bas ni enclin; 52
Et se vous recréés pour cinc cheitis farrin,
Celuy Deu qui destruit et confondy Cayin
Vous destruie et confond, se ne venés a fin.
32 PHILIPPE DE NOVARE
Por Deu, vos amors d'Acre metés a une part, 56
Et vous et danTaissel, qui cuide estre leupart.
Pour un chetif goupil, quy cheï dou liart
Qui par desa s'avance, neïs li Longuebart... ^
Se vous amés les femes que il ont enlor part, 60
Car les levés don siège et Grimbert et Renart,
Qui devant l'Ospital ont mis lor estendart.
Toute nuit font gaiter o lances et o dart
Ceaus qui tienent la terre et nous faillent d'esgart. 64
Les daines sont dedens et un tout soûl Lombart.
Cornent le soufrés vous, recréant et couart ?
De l'endemain de pasque, se Damedeu me gart,
Me souvient quant jes voi; trestout le cuer m'en art, 68
Que chascun se fait rey, mais qu'il se truit soi quart ;
C'est le jeu des enfans, se Dé plaist, que qui tart :
En un soûl jour sont roy, l'endemain font lor art.
Ne puis muer ne rie quant les voi au baillage : 72
Hue a la torte bouche, qui renée parage,
Guillaume de Rivet, qui tant cuide estre sage,
Quy de son malsarmon trestous les assouage.
Et Renart, qui sait bien com l'on deste desgage; 'j^
Amaury et Gauvain ne sont pas d'un lignage.
Bien les conoissés tous, n'i a nul si sauvage.
Sed'eaus je chante ou rime, ce n'est pas grant otrage :
Je suy li rocignol, puis qu'il m'ont mis en cage. 80
L'on ne me doit blasmer s'il n'i a boune rime,
Ne les vers ordenés, car ceste en est la prime.
S'en la cage sui gaires, je fineray ma rime : 84
L'autre yert équivoque au meins ou leonnime.
LVI (144). Ceste rime fut receûe a Acre a moût grant
joie, et tous crièrent : « Or tost a la rescouse des dames et
MÉMOIRES, II, LVI-LVIII 35
dou Lombart ! » Moût tost s'apareillerent et orent moût
belle gent et belle navie, et le seignor de Baruth fist toutes
les livraisons de la navie et des sergens, et as chevaliers presta
et donna tant que il orent ce que besoing fu ; la mer pas-
sèrent, et ariverent alaCastrie. Les cinc baus mistrent grant
defence au port prendre ; toutevoies fu pris a force. Les
cinc baus se retraystrent et revindrent a Nicossie, ou il fai-
soient garder le roy. Le seignor de Baruth et les suens man-
dèrent moult douces paroles au roy, et as cinc baus meïsme,
disant que il venoyent dou servize Deu, et que il voloyent
venir a lor hostel et en lor fiés, et estoient apareillé au droit
faire et dou droit prendre ; et les cinc baus ne deignerent
onques respondre.
LVII (145). Le seignor de Baruth et les suens chevau-
chèrent sagement et sereement, et vindrent devant Nicossie.
Les cinc baus issirent de la ville et firent issir le menu peuple
de la ville a force, et orent tous les tricoples de la terre, et
des sodoyers, qui furent trop plus que ceaus de monseignor
de Baruth. Gens de religions se mistrent entre deus pour
faire pais, mais ne pot estre^.Les cheveteines des escheles se
regardèrent et conurent de l'une part et de l'autre ; chascun
se mist endroit seluy que il plus hayoit, et lors assemblèrent.
La bataille fu la plus maie et la plus peme que onques fust
desa la mer ; moût y ot chevaliers abatus et chevaus, et
gent morte. La bataille fu en un double gareth, et y ventoit
un fort ponent. La poudre fu si grant que l'on n'i veoit
goûte. En celle bataille fu ocis [,par messire Gauvain, le viel
seignor de Cezaire', qui estoit conestable de Chipre et pa-
rastre de monseignor de Baruth; et fu ocis^^] messire Giraut
de Montagu, quifu nevou des deus maistres dou Temple et
de rOspitau et de l'arcevesque de Chipre Estorgue, car son
chevau li gist grant pièce sur le cors.
LVIII. En celé bataille firent merveilles d'armes les
Philippe de Novare. 3
54 PHILIPPE DE NOVARE
enfans de monseigiiorde Barulh, et sur tous i fist merveilles
messire Balian. Les cinc bausavoientestably vint et cinc che-
valiers, les plus vigourous que il eussent de lor maignee, quy
dévoient entendre a ocirre [monseignor de Baruth^]. Mon-
seignor de Baruth fery par mi la bouche un d'eaus, car il
n'avoit pas heaume a visière, et de celuy cop le rua mort a
terre ; en celé j ouste meïsme chey [le cheval ^] monseignor
de Baruth en une fosse. Les cinc baus portoient grans mitres
d'orpeau pour conoissance sur lor heaumes, et toutes voies
furent il vencus et desconfis, si com Deu plot ; et tout cinc
eschaperent. Tout premier s'en fuy sire Hue de Giblet, qui
faisoit. Tarière garde.
LIX. Quant la desconfiture et la fuie ot ja duré une pièce
et la poudrière fu esclarsie, et sire Balian d'Ybelin avoit ja
chascié moût avant, monseignor de Baruth se trova soûl
au champ, ovec luy ne sai quans archiers a pié. [Contre
luy «] au champ se troverent des enemis jusque a quinze
chevaliers, les meillors, qui estoient passé outre au jouster;
et quant la poudrière chey, il le conurent, et il eaus ; et
quant le sire de Baruth vit qu'il estoit si soûl, si descendy
et entra par une petite porte en une court, ou il y avoit un
petit moustier, et les sergens o luy ; si se defendy au meaus
qu'il pot, il et les sergens. Et il feroient de la lance ceaus
qui venoient au mur dehors pour depecier et pour entrer
laens.
LX. Si com Deu plot, messire Anceau de Bries i
survint sur un chevau grant et fort, et covert de fer et de
groces covertures par dessus ; sise mehla a tous eaus, et tant
fist d'armes que tout brisa, la lance et l'espee, et neïs son
couteau brisa il, et ressut tant de cos que il ne se pot mais
aider des mains. Si bouta ses deus bras dedens les deus renés,
et quant ceaus venoyent au mur pour abatre, il feroit des
espérons, et les arestoit del mur abatre ; et tant fist que
MÉMOIRES, II, LIX-LXII 35
monseignor de Baruth fu son coural amy toute sa vie. Si
con Deu vot, messire Balian, son fils, qui moût avoit grant
suite de chevaliers, quant il vit que son père n'estoit en la
place, si retorna au champ ; et si tost con ses enemis le
virent etconurent ses enseignes, il se desconfirent et fuirent
vers la ville de Nicossie ; et messire Balian, qui venoit devant
tous les autres, les encontra moût asprement, et abaty le
confanon si durement que il meïsme vola a terre : luy et le
cheval cheyrent andui ; la ot plusors pris et mors, et plu-
sors eschaperent por la chaoite de messire Balyan.
LXI. Sire Heimery Barlais et sire Amaury de Bethsan
et sire Hue de Giblet s'enchastelerent au Deudamors, et sire
Gauvain et les soues gens alerent a la Candare^.Phelippe de
Nevaire, qui estoit issus de l'Ospital Saint Johan, et les
soues gens o luy, lor firent moût de damages en la bataille,
a ceaus meïsmes qui furent en la ville. Les cinc baus devant
dis avoient mandé, ains que la bataille comensast, le juene
roy Henry ; par force le mistrent au chasteau de Deudamors ;
la le tindrent et le gardèrent come en prison. Geste
bataille devant dite fu a un samady a quatorze j ors dou meis
de juingnet, devant Nicossie, Tan de .u.u^. et xxix^.
LXIl (146). L'endemain de la bataille furent les chas-
teaus assis. Monseignor de Baruth asseja Gherines, et ses
enfans, messire Balian [et messire Bauduïns^] et messire
Hue, assegerent le chasteau de Deudamors. Messire Anceau
de Bries asseja la Gandare, et sire Gauvain estoit dedens
entré. Monseignor de Baruth, qui avoit assegé Gherines, fina
as Longuebars quy tenoyent le dit chasteau en tel manière
que, se il n'avoyent secors dedens un terme moty, que il ly
rendroyent le chasteau, et il lor paieroit quanque l'on lor
devoit de sos, de viel et de nouveau, et les conduyroit hors
de Ghipre, eaus et lor choses, sains et saus. Phelippe de
Neveire traita celé pais, et resut le chasteau au terme pour
3é PHILIPPE DE NOVARE
son seignor, et conduist les Longuebars hors de Chipre,
LXIII (147). Adoiic Phelippe de Nevaire fist une chan-
son qui dit ensi, et fu mandée a Acre au counestable :
I A tout le mont vueil en chantant retraire
Le grant orgueil et la grant estotie
Que onques fust vehue ne oïe,
De nos cinc baus, qui a droit sont contraire • 4
Car, sans esgart de court et sans clamor,
Desaisirent lor pers et lor seignor
De lor drois fiés; puis lor vostrent défendre
Le revenir en Chipre et le descendre. 8
II Quant desaisi furent, sans riens mesfaire,
Cil qui erent pèlerin en Surie,
Par mer vindrent d'Accre en la Castrie.
La pristrent port, qui qu'en deiist desplaire. 12
Puis mandèrent au roy par grant dousour
Qu'il venoient a luy, par grant amour,
Prest et garni de droit faire et de prendre;
Mais les cinc baus ne deignerent entendre. 16
III Cher lor cousta l'orgueil, ne tarda gaire.
Le samedi, au plein de Nicossie,
La conquistrent, a Tespee forbie.
Nos gens honour, lor fiés et lor repaire ; 2a
Vencu furent li félon traïtor.
Vers les chasteaus s'en fuirent plusour ;
IV
Meins en vit l'on desordener et prendre. 24
Celuy qui dut l'ariere garde faire
Ot de fuïr prime la seignorie.
Tantost con vit l'avant garde envaye,
MÉMOIRES, II, LXIII-LXIV 37
Fouir prist tant com deu moreau pot traire. 28
Parens, amis, autre terre et honour
I perdy tout, le musart, en un jour.
Fols et malvais c'est trové tout ensemble :
Bien se deûst de honte moine rendre. 32
V Cel jor vit l'on abaisser et desfaire
Lor grant orgueil et lor haute folie :
Cil s'en fuît a la chiere froncie.
Et meint autre desleal deputaire. 3^
Enchastelé se sont au Deudamor ;
Laens tienent en prison lor seignor.
Jugement c'il ont decervy bien pendre ?
Si court l'ontpris, et autre fois fait prendre. 40
Yi Les traïtors que l'on devroit detraire
Font entendant as fos, par tricherie.
Que mon seignor fait moût grant félonie,
Quant assiège le roy pour luy mal faire. 44
b
Lous enragié sont devenu pastour.
L'oncle le roy fust garde sans mesprendre,
Con ne tray del chastel pour revendre. 48
VII Va, serventoys, va con quareau peut traire ;
Si me portes noveles en Surie
Au counestable qui ne nous heit mie ;
Si li diras qu'a droit vait nostre afaire, $2
La mercy Deu, le nostre creatour,
Si rist autant quant vit Lengaire prendre :
Mant vous sa lengue et le nés faire fendre. 56
LXIV (148). Le seignor de Baruth ala. au siège dou
38 PHILIPPE DE NOVARE
chasteau de Deudamors, et herberga a la fontaine dou
Dragon, et ses enfans estoient amont devant le chasteau.
Le chasteau si est en moût fier leuc et en moût fieresmon-
taignes ; et moût y covient de gent quy bien le veaut asse-
ger, car de moût d'autres leus en peut Ton issir que par la
porte, et il y avoit dedens moût de garnison de gens a cheval
et a pié. Tout le plus de ceaus qui estoient eschapé de la
bataille s'en fuirent laens ; si ot moût fait d'armes devant le
bourc, et a la porte mainte foys. Toutevoies orent il de moût
grant mesaise laens de fain, tant qu'il mangèrent lor chevaus,
et por ce s'aseûrerent ceaus dehors, et aloient les chevaliers
par la terre, et venoient quant il voloient. Dont il avint que
le seignor de Baruth fu aie a la Candare veïr un grant tra-
buc que sire Anceau de Brie faisoit faire. Ses trois fils dessus
noumés estoient espandus par le païs «, si que au siège estoient
demoré trop poy de chevaliers. Ceaus dedens s'en apar-
surent et firent une issue si esforseement que il desconfirent
ceaus dou siège et gaaignerent la herberge des chevaliers et
les viandes ; et se ce ne fust, il n'eussent mie tant duré come
il durèrent.
LXV (149). Messire Balian estoit a Nicossie a moût
poy de chevaliers, car il estoit y ver ; si estoyent les chevaliers
en leur terres, ou il oyseloyent et se desduyoient. Messire
Balian vint au cri et recovra la herberge, et fery des espérons
jusque a la porte dou bore, et brisa sa lance au fer de la
porte dou bore ; et a si très poi de gent forni celé besoigne
que merveille fu, et en toute la guerre ne fu il a si grant
meschef come il fu a celuy jour. Moût y ot fait d'armes
d'une part et d'autre. Son père le seignor de Baruth, quy
estoit aie veïr un trabuc que Ton faisoit devant la Candare,
vint au cri, et ses frères de la ou il estoient, et toutes les
gens dou païs vindrent hastivement. Adonc fu establi que
messire Balian y seroitun mois, et cent chevaliers o luy, et
MÉMOIRES, II, LXV-LXVII 39
grant planté de gens a pié, et l'autre mois i seroit messire
Bauduyn, son frère, a cent chevaliers auci, quy moût estoit
sages et vigourous ; et le tiers mois y seroit messire Hues,
quy estoit des plus beaus chevaliers et des plus fors et des
plus ayenans dou monde ; et ensi com ly uns des frères y
estoit, l'autre s'en aloit la ou il voloit, et chascun i revenoit
a son mois.
LXVI. Près d'un an dura le siège ensi, et tous jors y
ot fait d'armes. Phelippe de Nevaire fu un jor naffré devant
la porte dou bore, et ot plusors playes perillouses de lances
et de careaus etde'pieres. Il fu féru un jour en dardans
d'une lance qui li fausa le bras tout outre, o toute la manche
dou hauberc et la char, tant que sur le costé brisa la lance ;
le troson demora o tout le fer au bras. Ceaus dou chasteau
crièrent : « Mort est vostre chanteor, tué est ! » Et le
tenoient ja si hennemi par le frein « ; mais son seignor le
secorut, et le délivra moût vigourousement. Le soir après
fist il deus coubles de chansons, et se fist porter devant le
chasteau, a la roche, et les chanta en haut et dist. Adonc
sorent il bien, cil dou chasteau, que il n'estoit mie mors.
LXVII (150). C'est la rime que sire Phelippe de
Nevaire fist, quant il fu nafré devant le chasteau de Deu-
damors, au siège :
I Nafré sui je, mais encor ne puis taire
De dan Renart et de sa compaignie,
Qui pour luy est afamee et honie,
Dedens Maucreus, ou il maint et repaire. 4
Mais, se Renart a de son cors paour,
Que ont mesfait li autre vavassour
Et ly sergent ? por quel se laissent vendre ?
Corne bricons leur fait aucuns atendre. 8
II Car Renart sait plus de traïson faire
40 PHILIPPE DE NOVARE
Que Guenelon, dont France fu traïe.
A son eus a la tainere farsie.
La seus est mis pour maistrier la terre. 12
Et de la pais les chufle chascun jor.
Bien est bonis qui sert tel traïtor :
Pour luy servir les fait Ton sa hors pendre,
Et il les fait la dedens les saus prendre. 16
LXVIII (151). Ceaus dou chasteau de Deudamourorent
si grant famine que le jor de Pasques firent il grant feste
d'un maigre ahnon que il gaaignerent. De cel ahnon fait
mension Phelippe de Nevaire en la branche de Renart, et
dist que il beneïrent l'aneau as grans oreilles et le man-
gèrent a Pasques, si com vous le trouvères. Messire Anceau,
quy estoit au siège de la Candare, tint si près le chasteau
que merveilles seroit a croire ce que il fist ; et le trabuc quy
la fu abaty près que tous les murs ; mais la roche estoit si
fort que l'on ne pooit monter ; et ceaus dedens estoient a si
grant mesaise et meschef come ceaus quy estoyent desgar-
nis de robe et d'armes, et avoyent tout geté entre voyes,
quant il partirent de la bataille ; et la bataille fu a quinze
groces liues loins dou chasteau.
LXIX. Une nuit avint que Phelippe de Nevaire ala
oveques messire Anceau au gait ; si entroï paroles de ceaus
qui estoient en une petite tour depecie qui estoit demoreeau
dit chasteau, et sans tout ce savoit il leur covine ; tantost
fist il une chanson qui dit ensy :
I • L'autrier gaitay une nuit jusque au jour,
Bien près des murs, tout soûl, sans autres gens ;
S'oï pleindre la sus en une tour
Les Candariers, qui sont mas et dolens. 4
Bacet dist l'un a l'autre conpaignon :
« Aylas ! fait il, seignors, las ! que feron ?
MÉMOIRES, II, LXVIII-LXIX 4I
Traï nous a Renart, que Deu maudie.
Et la fauce chartre de la Castrie,
Que saens vint ains Taube. » 9
II Lors respondy uns autres : « Grant doulor
Et grant peine soufFrom, et grans tormens :
La nuit veiller, matin estre au labour,
Poy a manger, et povres vestimens ; 13
A la periere esteut que nous tirons ;
Tous les ennuis et tous les maus avons.
Se longuement devons avoir tel vie,
Je pry la mort qu'anuit tous nous ocie,
Avant que veigne l'aube. » ^ 18
III Après distuns : « En lermes et en plour
Seront pour nous et amis et parens ;
Tous y morrons, car leur trabucheour
Nous fait nos fours trabucher si dedens, 22
Murs et petreaus et creneaus et maisons.
S'on nous assaut, coment nous défendrons ?
Car nostre gent est d'armes desgarnie.
Li mur ne nous garentiront or mie :
Puions nous ent ains l'aube ! 27
IV « Abatu est le molin et le four ;
D'atendre plus ne seroit pas grans sens.
Traï nous ont les baus de Deudamor.
Et ont menti vers nous leur sairemens. 31
Toly nous ont le roy en traïson,
Et covenant fu que nous l'avrion.
Puis nous firent conbatre a Nicossie,
Pour eaus sauver et nous tolir la vie.
Ja ne voient il l'aube ! 36
v « Trop nous tarde le secors de Pascor ;
Fait est de nous, si com je cuit et pens.
Mal veïmes onques l'empereor ;
42 PHILIPPE DE NOVARE
Merci crier nous covendra par tens.
— • Voire, distil, se nous la trovions ; 40
Mais je cuit bien que nous y faudrions ;
Por ce vaut meaus le fuyr en Turquie.
Mais cil dehors gailent par establie
Toute nuit jusqu'à l'aube. » 45
VI Quant Gauvain vit sa gent en tel error,
Moût li chanja son cuer et son porpens.
En souspirant leur a dit : « Beau seignor,
Ne puis trover un message saens 49
Quy ose aler la ou nous vodrions.
Encor est tel en Chipre ou en Surie
Cui pèsera, se nous perdons la vie. »
Et a tant parut l'aube. 54
VII Quant eu oï leur pleinte et leur clamour,
Si me revins au gait de nos sergens.
Et la contai a joie et a baudour,
Qu'en la Candare avoit duel et contens. $8
Si me pria uns de nos conpaignons
h
Et je fis tel, la pleinte fu oye.
Quant elle fu parfaite et aconplye,
Par tout esclarsi l'aube. 63
LXX(i52). En celuy siège avint que le jeune seignor
de Cezaire, fils de seluy quy avoit esté ocis a la bataille des
cinc baus devant Nicossie, il establi et heberja ses gens vers
une roche aguë qui est moût près dou chasteau, et faisoit
traire laens de jour et de nuit«. Il avoit un moût soutil auba-
lestier, quy moût bien conoissoit messire Gauvain quant il
aloit par le chasteau. Tant legaita qu'il le fery et Tocist d'un
careau ; et son cousin, messire Guillaume de Rivet, estoit
MÉMOIRES, II, LXX-LXXII
43
aie en Hermenie pour secours, et la moruth. Adonc fu
cheveteine de la Candare Phelippe Chenart, quy estoit
frère de sire Gauvain de par sa mère, et estoit juenes hom
vistes et pénibles. Ceaus dedens celèrent la mort de sire
Gauvain, et Fabalestrier dist bien qu'il Tavoit féru.
LXXI. Ceaus dou chasteau [ne porent plus durer, et
firent pais, a la quele se consenti voulentiers monseignor
de Baruth por avoir le roy, qu'il se doutoit qu'il ne fust
trais dou chasteau une nuit«] par aucun leuc et mené en
Puille. La fin fu tele que ceaus dedens livrèrent le roy,
quy estoit son nevou,et ses suers, et les chasteaus au seignor
de Baruth, et jurèrent que ja mais encontre luy ni encontre
ses enfans n'encontre ceaus de sa partie ne seroient ; et il et
ses enfans pour toute lor partie lor jurèrent ^^ qu'il lor ten-
droient bonne pais ; et fu ordené que le lignage de sire Gau-
vayn devoit issir hors de Chipre, por ce que on disoit qu'il
avoit ocis le conestable, mais il dévoient avoir lor fiés^, et
l'on les devoit conduyre sains et sans hors de la terre. Celé
pais traita un vaillant frère de l'Ospital, qui avoit nom frère
Guillaume de Tineres, et estoit moût privé de monseignor
de Baruth. Et quant le roy issi dou chasteau, moût y ot
grant feste et grant joye faite et grans dons. Messire Anceau
et Phelippe de Nevaire et le chevalier quy fu laidy, quy
avoit nom Toringuel, ne vostrent estre présent a la pais, ne
onques puis ne parlèrent a leur enemis dessus noumés, mais
il se mistrent en pais pour faire le gré de leur seignor.
LXXII. Et durant que l'on traitoit la pais, l'on manda
querre Phelippe, et il estoit a Lymesson a une nave, ou il
devoit aler message outre mer au pape et au roy de France
et au roy d'Engleterre et as cinc roys d'Espaigne, pour conter
et retraire et faire plainte des grans maus et otrages que
l'empereor Federic et les gens en sa suite avoyent fait en
■ Chipre et en Surie«. Si tost corne la pais fu faite, Phelippe
44 PHILIPPE DE NOVARE
en vost faire chanson a rime, mais le seignor de Baruth ne
le vost soufrir ; a quelque peine soufri qu'en feïst une branche
de Renart, en quei il nouma bestes plusors. Et afigura le
seignor de Barut a Yzengrin, et ses enfans a ses louveaus, et
sire Anceau de Bries a Tours, et soy meïsme a Chantecler le
coc, et sire Toringuel a Tinbert le chat : toutes ces bestes
sont de la partie d'Yzengrin au romans de Renart. Et sire
Heimery afigura il a Renart, et sire Aumaurya Grinbert le
taisson, et sire Hue au singe ; et autre fois les avoit il ensi
apelés, si com vous avés oï ; et celés bestes sont de la partie
de Renart au roumans meïsmes. La branche dit ensy :
LXXIII (153). C'est la rime de Renart, come Yzengrin
le desconfist.
Tant a esté Renart en guerre
Qu'arce et destruite en est la terre ;
Moût fu diverce s'aventure,
A toute fois et aspre et dure. 4
Moût fu Renart près de sa fin,
Quant desconfit l'ot Yzengrin
Et assegé dedens Maucreus,
Un chasteau qu'ot puis a son eus. 8
N'i ot que manger ne que boivre ;
Trop malement se dut desçoivre.
Se ne fust Noble en la bargaigne.
Mort fust Renart et sa compaigne. 12
Mais Deu, qui tous les biens parfait,
A volu otroyer et fait
Tant que Renart a sa pais faite.
Mais ne fu mie bien parfaite 16
La pais, ains fu un poi trop linge.
Renart et Grimbert et le singe
I sont sans plus de celé part;
I
MÉMOIRES, II, LXXIII 45
Ne sont que troy, o tout Renart ; 20
Et toutes les soues ayes
Sont a la pais vilment faillies.
Celuy peut on de traïsson
Apeler par droite raison ; 24
Mais Renart n'ot onc q'une fois;
Celé menty plus de cent fois.
Et les trois que j'ay recordé
Ne sont pas a tous acordé, 28
Car il n'ont pais qu'a Yzengrin
Et o ses louveaus autrecy ;
Et si vous dy que les louveaus
N'orent pas bien tous leur aveaus, 32
Quant il lor covint faire pais.
Renart n'ameront il ja mais ;
Car dan Renart, quant il fu miege,
Et il les ot fait prendre au piège, 36
Les conpissa en la louviere ;
Pèsera leur, s'il nel compère.
Drois est s'il s'en pleignent et claiment,
Et Deu les hee, se il l'aiment ! 40
Moût est encor a grant contens.
N'a mie pais a toutes gens.
Messire l'ours, Timbert le chat,
Dient qu'il ly donront un fîat ; 44
Et sire Chantecler le coc.
Qui de l'eschiquier est un roc,
Ly passe en chantant par le siège ;
Souvent retrait au loup le piège 48
Et en chansons et en fableaus,
Con Ton pissa sur les louveaus.
Le coq refaite l'esperon.
Et dit qu'il n'a si haut baron $2
46 PHILIPPE DE NOVARE
En la court, s'ill oze envaïr
Renart, qu'o luy Tira ferir.
Atant es vous Renart a court,
Et si veut bien qu'on l'i hennort. $6
Moût s'acoste près d'Yzengrin ;
Par poi ne se fait son couzin ;
Les louveaus racointe un a un,
Ses bras jeté au col de chascun ; 60
Moût fait laens Renart sa noise.
Encontre cuer rit et envoise,
Et dit bien souvent en son conte
Et de s'ennor et de sa honte : 64
Moût parole de la bataille ;
Par my les fent, par my les taille.
Quant l'ours le voit, si le rechigne,
Et dans Timbert le chat l'en guigne, 68
Si demande quel le fera.
Fait Chantecler:« Or y parra,
Se dans Renart nous tient pour chievre ! »
Renart l'entent, prent le la fièvre ; 72
Moût doute l'ours, car de bien haut
Le fist jadis prendre un mau saut.
S'il le doute, n'est pas merveille ;
A Grimbert, son cousin, conseille, 76
Et dit qu'il a grant mal au cuer :
« Aylas ! fait-il, couzin, je muer ! »
Le pous li bat, change coulour ;
Angoussous mal a en paour. 80
Renart s'en vait en sa maison ;
O luy vait Grinbert le taison.
Et le singe dans Cointereaus,
Et dans Renardins li mezeaus, 84
Et Percehaye et Malebranche,
MÉMOIRES, II, LXXIII 47
Et dame Hermeline la franche,
I sont corus corne desvés :
« Sire, dites que vous avés. » 88
— « Aies, dist il, tost pour le prestre !
Bien poés tuit veïr mon estre. »
Q.uant l'ont oï celé frapaille,
Si ont cuidé de voir, sans faille, 92
Qu'il soit de mort en grant paour,
Et c'om perdoit moût bon seignor.
Mais tout ce est engin et art.
Or a mestier que on se gart, 96
Qu'a envis pert l'on la coustume
Que l'on tient tant que le toup plume.
Renart, le trechiere plumés,
De trecherie acoustumés, 100
C'est porpencés par lecherie
D'une moût fiere trecherie.
Qu'en semblant de confession
Pardonra et querra pardon 104
A toute gent en pril de mort
A meins de honte et atrui tort,
Neïs a l'ours quy le foula.
Envers qui il se rechata, 108
A Chantecler et a Tinbert,
Qui son malquierent en apert.
Bien sait que s'a yaus ne s'apaise.
Il n'ert a seûr ni a aise, 112
Mais moût dezire leuc et tens
Qu'il puist recomencer par tens ;
Volentiers atisast le feu.
S'il en eûst et hore et leu. 116
Toutefois le prestre demande,
Et le cors Nostre Seignor mande.
48 PHILIPPE DE NOVARE
Es VOUS venir le Sauveour ;
Et dans Renart, le trecheour, 120
Se fait de deus pars soustenir,
Et dist qu'il vost tout regehir :
ce Sire, en vostre sainte présence,
De qui tous biens vient et comence, 124
Vueil regehir que Yzengrin
N'amai ni n'ameray en fin ;
Et quant je fis antanla jure,
S'au desus venist m'aventure, 128
Ja n'en eusse autres mersis
Que j'os de ses autres amis.
Je hais moût ses louveaus et dout,
Si fai je leur lignage tout, 132
Et je leur mostrai bien antan ;
Mais ne me los pas de cest an.
Houny suy et cheu en mal puis;
Si m'en repens, quant meausnepuis. 13^
Or est Yzengrin mon seignor,
Ensemble en ai duel et paour.
Nobles est fors de seignorie :
Ci endroit faut ma trecherie. 14»
Ses louveaus regimbent o luy ;
Si semble c'onques nels conuy :
Je ne lor puis or plus mesfaire ;
Pour Deu le lais, quant nel puis faire ; 144
: Bon jeu par ai je d'une rien,
Car lor pais me tendront il bien,
Et se j'avoye leuc ne aise,
O eaus m'ardroye en la forriaise. 14^
Trop ai forfait a moût de gent,
Encor en ay moût bon talent.
Mais Deu me pùet tout pardoner,
MÉMOIRES, II, LXXIII 49
Qui sait mon cuer et mon penser. 152
Par Deu, sire l'ours m'abaty,
Et de mes reins tout me houny.
Se je fis faire a Tinbert lait,
Il si m'avoit moût bien mesfait. 156
Pour Deu, Chantecler mandés querre.
Car moût chevauche par ma terre ;
Je me vueil acorder o luy,
Et si m'a il moût fait d'ennuy. 160
Je leur pardoin, or me pardoignent,
Par ces deuxmayns qui yci joignent.
S'avant n'avoye autre pooir.
Ne leur puis mais guerre movoir ; 164
Mais si je les pooye avoir.
De cuer lor feroye assavoir. »
Au coc mandent de grant randon
Qu'il veigne courant au pardon. 168
Le quocrespont : « Par Deu li dites
Que, se il muert, qu'il en soit quites;
Mais je sai que sa maladie
Est traïson et félonie. 172
Se messire Yzengrin est sage.
Il maintendra vers luy l'usage
Que tient le fauconier grifon :
S'il nel fait paistre par raison, 176
Il devenra encor hautein;
Fasse le venir au reclain.
Moût me poise qu'est eschapés
De la ou il fu atrapés. 180
A Pasques fist faire mei'veilles.
Quant il l'aignel as grans oreilles
Oza beneïr ne manger.
N'i avoit lors point de danger ; 184
Philippe de Noi'are. 4
50 PHILIPPE DE NOVARE
Mais quy or ne se gardera,
Encore nous engignera. »
Li message n'i pot plus prendre ;
A Renart vint sans plus atendre, i88
Et li conta outreement
Le respons et le mandement.
Lors dist Renart au chapelain :
c< Je morray anuit ou demain.
Se de cest mal pooye estordre,
Maintenant entreroie en ordre.
A tous pardoin et pardonray.
Quant je de ci me leveray. 196
Por Deu, sire, car m'asoillés,
Car j'ay fait tant d'autres pechiés.
Se je peûsse cent ans vivre,
Ne seroye je pas délivre. » 200
Le prestre Tasot maintenant ;
Meis ce fu par tel covenant.
S'il eschape, qu'il veigne a luy :
« Oïl, fait il, et a autruy, 204
A quy il devra moût peser,
Iray je maintenant parler. »
Le prestre ly donna celuy
Quy ne devroit entrer a luy ; 208
Et il le prent en sa maie houre.
Jehsu s'en part, Renart demore,
Plein de barat et de mal art.
Diables ot en luy grant part ; 212
Moût ot de luy mal en sa peau.
Desleal traïtour et feau
Est et sera tant com il vive,
Jusque parte l'arme cheitive. 216
MÉMOIRES, II, LXXIV-LXXVI 5I
LXXIV (154). Après la pais, le bon seignor de Baruth
et ses enfans firent gians biens et grans honors et grant révé-
rence a leur enemis '^, et leur donnèrent chevaus, robes et
armes, et autres presens ; et s'aconpaignerent a ceaus ^, et se
vestoyent d'une robe, et s'envoisoyent ensemble, et ne
tenoyent rien au cuer qui eûst esté. Mais leur enemis gardèrent
et retindrent leur foies volentés, et bien le mostrerent si tost
com il porent. Phelippe de Nevaire avoit bien deviné et devisé
en la branche de Renart ce que il firent après. Messire Hey-
meri Barlais estoit moût baut et s'esforsoit moult de faire
compaignie et feste au seignor de Baruth et a ses enfans, et
Tapeloit son seignor et son père, et messire Balian Tapeloit
frère ; et moût parloit souvent de la bataille quy avoit esté et
dou siège, tant que Ton tenoit a mal, car moult recorder sa
honte est malvaistié et malice.
LXXV (155). Un jour fu la court pleniere, et messire
Heimery Barlais et toute sa route y furent. Au derein de tous
entrèrent a la court ensemble messire Anceau de Brie,
Phelippe de Nevaire etToringuel. Messire Heimery les esgarda
moût et vit que il conseilleent ensemble « ; si douta moult, et
dist qu'il estoit si malade que il moroit. A tant s'en party de
la court, luy et les suens, en sen hostel ; tantost se fist
confesser et comenier, et dist qu'il pardouneit a toutes gens
et qu'il voleit crier mercis as trois dedesus només, car il les
doutoit moult, por ce que il ne furent présent a la pais, ni
ne jurèrent. Il manda gens de religions, qui les prièrent qu'il
venissent a luy ; et il ne vostrent aler, mais il ly respondirent
que se il moreit, qu'il en fust quite ; et ce fu avant que la
dite branche fust faite ; et por ce en fait Phelippe mencion en
la branche.
LXXVI (156). Messire Heymeri et sa partie mandèrent
a l'empereour, si com il fu dit, ce que avenu estoit, et grans
excusations de la pais qui fu faite, et ly mandèrent que il
52 PHILIPPE DE NOVARE
estoyent en leur fiés, et avoyent grant partie de la terre, et
se il mandast un petit d'esfors, encores en vendroyent il bien
a chef de ceaus quy estoyent ses enemis et d'eaus meïsmes ;
et plusours feis mandèrent, ce dit l'on, et en la fin troverent
ce qu'il queroyent.
LXXVII (158)^. En l'an de .m. 11^ .xxxi, quant l'empereor
Federic otfait pais a l'yglize et recovré tout quanque il avoit
perdu en Puille?', il avint que le devant ditemperere Federic,
quy moût hayoit Chipre et Surie, manda en Chipre et en
Surie grant ost de ses barons de Puille et de Cezile, et tous
ceaus qu'il hayoit plus et des quels il se doutoit^; et disoit
l'on que il furent bien sis cens chevaliers et cent vallès a
chevaus covers et set cens homes a pié, et bien trois mille
homes de marine armés, o moût grant navie et belle,
denaves et de salandres et trente etdeusgalees. Decel ost fu
cheveteine sire Richard Filanger, mareschal de l'empire^.
Monseignor de Baruth, qui estoit a Acre^, quant il sot la venue
de ces gens, par les gens d'une nave de l'Ospital des Alemans
qui vint a Acre, il retint tantost quanque il pot de gens, et
mena o luy grant partie de sa garnison, dont il se dut repentyr
après.
LXXVIII. Il vint en Chipre, et tantost furent semons
toutes les gens a armes, si alerent a Lymesson ; et messire
Balian, son fils, et sa eschele, y vint tout premiers; et
en l'oure qu'il vindrent, l'estoire des Longuebars ariva en
Chipre, au Gavata, qui est près de Limesson. Le juene roy
Henry de Chipre et monseignor de Barut estoyent entre
voyes; et quant il oïrent les novelles, il se hasterent tant que
il ot moût de chevaus recreùs. Toutes voyes vindrent il bien
a tens, et quant il furent ensemble, si ot moût bêle gent a
cheval et a pié, et firent une moût bêle mostre, et se troverent
tous armés, entre amis et enemis, entor cinc cens chevaliers ;
et moût y ot de valès a cheval et de tricoples.
MÉMOIRES, II, LXXVII-LXXX 53
LXXIX. Les Longuebars les doutèrent et n'osèrent des-
cendre encore ;et le rivage fu bien défendu, que cil ne porent
avoir terre ne de Taigue. Il envoyèrent message en terre, et
moût y ot de paroles dites d'une part et d'autre. Monseignor
de Baruth metoit tous jors le droit vers luy, et parloit si hum-
blement que ses amis en estoyent courrousciés. Les Longue-
bars et sire Heimery Barlais parloyent moût souvent ensemble,
et de nuit, et bien fu seù ; et en peùst estre repris, se l'on vosist ;
mais le preudome ne le vost soufrir, et disoit que aucy bien
pooit il parler de bien come de mal, et se il voloit mal faire,
que il soufriroit tant que il seroit aparant, et que il seroit
parjur, et que il avroit' brisé la pais ; car se il comensoit en
L'uvre por chose quy estoit en dit, l'on poroit dire que il seroit
parjur, car trop a grant conparison en dit et fait. Onques en
autre nel pot l'on mètre ; et si ly dist l'on verayement que
l'on le devoit ocirre en sa tente, de nuit, en son lit. Le sei-
gnor de Baruth se douta, si ala gezir dedens une maison, et
se fist gaiter.
LXXX (159). Les Longuebars conurent que il ne poroyent
descendre sauvement ; si gaiterent un bon tens et murent de
nuit, et alerent droit a Barut de nuit, et pristrent la ville
sursaut. L'evesque lorrendy, come prestre paourous«. Il asse-
gerent le chasteau ^ et le tindrent moût près, et le troverent
desgarny de gent, car le seignor de Barut, qui de ce ne se
prenoit garde, en avoit tout le plus de la garnison portée en
Chipre, et ce meïsme avoyent les Longuebars bien seû,
quant il furent en Chipre ; et de la orent il conseil d'aler a
Baruth. Le chasteau estoit bien garny de viandes et de vins
et d'armeûres, mais poy i avoit de gens. Les Longuebars
avoyent planté de gens de marine et d'engineors, et de
marein et fer et plomb, et de ce que mestier lor estoit as
engins faire ; si en firent de grans et de petis, et comba-
tirent fortement le chasteau des engins.
54 PHILIPPE DE NOVARE
LXXXI. Et il avoyent ovec eaus un desleal, quy avoit
nom Denises, et avoit esté seneschal dou seignor de Baruth,
et tout maistre dou chasteaut^;et savoit toute la covine de la
gant. Celuy enseignoit a geter des engins la ou il faisoient
greignor damage ; en la fin ot il tel guerredon que il fu pendu
par la goule come un traître. Le siège aprocha moult le
chasteau, car il avoit poy de defendeors ; le focé dou chas-
teau fu pris, quy est un des beaus dou monde, et au fons dou
fossé firent une rue coverte tout en tour de gros marain, et
minèrent le chasteau en plusors leus ; et par dehors le chas-
teau, en une place que l'on apeloit le Chaufor, firent les
Longuebars un chasteau de pieres et de fust sur luy, qui
surmontoitet descouvroittoutle chasteau, et faisoit tropgrant
damage a ceaus dedens. Ce meïsme lor fu mandé de Chipre,
conseillant que il deûssent faire ensy, car les deslëaus quy
mandèrent avoyent ce seû que le seignor de Baruth se doutoit
moût de celé haute place.
LXXXII (i6o). Les novelles vindrent en Chipre que en
cel point estoit le chasteau de Baruth assegié, et l'iver estoit
ja entré moult fort^. Le seignor de Baruth vint en la court
devant le juene roy Henry, son seignor et son nevou ^. La
court estoit si pleniere que tous i estoyent, amis et enemis.
Il se leva en estant, et il avoit une coustume, que il cruisoit
ses jambes^ quant il demoroit en estant ; il le fist ensi com il
sot bien, et parla moult haut et a trait, et dist: « Sire, je ne
reprochai onques le mien servise et de tout mon lignage a
vostre père ni a vous ; mais or le m'esteut faire, si contrefe-
ray Guillaume d'Aurenje, ja soit ce que je ne le vaille, quant
il ot mestier de secorre ses nevous a Candie : il reprocha a
son seignor le roy Loys tout le servise que il li avoit fait.
LXXXIIl. « Et je pues bien dire, et assés en ai garentie,
que par mey et par mon lignage fu vostre père seignor et tint
terre ; et se nous ne fussiens, il eûst esté deserité ou mort.
MÉMOIRES, II, LXXXI-LXXXV 55
Et quant Deu fist son comandement de luy, vous n'aviés que
nuef mois d'aage, et nous vous avons norry et gardé, vous
et vostre terre, Deu mercy, jusques au jour de huy ; et se
nous n'eûssiens mis grant conroy, le duc d'Osteriche vous
eûst dezerité « ; etdeus fois avés esté en auci malvais point ou
en piour^' ; et se nous vosiciens guerpir vous et le royaume
de Chipre et celuy de Surie, de legier nous eûst soufert
Temperere a tenir Baruth en pais ^.
LXXXIV. « Or est ensi avenu que les Longuebars ont
prise ma ville et assegé mon chasteau si près que il est en
péril de perdre «, et nous et toutes lesbones gens suriens deze-
rité ; dont je vous pri, pour Deu et pour vostre henour et por
nos grans servises, et por ce que nous soumes d'un sanc et
d'une naïté norris, et estes ensemble o nous, et pry ausy a
tous les autres quy saens sont, come mes frères et mes chers
amis, que vous venés en persone, a tout vostre pooir, o moy,
secorre mon chasteau. » A tant se taist le seignor de Baruth,
et s'agenoilla devant le roy et devant les autres, et fist sem-
blant de baiser les pies dou roy. Le roy sailly en pies, et tous
les autres s'agenoillerent, et distrent le roy et tous les autres
que il s'acorderoyent volentiers et meteroyent lor cors et lor
avoyrs a bandon. Le seignor de Baruth les en mercia moût.
Adonc se leva, il et tous les autres, en pies, car il estoient
encoresa genoils.
LXXXV (i6i). Come le seignor de Baruth et les
Chiprois o luy vindrent de Nicossie a Famagouste, pour
passer en surie '*.
Le viage fu enpris moût vigourousement, et ce fu entor
les festes de Noël. Tost vindrent au port de Famagouste.
Le tens estoit si mal et si peme que a peines porent passer
par le plain de Famagouste, et moût i ot choses perdues
entrevoies. Lonc tens demorerent au port pourlemau tens,
et en la fin murent au chef dou troublât et au tour de la lune.
56 PHILIPPE DE NOVARE
et ne laissa Ton en Chipre nul cheveteyne. Les gens en
parlèrent moût. Phelippe de Nevaire le fist assaver au seignor
de Baruth que Ton en parleit, et il respondi et dist: « Se
je ne meuve adès, je sai bien que le chasteau sera perdu et
tout le pais après; et se Deu me doint grâce de passer avant,
tout sera rescous, et sera honour g*rant ; et se Nostre Seignor
consent que je muire, puet ce estre entre voies : je ains meaus
morir ains que je sache la perte que après. Ne ja, se Deu
pleist, ne sera perdue la terre mon seignor en mon tens, ne
la moie.
LXXXVI. « Et de ce que l'on me blâme que je ne lais
cheveteine en Chypre, je vous diray pour quei. Je porrai tel
laisser quy porroit tout gaaigner la ou nousalons, et mainte
fois est avenu que par un preudome est tout gaaigné et pour
soufraite d'un preudome est tout perdu, et nous alons en tel
manière et en tel leu ou tout sera sur le tablier. Et se nous
vencons, Chipre n'a mestier de cheveteine ; et se nous per-
dons, nous serons tuil quite, et le cheveteine qui seroit en
Chipre ne feroit que languir un poi de tens, et après peri-
roit, car je ne sai en crestianté ou il trovast receit; et por ce
ne vueil que nus de mon lignage qui ait surnom d'Ybelin
demore. Se nous vencons, avra chascun sa part en l'ennor
et au profit, et se nous perdons, si morrons tuit ensemble,
de par Deu, en nostre dreit héritage, la ou tout le plus de
mes parens ont esté nés et mors. »
LXXXVII. Phelippe de Nevaire entendy bien et volen-
tiers ceste raison ; de luy s'en parti et retraist tout ce atout le
plus de gens quy la hors l'atendoient ; et chascun dist et
cria: « Bien dist le preudome! Alons de par Deu! » Les
enemis dessus noumés, qui estoyent ovec eaus en coverture
de pais et d'amour, goupillèrent moût de demorer, et se cui-
doyent enchasteler a la Castrie, qui est dou Temple. Sou-
vent fu retreit au seignor de Baruth, et ly loet l'on que l'on
MÉMOIRES, II, LXXXVI-LXXXIX 57
les feïst prendre, et il ne le vost onques faire, et tous jors
disoit que il atendroit tant que lor mesfait seroit coneû et
aparant, et Nostre Seignor aiderait au dreit.
LXXXVIII(l62). COME LES ChIPROIS PASSERENT LA MER
sains et saus, et ariverent au puy dou conestable de
Triple.
La nuit murent tous ensemble, amis et enemis ^, et orent
moût mau tens et grant pluyage, ensi con Deu plot. Le
tens les geta au Puy dou Conestable de Triple^, sains et
saus, et pristrent port. De la s'en fuyrent les enemis dessus
noumés et lor suite, furent bien quatre vins chevaliers, et
alerent de l'autre part a Baruth o les Longuebars. Moût
amerma Tost, moût en furent esbaï ; mainte gent en orent
grant doute. Monseignor de Baruten fist grant feste, et moût
en fu liés par semblant, et dist que ores estoit il a segur, et
que sa gent yert délivre et neteee des traïtors ; et dist qu'il
les amoit meaus encontrer en la bataile et trover les devant
luy que derieres, car tant com il le siveient, atendoit il adès
que il le ferissent par les espaules, et puis qu'il estoyent foy
mentie a lor seignor, et qu'il l'avoient guerpi en champ, et
parjur vers lui et vers les suens, il n'estoientpas gens qu'y
les deûst douter; et de ce fait se tenoit il amendé, et l'autre
partie moût enpiree.
LXXXIX. Maintenant le seignor de Baruth et ses gens
murent par terre, et lor navie par mer. Le premier jour
vindrent par mi le Boutron ; la resurent il moût grant da-
mage de lor navie, car le port est malvais, et le mau tens
enforsa ; près que tous les vaisseaus brisèrent, et le remanant
ala en perdecion. Toutes voies les gens murent de la, et che-
vauchoient par pluie et par mau tens et par grans flumaires
parfondes et desrivees, et par le pas Paien, et par le pas dou
Chien^ quy est moût perillous a pascer ; et tant firent,
que par force que par sens, que vindrent au flum de Baruth*.
Ceaus dou chasteau de Baruth firent merveillouse joie et
58 PHILIPPE DE NOVARE
grant luminaire quant ils les virent. Grant mestier avoient de
secors, car le chasteau estoitsi miné que il cheoit par pièces,
et les engins et le chasteau dou Chaufor les guerreoyent
moût ^.
XC (163). Les novelles espandirent par toute Surie
que le seignor de Baruth estoit venus secorre son chastel ;
et si tost com son nevou, le juene seignor de Cezaire, Toy
dire, qui en cel termine se trova en Acre, il proumist fiés et
douna moût richement, et assembla tant de gent come il pot,
et vigourousement vint aider son oncle et ses cousins. Le
patriarche de Jérusalem, les deus maistres dou Temple et
de rOspital, le seignor deSaete,le counestable dou royaume,
vindrent mètre pais. Au passer devant Sur y ot besoigne dou
seignor de Cezaire et de la garnison delà ville, car le seignor
de Saete avoit ja rendu Sur as Longuebars par le comandement
de l'empereor. Le seignor de Cezaire les enchâssa jusques
dedens la porte de la cité ^. Moût fu volentiers veû en Tost,
et moult fu profitable sa venue. Les cinc seignors dessus
noumés parlèrent de pais, mais ne pot estre. Le mau tens
dura moût longuement ; si avint grant charestie en Tost de
viandes et d'orge, si que près tous les chevaus ne man-
joyent que foilles de calemeles. Poy i avoit tentes, car toutes
estoient perdues en la navie qui perdi devant le Boutron.
Les Longuebars estoyent a aise, car il avoyent viandes a
planté, et bonnes maisons et bien aisies en la ville.
XCI (164). Un jour, bien matin, issirent les Longuebars
de la ville de Barut, et vindrent, as escheles faites, jusque
sur le flum que trop estoit grant lors ; s'il ne fust si grans, il
ne fussent ja venus; toute jour y furent en tele manière,
tant que la nuit les chassa. Le tens abounassa puis, et le flum
apetissa. Maintenant l'ost dou roy Henry et dou seignor de
Baruth passa et vint devant la ville de Baruth, as escheles
faites, et ferirent des espérons jusques au fossé. Une povre
MÉMOIRES, II, XC-XCIII 59
issue firent ceaus dedens, mais vigourousement les rebouta
l'on dedens la ville '^ Ceaus dedens se tindrent en la ville
assegé, et partirent les defences de la ville : ceaus enemis
qui estoyent parti dou roy et de monseignor de Baruth, et
estoyent aie de l'autre part, c'est devers les Longuebars,
furent estably a un canton de la ville, ou avoit une grant
tour; et pour eaus fu elle puis apelee la tour des Traîtres
souvent, selon la traïson de ce que il avoient guerpy lor
seignor en champ.
XCII. Les Longuebars foisoient garder moût estroyte-
ment, par terre et par mer, que l'on n'entrast au chasteau, et
avoient arengié lor galees et liées a une grant chaene de fer
et bien ormegees tout entour le chasteau en la mer, et n'a-
voyent laissié que une petite voie par ou il entroyent et
issoient. Le seignor de Baruth mandoit chascune nuit a noe
ce que il pooit mander de gens d'armes au chasteau. Tels y
avoit qui plonjoyent desous les galees et venoyent tous
nus ; laens au chasteau trovoyent robes et armeûres et viandes
a planté, car laens n'avoyent soufraite que de gens a armes
et cheveteines. Ceaus qui passoyenta noe n'estoyent pas tels
qu'il peûssent defFendre le chasteau ; si porchassa le seignor
de Baruth tant qu'il ot une nuit un vaisseau, et mist dedens
un suen fis, que l'on apele sire Johan de Foges, pour l'achai-
son que vous avés autre fois oï. Celui fu puis seignor de
Arsuf et conestable dou royaume de Jérusalem et bail plu-
sors feis, et sot et valut assés. Ovec celui Johan de Foges ot
au vaisseau cent homes armés, entre chevaliers et sergens et
valès, qui tous furent de la maihnee et de la noreture dou
lignage d'Ybelin.
XCIII. Messire Balian, l'ainsné des frères, se corroussa
moût et tensa a son père, por ce que il ne l'i laissoit entrer,
et disoit que il estoit heir, et greignor raison estoit que il
alast que autre. Messire Bauduïn et tous les autres se parof-
6o PHILIPPE DE NOVARE
frirent moult, et moût se corrousserent de ce que il ne
voloit que il y entracent ; et lors respondy il que greignor
besoing avoit il dehors que dedens, car il atendoyent la
bataille de jour en jour; et ensi les apaysa. Et les autres
vavassors de l'ost, si tost come il sorent, y acorurent qui
meaus a meaus, et tant y en entra que a poi le vaisseau ne
noia. Tous ceaus as quels le seignor de Barut otroyoit Talée
le mersierent moût, les privés et les estranges ; et si estoil
grant le péril de passer les galees et d'entrer au chasteau et
de poyer le défendre. Et parut la et aillors que nus hom fu
onques tant amé de sa gent, car le vaisseau estoit si chargié
de gent que Taigue estoit jusque au bort. Et quand il vint a
l'entrée de la voie estroite par ou les Longuebars aloyent a
lor galees, ceaus des galees s'en aparsurent; le cris fu moût
hidous, et moût y ot lancié et trait.
XCIV. Par le plaisier de Deu, il passèrent et escha-
perent des galees et ariverent a la roche dessous le chas-
teau. Seaus dou chasteau ne savoient rien de lor venue : il
lancèrent et traistrent tant que moult souffrirent ; en la fin
les conurent et les recuillirent a grant joie et grant lumi-
naire. Mais au cri qui fu au passer des galees, le seignor
de Baruth s'estendy a terre, en cruis, vers orient, et cria
mercy a Nostre Seignor ; et quant il vy le luminaire au
chasteau et les entreseignes de l'entrée, humblement rendy
grâces a Deu, et tous ceaus de l'ost aucy. Et puis que le fis
dou seignor de Baruth et tant de bonnes gens furent entré
dedens le chasteau, moult se défendirent vigourousement, et
minèrent a l'encontre des mineors, et ocistrent les mineors
dehors et dedens la mine, et recovrirent les foscés a force, et
ardirent la rue coverte que les Longuebars avoîent faite au
focé ; puis firent ceaus dou chasteau maintes belles issues^ et
gaïgnerent assés sur ceaus dehors, et ardirent plusors engins.
XCV (165). Adoncvitbienet conutle seignor de Baruth
I
i
MÉMOIRES, II, XCIV-XCVI
6i
que son chasteau estoit en bon point de defence, mais lever
le siège et vencre ses enemis, quy estoient pour un dis, ne
pooit il mie par la gent que il avoit o luy la ; mais la planté
d'eaus ne doutoit il mie, car moult volentiers se conbatist,
mais ilestoyent dedens la ville, qui estoit bien fermée de bons
murs, et avoyent le poyer de la mer. Si pensa a son cuer
qu'il yroit en Accre et porchasseroit grant pietallie et grant
navie, dont il n'avoit point, et mandereit son fis, sire Balian,
a Triple ; et le juene roy Henry et luy ly donnèrent plein
poier de finer et parfaire le mariage de la suer le roy au fis
dou prince, et douner li grant fié en Chipre en mariage,
par ensi que le prince lor aidast de chevaliers et de navie et
de gens d'armes ; la parole dou mariage estoit ja comencee
grant tens avoit. Ensi come il le pensa, ensi le fist ; mais
toutes voyes le fist il assaver a ceaus dou chasteau, que il ne
s'esmayassent pas, car s'alee estoit por tost revenir a lor déli-
vrance ; et il respondirent que seùrement alassent en nom de
Deu, car il se defenderoyent bien, a Taye de Nostre Seignor
et a la soue, et eaus si firent.
XCVI (i6é). Quant que monseignor de Baruth s'en
partist dou siège, mut messire Balian, son fis, por aler a
Triple. O luy ala sire Guillaume Vesconte, quy estoit sages
hom, dou privé conseil de monseignor de Barut, et avoit
comencié la parole de cest mariage, et si estoit né de Triple.
Phelippe de Nevaire y ala, quy de luy ne se parteit, et plu-
sors autres. Moult passèrent de maus passages, et par grans
fiums, et par devant Gyblet, qui estoit de l'autre partie, et
les mostres se faisoient toute nuit par my la montaigne.
Toutes voies, si com Deu plot, passèrent et vindrent a
Triple, et herbergerent dehors en une maison dou Temple
qui a nom Moncoqu. Le prince et ses enfans l'ennorerent
moût au commencement ; et traitoit on chascun jor les
paroles et les covenances dou mariage, et de l'aye que le
seignor de Baruth demandeit.
62 PHILIPPE DE NOVARE
XCVII (167). Sur ce avint que Ton sot a Triple que l'ost
de Chipre estoit party de Baruth ; si ot mainte gent qui Gui-
dèrent que tout fust perdu. Les paroles dou mariage refroy-
dirent moût, et toutes voyes se tenoyent. Un jour ala
messire Balian et sa compaignie chevauchant vers Monpe-
lerin pour trover ceaus quy menoyent les paroles dou
mariage. Au revenir, la porte de Montquocu lor fu close a
rencontre, et distrent ceaus de la maison que pour luy il ne
voloyent estre mau de la gent de l'empereor. Messire Balian
manda querre herberge a la maison de l'Ospitau et a ceaus
de Beauleu aucy, qui sont moines de Cisteaus, et a ceaus
qui tenoyent Montpelerin, qui est de Tevesque de Bethléem.
Chascun li respondy corne le Temple avoit fait. Un cheva-
lier estoit a Triple au jour, quy estoit a Triple vicaire de
l'evesque de Triple ; celuy les herberja en une boverie dou
dit evesque, de Tyglize, que Ton apelle l'aire de l'evesque,
et si est devant la porte de Triple. Messire Balian fist desor-
der et netoyer et garnir celé maison au meaus que il pot
dedens.
XCVIII. Si avint que le cheveteine des Longuebars, qui
bien savoit que messire Balian estoit devant Triple, fist
faire unes letres fauces de par l'empereor, et furent faites a
Sur en parchemin sarazinès, boulees d'une boule de l'empe-
reor que il avoit. En ces letres se contenoit, après moût
grans salus, que il prioit le prince et ses enfans, coume ses
chers cousins et ses fëaus homes, que il ne recetassent ses
enemis, ne que il ne lor donnassent ni force ni aye. Le
prince et ses enfans mandèrent ces letres a Phelippe de
Nevaire, et une autre remenbrance escrite, en quel il avoit
plusors paroles, et disoient ensi : « Bounes gens, ne tenés
a mau ! » En la fin de la remenbrance estoit escrit que il
prioyent Phelippe que il mostrast ces letres a messire Balian
et a sa gent, et les excusast. Et devant estoit avenu que le
MÉMOIRES, II, XCVir-C 63
prince avoit dounc fie au dit Phelippe, et de son avoir
meïsme ly avoit il douné, que il le faisoit volentiers a tous.
Phelippe Tamoit, et s'en loet moult, mais le fié ne vost il
onque retenir ne decervir ; et de cestuy mandement li sot
mau gré, et toutes voyes il list les letres a son seignor, et li
conta tout le fait, et puis fist, sans le seû de son seignor,
une simple rime, et la manda au prince :
Malvaises gens, failly de cuer.
Je ne pues soufrir a nul fuer
Que l'on ne die que vous estes...
XCIX (168). En l'aire de l'evesque de Triple, messire
Balian et sa compaignie orent moût d'angoisses et de doulors
et de despis ; et ne pooit partir, car la voie li estoit défendue
et par mer et par terre et bien gardée, dont il avint que il
manda au soldan de Doumas que il ly dounast conduit et
aye, si que il peùst passer par la paenime et aler a Acre. Le
soldan ly otroia moult volentiers, mais choses avindrent
après por quoi il ne fu besoing. Sire Betram Porcelet, qui
estoit parastre de sire Heimery, et sa compaignie, et les
homes de sire Hue de Gibleth, qui estoient en la terre de
Triple, torneent moût souvent entor la herberge, et mos-
troyent au doit par ou il monteroyent, car il atendoient de
jour en jour galees des Longuebars; et bien cuidoient
prendre et ocirre messire Balian et les suens en celé her-
berge ; et longuement souffry ceste angoisse.
C (169). Il avint, quant l'ost des Chiprois s'en party de
devant Baruth, que les Longuebars disoient que l'ost de
Chipre fuoyt ; si mandèrent sire Heimery Barlais et sire
Aumaury de Bethsan et sire Hue de Gibeleth et lor gent, et
le conte Richart, qui estoit longuebart ^. Ceaus pristrent
toute la terre fors que le chasteau de Deudamour, ou les
64 PHILIPPE DE NOVARE
suers dou roy et les gens dou païs s'enchastelerent, et pui-s
pristrent Cherines. Ains que Cherines fust prise, messire
Balian d'Ybelyn porchassa tant priveement que Jenevès qui
estoient venus a Triple en deus sayties devindrent ses
homes, et lor donna fiés; et ly orent en covenant que il le
porteroyent en Chipre, et il entendoyent bien, se il peùst
venir, que il vendroit a chef de ceaus qui estoient en
Chipre. Le prince s'en aparsut, si aresta a force les gens et
les vaisseaus, et li toly sa muete ^.
CI (170). Après orrés de monseignor de Baruth, qui
estoit aie a Acre. Il porchassa et mostra tant de raisons a les
gens dou païs, qui doutoient la seignorie des Longuebars,
qu'il estoient lor destrucion, que il le firent maire de la
comune d'Accre ; et les Jenevès s'acompaignerent moût
volentiers o luy, que pour l'amour de luy, que por ce que
l'empereor Federic avoit mandé en Surie que l'on les preïst
€n avoir et en persones. Tant fist le seignor de Baruth que
il ot moût grant navie et grant planté de gent a pié et a
cheval, que legierement pooit lever le siège de Baruth. Les
Longuebars l'oïrent dire ; si ardirent lor engins, et guerpi-
rent le siège de Baruth et a grant honte s'en fu}h'ent [a Sur«].
Cil (171). Q.uant la novelle fu seùe devant Triple, mes-
sire Balian d'Ybelin trova plus d'amis et de conduit ; si s'en
party, et vint a Baruth, et trova le leu moût desgarochié, et
moût en ot grant pitié, et moult ly fist l'on grant joye ; et la
atendy le comandement de monseignor de Baruth, son
père.
cm (172). Leroy Henry et le seignor de Baruth et tout
l'ost des Chiprois estoient issus d'Accre au Cazal Ymbert.
La sorent la délivrance de Barut ; yqui se logierent et
atendirent pour avoir conseil qu'i feroient. L'endemain vint
a eaus un desleal patriarche d'Antioche, qui estoit lombart,
et estoit passé par Sur et avoit moût parlé as Longuebars.
MÉMOIRES, II, CI-CV 6$
Il fist entendant au roy Henry et au seignor de Baruth que
il avoit plein pooir de par les Longuebars de faire pais
entr'eaus, et que il feroit tant que la pais seroit a l'ennor et
a la volenté le roy et dou seignor de Baruth et de tous ceaus
de Chipre et de Surie. Le preudome, qui onques ne refusa
pais covenable, et quy [la faisoit ^] plus volentiers quant il
estoit au dessus, ala après le patriarche a Acre ; o luy mena
de son conseil ; et dou plus beau et dou mellor de Tost le
suit ; et grant partie de l'ost demoura a Acre, qui n'estoit
mie meû encores, et la navie encores estoit au port, pour les
novelles qu'il avoit oï dire de Baruth.
CIV (173). Le roy Henry fu au Cazal Ymbert, en sa
herberge, moût escheriement. Toutes voies furent o luy les
treis fys de monseignor de Baruth, s'est a saver sire Bau-
duyn et sire Hue et sire Guy, qui puis fu conestable de Chipre
et preudome et vaillant ; et si y f u messire Johan de Ybelin,
qui puis fu conte de Jaffe, et estoit chevalier noveau, qui
n'avoit que dis et set ans d'aage ; et y fu messire Anceau,
qui estoit cheveteine de l'ost en leuc de monseignor de Baruth.
Malvaisement estoyent herbergié, l'un sa, l'autre la ; de rien
ne se doutoyent, ains disoient que il yroient prendre Sur.
CV (174). Les Longuebars quy estoienta Sur espierent
et sorent que il estoient malvaisement herbergiés, et poy de
gent estoyent; si murent de Sur si tost come il fu anuityé.
Il menèrent ovec eaus la gent de Sur a force. Et il estoit
bounace ; si vindrent les vint et deus galees a Cazal Ymbert,
et assaillirent l'ost des Chiprois de nuit; si les troverent endor-
mis et desarmés. Aucunes gens avoyent dit a messire Anceau
que les Longuebars venoient, mais il ne le crut mie ni ne
deigna faire a saver, dont il dutestre moutblahmés. Onques
gens si sorpris meaus ne se defendyrent ; les trois fis de
monseignor de Barut, messire Bauduyn et messire Hue et
messire Guy y firent merveilles d'armes. Messire Bauduyn
Philippe de Novare. 5
66 PHILIPPE DE NOVARE
y fu perillousement naffré, et son nevou, messire Johan,
quy estoit juene, y fist tant que toute sa vie fu plus prisié.
Messire Anceau, pour la valour quy estoit en luy et por ce
qu'il estoit cheveteine, et se senty colpable de ce qu'il avoit
oï et ne l'avoit noncié, il fist merveillouses prouesses. Le
roy s'en éschapa près que tous nus; il fu mis sus un cheval,
et s'en alerent a Acre.
CVI. Et tantcomla nuit dura ne perdirent les Chiprois
la herberge ; toute nuit se combatirent. Les Chiprois estoient
les uns a pié, les autres sur les chevaus sans selle, les uns
armés de lor haubers tous nus, les autres tous desarmés. Tel
estoit a cheval quy n'avoit frein, qui n'avoit lance, qui n'avoit
espee. Toutes voies abatirent il moût de Longuebars et
ocistrent. A l'aube dou jour descendirent ceaus des galees,
et la clarté dou jour descovry la petite quantité des Chiprois «.
Si fu prise la herberge de tout et robee ; et furent perdues
toutes les chevaucheûres, sans celés ou estoient montés cil
quy eschaperent ; vint et quatre chevaliers pristrent et poy
en ocistrent, plusors en nafrerent, et toute la herberge et le
plus des armes gaaignerent. Les chevaliers chiprois, qui bien
se défendirent, s'aresterent sur un petit touronet, a une auba-
lestee de la herberge ; les Longuebars les veoyent bien,
mais n'aloyent pas a eaus.
CVII (175). Le roy Henry vint a Acre. Le seignor de
Baruth sailly au cri, et tous ceaus qui le vostrent sivre, moût
doulourous et angoissous. Tout premièrement encontra le
roy, dont il rendy grâces a Deu ; après trova autres gens
qui fuoyent. Quant il le virent, si eschiverent le chemin «.
Un suen sergent s'esmut et dist que il ireit veïr se aucuns
des enfans de son seignor fust en celé route. Il s'escria, et
dist : « Ne faire ! aillors les troverons. Il n'osereent pas si
loins fuïr, ne venir la ou je fuse. » Un poy avant il encontra
un suen sergent vieill qui fuoit ; celuy ploura et li dist :
MÉMOIRES, II, CVI-CX 67
« Tous VOS beaus enfans avés perdus, et mors sont. » Le
preudome respondy et dist : « Et qu'en est, sire vilain punais ?
Ensi doivent morir chevaliers, défendant lor cors et lor
ennors ^. » Grant aleûre passa avant ; quant il aprocha dou
Cazal Ymbert, il choisi ceaus qui estoyent sur le toron, et
si tost corne il le choisirent, il feryrent chevaus des espérons
après les Longuebars, quy ja se partoient.
CVIII. Les Longuebars choisirent les venans d'Acre ; si
se mistrent a la fuye, et tout fuyant passèrent les pas de
Passe Poulain. Le seignor de Baruth trova la les suens quy
se mehloyent a Tarière garde des Longuebars, et vit et conut
que la mehlee ne la chasse ne valoit rien, car ses enemis
avoient ja pris le pas et avoient moût d'aubalestriers et d'ar-
chiers ; si en remena les suens, moût merciant Nostre Seignor
de ce qu'il les trova vis, et qu'il s'estoient si bien porté. La
trova tous ses coraus amis, fors que son fis, sire Hue. Celuy
trova il sus une vieille mayson crénelée, quy est au Cazal ;
a celuy avoit l'on ocis son chevau près de celé maison.
Entre luy et un chevalier qui li fist compaignie, montèrent
en celé maison et la défendirent a pieres, tant qu'il conurent
le secors. L'on cuidoit que il fust mort ou pris ; grant fu la
joie quant il fu la trové.
CIX (176). Les Longuebars s'en alerent a Sur^, a
moût grant gaain, car entre ceaus de terre et ceaus des galees
en portèrent tout ce que il avoient gaaignié. Et por ce que
il gaaignerent tant et le plus dou harnois, des armeûres et des
chevaucheûres as Chiprois, lor fu avis que il estoyent moût
au dessus de lor guerre, et que lor enemis ne porroyent pas
recovrer en Chipre, ne passer jusque a un lonc tens. Si orde-
nerent lor afaire et laissèrent garnison a Sur, et tantost
passèrent en Chipre, a grant esfors et a grant bonasse, pour
prendre l'ihle. Et ce fu en l'an de .m. ii^ et xxxii.
ex (177). Maintenant que les Longuebars furent en
68 PHILIPPE DE NOVARE
Chipre, le chasteau de la Candare lor fu rendu. Avant avoit
l'on rendu la tour dou port de Famagouste a sire Heimery
Barlais et a sire Aumaury de Bethsan et a sire Hue de Gibe-
leth, et le chasteau de Cherines auci ; si que toutes les for-
teresses de Chipre ne se tenoyent nule au seignor de Baruth,
ny au roy, que tant soulement Deudamors. Laens s'estoient
recuilly les deus suers le roy«, et sire Hernis de Gibeleth,
qui estoit au jour bailly de la secrète ^ ; et si avoit Phelippe
de Caffran, qui adonc estoit chastelain. Laens se receterent
un poy de chevaliers et de dames et de damoiseles, que moût
se recuillirent sur saut, et d'autre gent, qui moût estoient
rnau garny de vitaille et de ce que mestier lor estoit^.
CXI. Et tout le plus des dames et des damoiseles et des
enfans de Chipre furent si sorpris qu'il ne porent aler a Deu-
damors ; si se receterent as yglizes et as religions, et plusors
en y ot qui se receterent et musserent as monteignes et
dedens caves. Si se vestirent les dames come bergieres et lor
enfans come bergerons ; et ces femes aloyent glener les espis
cheans qui estoyent, et de ce vivoyent entr'eles et leur enfans
auci a si très grant doulor que pitié seroit de retraire. Dame
Eschive de Monbeliart, qui au jor estoit feme de sireBalyan
d'Ybelin, fis de monseignor de Baruth, si estoit recetee a
rOspitau, et ses enfans ovec ly ; et quant elle oy que les
Longuebars estoyent arivés, elle ot si grant paour qu'ele se
vesty en abit de frère Menor, et guerpi ses enfans et son fié,
et monta en une roche que l'on apele Bufevent. La sus la
receta un viel chevalier qui avoit nom sire Guinart de
Couches «, qui la sus estoit de par le roy, et elle s'aporvea
tant qu'elle Tôt garny de vitaille, dont il n'i avoit point.
CXII (178). Les Longuebars vindrent hastivement a
Nicossie, et maintenant firent toutes les abominations et les
otrages et les vileinies que il sorent et porent. Il brisèrent
les yglizes et le Temple et la maison de FOspitau, et toutes
MÉMOIRES, II, CXI-CXIV 69
les religions ; et traînèrent hors les dames et les enfans quy
se tenoyent as autiers et as prestres quy chantoyent les
messes. Dont il avint, en aucun leu, que il espandirent de
la main dou prestre le cors de Nostre Seignor et le sacrement
a terre ; et chargèrent les dames et les enfans sur charetes
et sur ahnes moût vileinement, et les menèrent a Cherines
en prison, et poignant d'aguillons celés qui ne voloyent
tost aler. Les Longuebars gaïgnerent Cherines et moût y
mistrent vitaille, car par lor galees et lor vaisseaus y man-
dèrent tout quanque il troverent de par toutes les marines
de Chipre.
CXIII (179). Les Longuebars et les autres traîtres alerent
asseger Deudamors, et le tindrent moût près, car il savoyent
bien que ceaus dedens estoient mau garny de vitaille. Il
mistrent au siège, pour plus destreindre le chasteau, les plus
mortels enemis que le roy et le seignor de Baruth eussent,
et si mistrent ne sai quantes maistries d'aubalestriers parjurs
et traïtors, quy s'en fuirent de l'ost des Chiprois et s'en
entrèrent a Gibelet, quant l'ost des Chiprois passeit par
devant pour aler a la rescousse de Barut.
CXIV (181)^. Le roy Henry de Chipre ot quinze ans
conplis, et pot donner et faire son plaisir come seignor
d'aage ; si proumist et douna plusors fiés a ceaus quy o luy
alerent, et as Jenevès proumist franchise et court au royaume
de Chipre, pour aler o luy tant soulement que il arivast en
Chipre. Le seignor de Baruth quy adonc estoit maire de la
comune d'Acre, si come le conte a dit sa en ariere ^, vint
devant le patriarche Girot de Jérusalem, en la pressence dou
roy Henry et de moût de gens qui la furent, et se plainst
au patriarche, qui estoit légat, dou damage que les Lon-
guebars avoyent fait au roy et a luy meïsmes des choses
devant dites. Entre les autres choses devant dites se recorda
et dist si come les Longuebars avoyent pris toute la navie
70 PHILIPPE DE NOVARE
le roy, quant le roy estoit venus de Chipre, car ce quy en
eschapa au Botron avoit le roy mandé en Chipre, et avoyent
pris celé navie, et tout le remanant avoient saisi et le royaume
de Chipre, et assegés les suers dou roy en un chasteau ; et
le roy les voloit aler rescorre, mais il n'avoit point de navie
corne besoing ly fust, et les ssalanâres en quey les Longue-
bars estoient venus estoient au port d'Accre ; dont il requeroit
au patriarche, come a légat, que il comandast que l'on preïst
les ssalandres qu'il avoient au port, come ceaus qui estoyent
escomenié et quy avoient abatu les chasteaus de la crestie-
neté, et au roy avoyent tolu sa navie et son royaume.
CXV. Le bon patriarche respondy qu'il ne s'entremetoit
dou fait d'armes, mais il avoit veû aucune fois en son païs,
quant li veneour venoyent a la proye et la beste estoit dedens
quelque herbe, qu'il semenoient lor bersiers et s'escrioient,
et mostroient a la main, et disoient : « Or pren le ! »«Lors
corurent chevaliers et sergens et les Polains dou port as
barches et as autres petis vaisseaus que il troverent au port,
et vindrent as ssalandres, si en pristrent treze par force, si
com Deu vost. Les autres naves et ssalandres fuïrent a Sur.
Le roy Henry et le seignor de Baruth retindrent quanque il
porent de gent, mais moult avoyent grant soufraite de
moneye, dont il avint que le jeune seignor de Cezaire vendy
partie de sa terre de Cezaire, et monseignor Johan de Ybelin,
qui puis fu conte de Jafe, vendy un suen grant maner qui
estoit a Acre, et presta les deniers au roy. Hastivement s'a-
pareillerent et murenl assés de Pouleins dou port ^, qui
avoient ne say quans vaisseaus armés, et le roy lor donna
fiés, faisant le servize de mer.
CXVI (182). [Et il se partirent d'Acre a lor viager] et
passèrent devant Sur oveque lor vaisseaus. Les galees des
Longuebars quy estoyent venus de Chipre vindrent contre
eaus et se mistrent sur vent, mais n'osèrent assembler a l'ost.
MÉMOIRES, II, CXV-CXIX 7I
et tous jors venoyent sur vent, gaitant se il lor porrbyent
faire damage. L'ost des Cliiprois ariva devant Saete ^. La
vint messire Balian, qui estoit venus de Triple a Baruth, et
sa compaignie dessus noumee, et si vint son frère messire
Johan de Foges et sa compaignie dessus noumee, qui avoit
esté o luy en garnison a Baruth, et...^ de Saete ; et le roy
Henry de Chipre lor donna plusors fiés.
CXVII (183). Dou port de Saete cenglerent les Chiprois
et vindrent en Chipre, et ariverent a la Grée ; et les galees
des Longuebars venoient adès o eaussurvent. De nuit man-
dèrent en terre par une espie ou estoit l'ost des Longuebars,
et sorent verayement que Tostet tout le pooir estoit a Fama-
gouste et lor galees au port «.
CXVIII (184). L'ost des Chiprois vint devant Fama-
gouste ; les Longuebars estoyent en la ville et avoient moût
grant planté de gent a cheval et a pié, et moût avoient de
chevaucheûres et d'armeûres que il avoyent gaaignés au
Cazal Ymbert, et toutes celés qu'il avoyent trovees en Chipre.
Ovec eaus estoyent ceaus traîtres quy s'en partirent dou roy
au Puy dou Counestable, si com le conte l'a devisé devant,
et autres gens qu'il avoyent eu de Triple et d'Ermenie, et
tricoples qu'il avoyent en Chipre, tant que l'on les esmoit
que bien avoient deus mile chevaucheûres en lor ost. Le roy
Henry et le seignor de Barut n'avoient que deus cens et
trente et trois « chevaucheûres ^.
CXIX (185). Quant l'ost dou roy Henry fu venu devant
Famagouste, il aloient un poy loins de terre. Le seignor de
Baruth regarda et vit que le rivage estoit moût garny de gent
d'armes encontre luy, et grant péril y avoit au descendre en
terre. 11 regarda une ysle devers terre ^ ; si a un gué que l'on
puet bien descendre a terre et a chevau a la marine, quant
les aiguës sont mermes que la terre gette et fait bounace. En
celé ysle descendy l'ost des Chiprois, a moût grant meschef,
72 PHILIPPE DE NOVARE
por les roches qui i sont, ne onques mais n'avoit Ton cuidé
que ost peûst la descendre. Maintenant corrurent au chef de
l'isle devers la terre, la ou estoit le gué, et la establirent
gent d'armes pour garder le pas tant que Ton fust descendu
et bien apareillié.
CXX. La gent de l'empereor se traistrent vers la, et y mis-
trent tout le débat que il porent, trayant ovec les arbalestres.
La ot moût lancié et trait d'une part et d'autre ; toutes
voyes y descendirent li Chiprois a loisir, grans et petis,
eaus et lor chevaus. La nuit herbergerent en celé ysle et
firent bien garder la nuit le chef devers le gué, par la ou il
^evoyent passer a terre, et après mienuit mistrent barches
et aucuns petis vaisseaus armés au port, et corurent a un des
leus de la ville. Le cry fu moût grant. Maintenant les Lon-
guebars mistrent feu en toute lor navie qui estoit dedens le
port, et guerpirent la ville « et chevauchèrent et s'en alerent
a Nicossie, et les gens a pié de l'ost le roy y corurent et
pristrent la ville de Famagouste de nuit.
CXXI (i86). Le bien matin, le roy, o ses Chiprois,
s'armèrent et firent covrir lor chevaus et montèrent a cheval
et passèrent par celuy gué en terre et as escheles faites, et
bien cuiderent avoir la bataille au passer dou gué ; mais ne
troverent nul, et alerent en la ville de Famagouste. La se
herbergerent deus jors ou trois pour eaus aiser. Les Lon-
guebars avoyent laissié la tour de mer garnie de gent. Le
roy fina a eaus, et donna fiés as cheveteines, et li rendirent
la tour dou port de Famagouste. La meïsme vindrent a eaus
trois homes dou roy qui gardoyent la Candare por les Lon-
guebars. Le roy lor donna ce que il requistrent, et il ly ren-
dirent la Candare et Bufevent ; et le seignor de Baruth et ses
enfans pardounerent a l'un d'eaus, qui avoit nom Anfrey de
Monaigre, que moût lor avoit mesfait. Le recovrier de la
Candare et de la tour de Famagouste ordena et porchassa
Phelippe de Nevaire.
MÉMOIRES, II, CXX-CXXIV 73
CXXII. Treis jors demora le roy de Chipre en la ville
de Famagouste, et fina alcheveteine [des Jenevès«], quy avoit
nom sire Guillaume de l'Ort, qui estoit consele et home de
bien. Le roy li fist quanque il requist ; franchises et court
douna as Jenevés par toute Chipre, sauve la justize de trois
choses, c'est assaver de murtre et de rapine et de traïson ^ ;
et lor douna maison a Nicossie et la court dessus la mer et
un cazal qui a nom Despoire. Et la sont tenu au rey de sai-
rement, et le rey a eaus d'aye et d'ounement a un terme
moty ; mais le don que le roy Henry lor fist fu a tous jors,
par son bon gré et de monseignor de Baruth. Les Jenevés
remontèrent en lor naves, et alerenta Lymesson. La furent
tant que il sorent l'ennor que Nostre Seignor fist puis au roy
de Chipre, et as suens, et quant il sorent ce, si s'en alerent
en Jene. Les galees des Longuebars^le sorent adès tant com
il furent as aiguës de Chipre, mais onques n'osèrent adezer
as naves.
CXXIII. Quant les naves s'enpalegerent, les galees
vindrent a Cherines, que les Longuebars tenoyent ; et l'ost
des Longuebars, quant il partirent de Famagouste, mistrent
feu par my les aires, et par tout le plain ; et ce fist grant
damage, car tout le plus dou blé estoit ja as aires ; et avoyent
brisé tous les molins de la Queterie ; neïs ceaus des mains
firent il briser a Nicossie, quanque il porent. De ceste chose
se confortoyent moût li Chiprois, et disoyent que bien estoit
aparant que il ne s'apareilloient pas de tenir la terre, quant
il ce faisoyent, et Nostre Sires avoit donné une tele grâce
as Chiprois, o tout ce que il estoyent si poi de gens, que il
lor sembloit avis verayement que ensi tost come il trove-
royent les Longuebars en champ, que il les desconfiroient.
CXXIV (187). Le roy Henry et le seignor de Baruth et
les suens murent de Famagouste et vindrent par lor jornees
a Nicossie, a grant meschef de bernois et a poi de gent. [Les
74 PHILIPPE DE NOVARE
Longuebars guerpirent la terre, et se herbergierent en une val-
lée entre deus hautes montaignes sur le chemin de Cherines«. ]
Lor herberge estoit belle et fort, si que nulle gent ne pooit
venir a eaus fors que par un petit chemin et par une grant
montaigne, et la estoit le pas bien garny, ne les Chiprois ne
pooyent secorre le chasteau de Deudamor que par la meïsme ;
et les Longuebars avoient quanque besoin lor estoit par
devers Cherines ; et au chasteau de Deudamors n'avoit viande
qu'a deus jors soulement.
CXXV (i88). Le roy Henry et le seignor de Baruth et
lor gent entrèrent a Nicossie ; poi y troverent de ce que
besoing lor fu ; grant soufraite y ot de pain. Le seignor
se donna garde qu'il estoient folement herbergié et espar-
peillié par la ville ; si douta la maisnee des Longuebars,
qui volentiers assailloient la gent de nuit, et a hore de vespre
fist crier as armes, et dist que les Longuebars venoyent ; si
se partirent tous hors de Nicossie «. Si tost come les gens
furent hors de la ville, as escheles faites, le seignor de Baruth
fist dire que les Longuebars estoient retrais et apartis ; mais
si fyst défendre de par le roy que nus n'entrast en la ville.
Dehors la ville choisirent une place et un leu^ ou il y avoit
jardins d'une part et une petite fose. La se herbergerent celé
nuit, et moût bien se firent gaiter et a bonnes entreseignes,
car bien lor souvenoit de Cazal Ymbert.
CXXVI (189). L'endemain matin, quyfu par un mardy^,
se murent les Chiprois ^, et ce fu après cinc semaines que
l'afaire de Cazal Ymbert avoit esté. Le roy et le seignor de
Baruth et lor conseil orent porpensement que il vendroyent
desous la herberge de lor enemis au plein, et se les Lon-
guebars descendoient a eaus, les Chiprois douneroient la
bataille ; [et, se non, il iroyent se herbergier en un cazal
noumé^] la Gride, qui est près d'ileuc, el pié de la montaigne,
et de la manderoient par nuit aucun confort et secours de
MÉMOIRES, II, CXXV-CXXVIII 75
gent a pié a ceaus de Deudamors, par un sentier roiste et
estreit qui monte par celé roche. En tel proposement vint
Tost des Chiprois entre l'ost des Longuebars et la Gride^.Si
tost corne les Longuebars, qui estoyent en haut, virent les
Chiprois en si poy de gens et a si povre bernois, il eurent
despit et honte d'eschiver la bataille, et crièrent a une vois :
« A eaus ! a eaus ! alons les prendre ! »
CXXVII «. Le seignor de Baruth descendy lors a pié, et
mercia Nostre Seignor a genoils de ce que ses eneniis
venoient a la bataille, car bien savoit et disoit que ce estoit
la délivrance et le meaus que lor peûst avenir. Tendrement
requist et proya Nostre Seignor que il, en cest jour, dounast
honour et victoire au roy et as suens. A celé houre distl'on
que il voa priveement, ce que il fist après, de soi rendre en
religion. Les escheles furent ordenees et devisees. Messire
Balian d'Ybelin, son fis, avoit tous jors conduit en ceste
guerre la première bataille. En cel point il le fist venir devant
luy et li requist que il jurast le comandement de sainte yglize,
car il estoit en centence pour sonmaryage. Celuy respondy
que il ne pooit faire sa requeste. Le preudom li respondy et
dist : (c Balian, je m'en fi plus a Deu que a vostre chevalerie^
et, puis que vous ne volés faire ma requeste, laissés l'es-
chele, car, se Deu plaist, escoumenié ne sera ja conduisour
de nostre bataille. » Ensi le dist et ensi le fist.
CXXVIII. Il establi cheveteine de la première bataille sire
Hue son fis et sire Anceau de Brie, en la seconde sire Bau-
duyn d'Ybelin, en la tierce le jeune seignor de Cezaire ;etla
quarte fu Tarière garde, car plus n'i ot «. Et en celé fu le roy et
le seignor de Baruth et son juene nevou, sire Johan, et autre
plusors, qui moût vosissent estre en la première bataille. Le
seignor de Baruth comanda a sire Balian, son fis, que il fust
o luy a l'ariere garde, et il li dist : « De par Deu ! » Mais il
le fist autrement, que il s'en embla, et s'en ala a la première
76 PHILIPPE DE NOVARE
eschele, ou estoit son frère sire Hue et sire Anceau ; si lor
enorta et enseigna ce que il sot de bien, et puis s'en party
d'eaus, et se tint devant eaus en coste. Et avoit un poi de gens
qui o luy estoient, car au jour n'avoit que cinc chevaliers
quy o luy parlassent, car tous les autres avoyent juré le
comandement de sainte yglize. De ceaus cinc l'un estoit Phe-
lippe de Nevaire et l'autre Raimont de Place ; ces deus estoyent
ses homes et tenoient de luy. Piere de Montholif estoyt li
tiers, et estoit sodoyer et bien de luy ; et les autres deus
estoient Robert de Maumeni et Eude de la Fierté, qu'il avoit
norry et fait chevalier.
CXXIX (190). [Et corne l'avant garde de la première
eschele des Longuebars s'aprochoit a l'eschele de monseignor
de Baruth et dou roy «], messire Balian d'Ybelin fery des
espérons par moût mau leu, par pieres et par roches, et ala
assembler as autres amont en mi le pas, et tant les enconbra
et fist d'armes que l'on ne poeit entrer ne issir en celuy pas ;
et tant y soufry que tuit cil qui le virent garentissoyent et
disoient que il ne porroyent cuider c'un soûl home peûst ce
faire ; et plusors fois fu apoié de tant de lances que cUascun
cuidoit que ja mais il ne peûst eschaper ; et ceaus quy estoient
aval, o le roy, le veoyent et le conoyssoient bien as armes, et
cryoient aucuns d'eaus a monseignor de Barut : « A ! sire,
secorons messire Balyan, car nous veons que l'on l'ocit la
sus ! » Et il lor dist : « Laissés ly faire. Nostre Sires ly
aidera, se il li plaist, et nous chevaucherons estroit lié grant
pas, car se nous deroyons, tostporiens perdre. » La bataille
estoit férue grant en celé houre d'une part et d'autre, et dura
longuement, et en i ot assés d'abatus.
CXXX. Le conte Gautier de Mounepeau « conduist la pre-
mière bataille des Longuebars ; il assembla malvaisement,
ala touchant toutes les escheles dou roy, aschesa fort, corut
tout outre sans faire grant damage. Aucuns de l'eschele dou
MÉMOIRES, II, CXXIX-CXXXII 77
roy le vost gaiter, mais le seignor de Baruth defendy bien que
nus d'eaus ne retornast ce devant deriere, mais chevaliers
chassast tous jors devant. Le conte Gautier et messire Joffrei
de Mosie, fis dou Justizier, ovec toute l'eschiele, eschiverent
la bataille, et tornerent vers la quarte eschiele ^; et de la s'en
fuirent jusque a la Quastrie, sans plus faire. Le conte Berart
de Manope, qui menoit la seconde eschele, estoit moult
preu de chevalerie, et avoit bonnes gens d'armes. Celuy
assembla trop vigourousement et moût desconroia la
première eschiele des Chiprois, mais l'eschele de messire
Bauduïn les secorut vigourousement, et messire Bauduïn se
porta bien, et moût y fist d'armes.
CXXXI. Messire Anceau de Brie s'acosta dou conte Berart
et le prist par le heaume, et le torna a cenestre, et il estoit
moût fort des bras, et avoit bon cheval, et aracha a force le
conte de la celé et abati le conte a terre, et cria : « Tue ! tue ! »
Et adonc estoyent venus ja en la place jusque a sinquante
ou soisante sergens a pié que les Chiprois avoyent devant
mandés a la Gride pour prendre la herberge. Ceaus coperent
la teste au conte Berart et a dis et set chevaliers de sa mais-
nie, qui tous estoyent descendus pour luy monter ^. Celuy
mot : « Tue î tue ! » corut par la bataille, que chascun crioit :
« Tue ! tue ! ».
CXXXII. En celé bataille avoit un chevalier devers les
Longuebars que l'on disoit qui estoit aleman, qui estoit
covert, luy et son cheval, d'orpeau. Celuy assembla trop de
feis, et moût fist d'armes, et estoit si fors et si vigorous que
l'onnelepooit abatre^. En la fin fuocis son cheval, et les gens
a pié s'asemblerent entour ly et l'ocistrent. Moût en pesa as
Chiprois qui avpient veû sa prouesse. Moût y ot de gens vers
les Longuebars quy asprement assemblèrent, et moût estoient
grans gens ^. [Entre lesquels tous fist Nostre Seigneur Deu
grans miracles, car^] des Chiprois n'i ot ocis que un chevalier,.
78 PHILIPPE DE NOVARE
qui [estoit né de Lombardie ^] et fu norri et adoubé a cheva-
lier en Chipre ^ ; [et son parler estoit d'un Lombart, et ne sot
crier l'enseigne le roy : « Vaillance », et cryoit « Baillance ».
Et pour ce l'ocirent le tenant pour longuebart/].
g
CXXXIII (195). Si grant honour et si grant grâce fist
Deu au roy Henry et au seignor de Baruth et as suens que
en une hore dou jour desconfirent lor fors enemis et chas-
sierent^, et délivrèrent Deudamors, qui estoit assegé, et asse-
gerent Cherines ou les Longuebars estoyent receté. Et les
sergens qui estoyent au siège de Deudamors de par les Lon-
guebars s'en fuirent, et n'osèrent fuïr vers Cherines, pour les
Chiprois qui ja estoyent devant ; si se desruperent devers
Plaissié ^, et tornerent devers Nicossie, mais il n'i osèrent
entrer de jour, car de nuit cuiderent receter as maisons des
religions.
CXXXIV. Dont il avint que Phelippe de Nevaire, qui
estoit retorné a Nicossie, pour aucunes besoignes, par le
comandement dou roy Henry et dou seignor de Baruth, il sot
que les sergens dévoient venir ; si assembla ce que il pot
avoir de gent et les ala encontrer hors de la ville. Un poi
devant la mie nuit vindrent Phelippe de Nevaire et la soue
gent, et lor corrurent sure, et ocistrent que pristrent trois
cens sergens ou plus, et plusors en eschaperent pour la nuit,
qui se garirent es yglizes et en maisons de religions. Phelippe
fist venir devant luy les trois maistres des sergens qui avoyent
guerpi le roy et le seignor de Baruth devant Gibelet,
dont il estoyent parjurs et traïtors ; si les fist tous desmem-
brer, et volentiers les eûst fait pendre, mais il n'en ot loisir,
car il avoit poi de maisnee et trop de prisons,
CXXXV (196). L'endemain sot l'on que le conte Gautier
de Manepeau et le fis dou Justizier et lor eschiele estoyent
foïs a la Castrie el focé dou chastel, car les Templiers ne les
I
MÉMOIRES, II, CXXXIII-CXXXVII 79
voloyent receler détiens, por ce qu'il avoyent brisié devant
lor maison et traist les dames et les enfans, come l'avés oï
au conte devant ; dont il avint que le roy et le seignor de
Baruth y mandèrent messire Johan le jeune, qui puis tu conte
de Jaffe, et une eschele de chevaliers o luy. Dedens le focé
les troverent et la les pristrent, et les amenèrent a Nicossie ,
la furent mis en prison ovec les autres qui furent pris le jour
de la bataille. Tous furent livrés a Phelippe de Nevaire, quy
les faisoit garder. En celé prison avoit cent et quarante et
cinc prisoniers, [et plusors «] y furent mort de nafres. Sire
Hue de Sorel, sire Ente de Cheligen, sire Gent de Cors y
morurent, mais sire Phelippe Obuission gary de moût fieres
playes.
CXXXVI (197). Le siège fu devant Cherynes, et ceaus
dedens estoyent moût grans gens, et avoyent toute lor navie
en quoi il estoyent venus en Chipre, et les vint et deus
galees. Si avint qu'il establirent cheveteine, a garder le
chastel et le bourc, Phelippe Chenart, quy estoit frère de sire
Gauvain de par mère ; et si laissèrent cinquante chevaliers,
dont estoit cheveteine un gentilhom de Puille, quy avoit nom
Gautier de Eguevive. Et messire Richart Filanger, le baill,
et grans gens o luy, alerent en Hermenie quere secors, et
mandèrent en Antioche et a Triple, et disoyent que il reven-
droient et se conbateroient autre fois as Chiprois. En Her-
menie ot assés de malades et de mors d'eaus « ; a Cherines
revindrent sans nul esploit, et distrent que trop estoyent
grant gent de terre et de mer, et trop gastoient de la viande
dou chasteau. Sur celé achaison rentrèrent a lor galees et
retornerent a Sur. Oveques Filanger, lor bail, s'en alerent sire
Heimery Barlais et sire Amaury de Bethsan, son cousin, et
sire Hue de Gibeleth. [Filanger^] demora baill a Sur ; et
ceaus trois alerent en Puille querre secors a l'empereor.
CXXXVII (198). Phelippe Chenart demora a Cherines
8o PHILIPPE DE NOVARE
cheveteine et cinquante chevaliers o luy et entour mil homes
a pié entre abalestriers et gens de marine. Il y ot de moût
bons faiseors d'engins : plusors en i fist l'on faire, trabus et
perieres et mangueneaus ; et moût bien fist garder le chastel,
et le bourc asprement fut gardé longuement. [La feme dou
roy estoit dedens quy s'apeloit la reyne Longuebarde, por ce
que l'e^npereor li avoit douné et elle tenoit la partie des
Longuebars ; la quele morut laens. Et quant ele fu morte,
ceaus de Cherines la portèrent dehors, et fu dit que ce estoit
la reyne et qu'ele estoit morte. Le roy et le seignor de Baruth
la receûrent et furent moût dolens de sa mort, et la feïrent
porter a Nicossie onoreement par la main des chevaliers tout
a pié. Et puis mandèrent la procession et tout le pueple de
Nicossie pour l'acompaigner jusque dedens, a la mère yglize
de Nicossie, ou ele fu enterrée. En suite retornerent le roy et
le seignor de Baruth au siège de Cherines et i mistrent grans
forces «.]
CXXXVIII (199). Le roy Henry fist assembler toute sa
court, et se clama a sa court de sire Heimery Barlais et de
sire Amaury de Bethsan et de sire Hue de Gibeleth et de tous
ses homes liges qui avoient esté contre luy a la bataille, puis
qu'il fu en aage. Par comun esgart de court furent tuit
déshérité et fortjugié en cors et en avoir, et le roy douna lor
fiés a ceaus quy l'avoient servy et aidié «. Moût ennuyoit as
Chiprois de ce qu'il n'avoient galees pour asseger le chasteau
par mer ; les galees des Longuebars aloyent de Cherines a
Sur et de Sur a Cherines^. La volenté de Deu fu puis tele que
treze galees de Jenevois vindrent d'outre mera Lymesson en
deus carevanes, en l'une quatre, et en une autre nuef. Le sei-
gnor de Baruth i ala grant aleûre a Lymesson et les retint as
SOS dou roy, et les mena devant Cherines.
CXXXIX. Adonc fu assegié le chasteau, par mer et par
terre, que d'eaus que de ceaus qu'on pot avoir de Chipre,
MÉMOIRES, II, CXXXVIII-CXLI 8l
Mout firent ceaus dehors engins, de perieres, de manguc-
neaus et de grans trabucs, et deus grans chasteaus de fust, et
mout d'autres garides pour venir as murs. Assaus y ot plu-
sors et de jour et de nuit ; mout y ot fait d'armes et dehors
et dedens, mout en y ot de nafrés et d'une part et d'autre, car
grant planté y avoit de balestiers. Les chasteaus de fust
furent trait sur le fossé ; de ceaus dedens y avoit meillor pie-
taille que de ceaus dehors ; par force y mistrent le feu et
mout se tindrent vigourousement pour doute de prison et de
mort. Les chevaliers dehors montèrent et ferirent des espé-
rons jusques au focé ; la descendirent et entrèrent dedens les
chasteaus de fust qui ardoient, et estainstrent le feu a force
et les rescoustrent et les ratirerent arieres ; mout y ot de
chevaliers nafrés.
CXL. Ceaus dedens parlèrent de nuit au cheveteine des
sergens de ceaus dehors, qui avoit nom Martin Rousseau, et
tant ly donnèrent et proumistrent que il lor otroya a trayr
ceaus dehors, et il lor ot en covent que il lor feroit assavoir
quant l'ost seroit plus eschery ^ ; si saudroyent ceaus dedens as
armes et istroyent esforseement, et celuy Martin et ses ser-
gens, quy seroyent dehors, ociroyent tous ceaus que il
poroyent; et trop legierement pooyent ocirre messire Hue et
messire Anceau de Brie, qui estoient herbergié plus près dou
chasteau que les autres, et aloient trop souvent eschargaitier
a l'agait des sergens, bien près des murs. Celuy Martin
Rousceau pooit mout de maus faire, car il estoit mout privé
dou seignor de Baruth et de ses enfans, et il avoitesté le plus
dou tens de la guerre ovec eaus, et il li avoient fait mout de
bien, et se fioyent mout en luy, et l'eschargaite dou chasteau
estoit tout sur luy ; si metoit et traoit dou chasteau ce qu'il
voloit.
CXLI. Le plaisir de Nostre Seignor fu tel que celé
traïson fu descoverte par un home qui issi dou chasteau. En
Philippe de Novare, 6
82 PHILIPPE DE NOVARE
cele hore ayint que Martin Rousceau fu aie a Nicossie pour
aubalestres avoir et garnison, qu'il la voloit mètre el chasteau.
Le seignor de Baruth manda Phelippe de Nevaire, quy le
prist, [le jor de la Pasque de may^], auci un maistre faiseor
d'aubalestres, qui estoit home lige le roy et concentant de
ceste traïson, et maintes arbalestes et autres armeûres lor
avoit baillés en Tost. Phelippe de Nevaire les mena en l'ost
quy estoit devant Cherines, et reconurent la traïson en
pleine court. La furent jugié et treïgné et pendu ; et Martin
Rousceau fu geté au grant trabuc as murs dou dit chasteau.
Adonc se hasterent moût cil dehors de mener lor engins au
mur.
CXLII (200). Un jour lor avint, pour lor grant mes-
chance, que messire Anceau de Bries, quy faisoit mener un
engin avant, et il meïsme boutoit et hastoit les autres, si fu
nafré en la cuisse d'un careau d'aubalestre de deus pies. Il
aracha la flèche et la geta, et cuida avoir geté le fer, mais il
remest dedens la cuisse par mésaventure. Il seigna moût de
sanc, et ne vost souner mot tant com l'engin fu mené avant,
tant com il dut. Adonc s'en aparsurent ceaus quy estoyent
près de luy ; si li aidèrent tant qu'y vint en sa herberge ; tant
ot seigné que il se pahma. Tout l'ost y corut, très grant duel
enorent tous ses amis, et sur tous homes le seignor de Baruth,
quy l'apeloit son rouge lyon^; et il avoit droit, car il se penoit
plus et travailloit de l'afaire de l'ost que nus, et mo'ut valoit.
Il l'emportèrent a Nicossie a son hostel, et bien jut demy an
au lit et plus, que onc le fer ne pot estre trové jusque au
tiers jor devant sa mort ; et Deu fist son comandement de luy.
Grant duel en fist le roy et tous les bones gens de Chipre
aucy ; mais au jor que il trespassa le seignor de Baruth estoit
en Surie, car le chasteau de Cherines estoit ja rendu. Et adès
orrés coment ce fu.
CXLIII (201). Si com vous avés oy, le roy et ses
MÉMOIRES, II, CXLII-CXLV 83
gens avoient fait moût d'engins, et les menoyent avant ;
et establirent lor assaut. Messire Balian d'Ybelin assaily de-
vers le chasteau et sa gent o luy. Le seignor de Baruth et ses
trois anfans assaillirent de toutes pars le bourc, tout en tour,
et bien le cuidierent prendre, car les engins avoient moût
empirié les murs. Ceaus dedens furent grans gens et doutè-
rent mort ou prison, et se défendirent vigourousement.
Ceaus dehors s'enbatirent estoutement, moût y ot de nafrés ;
des enfans dou seignor de Barut y ot plusors nafrés péril-
lousement, et de ceaus dedens y ot moût de mors et de naf-
frés ; a l'anuiter se retraistrent.
CXLIV (202). Le seignor de Baruth blahma moût et
reprist soy meïsme et dist en haut, que bien fu entendu :
« Hailas I corne il m'est mesavenu aceste fois, et de ce qu'il
avint jadis pour un home de mon lignage ! Et ce fu quant
le roy Amaury entra en Babiloine ; si comanda a sire Hue
d'Ybelin que il assaillist et feïst assailir la cité de Belbeis qu'il
avoyent assegié, et il li respondy que il yroit a l'asaut ; et si
tost com il vint sur le fossé, il fery des espérons etsaillyens
luy et son cheval. Et le cheval brisa le col et mon oncle la
jambe; et tout l'ost corut a la rescousce, si resut moût grant
damage, car moût en y ot de mors et de nafrés. Messire Phe-
lippe de Naples, le bon chevalier, quy estoit son oncle, sailly
au fossé après son nevou, et fu tel conreé que par poy ne
morut.
CXLV. « Si con a Deu vost et plot, la ville fu prise, et le
roy Amaury et ses homes firent une assise que ja mais che-
valier ne deùst ni feïst servise a afaire de ville, ne de chasteau,
ni en leucque cheval nel peûst porter, se il ne fus t assegié,
ou sur son cors défendant. Et je, las, cheitif, qui bien sai
l'assise quy fu faite pour mon lignage meïsme, j'ai huy en
cest jour livré moy et mes enfans a mort et tous mes amis
pour l'assaut d'un cheitif chasteau, qui un de ces jors se
84 PHILIPPE DE NOVARE
rendra de fain ! » Tous ceaus quy la estoyent le réconfortè-
rent, et li distrent : « Sire, ne vous en chaut ; trop y ont
plus perdu ceaus dedens que vous. » Le siège dura longue-
ment, et moût y ot grans costenges faites, et grans sodées
données as sergens et as galees; plus grans tailles firent faire,
car il ne fussent ja mais a seûr s'il ne preyssent Cherines.
CXLVI (205)^. L'emperere Federic oy les novelles de la
Surie, et, coment que ce fust, qu'il n'en eûst loisir ou qu'il
ne vosist venir, il n'i ala ^ ; mais il manda l'evesque de
Sayete en Surie et lettres moût amyables et lozengeresses,
disant que il ne lor savoit nul mau gré de ce qu'il avoyent
fait, et qu'il lor pardonoit et lor rendoit sa grâce, et que il se
tenissent bien et loyaument a lui et a son fis ; et que se il
voloyent que son baill qui estoit a Sur fust lor baill, il lor
otroyeroit bien q'un de ses homes de la terre fust lor baill
a Acre, et Richart Philangier fust a Sur. Es letres fu dit et
moût noumé qui devoit estre baill : c'estoit un chevalier qui
estoit a Sur, et avoit nom Phelippe Maugasteau ; poi estoit
prisié, et disoit l'on qu'il afaitoit sa chiere come une feme, et
moût estoit privé dou baill de Sur. En celé manière cuydoit
l'emperere atraire ceaus de Surie et tolyr l'aye au seignor de
Baruth et as Chiprois ; et puis si tost con il eust loisir, feïst
dou pis que il poïst.
CXLVII. Après ce que l'evesque de Sayete, quy estoit
venus a Acre, ot tant porparlé et fait, le seignor de Sayete et
le conestable furent acordé a ce fait, et orent fait venir le
peuple a Sainte Cruis, et l'evangelier fu présent. Et ensi come
il durent jurer, le bon juene seignor de Sezaire, quy estoit
nevou de monseignor de Baruth et quy estoit venu de
Chipre a Cezaire pour son afaire, entendy cest fait, si vint a
Acre hastivement, et, en l'ore que le sairement devoit estre
fait, il entra dedens la mère yglize de Sainte Cruis, et co-
manda a souner la campane de la comune. Quant a la frarie
MÉMOIRES, II, CXLVI-CL 85
de Saint André le sorent, il furent as armes ^ et crièrent tuit :
« Muire ! muire ! »
CXLVIII. L'evesque de Sayete les vit, si s'en fui* en la
maison de l'evesque d'Acre, et fu enclos en la chapele; et, se
le seignor de Cezaire ne fust descendu, l'evesque de Sayete
eûst esté celuy jour ocis, et le seignor de Sayete et le counes-
table auci.Mais le seignor de Cezaire les fist estre en pais, et
en mena les deus hors de laens o luy, et il fist tantost savoir
tout le fait a son oncle, le seignor de Baruth, qui estoit en
Chipre, au siège dou chasteau de Cherines. Tantost se party
dou siège le seignor de Baruth et laissa en son leu sire Balian,
son fis l'ainsné, o le roy Henry, ^et vost mener o luy Phe-
lippe de Nevaire, mais sire Balian ne le vost souffrir.
CXLIX (206). Le seignor de Baruth ala a Acre, et tant
ordena et fist que les sairemens des Poulains furent tous re-
freichis, et qu'il fu maire de nouveau. L'evesque de Sayete
manda au seignor de Baruth, priant, pour Deu et por son
honour et pour son profit, que il le feïst conduire devant
luy, car il voloit a luy parler. Le seignor de Baruth respondy
que de par Deu venist. Il manda pour luy, et le fist conduire.
Si tost com il fu en sa présence, il ly unes letres de par l'em-
pereor, es queles il avoit salus et créance.
CL. L'evesque dist : « Sire, il s'en contient es letres
que vous me devés croire. L'empereor vous mande que il se
repent moût de ce quy a esté entre vous et luy, et il se por-
tera de ci en avant en tel manière vers vous que vous et
tous les vostres en serés riches et manant. Mais il veaut que
vous ly faites un poi d'ennor,por ce que les gens ne puissent
dire que vous l'avés vencu : l'enour qu'il vous requiert est
que vous venés en aucun leu ou il semble que il ait poer, et
que vous dites ensi simplement, coment qu'il soit ne coment
que non : « Je me met en la niercy de l'empereor, come de
« mon seignor. » [A ce respondi monseignor ^] de Baruth :
86 PHILIPPE DE NOVARE
« Sire evesque, a la fin de ma parole ferai respons a vostre
requeste ; mais tout avant vous diray un conte et une es-
sample quy est escrite au livre des fableaus de Renart. Ce
m'est avis qu'il afiert bien a ceste raison que vous m'avés
dite.
CLI (207). « Il avint, en une forest plantive et pleine de
toutes manières de bestes, qu'il y avoit un moût grant lion et
moût mal rechignant, maladif et malenconious. Un jour se
gisoit devant sa cave ; si vit passer une grant route de sers
gras et de saisons. Le lion dist a sa privée maihnee : « Se je
« ne manjue de cel serf gras quy vait devant les autres, les
x< mieges m'ont dit que je sui mors. » Maintenant manda au
serf, priant pour Deu que il venist a lay parler, car il estoit
si malades que il moroit ; le serf y ala volentiers, come a son
seignor. Si tost come il vint a l'entrée de la cave, le lion se
hasta de luy prendre ; si l'atainst de la paute a la chiere et ly
avala la peau jusque sur le museau. Le serf fu fort et sain,
et le lion foible et malade ; si chey en ariere de son cop
meïsme. Ly serf s'en ala la chiere sanglantee, et dist que ja
mais en sa court ne entreroit. Toutevoies gary le serf de
sa playe.
CLII. « Un grant tens après avint que le lion manda au
serf et dist que, se Deu ly aidast,il lycuida faire joie a l'entrée
de sa maison, et luy acoler, et si avint par meschance que
ses ongles s'acrocherent en sa chiere, et il, de sa foibleté,
au cheïr, le grafigna mau son gré, et por Deu qu'il venist a
luy. Tant y ot de proyeres qu'a luy râla. Le lion sailly a ren-
contre, et lansa pour prendre le ; ses pautes l'atainstrent
jusques a sa coue de lonc en lonc de son dos ; si en leva
deus grans corroies. Le serf sailly esforseement come bleciés.
Le lion estoit encores foibles, si chey de son cop meïsme ;
le serf s'en fuy et fu longuement malades de celés nafres, près
que tout un an.
MÉMOIRES, II, CLI-CLV 87
CLIII. « Au chef de Tan, le lion remanda a luy de ses
barons, et tant le sarmonerent et proyerent que traï fu le
serf, et revint a court. Le lion fut amendé, et estably sa privée
maihnee qui le serf prist et ocist, et comanda que il fust
escorchés et apareillés et overt et desfait, car il voloit man-
ger de luy. Les bestes quy manjuent char, si come Yzengrin
et Renart, s'en entremystrent de l'apareiller. Renart bouta son
groin et prist le cuer et le manga. Les autres bestes furent
moût effreees ; le lyon s'en prist garde, et come desloal s'en
vost excuser par sa parole, et dist : « Seignors, necuidés pas
« que pour félonie ne por lecherie j'ai ocis le serf, mais por
« ma garison l'ai fait, car tuit li miege mostreent que je ne
« pooyegarir, se je ne manjoye del cuer dou serf. »
CLIV. ce Le cuer ne pot estre trové, que Renart l'avoit
jamangié. Le lion jura que ce avoit fait Renart, car il avoit la
barbe sanglantee ; chascun le niostra au deit, et tuit distrent
et jugierent que Renart en devoit morir. Renart dist en
audience que prest fu au comandement dou roy, et au juge-
ment delà court se metoit : « Seignors, ce dit Renart, le serf
c( vint antan a court, si s'en party la chiere sanglante ; une
« autre fois après revint et laissa deus corroyés de son dos ;
ce la tierce fois revint morir si nicement come cil quy n'avoit
ce point de cuer, car se il eûst cuer, il ne fust pas revenus la
ce tierce fois ; et l'on dist un proverbe : Ce qui ni est ne
ce puet on trover. Le serf n'avoit cuer, ne je ne l'ay mangié.
ce Mon groin en est sanglant de l'escorcher et de l'ovrir.
ce Je pry chascun en son endroit que por Deu et por s'arme
ce me juge. » Si distrent tuit a une vois que le serf n'avoit
point de cuer, et ensi fu Renart délivre.
CLV (208). (( Et je vous di, sire evesque, fait le sire de
Baruth, que je pues bien dire de l'empereor et de moy cest
essample. Il est le lion et je suy le serf ; deus fois m'a deceû :
la première fois aLymesson, dont je os bien sanglante chère;
88 PHILIPPE DE NOVARE
la seconde quant je party de Deudamor, le chasteau, et vins
a luy : encontre les covenances, il retint les fortereces et
toute Chipre a son eus, et puis vendy le roy et Chipre a mes
enemis. Ce furent les deus corroyés de mon dos. Et se ores
vieng en la tierce fois en sa mercy, je otroy que je soye
mort come fu le serf, et que Ton juge seûrement que je
n'ai point de cuer. Dont je vous di, sire evesque, et vueill
bien que il sache qu'en sa manaye ne me tenra il ja mais ;
et se mau gré mien, par meschance, deûsse estre devant luy,
et il eûst tout son pooir et je ne eusse ni enfans, ni amis,
ne pooir plus que dou petit doit de ma main, o celuy me
defenderoie jusques a la mort. » A tant fina sa parole.
CLVI (209). Quant le sire de Baruth ot bien estably son
fait en Surie, il laissa en Surie, en son leuc, son nevou le
seignor de Cezaire, ettantost revint en Chipre. Le siège dou
chasteau de Cherines dura plus d'un an. Cil dedens avoyent
soufraite de moût de choses et savoyent que nul secors ne
lor pooit venir de l'empereor, et il avoient seû dou baill de
Sur de finer^ : il parlèrent de pais. Sire Arneis de Gibeleth
et Phelippe de Nevaire traitèrent celé pais ; la fin fu tele
que il rendirent le chasteau et le bourc, et tant d'armeûres
et de garnison come il avoyent fait et dedens trové.
CLVII. Phelippe de Nevaire^ lor livra tant de galees et
de vaisseaus come il orent mestier, por aler dedens a Sur, saus
et seûrs, eaus et lor choses . Et tel fu le covenant que sitost
come il seroyent a Sur, le seignor de Baruth yroit a Acre,
et menroit o luy tous les prisoniers quy avoyent esté pris en
la bataille quy vis estoyent, et l'on li rendroit les suens,
quy avoyent esté pris au Cazal Ymbert et quy estoyent a Sur.
Si fu fait ensi con il le dist. Il mena a Acre les prisoniers ^ ;
la fu porparlé qu'en my voye d'Acre et de Sur furent menés
les prisoniers d'une part et d'autre ; et la furent délivres les
uns por les autres. Adonc demora Chipre en pais, mais en
MÉMOIRES, II, CLVI-CLX S^
Surie demora un malvais ni, car sire Richart Filangier et ses
frères et plusors [Longuebars ^] demorerent a Sur.
CLVIII (212)^. [Quatre ans depuis celé pais, ce fu en Tan
de M. IIS et XXXVI ^], monseignor Johan d'Ybelin, le bon sei-
gnor de Baruth, quy bien reconoissoit les grans grâces que
Nostre Seignor ly avoit faites et les grans honors, en achai-
son d'une beste quy chey desous luy, il fist son testament si
ordeneement que toutes les gens se merveillerent de sa très
grant mémoire. Ses tors fais amenda, de maintes choses fist
amende que meinte gent ne tenissent pas a tors fais, ses detes
paia, car il avoit au jour grant mueble et estable sans les fiés ;
et tout donna por Deu et por l'arme de luy, de sa main, a
bonne mémoire ^; et plusors fiés donna il a ses enfans, et
comanda que il fussent homes et tenissent de lor aihné
frère.
CLIX. Après se rendy il frère dou Temple, si come il
avoit voué. Grant contredit mistrent ses enfans, et grant
duel en firent tous les gens dou pays ; mais riens ne valut,
ains se rendy mau gré eaus et tout quite au Temple, et se
fist porter a Acre. Poy dura frère, et si très bêle fin fist a sa
mort qu'a merveille en creroyt Ton vérité quy tout contast.
Et quant il dut l'arme rendre, requist il que l'on ly aportast
le crusefis. Phelippe de Nevaire ly aporta devant luy, et il
tendy ses mains, et baisa les pies de Nostre Seignor Jhesus
Crist, et dist si come il pot : In manus tuas^ Domine, com-
mendo spiriium meum. Et ensy rendy l'esperit a Deu. Le cors
onques ne se remua a la mort, et, se l'on croit que bone
arme vait devant Deu, l'on deit bien estre certein que la
soue arme y ala, en paradis^. Maintenant messire Balian, son
fis, demora seignor de Baruth en son leuc, quy bien se con-
tint et vigourosement; et il ot bons frères et cousins, et bons
amis, quy moût bien ly aidèrent.
CLX (221)^. Les Longuebars^ estant a Sur quoy et en
90 PHILIPPE DE NOVARE
pais une pièce, Richart Philanger, ly mareschaus de l'em-
pereor, porchassa tant et fist que il atraist a sa partie les
frères de l'Ospital et deus grans borjois d'Accre quy moût
avoyent grantpooir sur le peuple delà ville. L'un avoit nom
Johan Vaalin, et l'autre Guillaume de Conches. En cel tens
estoit si avenus que en Acre n'estoit nus de ceaus de Ybelin
que un tout soûl, quy avoit nom messire Phelippe de Mon-
fort. Celuy estoit d'outre mer venu, quant leroy de Nevaire
vint a Acre. Il avoit espousee une haute dame dou païs, quy
senomoitla dame dou Toron, et por elle fu ilseignor dou
Thoron apelé ; de par sa mère il estoit cousin germain a
messire Balian le juene, seignor de Baruth, et de ses frères.
CLXI. Adonc estoit venu de l'ostle roy de Navare mes-
sire Balian d'Ybelin, seignor de Baruth, ou il avoit grant tens
esté et grans mensions faites ; si sejorneit a Baruth. Ses deus
frères, messire Guy et messire Bauduyn, quy puis furent de
moût grant afaire, estoient en Chipre. Messire Hue, lor frère,
et le juene seignor de Cezaire estoyent ja trespassés de cest
siècle, dont moût estoit grant damage et grant perte a tous
lor amis et aies deus royaumes. Messire Johan de Foges, lor
frère, estoit a Arsuf^, et Eude deMonbeliart, le conestable, quy
avoit espousee lor cousine ^ et estoit en leu de baill a Acre,
estoit a celuy jor a Cezaire, entre luy et li Templier en ost,
o partie des chevaliers de la terre. Et por ce, Richart Phi-
langer fist plus seûrement celé emprise.
CLXII (222). Adonc avint que le baill de Sur, messire :
Richart Philanger, quy tant avoit espié et seû et avoit fait :
le porchas de ceaus deus borgès dessus motys, s'esmut et vint
coyement de nuit a Acre, et entra par unefauce posterne quy
est au bore en un jardin de l'Hospital, et de la ala droit a
l'Ospital de Saint Johan, et laens fu recuillis, et demora un
jour et une nuit. Encore est apelee celé posterne la Porte de
Mau Pas. Les deus borgès dessus noumés alçrent a l'Ospital
MÉMOIRES, II, CLXI-CLXV 9I
et parlèrent a luy^. Il alerent après par la ville, requérant
ceaus de lor jure, et faisoient jurer tous ceaus qui les voloyent
croire d'estre au comandement dou baill qui estoit venu de
Sur.
CLXIII. Lor fait fu descovert par aucuns de ceaus de la
jure «, si que Phelippe de Monfort le sot, et le cry fu en la
ville. Il sailly as armes o tant de gens com il pot avoir. Li
Jenevois et ly Venessien, quy n'amoyent point l'empereor ne
sa 2:ent, s'armèrent tantost et soustindrent lor rue en Tore ^.
Messire Phelippe de Monfort fist tant que il pristles deus bor-
gès et les mist en bons fers. Il manda tantost faire a saver la
couvine au seignor de Baruth. Il s'en vint hastivement et
amena tout son esfors et grant planté de sergens de la mon-
taigne. Moût vint hastivement et passa devant les portes de
Sur. Richart Philanger, le baill, quy estoit a Acre musse a
l'Ospital, sot bien la venue dou seignor de Baruth et la prise
de ses deus amis. Tantost s'en fu}' de nuit par lafauceposterne,
et s'en revint a Sur. Moût poy failly qu'il n'encontra le sei-
gnor de Baruth.
CLXIV. [Et quant le seignor de Baruth «] entra a Acre,
tantost fu toute la ville a son comendement. L'en ly donna a
entendre que ly Hospitalier avoyent esté consentant a cestuy
fait. Il assega l'Ospital tout environ et le tint moût près et
mau mena, et le pot lors legierement faire, car ly maistre,
frère Piere de Villebride, et ly covens de l'Ospital estoyent
adonc au chasteau de Margat, por une guerre que il avoyent
au soldan de Halappe, por le fait des marches dou Margat et
de la cité de Gibel^. Le seignor de Baruth sot puis que Richart
Filanger, le bail, s'en estoit fuy de l'Ospital et aie a Sur. Le
conestable ^ et les gens de la terre quy estoyent a Cezaire
revindrent de l'ost a Acre, et furent au comandement dou
seignor de Baruth, etdemorerent un grant tens ensy a Accre.
CLXV (223)^. Le sire de Baruth tint la maison de l'Os-
92 PHILIPPE DE NOVARE
pital Saint Johan d'Acre assegee entor de sis mois, si que riens
n'i laissoit entrer ne issir de la maison, sans ce que nul autre
forfliit y peiissent faire ; car trop de bounes gens s'en estoyent
mis en garnison dedens la maison ; mais il y avoit poy de
frères, por ce que ly maistre et li covens estoyent defors,
ensi convous avés oy dire devant. Sur ce, ly maistre et ly
covent de l'Ospital acorderent le fait de lor besoigne et s'en
vindrent vers Accre, et se herbergerent dehors la ville, en
leur Vigne Nueve.
CLXVI. Comuns amis s'entremistrent et mistrent acort
entr'eaus et le seignor de Baruth, et ly sièges de la maison
en fu ostés ; dont le sire de Baruth se rendy moût colpable
vers la maison de celuy fait, et lor requist pardon, et lor dist
en apert que ce ly avoyent fait faire aucunes gens quy
n'amoyent pas l'Ospitau, quy li donnèrent a entendre que ce
que Richars Filanger enprist de faire en la cité d'Accre, et
tout celuy remuement, avoit esté par le porchas et l'atrait de
la maison de l'Ospital, et que Richars Filanger estoit encores
dedens la maison de l'Ospital, et que por ceste raison avoit
il la maison assegee, de quoi li en pesoit tant con il pooit
plus.
CLXVII. Lors dist ly maistres de l'Ospital au seignor de
Baruth ; « Sires de Barut, vous ne devés pas croire que la
maison de l'Ospital feïst ou consentist a faire si grant em-
prise la ou nous et nostre couvent estiens hors d'Accre, et si
loins, et si enbesoignés con nous estiens lors au chasteau de
Margat, et aviens si poi de frères laissié en la maison d'Acre,
con chascun sait. Et fust encores que aucuns de nos frères,
quy lors estoyent en la maison d'Acre, se fussent en aucune
manyere malement portés en celuy fait, por tant ne devoit
toute la maison estre chargée de recevoir si vilaine charge,
ne si grant honte con d'estre assegee por si faite raison. Ne-
porquant, puis que les choses sont acordees au gré des deus
à
MÉMOIRES, II, CLXVI-CLXX 95
parties, les choses qiiy sont passées sont dou tout a oblier. »
CLXVIII (224). COME RiCHART FiLANGER PARTY DE SUR
POUR ALER OUTRE MER.
En [ce tens ou poy avant], estoit avenu que Tempereor
Federic avoit mandé a sire Richart Filanger, son baill,
quy estoit a Sur, que il alast a luy, car il voloit mander
en Surie un autre en son leuc. Le devant dit sire Richart se
[parti de Sur, et o luy messire] Henry son frère, Johan
de Sorent son nevou et lor femes et lor enfans et toute lor
maihnée. [Si se mistrent en une grant nef et s'en alerent].
Et au partir laissa en son leu Lotier son frère [et assés de
gens d'armes o luy ; lequel gouvernoit Sur«], car il estoit
mareschal dou reyaume de Jérusalem par l'empereor ^.
Les gens de Sur, quy moût hayoient les Longuebars, si
vindrent quatre d'eaus ^ au seignor de Baruth, et ly offrirent
que il ly renderoyent la cité de Sur, et ly devisèrent coment.
Il en ot conseill a messire Phelippe de Monfort, seignor dou
Touron, et a Phelippe de Nevaire, quy moût estoit privé de
luy. Le conseil s'acorda a ce que il s'acordast a ses gens.
Lors resut lor sairemens, des quatre borgois de Sur.
CLXIX (225). Sur ce Phelippe de Nevaire s'apensa une
nuit, et s'en vint a son seignor, le sire de Baruth, et ly dist :
« Sire, je ay pencé une chose, quy vous gardera de blahme.
Vous savés que vous et les autres dou reyaume de Jérusa-
lem feïstes homage a l'empereor por le bailliage de son fis le
roy Corat. Vous avés bien gardé vostre foy tous jors, et il
la soue [a mal gardée'^], si come il pert. Je vos fais assaver que
le roy Conrat est d'aage, et par raison estes vous mais quite
a l'empereor ; mais bien seroit que chascun le sache ains que
vous preignés Sur, ne que vous ly tolés son baillage, car
encor crie l'on le ban de l'empereor a Sur, come baill ; et
vous poés tenir bone voye et honorable, s'il vous plaist.
CLXX. « Il est coustume au royaume de Jérusalem que
94 PHILIPPE DE NOVARE
le plus dreit heir et le plus aparant enporte Teritage par rai-
son, tant que plus dreit heir de ly veigne ; et vous avés en
ceste ville madame la reyne Alis, mère dou roy Henry, quy
est vostre cousine germaine, et elle est le plus dreit heir
aparant dou royaume de Jérusalem, come celé quy est fille
de la reyne Yzabeau, quy fut dreit heir dou royaume de
Jérusalem et fille dou roy Amaury. Bien est voir que le roy
Corat est dessendu de Tainhnee suer; et s'il fust présent, il
devroit avoir l'eritage, mais jusque a tant que il veigne, celé
est le plus droit heir aparant.
CLXXI. « Por ce vous loe ge que vous faciès assembler
tous ceaus dou royaume de Jérusalem, et que la reyne Alis
veigne avant et requière le royaume de Jérusalem par la rai-
son devant dite, et mostre coment vous estes quite a Tem-
pereor. Et vous ferés tant que la reyne sera en la seignorie ;
et quant elle requerra Sur, se Ton ne li rent, a elle, ou a son
comandement, ou a son servise, et au consent que vous
avrés des gens de la ville, se Deu plaist, vous prendrés la
ville de Sur moût bien et a grant hennor de vous, et delivre-
rés les Longuebars de toute la Surie. »
CLXXII. Quant le seignor de Baruth ot oye ceste
raison, moût en fu liés et bien s'acorda maintenant. Tantost
manda por monseignor Phelippe de Monfort, seignor dou
Toron ; et Phelippe de Nevaire, par le comandement dou
seignor de Baruth, son seignor, retraist au seignor dou
Toron tout ce qui est dessus dit. Celuy s'acorda maintenant
et moût loa l'emprise, et le crut, et mostra bounes raisons
assés come celuy quy estoit moût sages et avisiés. Tantost
mandèrent Phelippe de Nevaire qu'il alast a la reyne Aalis et
a messire Raoul de Saissons, un haut baron de France quy
estoit son mary.
CLXXIII. Phelippe de Nevaire li retraist la volenté des
riches homes dessus noumés, quy anduy estoyent cousin
MÉMOIRES, II, CLXXI-CLXXV 95
germain de la reyne Aalys. Moult en orent grant joie, et
distrent a Phelippe de Nevaire qu'il voloyent que il fust le
couteau, et eaus seroyent la pièce de char, et poroyt tailer et
partir a son gré. Phelippe porparla et ala et vint tant que tout
fu adrecé. Moût y ot de covenans. Entre les autres choses
fu ordené et juré que le seignor de Baruth et celuy dou Toron
devoyent tenir et garnir toutes les forteresses dou royaume,
por ce que, se le roy Courat y venist, qu'il ly peûssent faire
ce qu'il devroyent. Entre Phelippe de Nevaire et un borgès,
quy avoit nom Phelippe de Bauduyn, quy estoit sage et
moût privé dou seignor dou Toron, ordenerent et escristrent
toutes les covenances si priveement que parole n'en fu seûe
par le pais.
CLXXIV (226). Le seignor de Baruth et le seignor dou
Toron firent assembler tous les homes liges de la seignorie
d'Acre ches le patriarche de Jérusalem. Les Jenevès et les
Veneciens et les Pisans y furent «, et toutes frairies de la ville
ausy. La reyne Alis et son mary, Raoul de Baissons, y
vindrent. Phelippe de Nevaire fu a lor conseil, et mostra lor
parole et dist moût hautement toutes les raisons et les paroles
que vous avés devant oyes : que la reyne Alys estoit le plus
droit heir aparant a avoir et a tenir la seignorie dou royaume
de Jérusalem ; pour quoy elle et son mary lor requeroient
l'omage et le servyse dou royaume ^. Donc offrirent a tenir
les bons usages et les bons costumes dou royaume.
CLXXV. Ceaus dou royaume se traistrent a une part,
et apelerent Phelippe de Nevaire a lor conseil, et luy
requistrent conseil etaveement de faire respons. Il lor mos-
tra toutes les raisons que vous avés desus oyes, si come la
reyne Alis est le plus dreit heir aparant, et coment il estoyent
quite a l'empereor Federic, puis que son fys Corrat estoit
d'aage ; et bien lor loa et conseilla que il meïssent la reyne
Alis en saizine dou reyaume de Jérusalem, come le plus
^6 PHILIPPE DE NOVARE
dreit heir aparant, et ly feïssent homage et servise, par ensi
que, tantost corne le roy Courat venroit au royaume de
Jérusalem, que il fussent quite a la reyne Alis, et a luy
feïssent ce qu'il deûssent.
CLXXVI. Au conseil de Phelippe de Nevaire s'acorda
toute la court, et li prièrent que il meïsme fist les respons a
la reyne Alis, et il le fist volentiers. Adonc ly avint ce que l'on
ly sot dire a gas, que il meïsme fist le claim et le respons
et l'esgart. Maintenant fu mise la reyne Alis en la saisine dou
royaume de Jérusalem. Tout premier ly fist homage le sei-
gnor de Baruth, et puis le seignor dou Toron, et après tous
les autres chevaliers d'Acre. Et ce fu en l'an de. m. ii^.et xlii.
CLXXVII (227). Phelippe de Nevaire en fu honorés et
riches, car la reyne li douna mil sarazinas de fié et li fist
payer sa dete, quy bien monta mil mars d'argent. Phelippe fu
baillys et tous sires, et tant assembla des rentes que dedens trois
jors paya les sodoyers et les galees quy alerent au siège
de Sur, car la reyne Alis "^ avoit ja fait requerre Sur ; et les
Longuebars ne ly vostrent rendre. Sire Raoul de Saissons,
le baron de la dite reyne Alis, et monseignor de Baruth et le
seignor dou Toron retindrent grant planté de sodoyers et
armèrent galees. Et Phelippe de Nevaire acheta une grant nef
a ceaus de la seignorie, quy fu bien garnie de gens d'armes.
Les Jenevès et Veneciens y alerent ; moût ot grant gent.
CLXXVIII. L'ost mut de nuif* par terre et par mer, et
[assegia Sur^]. Le seignor de Baruth fist tant que il parla a
aucun de ceaus quy devant ly avoient covenant de rendre la
ville, si com vous avés oï ; si ne le porent faire en la
manière qu'il avoyent en convenant de rendre la ville, mais '^
[li firent savoir que il avoient une posterne après de la Bou-
cherie devers la mer, et se il voloit passer ovec son ost par
la marine, et les galees venissent par la chaene dou port, si
ovriroyent la posterne et mouldroyent la chaene dou port,
MÉMOIRES, II, CLXXVl-CLXXX 97
et il iporoit entrer seiirement, et ceaus ciedens Sur qui sont
de sa partie se torneroyent en armes contre lagentîde Teni-
pereor. Quant le seignor de Baruth oï ce, si proumist de le
faire ensy, mais que ceaus dedens ne faillissent.. Et le bor-
gès li respondi que viendroyent sans faille.
ÇLXXIX. Maintenant le sire de Baruth fist ordener Tost
par mer et par terre, et acorda enseignes entre luy et ceaus
de la terre.; et çeluy borgès quy parla au seignor d<? Baruth
retraist le tout as autres borgès quy s'estoient acordé a luy,
et quant il virent le point, si firent lor enseignes ; les
queles veûes«], le seignor de Baruth fist crier as armes, et
comanda a ceaus des galees d'aler, et qu'il entrassent par my
le port, se il deûssent tuit morir; et il monta entre luy et sa
gent ^ ou ses amys Tatendoyent vers la posterne de la Boucherie .
La mer estoit groce, et les chevaus cheoyent por les pieres ;
plusors gens en y ot en péril de morir. Celuy chey en la
mer quy portoit la baniere, un juene chevalier qui estoit fis
de Phelippe de Nevaire, quy avoit nom Balian, por le seignor
de Baruth quy estoit son parein. Celuy s'abaissa et prist la
baniere quy flutoit en la mer et la porta après [jusques.
en la prises] de la ville.
CLXXX. Le seignor de Baruth et ses gens entrèrent en
la ville par la posterne moût estoutément, que par poy
ceaus des tours et des defences ne les ocistrent. Tous ceaus
des galees y entrèrent aucy moût estoutément ". Quant les
autres gens de l'ost, quy ne savoient que ce estoit, virent ce^,
si Gorurent de toutes pars en la ville. Sire Raoul de Saissons
y monta par les murs moult estoutément, et le seignor dou
Toron suït le seignor de Baruth par la posterne. Quant les
gens de la ville les virent si abandouneement entrer, si cou-
rurent sus as Longuebars'^. Quant Lotier Filanger senty et
conut le fait et l'euvre, si s'arma et s'en party de l'ostél ou il
estoit, et s'en ala courant au chasteau, et tous ceaus de
Philippe de Novarr. y
98 PHILIPPE DE NOVARE
Puille quy en la ville estoyent corurent au chasteau quy
meaus meaus. Plusors en ot que mors que pris, et perdirent
quanqu'il avoyent en la ville.
CLXXXI. Ensifu prise la cité de Sur, quy estoitunedes
plus fors dou mondes. Cil quy orent la cité de Surprise se
mistrent a asegier le chasteau, et moût le tindrent près, car
moût avoit de gens au siège etgrant planté de piétaille^'. Moût
y ot fait d'engins et de perieres, quy getoyent au chasteau
et destreignoient ceaus dedens en quanque il pooyent. Sire
Lotier Filanger, quy estoit sage et vigourous chevalier et
estoit cheveteine dedens, et avoit boune compaignie de
gens d'armes o luy au chasteau défendre, le defendy moût
vigourousement, que ceaus dehors n'i gaïgnoient riens sur
eaus.
CLXXXIl (228). Endementiers que ceaus dehors te-
noyent le chasteau assegié, une tele aventure lor avint com
vous orrésdire, par la quele il orent lor entendement dou dit
chasteau, dont Nostre Sires lor fist grant grâce. Car sire
Richart Philanger,quy s'en estoit party de Sur, luy et sa gent,
en sa grant nave, pour aler en Puille, si com vous avés oy
avant, [le tens le mena en Barbarie, et tant s'ovrit la nave
que il furent tuit en péril de neer«]. 11 et sa gent se recuil-
lirent en la barque decantier o grant avoir que il portbyent.
Ht devant ce avoyent il pris un petit vaiseau des Sarazins,
•que les Sarazins apelent en lor lengage karaque ; si avoit mis
■dedens un suen grant amy, quy estoit en sa compaignie,
quy avoit nom Piere de Greil^et estoit un grant gentil home
de guerre. Moût ly aida a descendre de sa nave en la barche
et en la quaraque, et recuillir luy et ses choses^.
CLXXXIII. Il ne s'osoient mètre en pelagre por ce qu'il
avoyent petit vaisseau, car volentiers fussent aie verslaGezile,
mais li tens lor fu moût contraire ; si se retornerent toute la
rivere en Surie, si com Deu plot. Et la volenté de Nostre
MÉMOIRES, II, CLXXXJ-CLXXW 99
Seignor tut tele que de Barbarie le tens les ramena jusques
au port de Sur, qu'il ne sorent noveles. Il ariverent de nuit
corne ceaus quy cuidoient estre a sauveté et venir en lor
hostels, corn cil quy riens ne savoient des choses quy estoient
avenues en la cité de Sur, car se il l'eussent seû, aies s'en
fussent vers Triple ou vers Hermenie. Il ariverent et
calèrent lor voiles droit encoste la grant nave que Phelippe
de Nevaire avoit achetée et garnie por la seignorie, quant
Ton vint au siège. Il demandèrent de quy estoit la nave. A
tant vint le fait que ceaus de la nave les conurent, etpristrent
lor cors et lor avoir, et recuillirent tout a la nave".
CLXXXIV. La novelle vint au seignor de Baruth que
Richart Philanger estoit joint au port. Il le fist a saver au
seignor dou Toron, et eaus deus alerent a messire Raoul de
Saissons. Le cry leva par toute la ville ; toutes les gens
corurent au port et plusors se mistrent en barches et en
autres vaisseaus a la dite karaque. Messire Raoul de Saissons
et le seignor de Baruth s'aresterent a la chaene et mandèrent
le seignor dou Toron et Phelippe de Nevaire en la nave.
Ceaus pristrent Richart Philanger, o toute sa conpaignie, et
quanque il ot d'avoir et d'autres richesses, sans nule defence
que il ne nul des suens y meïst, car il n'avoient pas le pooir,
et mistrent a terre, et furent menés a la herberge de messire
Raoul de Saissons; les femes et les enfans les lapidèrent de
pierres, si que par poy n'ocistrent luy et seaus qui le me-
noyent "^.
CLXXXV. Le seignor de Baruth les requist por avoir les
en sa prison come ses enemis mortels, quy li avoient abatu
son chastel de Baruth et fait moût de damages. Sire Raoul de
Saissons ne ly voloit livrer. Phelippe de Nevaire li dist :
« Por Deu, sire, bailés ly, car il avra si grant paour de luy
que maintenant vous fera rendre le chastel. » Et sur ce ly
baillya et le livra; et le seignor de Barut li fist autels aneaus
rOO PHILIPPE DH NOVARK
de fer corne l'empereor H avoit fait, quant il le tint ^iï; pri-
son et en ostages a Limesson. Moût ot grant padùr de
luy et de sa conpaignie. Dedens ce avint que messire Johan
d'Ybelin, quy puys fu conte de Jaffe, vint au siège doU'Chas-
teau de Sur. Il orent en conseil et firent dire a sire Riéhart
Filanger [et a sa conpaignie «] que il feïssent tant que lechas-
teau fust rendu, ou il le feroient pendre par la goule 'devant
ceaus dou chasteau. '"-'■
CLXXXVI. Sire Richart Philangcr manda message a
sire Lotier, son frère, quy estoit chevetaine dou chasteau,
et ly fist a savoir son couvine. L'on ne sot de veir que il
manda ne que il respondy par son message, mais ce sot l'on
bien de voir que il respondy a ceaus dehors que il feïissent
lor volenté de son frère et de son nevou, car le chasteau ne
rendroit il ja. Les forches furent drecees et riiises sur une
haute tour qui est a l'encontre dou chasteau bien pres^^. Sire
Richart Philanger et son frère et son nevou furent menés
lassus, et orent les eius bendelés et la hart au col, et furent
tiré lamont as forches et as cordes quy lor estoient liées
lamont as pies ; et n'i avoit que de tirer les chiésde la corde,
le las correûst, et chascun demorast pendu par la goul^v
CLXXXVII. Messire Lotier les vit en tel point; grant duel
et grant pitié en ot,et cria«. L'on manda Phelippe de Nevâire
la. La pais fu par luy traitée et faite en tele manière que il
rendirent le chasteau, et Phelippe de Nevaire le resut, et lor
jura et fist jurer que l'on delivreroit sire Richart Philanger o
toute sa conpaignie; et toutes les choses quy avoient esté
prises o luy li devoyent estre rendues, et delivreroit on les
prisoniers sains et saus^, et conduiroit ceaus dou chasteau a
sauveté, o toutes lor choses, et un de ceaus d'Ybelin^ iroit
ovec eaus et les conduiroit a sauveté en lor requeste la ou il
vodroient aler. Et en celuy meïsme couvenant fu que Ton
payeroit ce que l'on devroit as sodoyers dou chasteau et que
MÉMOIHHS, II, CI.XXXVI-CLXXXIX lOI
l'on rendroit la perte qu'il avoient fait en la ville, quant il se
recuillirent sur saut au chasteau.
CLXXXVIII. Tant deniora Phelippe de Nevaire au chas-
teau por establir ces covenances que ceaus dehors cuiderent
que ceaus dedens l'eussent tué, si que par poi niessire Balian
n'ocist sire Richart Filanger et toute sa conpaignie ; et le
seignor de Baruth meïsme comanda a Balian, fis dou dit
Phelippe de Nevaire, et dist que « se l'on puet saver que l'on
ait ocis ton père, ocis les tous de ta main ».
CLXXXIX (229). Quant Phelippe de Nevaire ot parfaite-
ment ordenees et establies les covenances a ceaus dou chas-
teau, il issi hors et retraist tout ce qu'il avoit fait ; et tout fu
otroyé et maintenu bien entérinement a grant joye et a bon
gré et de grant volenté. Moût y ot plus donné que Phelippe
ne covenensa. Le bien matin issirent dou chasteau, et Phe-
lippe de Nevaire livra la forteresse au seignor de Baruth et
au seignor dou Thoron, qu'il dévoient garder les forteresses,
si com se contenoit as convenances quy furent faites a Acre
entre la reyne Alis et eaus. Messire Johan d'Ybelin conduist
les Lônguebars la ou il vostrent aler. Adonc fu desraciné et
arachélepesme ni des Lônguebars, si qu'onques puis n'orent
pooir en Surie ni en Chipre«. Ensi fu prise la cité de Suret
le chasteau, en l'an de. m. if. et xui^.
VARIANTES l-T NOTES CRITIQUES
P :z=z copie du ms. de Cérines, exécutée par M . Perrin (Paris,
Biblioth. nat., nouv. acq. franc., 6680).
R =z édition Gaston Raynaud.
I
I. Notre Seignor — Jhesu R.
II. qui avoit nom R.
III. grat rentes.
IV. de Baruth om. — qui fu i^.
V. que avoit nom(C/. i?, p. ^^0) — porchassa le dit pape otroya
(// y a dans P, et probablement aussi dans lems. de Cérines, entre por-
chassa^/ le, et entre pape et otroya des blancs de trois à quatre lettres,
indiquant peut-être des lacunes^ — Ysabiau R.
a. « Si con je vous ay dit » semble viser des faits racontés dans les
§§ 74 et 80 des Gestes, qui ne sont pas de Philippe, mais peuvent
contenir quelques traits empruntés à Philippe : le rappel serait une
addition du compilateur.
VI. a barons.
a. Les mots « con vous avés oY » sont peut-être encore du com-
pilateur, mais ils peuvent se rapporter au contenu du § V (86).
VII. XX galles — levesque de Padua — saint iglize — dittes
guallees R — biau prezens de (et P) biau juaus.
VIII. levesque de Paete — henorement — quy est oient — dily-
guament .
IX. saparaillerent et tayller — robes etvessees P — damoiselle R.
X. couvenoit faire P — haut persone — haut rayne — Jérusalem,
le seignor de Baruth et son oncle.
XL M. ce. xxiiii R.
a. Les §§ 92-96 des Gestes, relatifs aux reines Isabeau et Aalis, n'ap-
partiennent pas à l'œuvre de Philippe.
I, 1-Ni ; II. i-xu 103
II
I. entre de lempereor — entendre mut.
II. entererre — que .11. mois — seignor de Barut R.
a. La leçon « nuef », substituée à « .11. », est empruntée à Amadi
104, Bustrone 57, et au Livre de la Terre Sainte, XXXII, 21 (édition
de l'Académie, ;6o). Henri était né le 3 mai 1217 (cf. ci-dessous,
P- n4)'
m. tous home liges — as tous les besoins.
IV. Chipre un poy — au son corouncment — et du corounement P
— suens et que le baillage estoit suens et que — eùst .xxv. ans —
frères de monseignor.
a. Les §§ 99-109 ne sont pas de Philippe.
h. La leçon « quinze », substituée à « .xxv. », est empruntée à
Amadi ;i 18.
c. L'édition de l'Académie a corrigé : « qu'ele [li devoit prier qu'il]
li laissast tenir le baillage de grâce » ; mais le texte d' Amadi est con-
forme ici à celui des Gestes.
V. firent et que il oïrent.
VIL avoit nom Tor et — baill et fery — Barut et son frère.
a. La leçon « Tor » du ms. de Cérines a été rectifiée à l'aide de
Bustrone 80, et d'autres passages de Philippe LXX, et d' Amadi 146.
VIIL devant sont (sour P ; sont ou sour ajouté dans V inter-
ligne) frère — Heymery Barlais meïsme R — que le prince fust baill.
IX. Philippe d'Ybelyn laissa 7? — Heimeri s'estoit R,
X. moût chers — descernoit bien — oï ce retraire ce que.
XL avint que grant — losa avoir apelé — maintenent de ceaus
— et en aucune.
a, S 116 supprimé.
b. Introduit d'après Amadi 121 : « Et poi messer Gavan si rissentite
et hebbe a mal che quel cavaglier Tha disfidato. » — Bustrone 61 dit :
« Dapoi si risentite Gavan d'essere stato sfidato de quel cavalier. »
«XII. au champ et que il fu au champ et que il ne tendroit.
a. Cette dernière phrase : « et sire Gauvain... » fait partie du § 121
des Gestes, où elle figure avec d'autres informations qui ne sont pro-
104 VARIANTES ET NOTES CRITIQUES
bablement pas de Philippe. Je la transfère à la place qu'elle occupe
dans le récit d'Amadi 122.
XIII. au fait des batailles, après le cages données seroit venoit
l'empereor — tehdy son cage — Et dedens om, — quaraintàrné le
galees — voilà oï et sot R ; vous oï sot P . '
a. §§ ïï8 à 121 supprimés. - ^
h. « Si côm vous avés oï » est peut-être une interpolation du tx)m-
pilateur ; car, dans le récit de Philippe, le fait en question est ràp-i
porté quelques Hgnes plus haut. ; '
XIV. et sire Heimery quy moût R — a tout ce que il lespee.
XV. corroit après par tout et il meïsme coroit après luy ^-- sire
Heimery (Heymery P) lansoit et travailloit — Anseau le Hastoit
moût R — descendy — Cesaire R.
a. Les incidents suivants du duel d'Heimery Barlais et d'Anseau
de Brie, jusqu'au moment où le sire de Baruth intervient, sont
rapportés d'une manière plus détaillée et plus claire par Amadi 122-
123, et par Bustrone 62-63. -
XVI. raenson moitié — toutes voies li en sauva.
XVII. moult (moût /?) pleint. ''
XVIII. entrèrent o vasseaus — a parties de maryne — vers 'eau s
porchaserent.
d. §§ 124 et 125 supprimés.
b. Amadi 124 ajoute ici : « il primo de zugno del ditto anno- » ;
mais il ne fournit pas la date d'année qui ne figurait peut-être pas
dans le conte. Bustrone 63 donne les dates d'année (1228) et de
jour (jer juin). — La date exacte de l'arrivée de Frédéric à Limiâso
est le 21 juillet 1228 (cf. Mas Latrie, Histoire de Chypre^ I, 238-2351).
XIX. anfans et tout ses amis. '
XX. aparant — il ly loyent — nostre frère — Geluy bon conseil
— son gré du tout P. ' ■'
XXII. ja fu ce que.
XXIII. fist lémpereour de nuit. ' 'i
XXIV. estoit le.conestable R — Salonique a et puis {Ryp. S^oypKo-
pose de corriger : SâlomquQ a luy et puis) — fis dou seignor de BarUt P,
XXV. et toute la grant (grant court R) et la mistïent portes;et ai
II, XIII-XLI 105
toutes — devant luy que tuit — ais s'esforcerent -dites votre plaisir P.
il. La lacune n'est pas figurée dans le ms. Il y avait là probable-
ment, dans l'original, l'indication l'un nombre d'hommes.
XXVI. L'une de. 11. choses — courounei? — mon gré de .11. choses.
XX VIL ma seur i^ — Temple orn. et l'établi par no.iis iV après Amadi
12'j — je nen onques — requeres dont je — Chipre, et se vous soiés>
XXIX. et en pris vous vueill — Jehsu R.
XXX. concorder le — de quil a voit dit — vavassors de plus apa-
rans.
XXXI. quanque il 0)n. — le père le livra - il seroit quites — et
cnsy vous les ttnrés — ennorement — fist mestre /^ — poyent ploier P.
XXXII. estoit force soue.
XXXIII. dou roy, que que lemperere P — nous garderons nos fais.
XXXIV. poour P — garnir P — de Nicossie lune partie manda
{corrige d'après Aviaài 1^0, et Biistrone 6gi) — Lymesso /? ^— çon il
tu — vilenies i\J — tele quele.
XX,XV. efforcé P — ce ne seroit ja— e sa coustume. >
XXXVI. guerroyent — tenroit pas, et de rien — gerredon R —
lage le roy.
XXXVII. rendroit le chasteau — rendroit mau guerredon — a la
soue partie de ce quil avoient esté (corrigé d'après le § XXXV I^ 1. i^,
et Amadi i)i) — le coneùssent — que le baillage ; et il li respon-
dirent {corrigé d'après Amadi i^i) — il neli feroient — qui furent
entre lempire de l'empereor — faire la feauté que — ton [s] les
barons i?.
XXXVIII. galees estoyent — estoyent grant pitié de veïr — li offry
P — estoit et plus vaillant bachelier (bacheler R) — se loet moult.
XXXIX. sa pais que l'empereor —trop durement : « A ! a ! a ! »
trop duYement.
XL. suït lempereor, et a la taint a Sur — pour alerajaphe P —
Habiloine P.
II. Ni Amadi ni Bustrone ne donnent cette date, qui peut n'être
pas de Philippe.
Ik Passage introduit d'après Amadi 133, et Bustrone 72.
XLI. Estiene de Gotron. , ; ,.
a. Ni Amadi ni Bustrone n'ont ce renseignement chronologique.
Ip6 VARIAXIES HT \OTES CRITIQUES
XLIl. gentd'Accre P — galees armes — et autre disoit Ion — si
esfor esforceement.
a. Introduit d'après Amadi 134.
h. Introduit d'après Amadi 1 34.
XLIII. que par que par terre — jors de may en son laube (ens en
laube P) — recuille — le bouchers et le vieilles (veilles P) — les
convoyèrent (convoyrent R).
a. Introduit d'après Amadi 134.
h. Introduit d'après Amadi 134, et Bustrone 72.
c. Il y a ici chez Amadi 134-135, et chez Bustrone 72, un passage
relatif à des tentatives faites par l'empereur pour mettre la main sur
le sire de Baruth, et aux précautions que prit celui-ci pour se garder,
passage qui a pu faire partie du conte de Philippe. Voici le texte
d' Amadi : « [L'imperator] si travagliô grandemente poi de trovar
modo de haver ne le sue man el signor de Barutho, ma non potè
far si secretamente che el signor de Barutho l'intese. Et li pensô de
acostarsecon persone che lo potessino aiutar, et li parse che li Geno-
vesi, quali havevano gran potentia in Acre, erano atti de aiutarlo ;
et perô li fece aniici et li promisse cose grande et loro a lui de
aiutarlo, et a qucsto modo si tenue el signor de Barutho molto
seguro. L'imperator, come intese questa unione, andô in collera
perché vide non poter exeguir li soi dessegni ; et dubitô medema-
mente per quel che fece al Tempio, che il signor de Barutho, elTem-
pio et li Genovesi non li assaltasseno perché sapeva che el signor
de Barutho si accorse de la sua mala disposition con lui ; et per più
assiguration délia vita suaallogiô dentro nello hospitaldi S. 2uahne. »
XLIV. Eude de Mobeliart — lavoyent arochee.
XLV. a lage dou dit roy — Le nis. de Cérines répète deux fois les
mots en a chaison (la u^fois en chaison)de ce que il avoyent le roy
— Le ms . de Cérines répète deux fois les mots a tant que il eussent —
que il eussent la gent a pié — recevoir lor gent.
XLVI. por un soue R ; pour une soue P — le cinq baus — qui
qui conoissoit P — otroya a cinq baus.
XLVII. payèrent la gent et orent — de pais et Phelippe —
Maintenant fist assember — venist chef le roy P — car il senoit.
II, XLll-LV [O7
XLVIII. durement gardes — issit P — lage le roy — au roy et
que le rov estoit a lor poer et que moût estoit. (Amadi 1^8 : (.<...
dicendo haverlo meritato verso il re. Et il re, che era nel suo poder,
et dubitava grandemente. . . » Cf. Bustrone 7^).
XLIX. volons otroyement — vous et vous quatre — Si maides —
quavés tous servy — et a vous heirs P.
L. ne seroit je ja maisP — nule gens.
d. AmaJi 138 ajoute : « Chi diceva : trazeteli lalengua da drio la
golla. -.) Bustrone 75 dit de même : « et chi diceva di trazerli la
lingua di dietro la coppa. »
LI. restraist R ; retrast P — cage et offry — - caton dou palais as
chevaliers qui tenoit — traversains — Au plais le gardèrent .
a. Introduit d'après Amadi 139.
LU. car foy et son fié.
a. Introduit d'après Amadi 139, et Bustrone 76.
LUI. en celuy nuit — qui gardoient listel P.
LIV. Balian dYbelin et son conpere R — torte, il faisoit.
LV. Geste est letre — 4 houres ouan — 5 Conpere R — 6 baus,
trestous — 7 moût me mostrerent amour — 9 car sans esgart —
10 quemmanderent R — 11 celé om. — 12 les portes firent garder
— 20 n'orent om. — 24 a qui que il ennuit P ; a qui qu'il ennuit R
— 26 de saint — 27 je en — 28 ce savoir de voir que venu — 32
laisser — 3^ Ja ne fussent — 34 Son eûst laissé covenir a Anceau —
35 flatimer — 36 dite benedicamer — 37 dicamer — 38 Se benedi-
camer — 39 la dure prison — 48 Naple car vous — soNaples — 52
onques — 55 destruit — 57 cuides — 60 aimes les femes ont eu lor
part — 61 Trimbers — 62 estendars — 63 dars — 68 quant je les
voi — 72 rire — 73 renée partage P — 79 se deaus chante — 82 car
cest la prime.
a. Introduit par conjecture, d'après le § LI.
h. Nous supposons ici une lacune d'un ou plusieurs vers, conte-
nant quelque allusion aux faits racontés au § XXXI ; par ex. : Que
chantoit quant vous pris t Vempereor félon.
c. L'obscurité de ce passage laisse supposer des lacunes après les
vers 58 et 59.
ip8; VARIANTES K'J NOTES CRITIQUES
LVI. des clames et dou bonlait (rectifié d'après G. PariSyRamania,
XIX, ^9) — toutes les maisons de la navie — - Les mots : « que il
voloyem venir à leur hostel et en lor fiés, et » manquent dans P ,
— - apareillié P.
LVII. plus peine que onques — et gens morte.
a. Il se pourroit que cette dernière. phrase fût un emprunt au Livre
de la Terre-Sainte, XXXlll y 10.
b. Passage introduit d'après Amadi 141.
LVIII.de ma aignee.
a. Introduit d'après Amadi 141.
b. Introduit d'après Amadi 142.
LIX. esiclarcie R.
a. Introduit d'après Amadi 142.
LX. cheau grant P — la lance et espee — deconfirent R.
LXL se chastelèrent — la bataille comesast P.
a. Il y a dans cette phrase quelques analogies entre les Gestes et le
Livre delà Terre Sainte, XXXIII, 10. Elles peuvent être fortuites.
Bustrone 78 ajoute que Guillaume de Rivet s'enferma dans lechâteau
de Bufavent.
b. Èette date est libellée dans les mêmes termes par le Livre dé la'
Terre Sainte, XXXIII, 11, sauf sur un point important, la datede
jour.' Le Livre de la Terre Sainte indique le 24 juin, ce qui est'-une
erreur, les Gestes, le 14 juillet, ce qui est exact. Chez Amadi 143^, la
date d'année manque et la date de jour est le 14 juin : «la sopradittà
battaglia fu un di de sabbato a li 14 de zugno avanti Nicossia. ■»' Je
suis porté à croire que Philippe a donné la seule date de jour (samedi
14 juillet), et que les autres indications chronologiques du manuscrit
de Cérines sont des additions.
"LXII. a. Introduit d'après Amadi 143.
LXIII. 4 sont om . — 7 droit — 1 1 Acre R — 1 3 et puis — 14 que
il venoient — 15 faire et prendre — 17 l'orgueil om. — 19 çon-
questerent — 22 plousour P — 27 tantost conut — 28 prist ow.
— 3:0 en un soûl jour — 35 quil sen fuirent a chiere — 37 sen
sont R — 39 bien prendre — 41 deveroit — 42 as fos partie chère
— 4^ grant om. — 44 quant ausiege — 46 louus enragié— 49 Va
serventoys con quareau — 51 counestable P — 56 nez R.
a, b et c. Lacunes non figurées dans le manuscrit.
II, i.vi-i.xxii 109
LXIV. car do moût de leus nen y peut Ion — poy de chevalier.
a. Amadi 143 et Bustrone 79 disent que les trois fils du seigneur
de Baruth étaient allés à Nicosie.
LXV. fu establirent messire Balian — o luy grant planté degent
— des avenans.
LXVI. Mort est nostre.
a. Amadi 144 ajoute « et messer Chamerin cridava : Amazza,
amazalo !»
LXVII. I Nafré sui, mai^ — 2 et de sautre compaignie —4 Mau-
crois — 9 Car om. — 12 mis 0///. — 15 luy fournir P — 15 le fait.
LXVIII. et dist que que il beneïrent.
LXIX. entre 01 P — sans tout oe P — i iusques — 2 gent -- 4
mat et dolent — i9plours — 21 y merons — 22 fours saens trabu-
cher ; « si dedens » est rejeté en tête du vers suivant. — Le vers 2] finit
avec " creneaus » ; les mots « et maisons » sont rejetés en tête du vers
suivant — 26 garentiroit — 29 grant — 3 1 sairement -^ 48 seignors
— 53 Q-uy ^^ pensera, se nous perdions — 55 Quant ensi ôis --
57 le contai a joie et baudour.
a et b. Lacunes non figurées dans le manuscrit.
LXX. herberja P — mort de sire Gavain.
a. Amadi 145 ajoute : « hor de sassi, hor di balestra et hora de
arco. » Même détail chez Bustrone 80.
LXXI. grant joie R — grant dons.
(/. Introduit d'après Amadi 145 : « Quelli del castello non pote-
vano più durare et feceno pace, a la quai consenti voluntiera el
signor de Barutho per haver el re, che dubitava non fusse tratto
dal castello qualche notte, et mandato in Puglia. wLems. de Cérînes
porte : « Ceaus dou chasteau par aucun leuc... »
h. Amadi 145 ajoute : « de restituirge li loro feudi ». Bustrone 80
donne le même renseignement.
c. Amadi 145 ajoute : « et metter chi habia a recever le intrade
per loro. » Bustrone omet cette particularité.
LXXII. Et devant que Ion tfaitoit — Federic et en sa suite et
avoyent (avoient P.) — soufri quon feïst — Heimery afigura a
Renart P.
l'IO VARIANTES ET NOTES CRITIQUES
a. Amadi 146 ajoute : « ma quando fu fatta la pace ha disiï)esso
l'andata sua, et non lo mandô. »
LXXIII. 7 Maupertuis — 1 1 Noble la bargaigne — 12 cortipaignie
— î4 a valu — 18 Gimbert — 21 Et trestoutes — 22 vileriiènt —
25 onques — 36 et il lot — 38 ne compère — 39 clament -^ 40
les heit se il les aiment — 43 et Timbert — 44 donroit — 45 Et
messire — 46 Que de son eschiquer — 54 qua luy — 56 le hennort
— 57 sa Costa — 60 jet — 61 sa om. — 64 mais de sennor — r 67 les
voit si les — 69 Cil comande quil — 71 chiuere — 82 Guinbert —
83 Cointreaus — 84dans Renars — 105 péril — 106 hontea atruiP —
108 envers quil se — iio Quesonmal queroyent — m que syaus P
— 1 16 eùst hore — 117 le prestre de y mande — 118 deNostre Sei-
gnor demande — 119 Et vous - 127 entan P — 129 eusses autre
— ,130 je os — 139 de ma seignorie — 142 Sil semble R\ Sel
semble P — 143 ores plus faire — 145 ai dune — 147 je avoye —
158 moût chevau par. — Après le vers 160, le ms. met par erreur
une première foi <: les vers 193 à 196 avec lu variante « en ordre », au
lieu de « en lordre », dîi v. 194, et la variante « pardoneray » P, au
lieu de « pardonray », du v. 195. — 161 Je lor P — 161 or me par-
donerent — 176 Sil ne sait R : Sil ne fait P — 179 poise quil est —
i36 encor — 194 entreray en lordre — 199 Car je peûsse — 204
autry R — 209 les prent.
LXXIV. a leur enemy — et senvoisoyent dune robe ensemble —
et ne tenoient P.
a. Amadi 146 ajoute : « et li tenero bona pace et amore. »
h. Amadi 146 ajoute un détail : « et spesso manzavanoet bevevano
insieme con loro, et andavano a solazo. »
LXXV. Messire Anceau les esgarda — si mala que il — etseu
hostel — respondirent que il moreit — et por ce fait.
a. Chez Amadi 146, il y a dans cette phrase une addition qui en
modifie un peu le sens : « Et [messer Ansian de Bries et messer
Philippo de Navarra et Torringuel] rivardaron messer Chamarin
Barlas che tra loro chiamavano Renart, che vol dir volpe, et messer
Chamerin se accorse che parlavano di lui. »
LXXVII. des quels ;il om. — salandre.
i
11, LXXlU-l.XXX III
(/. § 157 bupprimé.
/'. Amadi 147 et Bustronc 80 ajoutent : u et in Sicilia. »
( . Chez Amadi 147, tout le début de ce § LXXVII est un peu plus
développé ; mais je doute que ce qu'il ajoute, et qui est de pure rhéto-
rique, soit du style de Philippe : « Imperochè l'imperator fece pace
con la chiesia et récupéré cio che havca perso in Puglia et in Sicilia ;
et rhrovandosi sdegnato assai con molti gentilhomini et altri di quel
paese, i quali portava odio intrinsico, délibéré far de quelli che
odiava un exercito et mandarlo contra li Christiani di Suria et
Cvprioti, a li quali portava non menor odio ; presuponando che, se
li soi di Puglia vincesseno, lui vadagnaria ; et se loro fusseno vinti,
lui si tegniria satisfatto. Imperochè parimente odiva et l'unaet l'altra
parte, et desiderava la destrution de tutte do le parte. Et cosi fece
corne si ha pensato. Ha fatto citar tutti li baroni del regno di Puglia
et altri gentilhomini che lui odiava et de li quali dubitava... » —
Bustrone, quoique plus bref, a dû suivre un texte où figuraient ces
mêmes développements.
(/. Amadi 147 ajoute, au sujet de Richard Filangier et des ren-
forts envoyés par l'empereur en Syrie : « Et l'imperator in le sue
lettere lo (c'est-à-dire Filangier) chiamava bailio de Cypro et di
Suria et legato de Armenia, de Antiochia et de Tripoli, che sonno
deldominio del imperio. Et questo diceva l'imperator perché voleva
che fosseno soi. La venuta de li quali non fu celata, perché l'impe-
rator volse che sisapesse, tenendo per fermo di vincer facilmente il
tutto. » — Bustrone ne donne rien de cela.
c. Amadi 148 ajoute : <( per alguni soi negotii. »
LXXVIII. son fis P — desLonguebar K — en Chipreau Guata P.
LXXIX. encore le rivage P — corrousciés P — et en eussent estre
repris (Amadi 148 : ce I quali discoverti si potevano prender ») —
que il soufriroyent tant — seroient parjur — avroyent brisé.
LXXX. que de ce ne se prenoit.
a. Voici, chez Amadi 149, le texte de cette dernière phrase :
« perché el vescovo de Barutho, che si trovô U, come prête spau-
roso et disleale , glie la rese ; ma el castello se tenue per el suo
signor et se deffese. » — Bustrone 81 dit la même chose en termes
un peu différents.
h. Amadi 149 et Bustrone 81 ajoutent : (( per mar et per terra. »
112 VARIANTES ET NOTES CRITIQUES
LXXXl. </.Amadi 149 ajoute quelques détails et quelques appré-
ciations sur le traître Denises : « Et havevano tra loro un traditor
che si chiamava de Nissa, quai era sinescalco del signor de Baru-
tho ; et si parti da lui per un poco che si hâve scorrozato, et
andô con li Longobardi subito. Il che non doveva far per si
minima causa, perche è usanza che il signor si scorrozza in casa
sua, et poi li passa, et si repacifica ; ne doveva perô costui far cosa
che tornasse in si gran danno et tradimento corne fece costui... » —
Bustrone 81 ajoute seulement au texte des Gestes que Denises avait
passé du service du sire de Baruth dans le camp des Longuebars.
LXXXIl. que tous estoyent — secorre se nevous —que ilavoit
fait.
a. Amadi 150 ajoute : « et non si poteva cosi tosto soccorrer il cas-
tello. » — Bustrone dit de même à peu près dans les mêmes termes.
h. Amadi 150 est un peu plus explicite : « ...el signor de Barutho
non cessé di procurare et solicitar per tema del inverno, ma venne
al re et lo pregô che dovesse congregar la sua corte prima..., » —
Le texte de Bustrone 82 est presque identique à celui d' Amadi.
c. Amadi 150 ajoute : « con li ponte di piedi », particularité que
ne signale pas Bustrone.
LXXXIII. a. Amadi 150 ajoute : « et non accade che io dica
come, che saria troppo longo il contarlo. » ^
h. Bustrone 82 place ici, sous la forme suivante, l'addition relevée
dans la note précédente : « et non accade dir il modo per non esser
prolisso. ^) . /,
c. Amadi 1 50 ajoute : « Ma io e li mei parenti, che sonne simil-
mente vostri, non si volseno abandonar per niente, ne vi abando-
neremo fino a la morte, conciosia che sete et mio nepote et mio
signore. » — Le texte de Bustrone 82 est conforme à celui d'Amadi.
LXXXIV. et tous les autres et s'agenoillerent car il estoit encores
a genoils ;«ow5 transportons ces six derniers mots à la fin du paragraphe,
en corrioeant estoit en estoient — les autres en pié, car R.
a. Amadi 150 ajoute : « et se quello [castello] si perderà, posso
dire che li doi reami sono persi. » — Bustrone 83 dit la même
chose. :•
I
Il, L\XXI-XC1 113
LXXXV. si peine que peines — laissa en Chipre — et se Nostre
Seignor consent que je sache la perte poisse estre entre voies. ]e
corrige ce passage d'aprcs Jffiadi iji.
a. Ce titre et ceux qui figurent en tête des §§. LXXXVIII et
CLXVIII n'existaient probablement pas dans le conte original. On
les a maintenus pour la seule raison qu'il n'y avait pas de raison
péremptoire do les supprimer.
LXXXVI. pour soufraite est tout — tablier. Et se nous soyons
perdu, Chipre.
LXXXVII. de pais damour.
LXXXVIII. lautre part a Barut P — Monseignor de Haruth P —
netee.
a. Amadi 152 ajoute : « con tutti H soi navigli. »
/'. Amadi 152 et Bustrone 84 ajoutent : « che è tra Butron et
Xeffin. ))
LXXXIX. que par sens vindrent.
d. Amadi 153 et Bustrone 84 ajoutent que l'armée du seigneur de
Baruth assiégea la ville occupée par les Longuebars : « et hanno
a'ssediato quelli che erano dentro » (Amadi).
h. Amadi 153 ajoute un renseignement, certainement tiré du conte
original : a Messer Philippo de Navarra fece una canzone al soccorso
de Barutho che repplicava sempre in fine de ogni stanza infranceze :
Dio ci presti ta nia forza et vigore
De mantenir con rason il nostro bene et il nostro honore. »
Le conte original donnait sans doute toute cette chanson.
XC. l'oy dire que en — se trova en Surie (Acre rétabli d'après
Amadi ij^) — pot vigourousement — cherestie P.
a. Amadi 154 et Bustrone 85 sont un peu plus explicites. Texte
d'Amadi : « et al passar che el signor de Cesaria fece da Sur, li
Longobardi ch'el tenivano del signor de Saeto, che gli el rese con
ordine de l'imperator, ussiteno fora et li feceno a resalto, ma lui
defendendossi li dette la fuga fin dentro a le porte de Sur, et poi
scorseoltra per el suo camin. » — Bustrone donne ces mêmes détails.
XCL rebuta Ton dedens P — ces devers les.
a. Amadi 1 54 et Bustrone 85 fournissent ici un renseignement que
Philippe de Novare. 8
114 \AKlANlhS Kl NOIKS CKITIQUHS
l'on peut considérer comme ayant fait partie du conte original. Le
voici d'après Amadi : « L'hoste di fora allogiô in uno loco chiamato
Rus, assai apresso aile mura délia terra. »
XCII. armeùres et viande P — par tels K — seignor de Sur
(Arsuf rétabli d'après Amadi jy/, et Bus trône 86) — valu assés R.
XCIII. tensa son père — il ne laissoit entrer — corrousserent de
ce que il y entracent — tant y entra — mercierent F — estoit le péril.
XCIV. Seaus dou chasteau placé à la fin de la phrase^ après lumi-
naire — savoient ren P — recuillirent grant joie - entresignes P —
le fis dou seignor dou Baruth.
XCV. mandèrent son fis — respondirent seùrement
XCVI. conseil de monseignor de Baruth P — et ses enfans l'en-
norent {cf. R, ^(ji) — comencement P.
XCVII. se tenoient P — de lyglize que Ion apelle laire de
levesque de lyglize (peut-être devrait-on supprimer aussi le premier de
l'yglise ; cf. Amadi i ^j) — fist descorder.
XCVIII. et fist faire — grant salus — et en une autre — de la
remenbrance estoit escrite — ly faisoit volentiers — toutes voyes
(voies P) il ly fist letres — faiUy de ceur.
XCIX. car la li estoit défendue (voie introduit d'après Amadi rjÀ')
— parestre R ; prestre P — tornerent.
C. sen party devant Baruth — Cherines fu prise — Triple .ii. sayties.
a. x\niadi 158 ajoute : « et capitanio de questi. »
b. Au lieu de : « et il li toly sa niuete », Amadi 159 et Bustrone
88 disent que le prince de Tripoli, pour empêcher les Génois de
mettre à la voile, fit enlever les gouvernails de leurs navires : « a
le quale toise li temoni per non si partire » (Amadi).
CI. feroient maire — le preïsf — et en persone.
(7. Introduit d'après Amadi 159, et Bustrone 88.
CIL fu soue P — et moût ot grant pièce esté (Amadi iS9 : « di
che n'hebbe gran pietà »).
CIII. conseil quy P — parlé a Longuebars — et donna plus beau
— encore estoit P.
a. Introduit d'après Amadi 159.
CIV. eschierement — dage ; et fu messire.
b
II, \cii-cx 1 15
CV. estoyent nuircnt — Cazal Ybert — ne crut mie — meaus se
defendyrent .
CVI. tout nuit se combatirent — estoient a pié les uns sur les
chevaus sans selle {Amadi 160 : u tutta la notte combatevano, chi a
piedi, chi a cavallo ») — qui navoit lance navoit espée {Amadi
160 : « tali senza lanza o spada ») — ceaus de galées R — chevau-
chures P — sans celés R — aubalestree P.
11. Amadi 160 ajoute : « dil che se inanimorno i Longobardi et
preseno. » Cf. Bustrone89.
CVll. il lescria — noserent.
a. Amadi 161 est un peu plus explicite : « Et corne videno el
signor de Barutho, si disviorono et andavano per niezzo li terreni,
per vergogna che havevano del suo scampar. »
h. Amadi 161 et Bustrone 89 racontent cette scène avec des détails
qui pourraient être de l'invention du premier . Le vieux sergent dit
en pleurant : « Ah, signor, tutti li belli vostri figlioli havete
perso, son morti. Al quai el signor de Barutho non rispose, anzi
seguendo quel che parlava, fece vista di non haver inteso ; et quel
servitor repplicô : Signor, a voi dico che li vostri figlioli tutti sonno
morti. Al quale respose il prudente signor de Barutho : Signor
vilan cosi convien che morano i cavaglieri, deffendendo le persone
et honor suo « (Amadi).
CVllI. montèrent en une maison.
CIX. En ce tu en lan.
(/. Dans les Gestes, ce paragraphe commence ainsi : « Après ce que
Richars ii mareschaus de l'empereor Federic ot donné l'eschac as.
Chiprois a Cazal Ymbert, il s'en ala... » ; phrase empruntée au
Livre de la Terre Sainte, XXXIII, 33, et que je remplace par la leçon
d'Amadi 162 \ i< Li Longobardi andorono a Sur... »
ex. avoit lor rendu la tour P .
a. Le ms. de Cérines nomme ces deux sœurs: « dameisele|s] Marie
et Yzabeau ». C'est un emprunt fait par le compilateur au Livre
de la Terre Sainte, XXXIII, 33.
h. Le ms. de Cérines ajoute, au sujet de Hernis de Gibelet :
« que le sire de Baruth avoit laissié cheveteine de la terre, qui moût
Il6 VARIANTES KT NOTES CRITIQUES
poy i mist de conseil » : interpolation d'après le Livre de la
Terre Sainte, XXXIII, 33.
c. Le ms. de Gérines, au sujet de cette pénurie, ajoute : qua poi
quil ne fu perdu par soufraite de viande, et a grant mesaise et a
grant meschef se tindrent tant quil furent rescous .) , phrase prise
au Livre de la Terre Sainte, XXXIII, 33 .
CXI. Et tout plus — dedens caves. Les bergiers et lor enfans corne
bergerons — dont il ni avoint point.
a. Amadi 163 : « Girardo de Conches ». Bustrone 91 : «Ghirardo
de Conches » .
CXII. les yglises et les temples (le Temple a été rétahli d'après
Amadi 16 ^ et Bustrone ^f) — car lor galees.
CXIII. le plus mortels,
CXIV. seignor dage — et as Jenevès pour franchise — et sen
plainst — la navie le roy et quant — les Longuebars estoient venus
au port daccre (j'econstituè d'après Amadi 164) — requeroyent —
abatu le chasteau (corrigé d'après Amadi 164),
a. § 180 supprimé.
b. Au lieu de ce début de phrase, on lit chez Amadi 163 : ^Œt simiL
mente el signor de Barutho, ch'era ben voluto da quelli del paese,
radunô quanti ne pote haver et per amicitia et per soldo. Et poi
andô...» — Bustrone n'a pas cette incise. — -Je doute que le membre
de phrase : « si come le conte a dit sa en ariere », qu'on ne trouve
ni chez Amadi ni chez Bustrone, figurât dans l'original. Je ne me
•crois pas cependant autorisé à le supprimer, des rappels analogues se
rencontrant en d'autres endroits (voy. par exemple aux §§ GXVIII,
CXLIII, GLXV) ; il est vrai qu'ils y paraissent mieux justifiés.
CXV. dedens, quil semenoient (quelque herbe introduit d'après
Amadi 164) — faissant le servize.
a, Amadi 164 intercale ici : « Da le quai parole il signor de Barutho
se acQrse che non dispiaceva al patriarca che tollesse li salandres vas-
selli. » — Bustrone, qui résume très brièvement cet épisode (pp. 91-
92), d'après Amadi probablement, n'a pas reproduit cette phrase,
qui ne mé paraît pas, d'ailleurs, être de Philippe.
b. Àmàcii 164 ajoute un détail : u si mosseno de li con li Geno-
vesi et alcuni altri Polani. » De môme Bustrone 92.
Il, cxi-cxviii 117
C^XVl. onquc lor vaisseaus.
(/. Dans les Gestes, ce paragraphe commence ainsi : « Le roy
Henry et li Chiprois qui o luy estoyent chargèrent lor hernois es
vaisseaux et montèrent sus », phrase empruntée au Livre de la
Terre Sainte, XXXIII, 34. Je la remplace par la leçon d'Amadi
164 : « Et si partirono de Acre al suo viazo. »
h. Le passage des Chiprois à Saete n'est signalé ni par Amadi ni par
Bustrone ; mais on en trouve la mention dans le Livre de la Terre
Sainte, 1. XXXIII, ch. 34 ; et, quoique les termes employés ne
soient pas les mêmes dans le Livre et dans 1rs Gestes, il n'est pas
impossible que le compilateur des Gestes ait emprunté au Livre le
détail en question, car il y a, pour cette partie du récit, d'autres ren-
contres entre les deux textes (c[. le début du § 182 des Gestes avec
le début du ch. 34 du l. XXXIII du Livre de la Terre Sainte). —
Amadi et Bustrone font passer le roi Henri et les Chyprois directe-
ment de Sur à la Grée, où, selon eux, Balian d'Ibelin et Jean de
Foges auraient rejoint l'armée, alors que, suivant les Gestes^ ils l'au-
raient rejointe à Saete.
c. La lacune que nous indiquons n'est pas figurée dans le ms.
Peut-être y avait-il là un renseignement sur Balian, seigneur de
Saete, neveu de Jean d'Ibelin.
CXVII. Dou port de Saete celèrent.
a. Amadi 165 et Bustrone 92 ajoutent un épisode à propos de
l'espion envoyé par les Chiprois pour reconnaître la situation des
Lombards. J'en emprunte le récit à Amadi, qui l'a probablement
inventé : « Un scudiero domandô a la spia se li inimici erano assai,
et monsignor de Barutho respose inmediate, avanti che la spia
aprissela bocca,et disse : A noiconvien saver dove sonno li inimici,
et non quanti sonno ; perché il combatter è la nostra salvation, et
noi dovemo haver fede al Signer nostro et a la rason che è da canto
nostro, per li oltragii fatine, che Iddio si aiuterà. »
CXVIII. vint de Famagouste — darmeiires car il - u"^ chevau-
chures en lor P.
a. Amadi 165 : « ducento et ventitre ». — Bustrone, comme les
Gestes y donne le chiffre de 233 chevaux.
h. Amadi 165 et Bustrone 92 ajoutent un détail, que je transcris
Il8 VARIANTES ET NOTES CRITIQUES
d'après Amadi : « ...ducento et ventitre cavaglieri quali havevano
li soi cav^alli solamente ; et li conveniva portar le coverte et le arme
sue apese in li arcioni, se non volevano semprc caminar armati,
exceptuando alcuni gran maestri che havevano tre, quatro animali,
li quali ne erano rarissimi. »
CXIX. roches qui sont — la ou estoit laigue.
a. Amadi i66 et Bustrone 93 sont un peu plus explicites au sujet
de cette île. Voici le texte d' Amadi : « ch'è fora del porto de
Famagosta, quai ha poccissima aqua ». Les éditeurs des Gestes, dans
le Rec. d, hist. à. crois., ont introduit ce passage dans le texte, en le
traduisant ainsi : « defors le port de Famagouste ou il a pou d'aiguë ».
Peut-être ont-ils eu raison de le considérer comme appartenant à
l'œuvre de Philippe ; mais il n'est pas nécessaire au sens.
CXX. descendirent li Choprois P — et corut a un.
a. Amadi 166 et Bustrone 93 ajoutent : « tre hore avanti giorno. »
CXXI. la Candare par les P — la Gandare et la tour.
CXXII. fina as cheveteines — Guillaume de Loure {Amadi 166 :
« Guielmo del' Orto )>) — donna a Jenevès — Et la fu tenu —
moty ; le don .
a. Introduit d'après Amadi 166.
b. Amadi 167 ajoute à propos de la juridiction dont, aux termes
du traité, devaient relever les Génois : « De li casi accadendo i
Genovesi, alcuno volse che il processo fosse formato et diligente
convinto per la corte di Genovesi, et poi terminato, che fosse con-
dennato per la corte real, secondo el processo et examen délia
corte di Genovesi. Dete etiam al comun de Genovesi case a Fama-
gosta ; et a Limisso li dette la terre che è a la marina et case; U
dete etiam un casale chiamato Despoire, al territoriode Limisso... »
c. Amadi 167 ajoute : « che erano xxii » ; détail conforme d'ail-
leurs à une indication fournie plus haut par Philippe même (cf.
§CV).
CXXIII. et iist grant — ja as airs.
CXXIV. que par une petit R\ que une petit P.
a. A la place de la phrase entre crochets, que j'intercale diaprés
Amadi 168, les Gestes tn ont une autre, que le compilateur a emprun-
Il, CXIX-CXXVI I 19
tôe à peu près mot pour mot au IJvre de la Terre Sainte , XXXIIl,
:;4 (éd. de TAcadémic, p. 400) : « Si tost corne Richart Philanger,
qui estoit mareschal de l'cmpereor Fedcric, sot que les Chiprois
nprochoient, il et toute sa gent guerpirent la ville de Nicossie, et
aicrent herberger par les montaignes, en une avalée d'un pas qui est
en haut sur le chemin par ou l'en vait de Nicossie a Cherines, et yleuc
se tindrent. -» — Le texte d'Amadi porte : « Li Longobardi aban-
donorono la terra et andorono ad allogiar in una valle tra doe mon-
tagne alte,a la strada de Cerines. » Bustrone 94 dit comme Amadi.
CXXV. Le seignor ne donna garde quil estoit — retrais et aparu.
a. Les Gestes portent : «... de Nicossie, celuy jour meïsmes que il
vindrent. » Ces six derniers mots paraissent être un emprunt au
Livre de la Terre Sainte, XXXIIl, 34. Ils ne figurent ni chez Amadi
ni chez Bustrone.
h. Les Gestes donnent le nom de ce lieu : « qui a nom le Trahona » :
il n'est indiqué ni par Amadi ni par Bustrone et paraît être un em-
prunt au Livre de la Terre Sainte^ XXXIIl, 34.
CXXVI. les Chiprois desiroient la bataille — des Longuebars a
la Gride.
a. Les Gestes ajoutent : « tout droit a .xv. jors de juing », détail que
ne fournissent ni Amadi ni Bustrone et qui paraît être un emprunt au
Livre de h Terre Sainte, XXXIIl, 34.
h. Les Gestes ajoutent : « et chevauchèrent (cheaucherent P) pour
aler vers la ou leur enemis estoyent », renseignement que ne donnent
ni Amadi ni Bustrone, et qui paraît être un emprunt au Livre de la
Terre Sainte, XXXIIl, 34.
c. A la place de la phrase entre crochets, que j'introduis d'après
Amadi 168-169, les Gestes ont : « Si alerent tant que il vindrent près
dou cazal que l'on nome... », passage emprunté, semble-t-il, au
Livre de la Terre Sainte, XXXIIl, 34.
(/. Les Gestes ajoutent : « si que une partie de leur bernois et de
leur sergens a pié s'estoient ja mis au dit cazal, et li autre venoyent
après », membre de phrase qui ne figure ni chez Amadi ni chez Bus-
trone, et que le compilateur a probablement emprunté an Livre de la
Terre Sainte, \XYA\l,^^,.
I20 VARIANTES ET NOTES CRITIQUES
CXXVIÎ. A cel houre.
a. Nous supprimons, en tète de ce paragraphe, un membre de
phrase emprunté au Livre de la Terre Sainte, XXXIII, 34 : « Quant
les Chiprois virent ceaus de Puille dessendre contreval le pas, les
escheles devisees, chascune eschele a son cheveteine, tous aprestés
a la bataille... » Chez Amadi 169, on lit : « Et quando [li Longo-
bardi] comminciorono a descender con tanta moltitudine corne
erano, el signor de Barutho... » Il serait donc possible que le texte
original du conte portât : « Et quant les Chiprois virent les Longue-
bars descendre en si grant multitude come il estoient, le seignor de
Baruth... »
CXXVIII. Le ins. de Cérines répète deux fois les mots : et il li dist :
De par Deu ! Mais il le fist autrement. » — Robert de Mauneni
{Amadi lyo et Bustrone ^j : Roberto Mameni).
a. Nous avons dû modifier, à l'aide d' Amadi 170, le début de ce
paragraphe, dont le texte, dans le manuscrit, est le suivant : « Il esta-
bli cheveteine de la première bataille sire Hue son fils, et sire Anceau
de Brie en la seconde, et sire Bauduyn d'Ybelin en la tierce, et le
jeune seignor de Cezaire en la quarte, et fu en Tarière garde, car
plus n'i ot ». Ce texte, en effet, ne s'accorde pas avec la suite du récit
où Ton voit Hue d'Ibelin et Anceau de Brie figurer ensemble dans
la première échelle ou bataille. — D'après Bustrone 94, apparemment
fautif, il y aurait eu seulement trois échelles.
CXXIX. il peùst eschaper.
a. A la place de la phrase entre crochets, que j'introduis d'après
Amadi 170 et Bustrone 95, les Gestes en ont une autre que le compi-
lateur a empruntée au Livre de la Terre Sainte, XXXIII, 35 : « Si
tost con li Chiprois conurent que la première eschele des Longue-
bars venoient por combatre o eaus, si s'apresterent et adrecierent
vers eaus, et s'aprocherent tant que il hurterent ensemble ». — Le
texte d'Amadi est celui-ci : « Et come l'antiguardia de la prima
schiera di Longobardi se aproximô a la schiera del monsignor de
Barutho et del re. . . »
CXXX. court tout outre — chassant — Justizier toutes les
eschieles eschiver.
Il, CXXVII-CXXXIl 121
(i. « Galtier de Manepian ». chez Amadi 170 et Bustrone 96.
h. « tornavano verso Ao^ridi », dit Amadi 170. Bustrone omet ce
membre de phrase.
CXXXI. maisnie, que tous.
a. Amadi 171 : « remontar »; Bustrone 97 : « agiutare ».
CXXXli. et moût estoient grant gens.
a. Amadi 171 : u batter ne prender ». Bustrone 97 : « batter o
vincer ».
h. Après les mots «... grans gens », nous supprimons du texte des
Gestes une phrase qui ne figure ni chez Amadi, ni chez Bustrone, et
qui est un emprunt au Livre de la Terre Sainte, XXXIII, 35 : « Et
une chose i ot quy moût aida as Chiprois, de ce qu'il avoi'ent ser-
gens a pié, dont il avint que quant un de luer chevaliers estoit aba-
tus, que ly sergens le relevoiem et le remontoyent a cheval, et
quant un des autres chevaliers longuebars estoit abatus, pié stant
l'ocyoîent ou le menoyent pris ; et par ce y ot moût ocis et pris de
ceaus de Puille en celé bataille ».
c. La phrase entre crochets a été introduite d'après Amadi 171. Le
ms. des Gestes, après les mots : « en celé bataille » (cf. la fin de la
note précédente), continue : « et des Chiprois n'i ot ocis... »
d. A la place de : « estoit né de Lombardie », que nous introdui-
sons d'après Amadi 171, les Gestes portent : « avoit nom Serge et
estoit né de Toscane », détail qui y a été introduit d'après le Livre
de la Terre Sainte, XXXIII, 35, apparemment.
e. Les Gestes ajoutent : « Et de ceaus de Puille y ot ocis plus de lx
chevaliers et pris bien XL » ; passage emprunté au Livre de la Terre
Sainte, XXYAll, 35.
/. En intercalant ici, d'après Amadi 171- 172, ce détail sur la cause
de la mort du chevalier lombard, nous commettons une infraction
à la règle que nous nous étions imposée de ne point introduire dans
le texte des G^5/^5 des passages empruntés aux chroniques chypriotes,
sauf dans le cas où le sens l'exigeait. Mais ce détail est si topique
qu'il ne semblera pas téméraire de le considérer comme ayant fait
partie de l'œuvre originale. La leçon d' Amadi est : « et la sua lin-
gua haveva de longobardo, et non sapeva cridar l'insegna del re
Falen^a et crido Ballen:(a ; et perô fu morto, credando che lui era
longobardo ». — Bustrone a négligé de rapporter l'incident.
122 VARIANTES H'I NOTES CRITIQUES
<^'. Les paragraphes 191 à 194 des Gestes, que nous supprimons,
reproduisent presque textuellement le récit contenu dans le Livre de
la Terre Sainte (XXXlll, ch. 35 à 37) ; ils racontent la déroute finale
des Longuebars, leur fuite vers Cérines(§ 191), la retraite de Richard
Filangier, leur chef, en Arménie puis à Tyr (§ 192), le siège et la
prise de Cérines par le roi Henri (§ 193), enfin la mort, dans Cérines
assiégé, de la reine Aalis, femme de ce roi (§ 194). Ils ne figuraient
sans doute pas dans le conte original de Philippe et ils y ont été
introduits par un interpolateur. A la place, on trouve chez Amadi
172, le passage suivant, qui représente probablement, au moins en
partie, le texte de Philippe et que nous renonçons à introduire dans
notre édition, sous forme de traduction, en raison de sa longueur :
« Li Longobardi furon venti ; el suo capitanio messer Ricardo, che
chiamavano baiulo, erainla retroguardia et haveva secco li cavaglieri
cyprioti ch'erano de la sua parte, zoè messer Almerico, messer Cha-
merin et messer Hugo de Ziblet con li soi seguaci ; il quale com-
parse troppo tardi et dubiosamente, et si dice che non ferite più de
un colpo de maza et poi si tornô in drio ; et tutti gli altri commin-
ciorono a fugire. Chi volesse dir tutte le cose intravenute in quella
battaglia da l'una et da l'altra parte haverave troppo da fare ; ma, in
conclusione, per voluntà del nostro Signor, li Longobardi furonorotti
del tutto, et buttato il suo grande orgoglio ; molti fu morti et fcriti
et assaissimi presi ; et li soi gran cavalli che havevano li parevano
assai leggieri, et non valevano niente al suo bisogno. Molti anche
di loro scamporono, et la via arida et petrosa li aiutô che non se li
poteva acostar ; ma se fusseno stati in loco spacioso et piano sarian
sta presi et morti tutti i Longobardi ; et quelli che fugivano si redu-
seno a Cérines. » — Ce passage a été abrégé par Bustrone 97-98.
CXXXIII. lors fors R — Après estoyent receté, h ms. ajoute : et
les sergens qui estoient receté; puis, il poursuit : et les sergens qui
estoyent au siège ... ; bourdon d^un copiste.
a. Dans le texte desGe5/é^5,ilya, après le mot« chassierent», l'incise
suivante : « si con vous avés oy dire devant », que je laisse de côté
comme ne figurant ni chez Amadi ni chez Bustrone, et qui n^était de
mise en cet endroit qu'en raison de la longue interpolation formant
les §§ 191-194, interpolation supprimée dans la présente édition.
/;. Amadi 172 : c Blessia » ; Bustrone 98 : « Blesia ».
Il, cxxxui-cxxxvii 125
CXXXIV. soue gent lor corurent.
CXXXV . cstoyent foies — les avés oï.
d. Introduit d'après Amadi 172.
CXXXVI. XII galees (xxii galées é^5/ rétabli d'après Amadi ij];
voir aussi plus hauty § CV) — dont estoii chevetaine P — a lors
galees R — Amauri de Bethsan P.
a. Ce dernier renseignement : « En Hermenie ot assés de malades
et de morsd'eaus », manque chez Amadi, mais se trouve chez Bus-
trone 98-99. 11 peut avoir été interpolé d'après le Livre de la Terre
Sainte, XXXIII, 36.
/'. Introduit d'après Amadi 174.
CXXXVII. a. A ce récit de la mort de la reine de Chypre, que
j'introduis ici en le traduisant d'Amadi 174, les Gestes en ont substi-
tué un autre, qu'ils ont emprunté presque entièrement au Livre de la
Terre Sainte, XXXIII, 37, et qu'ils ont placé plus haut (§ 194), à la
Nuite d'un autre passage tiré également du Livre de la Terre Sainte^
et où il est parlé du siège de Cérines (cf. ci-dessus, p. 122). Mais, dans
le conte de Philippe, la relation de la mort de la reine de Chypre ne
pouvait pas occuper la place que lui ont donnée les Gestes, attendu
qu'à cet endroit Philippe n'avait encore rien dit du siège de Cérines.
— Voici le texte italien : « La moglie del re era dentro, che si chia-
mava la regina Longobarda, perché l'haveva data l'imperator, etlei
tegniva da la parte di Longobardi ; la quai morite là dentrô ; et
quando fu morta, fu portata di fora, et ditto che quella era la regina
et era morta. El re et el signor de Barutho la recevetenoetli spiacque
délia sua morte, laquai feceno portar a Nicossia honoratamente da
cavaglieri, che la portavano in spale a piedi ; et poi feceno venir la
procession et tutto el populo de Nicosia incontra, et acompagnarla fin
dentro a la madré chiesia de Nicossia, dove fu sepolta. Da poitorno-
ron il re et il signor de Barutho al assedio de Cérines et messeno
grandissimo slorzo ». Bustrone 99 a placé ce récit au même endroit
qu' Amadi. — Il sera à propos de transcrire ici le § 194 des Gestes.
Je place entre crochets les quelques passages qui ne figurent pas dans
le Livre de la Terre Sainte : « En tant com li sièges estoit devant
Cherines, la reyne Aalis, feme le roy Henry et fille le marquys de
124 VARIANTES ET NOTES CRITIQUES
Monferat [qui s'apeloit Longuebarde por ce que l'empereor li avoit
donné], elle s'estoit mise dedens Cherines o ceaus de Puille et au
coumandement de l'empereor ; et se coucha malade d'une maladie
dont elle moruth. Quant elle fu trespacee, ceaus qui estoyent dedens
(Cherines l'atornerent si con l'on doit atorner reyne, puis firent
demander fiance d'envoyer un home parler au rey. Cil qui ot la
fiance vint au roy, et li dist que sa feme, la reyne, estoit trespassee
de cest siècle, et que ceaus quy estoyent dedens li mandoyent que,
se il li plaisoit, que ï\ la feïst [prendre et enterrer si com il afiert a
reyne, et que il en feïst si come de sa feme. Li roys s'i assenti, et
furent données trives que l'en ne traisist ni lansast, defors ni dedens,
tant que la reyne fust portée a la herberge le roy. Lors la mirent
ceaus de Cherines forsdou chasteau, et ceaus de la herberge dou roy
la resurent, et fu portée a Nicossie a grant compaignie [par la main
des chevaliers tout a pié], et fu enterrée honoreement en la mère
yglise de Sainte Soufie, et l'enierra Tarcevesque Estorgue. »
CXXXVIIL ses homes liges quy P — fu en âge — lavoi servy
— et une autre nuef/?.
a. Amadi 174-175 ajoute ici les noms de tous les hommes liges du
roi qui furent privés de leurs fiefs, alors que les Gestes ne nomment
que Heimery Barlais, Amaury de Bethsan et Hue de Gibeleth :
« Questi sonno li nomi di coloro che furon desheredati : Chamerin
Barlas, Almerico di Bessan, Hugo de Ziblet, Philippo Genardo, Hugo
Zaboc, Hugo de Mare, Rinaldo de Zamberlan, HugoetBeltran Por-
cellet, quelli de Creissi de Thabor, quelli de Carpasso, quelli de la
Messaria . Gavan morite in la prima battaglia et Zacco de Rivet da
poi, et perô non furon loro exheredati ». 11 se peut que ce renseigne-
ment provienne d'une autre source que le conte. Il ne figure pas
chez Bustrone.
h. Amadi 175 ajoute : « Mentre erano de qui et davano grandis-
simo favor et conforto a quelli de Cerines et gran spe; ma da poi
partitossi per andar al imperator, come piacqne a Dio, venero xiii
gallie.
CXXXIX. engins, perieres — dehors et dens — y avoit daba-
lestiersi^ — dedens le chasteau de fust qui ardoit — ratirent arieres
— y ot des chevaliers R.
II, CXXXVJII-CXLIX 125
CXL. dehors et ociroyent — messyre Anceau de Brie qui estoit
— eschargaitie a iagait — traioit.
a . A la place de : « quant l'ost seroit plus eschery », on lit chez
Amadi 175 : « quando l'exercito de fora fosse disarmato et stantato,
porche spesso andavano chiqua chi là » ; et chez Bustrone 100 : « corne
H cavalieri Ciprioti si fusseno disarmati, o vera andati a Nicosia ».
CXLI. pour aubalestiers et avoit garnison — mena Phelippe de
Nevaire quy (qui P) le prist auci autres faiseors daubalestiers qui
(quy P) estoyent homes liges le roy et concetent (tnembre de phrase
corrigé d'après Amadi ijô^et Bustrone 100).
il. Introduit d'après Amadi 176.
CXLIl. Anceau de Bies — careau de daubalestre — et le geta —
ot seigna — trespassa les seignor — orrés et cornent.
a. Amadi 177 : « el suo rugiante lion » ; Bustrone 100 : <' il mio
eone ruggiante ».
CXLIIL cuidirent — ceaus dedens senbatirent.
CXLIV. assaillit.
CXLV. suervise a afaire R — quy qui un de ces jors — dedens
que nous P.
CXLVI. levesque de Ciete — loyaument a luy P.
a. §§ 203 et 204 supprimés.
/'. Les mots « il n'i ala », manquant au ms. de Cérines, ont
ôté introduits par conjecture, le texte d' Amadi 178 et celui de
Bustrone ici ne pouvant être utilisés pour combler la lacune, parce
qu'ils ne s'accordent pas exactement avec le début de la phrase
des Gestes. Amadi : « L'imperator intese le nove et non mandô soc-
corso alcuno o fuste, perché non haveva il modo o perché non
voleva, non si sa ». — Bustrone dit à peu prés la même chose en
moins de mots.
CXLVII. levangelier fu prensent R — afaire et entendy — can-
pane P — Saint André le sot.
d. Amadi 179, et Bustrone 102, ajoutent : « et una gran parte di
Genovesi ».
GXLVIII. chapele ; et le seignor P — connestable R.
CXLIX. l'empereor, enqueles.
I2é VARIANTES ET NOTES CRITIQUES
CL. il se repente — requiert que vous.
a. Introduit d'après Aniadi i8o.
CLl. richignant — de sers grans (Amadi i8o : cervi grassi) —
court nen entreroit.
CLII. por Deu il venist.
CLIII. maihnee le sert prist et cist — mager de luy — effrees
— lechiere — miege mostrerent.
CLV. le serf, que l'on juge — poin de cuer — veuill R — mes-
chance estre — eusse pooir nienfans.
CL VI. a. L'édition de l'Académie 724 a corrigé, en s'inspirant
d'Amadi 182 et de Bustrone 105 : « et il l'avoient seù dou baill de
Sur ; si se pansèrent de finer ». (]ette correction ne s'impose pas.
CL VIL à Acre les prisonniers R
a. Amadi 182 ajoute : « li ricevete por il re et... ». Bustrone 105
donne ce même détail.
/;. Amadi 182 ajoute que ces prisonniers étaient au nombre de
cinquante : c quelli 50 presoneri ».
c. Introduit d'après Amadi 182.
CLVIIL toutes le gens i? — pas a tort tais.
ti. Les §§ 2 10 et 211 contiennent des notes de caractère annalistique
que je supprime. Celle qui forme le § 211 rappelle la part prise, en
1236, par le sire' de Baruth et son neveu Jean, seigneur de Césarée,
au siège du château de Montferrand,en Syrie. Elle figure aussi chez
Amadi. J'hésite cependant à croire qu'elk appartienne à l'œuvre
originale de Philippe. Le contenu peut avoir été emprunté, par le
compilateur, au Livre de la Terre Sainte^ XXXIIl, 38-39, et aux
Annales de Terre Sainte {Archives de V Orient latin, t. II, p. 439).
h. J'emprunte à Bustrone 105 la phrase mise entre crochets. A la
place, le compilateur des Gestes se référant à la date des événements
rapportés au § 211 met simplement : « En celuy an ». — Amadi ne
fournit aucune indication chronologique.
c. Amadi 183 et Bustrone 105 sont un peu plus explicites quant
aux dispositions prises par Jean d'ibelin avant sa mort : Voici le
texte d'Amadi : <( Ha pagato tutti H soi debiti dal suo mobile che
non era pocco, oltra il credito che haveva con molti ; ha dispensato
Il, CL-CL\i 127
iLiitoil suo mobile et stabile non feudale a poveri deChristoet per
l'anima sua di sua man con bona memoria . »
CLIX. gens dou pais P — commanda spiritum P.
a. Amadi 184 ajoute : « imperochèegli fu assai bon homo con Dio
et con el niondo, et ïqcc nel suo fine bona memoria et grande emen-
datione ».
CLX. Les Longuebars quy estoyent a Sur — sa mère et estoit.
a. Les §§213 à 220 des Gestes contiennent le récit des croisades
de Thibaut de Navarre et de Richard de Cornouailles, et quelques
notes annalistiques, le tout emprunté par le compilateur au Livre
de la Terre Sainte et autres sources. Nous les avons supprimés.
h. Dans les Gestes^ ce paragraphe commence ainsi : « Ci endroit
vous dirons aucunes choses des gens de l'empereor Federic qui
estoyent a Sur » ; annonce introduite par le compilateur dans le récit
de Philippe, en raison de la longue interpolation étrangère à ce récit
(jui forme les §§ 213 à 220.
CLXI. si se jornerent — Bauduin P — estoit a Sur (jious corri-
geons en Arsuf iVaprès Amadi i8y) — Mobeliart — quy avoit lor
cousine (cf. note b) .
a. Amadi 187 ajoute au sujet d'Arsuf : « et Jo feva fabrichar... »,
détail qu'il a emprunté peut-être à une note annalistique formant le
§ 220 des Gestes : « En l'an de MCGXLI Johan de Ybelin, fis dou
seignor de Baruth, comensa a fermer le chasteau d'Arsuf ».
h. Eude de Montbéliard, connétable du royaume de Jérusalem, avait
épousé'Eschive de Tabarie, fille de Raoul de Tabarie et d'Agnès, fille
de Renaud de Sidon et d'Helvis ou Héloïse dlbelin. Cette Helvis
était la propre tante du seigneur de Baruth et de ses frères ici
nommés, dont Eschive de Tabarie était par conséquent la petite cou-
sine (cf. Ducange, Familles d'outremer, éd. Rey, pp. 375, 379, 432-
434). — Parmi les seigneurs partisans des Ibelins, dont l'absence
favorisa les entreprises de Richard Filangier, Amadi 187 cite en outre
Balian de Saete (Sidon). Il dit qu'il était mort à cette époque, ce
qui est exact (cf. Gestes, § 217) et qu'il avait été bail du royaume de
Jérusalem avant Eude de Montbéliard, ce qui est également exact
(c[. Ducange, Familles d'outremer, éd. Rey, pp. 434, 640). Il était
128 VARIANTES El NOTES CRITIQUES
comme le rappelle d'ailleurs Amadi, cousin du seigneur de Baruth
par sa mère Helvis, ci-dessus nommée. Le passage d'Amadi qui le
concerne se place immédiatement après les mots : «estoit à Arsuf ».
En voici la teneur : « El signor de Saeto ch'era suo cusin parimente
era morto, quai era baiulo de Acre, et el contestabile del reame
[Eude de Montbéliard], cheera baiulo da poi lui, era con l'exercito
in Cesaria ». Amadi a pu trouver ces renseignements autre part
que dans le conte de Philippe.
CLXII. dessus moty.
a. La tournure de cette phrase est un peu différente che?. Amadi
i88 : « Essendo [Riccardo Filangier] nella casa del Hospital, inandô
a chiamar li doi borgesi prenominati et parlô con essi da parte del
imperator ».
CLXIIL armes o tant de gent — failly quil ne contra.
a. Chez Amadi i88, le récit des faits rapportés dans le début de
cette phrase est plus développé : « Quesii doi borgesi andavano per
Acre privatamente, promettendo moite gratie a la gente da parte del
imperator ; etli davano danari a moltietli facenevano jurar de esser
in l'aiuto de messer Ricardo Felinger, baiulo de Sur per nome del
imperator. Onde accade che alcuni homini leali, a quaH hanno par-
lato questi borgesi et promesso gran cose, non volsero far nuUa, anzi
palezorno questa cosa per la terra ; et fu mormorato corne questi
borgesi fevano questa opéra ».
b. Amadi i88 ajoute ici : « ma li Pisani erano più tosto inclinati
a la parte del imperator ; et poi crido a l'improvisto : alParme !
all'arme ! Et si armorono a cavallo et a piedi molti Genovesi et
Venetiani contra l'imperator ».
CLXIV. lospital et aie Sur.
a. Passage omis dans le ms. de Cérines, et rétabli d'après Amadi
189.
b . La phrase qui précède, depuis les mots : « et le pot lors legie-
rement faire », manque chez Amadi 188. Cette circonstance et la
teneur même du passage autoriseraient peut-être à la supprimer
comme n'étant pas de Philippe,
c. Amadi 189 ajoute : « el Tempio ».
II, CLXII-CLXXIV 129
CLXV. poy de frère.
a. Le contenu des §§ CLXV à CLXVII manque totalement chez
Amadi et Bustrone.
CLXVIL vilain charge — font dou tout a obliver.
CLXVIIL Sorent se nevou — Monfort et a seignor.
a. Dans les Gestes, le début de ce § CLXVIII, jusqu'aux mots :
« lequel gouvernoit Sur », contient quelques expressions ou parties de
phrases empruntées par le compilateur au Livre de là Terre Sainte,
XXXIII, 52,011 sont rapportés les mêmes faits. Nous avons tentéde
le reconstituer sous sa forme originale à l'aide d* Amadi 192, dont
les leçons ont été placées entre crochets ; au lieu de « En ce tens, ou
poy avant », les Gestes ont : « En cest point » ; — au lieu de « parti de
Sur et o luy messire », les Gestes ont : « mist en une grant nef por
passer enPuilleeto luy semistrent » ; — au lieu de «et assés de gens
d'armes o luy ; lequel gouvernoit Sur », les Gestes ont : « et li livra
la cité de Sur et le chasteau ». — Chez Amadi, tout ce morceau est
placé plus loin, après l'annonce du siège de Tyr (ci-dessous,
§ CLXXVIII, après les mots [assegia Sur]).
h. Les Gestes continuent ainsi : « En ce que Richart Philanger fu
partis, les gens de Sur... ». Les sept premiers mots y ont été intro-
duits d'après le Livre de la Terre Sainte, XXXIII, 52. Cf. Amadi
189.
c. Amadi 189 dit de ces quatre bourgeois qu'ils étaient vénitiens
et génois : <( Venetiani e Genovesi ».
CLXIX. roy Conrat. Vous P.
a. Mots omis dans le ms. de Cérines, et rétablis ici d'après Amadi
189.
CLXXI. vous este quite R — et se Ion ne li rent, elle — et ou a
son servise.
CLXXII. por mon Phelippe de Monfort — mandèrent Phelippe de
Nevaire ala.
CLXXIII. poroyent tailer — celui dou Toron R — Courat yn
venist — qui estoit sage — dou seignor du Toron R — parole ne
fu seûe.
CLXXI V. la plus droite heir.
Philippe de Novare. 9
150 VARIANTES ET NOTES CRITIQUES
a. Selon Amadi 190, les Pisans n'assistèrent pas à la cérémonie :
« et feceno venir tutti li altri cavaglieri de Cypro, li Genovesi et li
Venetiani, et non li Pisani, perché erano partiali del imperator. »
h. Amadi 191 ajoute ici : « le quai parole disse ad alta et intelligibil
voce », détail qui, dans les Gestes , est indiqué au début de la phrase :
« Phelippe de Nevaire fu a lor conseil, et mostra lor parole et dist
moût hautement... »
CLXXV. lor requistrent — est la plus dreit heir — estoit dage.
CLXXVI. le prièrent i^ — il meïsme le claini — soit dire a gas.
CLXXVII. ne ly vostrent répété deux fois dans le ms. de Cérines .
a. Amadi 191 ajoute : « et il suo marito ».
CLXXVIII. parla aucun — manière quil avoyent en covenant P.
a. « de nuit » est peut-être un emprunt au Livre de la Terre
Sainte, XXXIII, 55.
h. La leçon des Gestes : « alerent tant que il vindrent devant
Sur », semble être un emprunt au Livre de la Terre Sainte, XXXIII,
55. Nous lui substituons celle d'Amadi 192: « assediorono Sur ».
C'est après ces mots qu'est mentionné par Amadi le rappel de
Richard Filangier par l'empereur et son départ de Tyr (cf. ci-
dessus, § CLXVIII, n. a),
c. Après ce mot, le ms. poursuit ainsi : « ceaus quiestoyent de luer
consent furent tous armés a la posterne devant la Boucherie devers
la mer, et firent enseignes a ceaus dehors de corre.» C'est un emprunt
au Livre delà Terre Sainte, XXXIII, 55, que je supprime. Amadi
192 est beaucoup plus explicite, et ce qu'il raconte peut très bien avoir
appartenu au récit original. Je crois donc devoir intercaler, dans notre
texte, son récit mis en français, cette intercalation étant, au surplus,
devenue nécessaire par suite de la suppression du passage tiré du
Livre de la Terre Sainte. Voici maintenant le texte italien correspon-
dant, que je reprends un peu avant le morceau intercalé : « Il re pro-
curô tanto che parlô ad uno de li borgesi, che per avanti li havevano
parlato in Acre et promesso de darli Sur. Il quale li respôse che non
lo potevano fare si come havevano promesso per avanti, ma che have-
vano una posterna verso la Becharia, sopra il mare, et si se voleva
metter a passar col suo exercito là per la marina a cavallo, elle sue
galee venisseno per la cadena del poi*to, che inmediate loro apririâno
II, CLXXV-CLXXX 131
la posterna et mokraveno la cadena del porto et potrano intrar segu-
ramente, et che loro di dentro a Sur, clie sono de la parte de esso
signor de Barutho, si voltaranno con le arme contra quelli del impc-
rator. Quanto el signor de Barutho intese questo modo li promisse
di farlo, ma che loro di dentro non li manchasseno, et lui respose
che dovesseno esser seguri che non li mancarieno niente. Onde
inmediate el signor de Barutho fece ordinar et per mar et per terra ;
et haveva ordinato un segnal tra lui et quelli délia terra. Da Taltre
parte, quel borgese che parlô al signor de Barutho, referi le cose a li
altri borgesi che se intendevano di questa cosa, et quando videno il
ponto, loro feceno il segno ordinato ; il che visto, el signor de Baru-
tho... »
CLXXIX. et le porta après de la ville (cf. ci-dessous, note c).
a. Cf. § CLXXVIII, n. c,
h. Après ce mot, le ms. poursuit : « et ferirent des espérons et sen
alerent par la mer res a res des murs de la ville delés FOspital des
Alemans », emprunt au Livre de la Terre Sainte , XXXIII, 55.
c. Il y a sans doute ici une lacune, bien que le manuscrit n'en
porte pas trace. Amadi 193, après avoir raconté que le seigneur de
Baruth releva la bannière qui était tombée dans la mer, ajoute : « et
[el signor de Barutho] andô a la posterna délia Becharia, che ancora
non era la porta averta; ma quelli che la dovevano aprir erano
venuti alhora li et adverseno. » Il n'est pas impossible que ces
détails, bien qu'un peu oiseux, aient fait partie du conte original.
Nous hésitons cependant à les attribuer à Philippe et préférons com-
bler la lacune non à l'aide du texte italien mais par conjecture.
CLXXX. gens y entrèrent en la ville — Tout ceaus P.
a. Amadi 193 ajoute : « che molti furono feriti da quelli che sta-
vano su le torre de la cadena, che non erano amici » .
h. Amadi 193 ajoute : « si maravegliavano di quel che fece il signor
de Barutho cosi subito, perché nonsapevano el parlamento chehebbe
con quelli de Sur que erano délia sua parte ; et tutta via quelli del
hoste, vedendo questo, si missero a correr... »
c. Amadi 194 ajoute : « corne quelli che li odiavano molto per
le onte et dispiaceri che li feceno, et maxime li Genovesi » .
152 VARIANTES ET NOTES CRITIQUES
CLXXXI. a. Amadi 194 ajoute î « et questo avenne a li Longo-
bardi, homini del imperator, per li oltragii che facevaiio a quelli
délia terra ».
l), Amadi 194 ajoute : « et la mazor parte erano Zenovesi et Vene-
tiani ».
CLXXXII. Sarazin apelent P — etrecuillir et ses choses, et dou-
nerent lor nef as Sarazins, ne sosoient mètre (cf, note c).
a. Après « oy avant », les Gestes continuent : « quant il orent esté
.IX. jors sur mer, une fortune les prist quy les mena en Barbarie. La
troverent il lor nef en foible point, com celé quy faisoit aiguë en plu-
sors lues » ; phrase empruntée au Livre de la Terre Sainte^ et à laquelle
nous substituons le texte d'Amadi 194 : « el tempo lo mené in Bar-
baria,et si aperse la nave talmente che furono tutti in pericolo de
annegarsi » .
h. Amadi l'appelle « Joan de Gril ».
c. Les Gestes ajoutent : «et donnèrent lor nef as Sarazins », emprunt
au Livre de la Terre Sainte, XXXIII, 55.
CLXXXIII. ne sosoient (Il omis) — Triples i?.
a. Amadi 194 a de plus quelques menus détails : « Quelli de le
barche hanno dimandato di chi era quella nave, in modo che li
cognoscetono a la lengua, et armorono le sue barche et andorono
da loro et li preseno . »
CLXXXI V. a. Voici la phrase correspondante chez Amadi
195 : « Et menandoli per la strada le donne et li putti li trazevano
sassi et li dicevano villanie; et, se non fosse statto el rispetto de
quelli che li menavano, li haveriano finito de lapidare ».
CLXXXV. Le ms . répète, en tête du chapitre^ Le seignor de Baruth
— ceaus dou dou chasteau (chastiau R).
a. Rétabli d'après Amadi 195.
CLXXXVI. sire Litier — euis bendelés — estoient liés.
a. Amadi 195 ajoute : « che si chiama la Terlarghe » (probable-
ment la Tour large),
CLXXXVII. Phelippe de Nevaire les resut — et delivreroit les
prisoniers.
II, CLXXXI-CLXXXIX 133
a, Amadi 196 ajoute: « il qualc cridô a quclli de fora che doves-
seno induciar et mandar alcuno a parlarghe ».
h, Amadi 196 : « sani et salvi et integri de li soi membri ».
c. Amadi 196 : a uno délia casa de Ibelin o de altro lignagio».
CLXXXIX. entrinement — desracinée — arachée (V édition de
r Académie donne comme leçon du ms. de Cérines esraché ; mais
cette leçon ne figure ni dans R ni dans P ; elle peut avoir été recueillie
par r éditeur dans des notes à lui fournies par M. Raynaïul).
a. Amadi 197, ajoute ici un court épilogue qu'il peut avoir em-
prunté au conte de Philippe ; « El re de Cypro et il legnagio di
blim visseno da poi longo tempo con grande honor, et gover-
norono et mantenerono li doi reami de Hierusalem et Cypro in
bon stato, con la gratia di tutte le gente, corne quelli che sapevano
mantenir ciascuno nelle sue rason, per la loro lealtà, bontà et libe-
ralità con tutti ; ma, perché é troppo longa historia a voler contar
ciô che feceno in vita sua, tacio, assigurandovi ben che in la christia-
nitànon si sia il piu valoroso lignagio di quello di Iblim ».
h. Cette dernière phrase ne figure pas chez Amadi; je l'attribuerais
volontiers au compilateur des Gestes \ car Philippe, dans son conte,
n'a donné que peu d'indications chronologiques. — La date de la
prise du château de Tyr est 1243 ^^ ^^^ 1242.
TABLE CHRONOLOGIQUE
1217 3 mai Naissance de Henri l*\ roi de Chypre, II,
II (Livre de la T. 5., xxxiii, 31, éd.
Acad., 398).
1218 10 janvier Mort de Hugues P% roi de Chypre, à
Tripoli, II, II.
1223 automne ? Jean l^S seigneur de Baruth, fait cheva-
liers ses deux fils aînés, Balian et
Baudouin, II, vi.
— fin de rautoninc duerelle d'Aimery Barlais et du cheva-
lier Toringuel, II, vu.
1223-1224 hiver. Aimery Barlais se réfugie à Tripoli, après
sa querelle avec le chevalier Toringuel,
II, VIII.
1224 vers Pâques Aimery Barlais rentre en Chypre avec le
sire de Baruth, II, viii.
— après Pâques .' . Aalis de Champagne, veuve de Hugues
P% roi de Chypre, se rend en Syrie (à
Tripoli) où elle épouse Boémond d'An*
tioche (fils de Boémond IV), II, viii.
— 3 mai ou peu après. . . . Henri P** est couronné roi de Chypre à
Nicosie [à l'âge de 7 ans : Lorédano,
Hlst. d. rois de Chypre, trad. franc., 1. 1,
p. 39], H, IV.
— fin, ou 1225 début Isabeau de Brienne épouse, à Acre, Fré-
déric II, par l'entremise de Jacques,
évêque de Patti, I, v, viii.
1225 i'" semestre Philippe d'Ibelin se désiste de sa charge
de bail de Chypre. La reine Aalis dé-
signe Aimery Barlais comme son suc-
cesseur, II, IX.
— 1*' semestre Aimery Barlais, dont les barons chy-
priotes n'ont pas voulu comme bail, se
rend de nouveau à Tripoli, II, x.
— printemps Isabeau de Brienne, mariée à Frédéric II,
est couronnée à Tyr par Simon de
Maugastel, archevêque de Tyr [ou par
Raoul, patriarche de Jérusalem], I,ix,x.
— 8 juillet Isabeau de Brienne s'embarque (à Tyr ?)
pour l'Italie, où elle épouse [le 9 no-
vembre] l'empereur Frédéric, I, xi.
I2I7 — 1229 ^5
1225 été Combat singulier de Gauvain de Cheniclii
avec le chevalier Guillaume de la Tour,
II, XI.
— vers la fin de l'année... Gauvain de Chenichi se rend en Italie
auprès de l'empereur Frédéric, II, xii,
1227 fin août et début de sep- Le bruit court en Chypre que l'empereur
tembre. s'estembarquépour la croisade, II, xiii.
— début d'octobre Gauvain de Chenichi revient d'Italie en
Chypre, II, xii.
— I" moitié d'octobre. . . . On apprend en Chypre que l'empereur a
retardé son passage, II, xiii.
— fin d'octobre ou no- Combat singulier d'Aimery Barlais et
vembre. d'Anceau de Bries, II, xiii.
— fin Mort de Philippe d'Ibelin, en Chypre, II,
XVII.
1228 25 ou 27 avril Naissance du roi Conrad, fils de Frédéric
II et d'Isabeau de Brienne, II,clxix.
— 8 mai Mort d'Isabeau de Brienne, II, xl.
— 21 juillet Arrivée de Frédéric II à Limisso, en
Chypre, II, xviii.
— entre le 21 juillet et le Frédéric II séjourne à Limisso, dans un
17 août. manoir.de Philippe d'Ibelin. Il y offre
un festin aux seigneurs de sa suite et
aux barons chypriotes, II, xviii-xxxiii.
— I'* quinzaine d'août... . Des renforts, appelés de Syrie, rejoignent
l'empereur à Limisso, II, xxxiv.
— 2* quinzaine d'août L'empereur se rend de Limisso à Nicosie,
où Jean, sire de Baruth, s'était retiré.
Celui-ci se réfugie dans le château de
Deudamor, II, xxxiv-xxxv.
— 3 septembre L'empereur s'embarque à Famagoustc
pour la Syrie, II, xxxviii, xxxix.
— 7 septembre L'empereur, avec son armée, débarque à
Acre, II, XL.
— 15 novembre. . L'empereur, parti d'Acre, arrive à Joppe,
II, XL.
— novembre ou décembre. Le comte Etienne de Boutron est envoyé
comme bail en Chypre par l'empereur,
II, XLI.
1229 18 février Traité de paix entre Frédéric II et le
Soudan d'Egypte Malek Kamel, conclu
à Joppe ou à Gaza, II, XL.
17 mars Frédéric II se rend en pèlerinage à Jé-
rusalem, [d'où il repart dès le 18 ou
: 19 mars], II, xlii.
—^..c 25 mars L'empereur revient de Jérusalem à
Acre, II, xlii.
— I" mai. L'empereur s'embarque à Acre et fait voilé"
• pour Limisso. Il séjourne en Chypre
jusqu'au milieu de mai, époque de son
départ pour l'Occident, II, xi,iii, XLV.
136
TABLE CHRONOLOGIQUE
1229 I" quinzaine de mai. . . Mariage de Henri, roi de Chypre, avec
Aalis de Montferrat, fille de Guillaume
IV, marquis de Montferrat, II, xlv,
CXXXVII,
— i'^ quinzaine de mai L'empereur vend à cinq seigneurs chy-
(entre le 25 mars et priotes (les cinq baus) le bailliage de
le i**' mai, d'après le Chypre et les revenus de l'île, jusqu'à
Livre de la T, S., la majorité du roi, II, xlv.
XXXIII, 9.)
t— fin mai ou début de juin. Philippe de Novare, menacé par les « cinq
baus » de Chypre, se réfugie dans la
tour de l'Hôpital de Saint-Jean à Nico-
sie, II, XLVI-LV.
— 2""* quinzaine de juin. . . Jean, sire de Baruth, avec son armée, se
rend d'Acre en Chypre, pour conquérir
l'île sur les « cinq baus ». Il débarque
à la Castrie, II, lvi.
— samedi 14 juillet Bataille de Nicosie entre Jean, sire de
Baruth, et les « cinq baus », 11^ Lvii-LX.
— fin juillet, à 1230 mai- Siège du château de Deudamor par le
juin. sire de Baruth et ses fils, II, lxii-lxxi.
1230 vers Pâques (7 avril).. Les Longuebars, assiégés dans le château
de Deudamor, souffrent de la famine,
II, LXVIII,
— printemps Mort de Gauvain de Chenichi,. assiégé
dans la Candare, II, lxx.
— juin- juillet La paix est conclue entre les cinq baus
de Chypre et les Ibelins, II, lxxi.
1231 fin août Jean, sire de Baruth, ayant appris la pro-
chaine arrivée d'une flotte impériale
portant une forte armée, quitte Acre
etaborde à Limisso, II,Lxxvii, Lxxvm.
— début de septembre. . . . Arrivée devant le cap Gavata d'un impor-
tant corps de troupes impériales en-
voyées d'Italie sous les ordres de
. Richard Filangier, II, lxxvii-lxxviii.
— hu de l'automne L'armée des Impériaux, sous les ordres
. de Richard Filangier, n'ayant pu dé-
barquer en Chypre, passe en Syrie et
s'empare de la ville de Baruth, dont
.. elle assiège ensuite le château, II, Lxxx.
— milieu de décembre .... Le sire de Baruth décide le roi de Chypre
à l'accompagner en Syrie pour secourir
. . . * Baruth, II, Lxxxîi-Lxxxiv.
— vers Noël Le sire de Baruth et le roi de Chypre font
...... leurs préparatifs pour aller secourir
Baruth, II, Lxxxv.
1232 « au chef du troublât La flotte du sire de Baruth et du roi de
'•io;:.l>? et au tour de la lune»,; Chypre met à la voile à Famagouste et
-•'i •; -1^ w (probablement à l'épo- aborde en Syrie, au Puy du Connéta-
que de la lune de ble, II, lxxxv, lxxxviii.
mars).
1229 — 1235 137
1232 avril (cf. Huillard-Bré- Jean d'Ibclin, sire de Baruth se fait
holles, Introduction y nommer maire de la ville d'Acre, II,
p. CCCXLV). CI.
— fin avril Une partie de l'armée des Impériaux
quitte le siège de Baruth et passe en
Chypre, où elle occupe presque toutes
les villes et châteaux, II, c.
— 3 mai Bataille de Cazal Ymbert, II, ciii-cviii
(cf. Livre de la T. -S., xxxiii, 31, éd.
Acad., p. 398). . .
— après le 3 mai Le roi de Chypre, devenu majeur, donne
des fiefs à ses partisans et accorde des
franchises aux Génois, II, cxiv.
— vers le milieu de mai . , . Le reste de l'armée des 'Impériaux repasse
de Syrie en Chypre, II, cix.
— 30 mai L'armée chypriote met à la voile [le jour
de la Pentecôte] à Acre et aborde vers
le 3 juin à Famagouste, qu'elle reprend
aux Impériaux, II, cxiv-cxxi {Livre
de la T. -S., xxxiii, 34, éd. Acad., p.
400).
— vers le 5 juin Traité entre le roi de Chypre et les Génois
à Famagouste, II, cxxii.
vers le 5 juin Pendant le séjour du roi de Chypre et du
sire de Baruth à Famagouste, les châ-
teaux de la Candare et de Bufavent leur
sont rendus parles Impériaux, II, cxxi.
— vers le 7 juin Le sire de Baruth se rend, avec le roi de
Chypre et l'armée chypriote, de Fama-
gouste à Nicosie, que Richard Filan-
gier abandonne, II, cxxiv.
— 15 juin Victoire des Chyprois sur les Impériaux, à
Agridi (la Gride), II, cxxvi-cxxxii.
— peu après le 15 juin Les Chyprois reprennent aux Impériaux
le château de Deudamor et mettent le
siège devant Cérines, II, cxxxiii.
1232-1233 pendant le siège Mort d'Aalis de Montferrat, femme de
de Cérines. Henri P' roi de Chypre, II, cxxxvii.
1233 peu après la Pâque de Pendaison du traître Martin Rousseau,
mai. pendant le siège de Cérines, II,cxl, cxli
— après Pâques (Livre de Reddition du château de Cérines entre
la r.-5., xxxiir, 36) ; les mains des Chyprois, II, clvi.
après le 15 juin (Phil.
de Nov.).
— printemps Frédéric II envoie en Syrie l'évéque de
Sidon, avec mission de rétablir la paix
entre lui et les barons d'outre-mer, et
propose à ceux-ci Philippe de Maugas-
teau, comme son lieutenant à Acre, II,
cxLvi (Huillard-Bréholles, Introd., p.
CCCXLVIl).
138. TABLE CHRONOLOGIQUE
1233 vers la fin du siège de Le sire de Baruth, appelé de Cérines à
Cérines. Acre, est confirmé dans son titre de
maire d'Acre, II, cxlix (Hnillard-Bré-
holles. ibid.).
— automne (?) Mort d'Anceau de Bries, à la suite d'une
blessure reçue au siège de Cérines,
II, CXLII.
1236 Mort de Jean I*^ d'Ibelin, sire de Baruth,
II, CLIX.
1239 mars, à 1240 septem- Croisade de Thibaut, roi de Navarre, II,
bre . CLXi.
1240 juillet-août (i2$9 : An- Mariage d'Aalis de Champagne, veuve de
nales de la T. -S. ; fin Hugues l"" roi de Chypre, avec Raoul
1239: Huillard-Bré- de Soissons, II, CLXxii (Livre de la Ter rr
holles, Introduction, Sainte, xxxiii, 50).
p. CCCLVII.)
— automne Tentative de Richard Filangier pour
s'emparer d'Acre, II, clx-clxiii.
1241 Siège de la maison de l'Hôpital d'Acre
par le sire de Baruth, II, clxiv-clxvii.
1243 début de juin Richard Filangier, rappelé par Frédéric II,
quitte la Syrie, H, clxviii.
— 5 juin ......... Les barons du royaume de Jérusalem re-
connaissent la souveraineté d'Aalis de
Champagne, veuve de Hugues Ps roi
de Chypre, II, clxix-clxxvii.
— 12 juin Balian, seigneur de Baruth, et Philippe,
seigneur du Toron, s'emparent de la
ville de Tyr, grâce à la connivence des
habitants, II, clxxvii-clxxxi.
— 10 juillet Capitulation du château de Tyr entre les
mains du seigneur de Baruth et du sei-
gneur du Toron, II, clxxxii-clxxxix.
iJlic
TABLE DES NOMS PROPRES
Aalis, Alis, Alix de Cliampagne,
tîUe d'Isabelle r% reine de Jéru-
salem, et de Henri de Champagne
son troisième mari^ femme de Hu-
gues P'' roi de Chypre, tante (et
non sœur) dlsabeau de Brienne,
et nièce de Jean I^d'Ibelin, sire de
Baruth, ctde Philippe d'Ibelin son
frère, i, 5, 102. — Après la mort
de son mari (10 janv. 12 18), elle
est investie du bailliage de Chypre,
que Frédéric H lui réclame, 5-6.
— En mésintelligence avec ses
oncles, Jean et Philippe d'Ibelin,
elle se retire à Tripoli, où elle
épouse Boémond (V), fils de Boé-
mond IV, prince d'Antioche
(1224), 8. — Elle désigne comme
bail de Chypre, à sa place, Aimery
Barlais, 8. — Lors du départ d'Isa-
beau de Brienne pour l'Italie (122 5,
8 juillet), elle l'accompagne jus-
qu'au rivage de Tyr(?), 3. — Les
Ibelins, malgré les revendications
de l'empereur, continuent de la
tenir pour bail de Chypre, 21-2 ;
Philippe de Noyare fait de même,
27. — En 1245, Balian d'Ibelin,
sire de Baruth, obtient d'elle qu'elle
se fasse mettre en saisine du
royaume de Jérusalem, jusqu'à l'ar-
rivée du roi Conrad, fils de Fré-
déric II, héritier légitime du royau-
me, 93-4. — Elle est proclamée ré-
gente du royaume et reçoit l'hom-
mage des barons, 95-6, loi. — Elle
récompense généreusement Phi-
lippe de Novare de l'appui qu'il lui
a donné en cette circonstance, 96.
— Elle somme les Longuebars
qui occupent Tyr de lui ouvrir le-
portes de cette ville ; ceux-ci refus
sent, 96. — Séparée de son
second mari, Boémond d'Antioche
(1227), elle avait épousé Raoul de
Soissons (1239 ou 1240), 94.
Aalis de Montferrat, fille de Guil-
laume IV, marquis de Montferrat,
mariée par Frédéric II, en mai 1229,
à Henri P"" de Lusignan, roi de
Chypre, 25. — On la surnomme
la reine longuebarde, 80, 123 . —
Elle meurt, en 1232 ou 1233, dans
le château de Cérines, 72, 80, 122,
123.
Acre. Les galères impériales qui
viennent chercher Isabeau de
Brienne y abordent (1224), 2, —
Les barons du royaume de Jéru-
salem et quelques-uns de Chypre
y reçoivent les envoyés de Frédéric,
II, 3. — Une partie de l'armée im-
périale y aborde (septembre 1228),
12. — Frédéric II y reçoit rhommage
des hommes liges du royaume de
Jérusalem ; il y réside à plusieurs
reprises durant son séjour en Terre
Sainte ; à son départ (mai 1229),
les habitants lui jettent des ordures,
^4-25, 106. — Les baus de Chypre
I. Les chiffres renvoient aux pages de la présente édition. — Sauf indica-
tion contraire, les personnages sont classés d'après leur prénom.
140
TABLE DES NOMS PROPRES
y lèvent des soudoyers, 25. — Ils
s'offrent à y conduire le sire de Ba-
ruth et les siens s'ils ne peuvent
faire paix avec lui, 26. — Balian
d'Ibelin, fils du sire de Baruth, y
réside et y reçoit une poésie de
Ph. de Nov. (mai-juin 1229), 30-
32. — Les Chyprois qui avaient suivi
Frédéric IlenSyriey reprennentla
mer (juin 1229), 36. — Le jeune
seigneur de Césarée, Jean de Ba-
ruth, y séjourne (123 1), 58. —
Balian d'Ibelin forme le projette
s'y rendre en passant par le territoi-
re dusultan de Damas (1232), 63.
— Le sire de Baruth est nommé
maire de la commune, 64, 69. —
— L'armée du roi de Chypre sort
d'Acre pour aller combattre les Lon-
guebars(i232), 64. — On y traite
de la paix entre les Ibelins et les
Longuebars, 65. — Le roi de Chy-
pre y rentre après la bataille de
Casai Ymbert(3 mai 123 2), 66. —
Le sire de Baruth en sort pour al-
ter à la rencontre des Longuebars
victorieux, 67. — Une partie de la
flotte des Longuebars y séjourne,
70. — L'armée du roi de Chypre et
des Ibelins s'y embarque pour
retourner en Chypre (3omai 1232),
70. — Frédéric II désigne Phi-
lippe Maugasteau comme bail à-
Acre (1233), 84. — A mi-cherriin
entre Acre et Tyr, a lieu un échan-
ge de prisonniers entre le sire de
Baruth et les Ibelins (1232), 88-9.
— Richard Filangier s'entend avec
deux bourgeois d'Acre pour s'em-
parer de la ville par surprise (autom-
ne 1240), 90,128. — Sa tentative
avorte, 90-3 . — Siège de la maison
del'Hôpiîal par le sire de Baruth,
91-2. — ^Poulains d'Acre, 70, 85. —
Rué de la boucherie, 25. — Rues
des Vénitiens et des Génois, 91.
—r Porte de Mau-Pas," 90. —
Église Sainte-Croix, 84. — Con-
frérie de Saint-André, 84-5. —
Maison de Jean d'Ibelin, comte
de Jaffa. 70. -r- Maison de l'éyêque,
85.— Maison et jardin de l'Hôpital,
90-3.
Agnès, fille de Renaud de Sidon et
d'Helvis d'Ibelin, 127.
Agridi. Voy. Gride{la).
AiMERY Barlais OU Barlas, barou
chypriote, un des v cinqbaus » de
Chypre, appelé par Amadi Chamf-
RiN Barlas, fils de Renaud Barlais
et d'Isabelle de Bethsan, beau-fils
de Bertran Porcelet, qui était le
2^ mari de sa mère, 6, 63, 109, iio,
124. — Sa querelle avec le cheva-
lier Toringuel, puis avec Philippe
d'Ibelin (1223), 7-8. — Il se retireà
Tripoli, d'où lesire de Baruth lera-
mène, 8. — Désigné comme bail de
Chypre par la reine Aalis, 8. — Ce
choix étant mal accueilli, il quitte
Chypre et se rend de nouveau à
Tripoli(i225), 9. — Sa querelle et
son duel avec Anceau de Bries (oct.-
nov. 1227), 10-12, 104. — Il excite
Frédéric II contre les Ibelins
(1228), 12. — Pendant un séjoTir
qu'il fait à Limassol, en 1228^ il
habite au-dessus du logis des fils du
sire de Baruth et souille leurs
chambres d'ordures, 20, 45.— Il
s'efforce d'obtenir de Ph, de Nov.
qu'il abandonne le parti des Ibelins,
27. — Ph. de Nov.; dans ses poé-
sies et chansons, lui donne le so-
briquet de Renart, 29, 32, 39-40,
41, 44-50, iio. —Après la bataille
de Nicosie (14 juil. 12 29), il s'enfer-
me au château de Deudamor, 35,
39-40. — Allusionsà cet événement
dans une poésie de Ph.de Nov.', 44-
50. — Ayant fait là paix avec le
sire de Baruth après la prise de la
Candare par les Ibelins (1230), il
cherche à abuser ce prince par des
* semblants d'amitié, 51 (cf. 46). —
' Il quitte la compagnie du sire de Ba-
ruth par crainte des chevaliers qui
= n'avaient pas adhéré à la paix, 51
(cf. 46-8, iio). — Il s'excuse au-
près de l'empereur d'avoir conclu
: la paix avec le sire de Baruth et
l'engage à envoyer en- Chypre
AGNES
ANCEAU
141
quelques troupes pour recommen-
cer la guerre, $2. — On fait
courir le bruit qu'il veut tuer le
sire de Baruth, 53. — Il accom-
pagna peut-être en Syrie les Lon-
guebars partis de Chypre pour
aller assiéger Baruth (123 1), 53.
— Il revient en Chypre pour
s'emparer des châteaux (1232), 63.
— La tour du port de Famagous-
te et le château de Ccrines lui sont
livrés, mais il ne peut prendre
Deudamor, 63-4, 68. — Il
retourne en Syrie avec Richard
Filangier, puisse rend en Fouille
pour demander du secours à l'em-
pereur, 79. — Le roi Henri I^"^, con-
formément à une sentence de la
haute-cour de Nicosie, se saisit de
ses fiefs en Chypre, 80, 124. —
Voy. aussi Baus (Les cinq).
Aire de Vèvêque (Maison dite F), à
Tripoli, 62, 63.
Albert Rezato, dit aussi Albert
de Reggio, patriarche d'Antioche,
légat apostolique en Terre Sainte,
64-5, 70.
^/^;7;rt/V«é', Allemagne, >o. — Barons
d'Allemagne qui passèrent en
Syrie avec Frédéric lî, 15. —
Usages d'Allemagne en matière
féodale, 6, 16. — Chevalier alle-
mand tué à la bataille de la Gride,
A LEMAN (Garnier F). Voy. Garnier.
AJep ou Halappe (Sultan d'). Voy.
Melik EL- Aziz.
Alis, Alix. Voy. Aalis.
Allemans (Hôpital des), Ordre teu-
tonique. — «r Le maistre des Alle-
mans )), 24 (était, en 1229-30,
Hermann de Salza, représenté en
Orient par un chevalier nommé
Haymo). — Un de leurs vaisseaux
arrive à Acre (1231), 52.
A>fAURYDE Bethsan, baron chypri-
ote, cousin d'Aimery Barlais, un
des « cinq baus » conjurés contre
les Ibelins, 6, 12, 79. — Ph. de
Nov., dans ses chansons, lui donne
le sobriquet de Grimbert, ou Grim-
bert le taisson , 29, 44-50. — Après
la bataille de Nicosie ( 14 juil. 1229),
il s'enferme à Deudamor avec Hu-
gues de Gibeletet Aimery Barlais,
35,37. — De Syrie, où il était allé
avec l'armée de Richard Filangier,
il revient en Chypre pour s'emparer
des châteaux (1232), 63. — La tour
du port de Famagoustc, le châ-
teau de Cérines et d'autres forte-
resses lui sont rendus, 63-64, 68.
— Il retourne à Tyr avec Richard
Filangier, puis se rend en Fouille
pour demander du secours à l'em-
pereur, 79. — Le roi de Chypre, se
saisit de ses fiefs, 80, 124. —
Voy. aussi Baus (Les cinq) de Chy-
pre.
Amaury P"*, roi de Jérusalem, i,
16, 83,94.
Anceau ou Anseau de Bries, fils
d'un cousin de Jean I*"" dlbelin^
sire de Baruth, partisan des Ibe-
lins, 9. — Ses qualités physiques et
morales, 9. — Il s'oppose à ce que
le bailliage de Chypre soit donné .à
Aimery Barlais, 9. — Son duel avec
Aimery Barlais (1227), 10-12,31.
— Au festin de Limassol, il sert
comme écuyer tranchant, 15 . — Il
offre au sire de Baruth de tuer l'em-
pereur, 19-20. — Ph. de Nov., en-
fermé dans la maison de l'Hôpital à
Nicosie, l'appelle à son secours
(1229), 31. — Ses prouesses à la ba-
taille de Nicosie(i4 juil. 1229), 34-
35, — Il assiège laCandare (1229-
1230), 35, 38-40. — Machine de
guerre qu'il construit, 38, 40. —
Il refuse d'assister à la conclusion
de la paix entre le sire de Baruth et
les cinq baus,mais y adhère plus tard
par déférence pour le sire de Baruth,
43, 45, iio. — Il est cause de la
défaite des Chyprois à Casai Ym-
bert (3 mai 1232), 65-6. — A la
bataille de la Gride, il commande
la première échelle des Chyprois
et lutte en combat singulier avec
Bérart de Manope, 75-6. — Les
Longuebars assiégés dans Cérines
142
TABLE DES NOMS PROPRES
cherchent à le tuer traîtreusement,
81. — Il meurt d'une blessure
reçue au siège de cette place
(1233), 82. — Surnommé l'Ours
par Ph. de Nov., 44. — Le sire de
Baruth l'appelait son « rouge
lion», 82.
Anfrey de Mon aigre, chevalier
chypriote, 72.
Angleterre (le roi d'). Voy. Henri IIL
Anseau. Voy. Anceau.
Antioche, 23, 79. — Richard Filan-
gier nommé légat de l'empereur à
Antioche, m. — Princes d'An-
tioche, voy. Boémond IV, dit le
vieux prince d'Antioche ; Boémond
V. — Princesse de la maison d'An-
tioche, voy. Marie d'Antioche-
Tripoli. — Patriarche d'Antioche,
en 1233 (non nommé), voy. Al-
bert Rezato.
Armand de Périgord, grand-maître
du Temple. C'est probablement
lui qui est cité, p. $8.
Arménie {Petite), 99. — Guillau-
me de Rivet, un des cinq baus de
Chypre, y meurt, 43. — Les Lon-
guebars et Richard Filangier y
lèvent des troupes (1232), 71, 79,
122, 123. — Richard Filangier
avait été nommé légat en Arménie
par Frédéric II, m.
Arneis. Voy. Hernis.
^r5w/ ou ^r5«r, ville de Syrie, s 9, 90,
114, 127. — Voy. Jean deFoges.
Autriche (le duc d'). Voy. Léo-
POLD V.
Bahiloine, l'Egypte, 83 ; le Ca^re, 23*
Sultan d'Egypte. V. Malek-Kamel-
Balian d'Tbelin. Voy. Ibelin (Ba"
lian d') .
Balian P% seigneur de Saete (Si-
don), fils de Renaud, seigneur de
Saete, et d'Héloïse d'Ibelin, neveu
de Jean F'" d'Ibelin et bail du royau-
me de Jérusalem, 127. — Il accom-
pagne sa cousine Isabeau de Bri-
enne en Italie lors du mariage de
celle-ci avecc Frédéric II (1225), 3.
. • — Il se rend-à Limassol vers Fré-
déric II, 20. — Celui-ci le nomme
bail de Terre Sainte, et le charge
de la garde du château de Tyr
(1229), 25. — Il livre Tyr auxLon-
guebars (1230), 58, 113. — Il cher-
che à obtenir des habitants d'Acre
qu'ils jurent fidélité à l'empereur
(1240), 84. — Le seigneur deCésa-
rée, Jean de Baruth, le protège con-
tre les habitants d'Acre, 85. —
C'est peut-être de lui qu'il est ques-
tion à la p. 71 (cf. p. 117).
Balian, fils de Ph. de Nov., 97, loi.
Barbarie^ côte septentrionale de l'A-
frique, 98, 99.
Barlais (Aimery). Voy. Aimery B.
Baruth, Beyrouth. — Droits de
Jean F"" d'Ibelin sur cette ville, 16.
— Grâce à la trahison de l'évèque,
elle est prise par les Longuebars,
qui mettent ensuite le siège devant
le château (123 1), 53, 55. — Jean
d'Ibelin, seigneur de la ville, vient
au secours des assiégés, puis se
retire après avoir garni le château,
60-3, 113. — Les Longuebars lèvent
le siège 64. — Balian d'Ibelin y
séjourne après la mort de son père
Jean F' (1236), 90. — Le Chaufor,
place voisine du château, S4- —
Tour des traîtres, 59. — fivéque
non nommé (peut-être Waleran-
nus ou Galerannus), 53, m. —
Le vieux sire de Baruth, voy. Ibe-
lin (Jean I"d').
Baruth (Gautier III de). Voy.
Gautier III de Baruth.
Baruth (Jean de). Voy. Jean de
Baruth, dit le jeune seigneur de
Césarée.
Baudouin dTbelin. Voy. Ibelin
(Baudouin d').
Bauduyn (Philippe de). Voy. Phi-
lippe DE B.
Baus (Les cinq) de Chypre, sa-
voir Aimery Barlais, Amaury de
Bethsan, Guillaume de Rivet, Hu-
gues deGibelet,Gauvainde Cheni-
chi, conjurés contre les Ibelins, 6-
7. — Les quatre derniers assistent
au duel d'Anceau de Bries et d'Ai-
ANFREY
CAS AL YMBERT
143
mery Barlais, 12. — Les cinq baus
se plaignent des Ibelins auprès de
Frédéric II, 12. — Frédéric II leur
vend le bailliage de Chypre, 25,88.
— Ils se font livrer les châteaux de
Chypre et se saisissent de Philippe
de Novare (1229), 25-6. — Ils met-
tent la main sur tous les biens du
sire de Baruth en Chypre, et assiè-
gent la maison de l'Hôpital à Nico-
sie, où se sont réfugiés les femmes
et les enfants des partisans des Ibe-
lins, ainsi que Ph. de Nov., 29, 32.
— Chansons que Ph. de Nov. fit
sur eux et sobriquets qu'il leurdon-
ne, 29, 52,39-40,41,44-50. —Ils
tentent vainement d'empêcher le
débarquement de l'armée des Ibe-
lins à la Castrie (1229), 33. — Ils
font garder le roi Henri P'à Nicosie
et livrent bataille devant cette ville
à l'armée du sire de Baruth (14
juil. 1229), 33-4,36-7.— Vain-
cus, ils vont s'enfermer dans les
châteaux de Lile, 35, 37, 41. —
Gauvain de Chenichi meurt pen-
dant le siège de la Candare par les
Ibelins (1230), 42. — Guillaume de
Rivet meurt en Arménie, vers la
même date, 43.
Beatdeu, abbaye de Beaulieu, or-
dre de Cîteaux (peut-être l'abbaye
deBeaumont, près Tripoli), 62.
Belheïs, ville d'Egypte. — Assise
qui y fut faite en 1168 pour inter-
dire aux chevaliers montés de pren-
dre part à l'assaut des villes et châ-
teaux, 83. — Prise par le roi A-
maury I"de Jérusalem, 83.
Bérart de Manope (le comte),
capitaine de la 2" échelle des Lon-
guebars à la bataille de la Gride,
77. — Manope est peut-être Mano-
pello, voy. Gautier DE Manepiau.
Bertrand, Betran de Gibelet,
père de Hugues, qui était un des
cinq baus, 28.
Bertrand, Betram Porcelet, beau-
père d' Ai mery Barlais, dont il
avait épousé la mère, 62, 124.
Bethléem (Évêché de), 62.
Bethsan, ville et seigneurie de Pales-
tine, l'ancien Scythopolis. Voy.
Amalry de Bethsan.
Beyrouth. Voy. Baruth.
Boémond IV, comte de Tripoli, puis
prince d'Antioche, dit « le vieil
prince d'Antioche ». — Il se rend
à Limassol auprès de Frédéric II
(1228), qu'il quitte peu après pour
regagner son château deNefin, 20,
22. — Projet de mariage entre son
fils [Henri] et une sœur [Isabeau]
de Henri P% roi de Chypre (1232),
61. — Richard Filangier lui envoie
une fausse lettre de l'empereur,
qu'il remet à Ph. de Nov., 62-3. —
Il veut empêcher une flotte génoise
de transporter de Syrie en Chypre
le sire de Baruth et son armée
(1232), 64,114.
Boémond V, fils de Boémond IV, et
prince d'Antioche, mari d'Aalis de
Champagne, reine de Chypre, 8.
Boucherie (Poterne de la), à Tyr, 96,
97. — Rue delà 5., à Acre, 25.
Botron(le)^ Boutron (le), aujourd'hui
el-Batroun, l'ancien Botrys, ville
delà côte de Syrie, entre Gibelet
et Tripoli, 23, 57, 58.
Breine, Brienne. Voy. Isabeau de
Brienne, Jean de Brienne.
Bretai^ne (hvQwXwïQS de)et de laTable
Ronde, 7.
Bries (Anceaude). Voy. Anceau.
Bufeveuf, Bufavent, château de
l'Ile de Chypre, dans les monta-
gnes de Cérines, entre la Candare
et Deudamor, 68, 72, 108.
Caffran (Philippe de). Voy. Phi-
lippe de C.
Caire (le). Voy* Bahiloine.
Caïn. Voy. Cayin.
Candare (la), el-Kantara, château-
fort de l'île de Chypre, dans les
montagnes du Carpas, 35, 38, 40-
43, 68, 72.
Candie, résidence de Foulque de Can-
die, héros de chanson de gestes, 54.
Carpas (Seigneurs? du), 124.
Casai Ymhert, localité à 4 lieues au
144
TABLE DES NOMS PROPRES
liord d'Acre, aujourd'hui Khirbet
el-Hanissyn. — Bataille entre les
Longuebars et les Ibelins (3 mai
^ 1232), 64-6, 71, 74, 88.
Castric (la), QuastrieÇa), Gastria, châ-
teau des Templiers et port de l'île
de Chypre, dans le golfe de Fama-
gouste, 33, 36,41, 56, 77,78-9-
Cayin, Caïn, frère d'Abel, 31.
Cértnes, Chérines^ ville et château sur
la côte nord de Chypre, 35. — Les
Longuebars s'en emparent (1232),
64, 68. — Ils y enferment les fem-
mes et lesenfants des partisans des
Ibelins, 69. — La flotte des Lon-
guebars s'y rend, et leur armée
campe aux environs (1232), 73-4,
119. — Les Longuebars s'y réfu-
gient après la bataille de la
Gride (1232), 78, 122. — Ils y
sont assiégés par l'armée chy-
priote, 78, 79-84, 85, 122. —
La reine Aalis de Chypre y
meurt, 80, 122, 123. — La ville et
le château se rendent au roi de
Chypre (1233), 88.
Cesaire, Césarée, ville et port de la
côte de Palestine, entre Arsuf et
le Carmel,90, 91. — Le vieux sei-
gneur de Césarée, voy. Gautier III
deBaruth. — Le jeune seigneur
de Césarée, voy. Jean de Baruth.
Cécile. Voy. Sicile.
Chambellan (Renaud le). Voy.
Renaud le Ch.
Chamerin Barlas. Voy. Aimery B.
Chanthcler, surnom que se donne
Ph. de Nov., 44-50.
Chaufor (le), place voisine du châ-
teau de Baruth, 54, 58.
Cheligen(Ente de). V. Ente de Ch.
Chenart (Philippe). Voy. Philippe
Ch.
Chenichi (Gauvain de). Voy. Gau-
VAiN de Ch.
Chèrines. Voy. Cérines.
Chypre. Usages du royaume en
matière féodale, 17. — Rois, voy.
Henri et Hugues de Lusignan.
— Baus de Chypre, voy. Baus
(Les cinq); Filangier (Richard),
Ibelin (Philippe d'). — Connéta-
bles, voy. Gautier III deBaruth,
Ibelin (Balian d'), Ibelin (Gui
d'). — Sénéchal, voy. Ibelin (Bau-
douin d')
Cîteaux (Ordre de). Voy. Beauleu.
CoiNTEREAUS (Daus), Ic siugc, sobri-
quet donné par Ph. de Nov.
à Hugues de Gibelet, 46. —
Voy. aussi sous le mot Singe.
CoNCHES (Guillaume de). Voy.
Guillaume de C.
CoNCHES (GuiNART de). Voy. Gui-
NART DeC.
Connétable du royaume de Jérusa-
lem, voy. Eude DE Montbéliard ;
du royaume de Chypre, voy. Ibe-
lin (Gui d').
Connétable (Puy du). Voy. Piiy.
Conrad, Corat, roi de Sicile et de
Jérusalem, puis empereur, fils de
Frédéric II et d'Isabelle de Brienne,
né le 25 ou le 27 avril 1228, 23,
84.93.94, 95-
Cors (Gent de). Voy. Gent de C.
Cpeissi (Crexi, Crécy, Crissi ?) de
Thabor, famille chypriote, 124.
Damas,
Voy.
23- —
Melik
Sultan de Damas.
el-Aschraf.
Demetrius de Montferrat, roi de
Salonique, 15.
Denises, sénéchal du vieux sire de
Baruth, passé au service des Lon-
guebars, 54, 112.
Despoire, casai dans l'île de Chypre,
probablement voisin de Limisso
(cf. Amadi 167), 73, 118.
Deudamor, Deudamors (Château de),
en Chypre, dans les montagnes
au sud de Cérines, dit aussi Châ-
teau de Saint-Hilarion. — Jean P""
d'Ibelin, seigneur de Baruth, crai-
gnant les embûches de l'empereur,
s*y réfugie avec les siens (1228),
20-21, 88. — Les cinq baus de Chy-
pre menacent Ph. de Nov, de l'y
enfermer (1229), 28. — Trois des
cinq baus s'y réfugient après la ba-
taille de Nicosie (14 juil. 1229J,
et y retiennent prisonnier le roi de
CASTRIE (la) — FILANGIER (rICHARD)
145
Chypre, ^ 5 , 3 7, 41 . —Les fils de Jean
d'Ibelin, puis celui-ci en person-
ne, en font le siège, 35, 37-40. —
11 est rendu au roi de Chypre à
la conclusion de la paix (^juin-juil.
1230), 43. — Les sœurs du roi de
Chypre s'y enferment lorsque ce-
lui-ci passe en Syrie (123 1), 63-4.
— En 1232, c'est la seule forte-
resse qui tienne encore pour le roi
et les Ibelins, 68. — Assiégé par
les Longuebars, la famine s'y fait
sentir, 68, 74, 116. — Jean d'Ibe-
lin projette d'y envoyer des se-
cours, 74-5. — Désigne sous le
pseudonyme de Maucreus dans
deux poésies de Philippe de No-
vare, 39, 44.
Domas, Doumas. Voy. Damas.
Dragon. Voy. Fontaine du Dragon.
Eguevive (Gautier de). Voy. Gau-
tier DE E.
Egypte. Voy. Babiîoine.
Engîeterrt, Angleterre, 43.
Ente de Cheligen, chevalier longue-
bart, 79.
Eschive de Montbéliard, femme
de Balian d'Ibelin, sire deBaruth,
68.
Eschive de Tabarie, fille de Raoul
de Tabarie, cousine de Jean P»"
d'Ibelin, sire de Baruth, 127.
Espagne^ comparée à l'île de Chypre,
30. — Les cinq rois d'Espagne, 43 .
Estorgue. Voy. Eustorge.
Etienne (le comte), officier de la
cour de Frédéric II, 23.
EuDE DE LA Fierté, chevalier chy-
priote, 76.
Eude de Montbéliard, cousin par
alliance du sire deBaruth, connéta-
ble et bail du royaume de Jérusa-
lem, 25, 36, 84, 85, 90, 91, 127.
Eustorge, archevêque de Nicosie,
oncle de Giraut de Montaigu, 33.
— Il couronne le roi Henri l^"
de Chypre (vers 1225), 6. — Il
enterre la reine de Chypre, Aalis
de Montferrat, à Sainte-Sophie
de Nicosie, 124.
Philippe de Novare.
I Famagouste. — Frédéric II y assem-
ble ses gens pour, de là,passeren
Syrie (1228), 22. — L'armée du
roi de Chypre s'y embarque avec
celle de Jean F"" d'Ibelin pour se-
courir Baruth (fin 123 1), $5-6. —
La tour du port est rendue aux
Longuebars (1232), 68. — Ceux-ci
assemblent à Famagouste leur
armée et leur flotte, 71. — Les Cliy-
prois du roi et du vieux sire de
Baruth s'emparent de la ville
(1232), 72. — Les Longuebars en
se retirant mettent le feu à la
région voisine, 73.
Fœrté (la). Voy. Eude de la F.
Filangier (Henri), frère de Ri-
chard, 93, 100.
Filangier (Lotier), frère de Ri-
chard, maréchal du royaume de
Jérusalem pour l'empereur, 93,
97, 98, 100.
Filangier (Richard), maréchal de
l'empire, bail de l'empereur en
Chypre et en Syrie et son légat en
Arménie, Antioche et Tripoli
(1231), 52, 79, III, 119. — Il en-
voie au comte de Tripoli une
fausse lettre de l'empereur (1232),
62, — Après la bataille de la Gride
(15 juin 1232), il se rend en
Arménie pour demander du se-
cours, 79, 122. — Il rejoint son
armée à Cérines; puis repart pour
Tyr, 79. — L'empereur invite les
gens de Syrie à le reconnaître
comme bail (fin 1232 ou début
1233), 84. — Entre Acre et Tyr,
il échange des prisonniers avec le
sire de Baruth (1233, 2' moitié),
88-9. — Il cherche à attirer dans
son parti les frères de l'Hôpital
de Tyr (1241), 90. — Il se rend
à Acre pour essayer de surprendre
cette ville et s'y cache dans la mai-
son de l'Hôpital (1241), 90-2, 128.
— A la nouvelle de l'arrivée du sire
de Baruth, il regagne Tyr, 91. —
Rappelé en Italie par Frédéric II,
il quitte Tyr, et laisse à sa place
en Syrie son frère Lotier (1242-
10
146
TABLE DES NOMS PROPRES
1243), 95. — La tempête le jette
sur la côte de Barbarie, d'où il re-
vient à Tyr, 98. — A son arrivée
il y est fait prisonnier par les
gens du vaisseau de Ph. de Nov.,
98 ; puis remis entre les mains de
Raoul de Soissons et enfin livré au
sire de Baruth, 99. — Celui-ci le
menace de la pendaison s'il n'ob-
tient de son frère Lotier qu'il
rende le château de Tyr, 100. —
Une seconde fois, on le menace de
le tuer par représailles de la mort
de Ph. de Nov., que l'on croit
avoir été massacré dans Tyr, loi.
— Voy. Richard (le comte).
Place (Raimont de). Voy. Rai-
mont DE Fl.
Fooes, Foggia, ville d'Italie, donnée
par Frédéric II à Jean d'Ibelin,
dit Jean de Foges, fils de Jean P'^
d'Ibelin (1228), 22. — Voy.
Jean de Foges.
Fontaine du Dragon, près de Deuda-
mor, 38.
Foulque de Candie, héros de chan-
son de gestes, 54.
France, 40. — Le roi de France,
voy. Louis IX.
Frédéric II, fait empereur par le
pape Honorius III, i. — On l'ap-
pelle « l'enfant de Poulie », 2. —
Son mariage avec Isabeau de
Brienne (1224-1225), 2-3. — Il
réclame le bailliage de Chypre
après la mort du roi Hugues F"
(1218), 6. — On annonce son pro-
chain départ pour l'Orient (1225-
26), 9, 10. — Se rendant en Sy-
rie, il aborde en Chypre (juillet
1228), 12, 104. — Il demande que
le jeune roi de Chypre, Henri F%
lui soit amené, et il le reçoit hono-
rablement, 13-14. — Il donne un
grand banquet à Limassol, 14-17.
— Il réclame à Jean P*" d'Ibelin la
cité de Baruth et les rentes du bail-
liage de Chypre, 16. — Les deux
fils de Jean F'' d'Ibelin lui sont
donnés en otages, 18, 31. — On
lui conseille de se saisir du sei-
gneur de Baruth^ Jean F*", 19. — ,
11 se rend de Limassol à Nicosie,
où se trouve ce seigneur, 20. — Il
se dispose à reconnaître Henri F'
comme roi de Chypre, et rend au
sire de Baruth ses enfants qu'il
avait en otages, 21. — Il réclame
de nouveau le bailliage de
Chypre, 22. — Il remet entre
les mains de ses partisans les
châteaux de Chypre, 22. — De Ni-
cosie, il se rend à Famagouste avec
son armée, 22. — Il passe en
Syrie (septembre 1228), se rend à
Tyr et de là à Acre, puis à Jaffa,
2i;3. — Il traite avec le sultan
d'Egypte qui lui rend Jérusalem,
Nazareth et Lydda, 23. — Il fait
saisir toutes les forteresses et
toute la régale de Chypre par le
comte Etienne, 23, 88. — Il est haï
de tout le peuple de Palestine, qui
l'insulte, 24-5. — Il médite de
s'emparer de Jean F'' d'Ibelin et
d'Anceau de Bries, 24, 106. — Il
s'embarque à Acre pour retourner
en Chypre, après avoir mis garni-
son dans le château de Tyr et lais-
sé comme baus à sa place le sei-
gneur de Saete et Garnier l'Ale-
man (i^^ mai 1229), 24-5. — ill
vend aux « cinq baus » le bail-
liage de Chypre, et leur fait jurer
qu'ils ne permettront pas au
seigneur de Baruth de rentrer en
Chypre, 25, 88. — Il marie
Aalis de Montferrat à Henri F""
roi de Chypre, 25. — Il rega-
gne l'Italie (mai 1229), 26, lais-
sant à ses partisans en Chypre un
mauvais souvenir, 41. — Les Ibe-
lins projettent d'envoyer Ph. de
Nov. en Europe pour se plaindre
de lui (1230), 43. — A la de-
mande d'Aimery Barlais, Frédéric
envoie des troupes en Chypre, sous
le commandement de Richard
Filangier (123 1), 51-2,111. — Ce-
lui-ci fait parvenir au comte de
Tripoli une fausse lettre de l'em-
pereur, 62. — Frédéric envoie en
PLACE — GEROLD
147
Syrie l'ordre de se saisir des Ibe-
lins,64. — En 1232, ou peu après,
il donne mission à l'évêque de
Sidon de se rendre en Syrie pour
engager les gens du pays à faire
leur paix avec lui, 84. — Il rap-
pelle Richard Filangier en Italie,
(1242 ou 1245), 93. — Son li!s
Conrad ayant atteint sa majorité
il doit renoncera son titre de bail
du royaume de Jérusalem (124.^),
93, 94, 95-
Ganelon. Voy. Guenelon.
Garnier l'Aleman [dit Garnier le
jeune], de la famille des l'Ale-
man de Palestine, bail de Frédé-
ric II dans le royaume de Jéru-
salem (1229), 25.
Gastria. Voy. Ca strie (la).
Gautier III de Baruth, seigneur
de Césarée, dit « le vieux sei-
gneur de Cezaire », connétable de
Chypre, 11, 33. — Il assiste à un
banquet donné par Frédéric II,
à Limassol, i<5. — Il est tué à la
bataille de Nicosie, par Gauvain
de Chenichi (14 juil. 1229), 33,43.
Gautier de Eguevive, gentil-
homme de Fouille, 79.
Gautier de Manepiau ou de Mou-
nepeau (peut-être Manopello, près
de Chieti, dans les Abruzzes), ca-
pitaine de la I''"' échelle des Lon-
guebars à la bataille de la Gride,
dans laquelle il est tué, 76-77^ 78,
121.
Gauvain de Chenichi (Sire), cheva-
lier chypriote, un des « cinq baus
de Chypre », 7. — Il s'entend à
l'oisellerie, 10. — Sa querelle
avec Guillaume de la Tour (1225),
9-10, 103. — Il se rend à Acre,
puis en Italie vers l'empereur
(1225), et peu après revient en
Chypre (1227), 10, 103. — Il
assiste au duel d'Anceau de Bries
et d'Aimery Barlais (1227), 12.
— Il excite Frédéric II contre
les Ibelins (1228), 12. — A la
bataille deNicosie (14 juil. 1229),
il tue le vieux seigneur de Cé-
sarée, 33, 43. — Après la ba-
taille il s'enferme à la Candare,
où Anceau de Bries va l'assiéger,
35, 38, 40, 42. — Sa mort (prin-
temps de 1230), 42, 124. — Philip-
pe Chenart est son frère utérin, 43.
— Le lignage de Gauvain est exilé
de Chypre (1230), 43.
Gavata, Giiata, Cap des Chats, à l'ex-
trémité ouest de la baie de Limas-
sol, 52, m.
GêneSj 73. — Consul de la république
de Gênes tn Chypre, voy. Guil-
laume DE l'Ort.
Génois, Jenevès. — Jean P'" d'Ibeliii
demande l'aide des Génois d'Acre
contre l'empereur (1229), 106. —
Les Génois concluent un accord
avec Balian d'Ibelin qui les envoie
protéger Chypre contre les Lon-
guebars (1232), 64, 114. — Le roi
de Chypre, Henri, leur promet,
puis leur donne franchise et cour
en Chypre ; il fait alliance avec eux
(1232-33), 69, 73, 116, 118. —
Leur flotte se rend de Famagouste
à Limassol, puis rentre à Gênes
(été 1232), 73. — Une autre flotte
génoise arrive à Limassol ; le sire
de Baruth la prend à la solde du
roi de Chypre (fin 1232), 80. — A
Acre, les Génois défendent leur rue
contre une tentative de Richard
Filangier (1241), 91, 128. — Ils
assistentà Acre, en 1243, àlalec-
ture solennelle de l'acte par lequel
la reine Aalis de Chypre reven-
diquait la régence du royaume de
Jérusalem, 95, 129. — Ils secon-
dent le sire de Baruth, lors du
siège de Tyr (1243), 96, 131.
Gentde Cors, chevalier longuebart,
79-
Geoffroy ou Joffrei de Mosie, « fils
du Ju sticier » , capitaine longuebart
(peut-être Geoffroi de Montefos-
colo ; cf. Gestes des Chyprois, éd. de
l'Acad., p. 716, note), 77, 78.
Gérold ou Girot, patriarche de
Jérusalem^ 10, 58, 69-70, 95.
148
TABLE DES NOMS PROPRES
Gihrl, ville maritime de Syrie, entre
Laodicée et Tortose, 91.
Gihelet, Gibletb, ville maritime de
Syrie, entre Beyrouth et Tripoli,
61. — Des déserteurs de l'armée
de Jean I" dTbelin s'y enferment,
69 (cf. 57, 78).
GiBELET. Voy. Bertrand de G.,
Gui I*"", seigneur Je G.,Hep^'isde
Cj., Hugues de G.
Girard ue Conçues. Voy. Guinart
DE G.
Giraut de Montaigu, chevalier
chypriote, tué à la bataille de
Nicosie (14 juil. 1229), 33.
GiROT. Voy. Gérold.
Gotron, erreur du ms. pour Botron,
105.
Grée {Cap de la), en Chypre, à l'ex-
trémité du promontoire de Thro-
ni, 71, 117.
Grégoire IX, pape, 12^ 21.
Greil (Pierre de). Voy. Pierre de G.
Gride (la), Agridi, casai entre Deu-
damor et Nicosie, au N.-O. de
Nicosie. Bataille de la Gride (15
juin 1232), 74, 75, 121.
Grimbert, sobriquet donné par Ph.
de Nov. à Amaury de Bethsan, 29,
32, 44-50.
Guapin de Montaigu, grand-maître
de l'Hôpital, 33.
Guata. Voy. Gavata.
GuENELON, Ganelon, le traître, 40.
Gui P% seigneur de Gibelet, 20.
Gui d'Ibelin. Voy. Ibelin (Gui d').
Guillaume de Conches, bourgeois
d'Acre, 90-91.
Guillaume de la Tour, chevalier
chypriote. Sa querelle et son duel
avec Gauvain de Chenichi, 9-10.
Guillaume de l'Ort (« de Loure »
dans le ms. de Cérines), capitaine
et consul de la république de
Gênes en Chypre (1232), 73, 118.
Guillaume d'Orange, héros de chan-
sons de gestes, 54.
Guillaume de Rivet, chevalier chy-
priote, un des « cinq baus » de
Chypre, 7. — Il assiste au duel
d'Anceau de Bries et d'Aimery
Barlais (1227), 12. — Il s'efforce
de détacher Ph. de Nov. du parti
des Ibelins (1229), 27. — Après la
bataille de Nicosie (14 juil. 1229),
il s'enferme à Bufavent, 108. —
Il est beau parleur et secroitsage,
27, 32. — Sa mort en Petit* Ar-
ménie(i230ou 1231), 43. — Voy.
Baus (Les cinq).
Guillaume de Tineres, frère de
l'Hôpital, 43.
Guillaume Vesconte, de Tripoli,
du conseil privé du vieux sire de
Baruth, 61.
Guinart de Conches, chevalier
chypriote, capitaine du château de
Bufavent, 68 ; nommé Girard de
C. par Amadi et Bustrone, 116.
Haîappe, Alep (le sultan de). Voy.
Melik el-Aziz.
Heimery, roi de Jérusalem. Voy.
Amaury I".
Heimery Barlais. Voy. Aimery B.
Helvis ou Héloïse d'Ibelin. Voy.
Ibehn (Helvis d').
Henri VI, empereur, père de Fré-
déric II, 22.
Henri III, roi d'Angleterre, 43.
Henri Filangier. Voy. Filangier
(Henri).
Henri P"^ de Lusignan, roi de
Chypre, dit Henri Gras, né le
3 mai 12 17 (voir notre Table chro-
nologique), succède à son père à
l'âge de neuf mois (janv. 1218),
5, 55. — Son couronnement
(vers 1225), 6. — Frédéric
II, séjournant en Chypre, de-
mande et obtient qu'il lui
soit amené (1228), 13-14. —
Henri assiste à un festin donné par
Frédéric II à Limassol, 1$. —
Frédéric II le garde auprès de
lui, 19 ; puis se dispose à lui
rendre ses châteaux et à le recon-
naître comme roi de Chypre, 21,
22. — Les hommes de Jean I*""
d'Ibelin proposent à celui-ci de le
soustraire des mains de l'empe-
reur (1228). — Frédéric II le
GIBEL
HOPITAL
149
ramène de Palestine en Chypre,
et lui donne pour femme
Aalis de Montferrat (mai 1229),
25. — 11 est confié par l'empereur
à la garde des « cinq baus » de
Chypre, 25. — Il assiste à un entre-
tien entre les cinq baus et Ph.
de Nov.(i229), 27-8. — Les cinq
baus le font garder à Nicosie, 33.
— Après la bataille de Nicosie (14
juillet 1229), ils l'enferment à
Deudamor, 35, 37, 44. — Allu-
sions à cet événement dans une
poésie de Ph. de Nov., 44-50. —
Il est délivré par le sire de Baruth,
43. — Surnommé Noble par Ph. de
Nov., 44. — Le sire de Baruth le
supplie d'aller en personne secou-
rir le château de Baruth assiégé
parles Longuebars, 54-5. — Hen-
ri s'embarque à Famagouste pour
passer en Syrie (mars 1232), 55.
— Il veut marier une de ses sœurs
[Isabeau] au fils du prince de Tri-
poli, 61,62. — Il se rend d'Acre au
Casai Ymbert, où il assiste à la ba-
taille entre les Ibelins et les Lon-
guebars (3 mai 1232), 64-66. —
Après la bataille, il rentre à Acre,
66. — Ses sœurs, Marie et Isa-
beau, se réfugient au château
de Deudamor, 68, 70, 115. —
A l'époque où il atteint l'âge de 15
ans (3 mai 123 2), il donne et promet
des fiefs à ses partisans, en parti-
culier aux Génois, 69, 71,73,118.
— Il lève des troupes en Syrie
pour les conduire en Chypre, 70.
— Avec le vieux sire de Baruth,
il attaque les Longuebars assem-
blés à Famagouste et s'empare de
cette ville, 71, 72. — De Jà, il se
rend à Nicosie, 73, 74, et met les
Longuebars en déroute au casai
de la Gride (15 juin 1232), 74-78.
— Après la bataille, il va avec le
vieux sire de Baruth assiéger Cé-
rines, 78etss., 122. —Il envoie Ph.
de Nov. en mission à Nicosie, 78.
— Il fait enterrer à Nicosie sa fem-
me, Aalis de Montferrat (1232-3),
80, 124. — Sur sa plainte, la cour
de Nicosie fait saisir les biens d'Ai-
mery Barlais, d'Amaury de Bethsan
et de Hugues de Gibelet, qui sont
donnés à ses partisans (1233), 80.
— Il est très afiligé de la mort
d'Anceau de Bries, 82.
Hermeline (dame), personnage du
Roman de Renarty femme de Re-
nart, 47.
Her mente. Voy. Arménie (Petite).
Hernis ou Arneis de Gibelet, bailli
de la Secrète en Chypre, 68, 88,
115.
HoNORius III, pape, 2.
Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem,
22 : à Tripoli, 5, 62 ; en Syrie, 12,
16 ; à Acre, 90-2, 106. — Maison
de la Vigne neuve, sous les murs
d'Acre, 92, — Tour de l'Hôpital à
Limassol, 20. — Château des Hos-
pitaliers, voy. Margat. — Ph. de
Nov., échappé des mains des cinq
baus, se réfugie dans la maison de
l'Hôpital à Nicosie, que les par-
tisans de Frédéric II assiègent
(1229), 29, 30, 32, 35. — Lesfem-
mes et enfants des partisans des
Ibelins se retirent à deux reprises
dans cette maison (1229 et 1232),
29, 32, 68, 116. — Richard Filan-
gier attire dans son parti les frères
de l'Hôpital de Tyr (1241), 90. —
S'étant rendu à Acre pour essayer
de surprendre cette ville, il se cache
dans la maison de l'Hôpital, 90.
— Le sire de Baruth, l'ayant
appris, assiège cette maison
91. — Il s'en excuse ensuite au-
près du grand-maitre, 92. — Du
temps d'Amaury I", roi de Jérusa-
lem, les Hospitaliers avaient refu-
sé de rebâtir le château de Baruth
et d'en assumer la défense, t6. —
Grands maîtres de l'Hôpital, voy.
GUARIN DE MONTAIGU ; — UOn
nommés, 58 (Bertrand de Texi
ou Guarin) ; 91-92 (Pierre de
ViLLEBRiDE?). — Chevalier, voy.
Guillaume de Tineres.
Hôpital des AUenians. V. Allemans.
I50
TABLE DES NOMS PROPRES
Hugues, Hue de Gibelet, chevalier
chypriote, un des cinq baus de
Chypre, parent des enfants de
Jean d'Ibelin, le vieux sire de Ba-
ruth, 7. — Il assiste au duel d'An-
ceau de Bries et d'Aimery Barlais
(1227), 12. — Il menace Ph. de Nov.
de le faire pendre (1229), 28. —
Ph. de Nov. lui donne le surnom
de singe, 29, 44-50. — A la bataille
de Nicosie, il est à l'arrière-garde,
34, 36, 37. — La bataille perdue,
il s'enferme à Deudamor, 35, 37.
— Il assiège Balian d'Ibelin dans
la maison dite l'Aire de Tévêque de
Tripoli (1232), 63. — Il retourne
en Chypre pour s'emparer des châ-
teaux (1232), 63. — La tour du port
de Famagouste et le château de
Cérines lui sont rendus, 68. — Il
part de nouveau pour Tyr avec
Richard Filangier, puis se rend en
Pouille, afin de demander du se-
coursàl'empereur(i232), 79. — Le
roi Henri P'" fait saisir ses fiefs en
Chypre (1233), 80, 124.
Hugues DTBELiN.Voy. Ibelin (Hu-
gues d').
Hugues P'^ de Lustgnan, roi de Chy-
pre, mari d'Aalis de Champagne,
I. — Sa mort (janvier 1218), 5. —
Son fils Henri lui succède, 5. —
Hugues désigne Philippe d'Ibelin
comme bail de Chypre, 6. — Les
droits et les biens de ses héritiers
sont défendus par Jean P^ d'Ibelin,
19. 54-5.
Hugues des Mares, chevalier chy-
priote,partisan des Longuebars,i 24.
Hugues Porcelet, chevalier chy-
priote, partisan des Longuebars,
124.
Hugues de Sorel, chevalier lon-
guebart, 79.
Hugues Zaboc, chevalier chypriote,
partisan des Longuebars, 124.
Ibelin (Balian III d'), seigneur de
Baruth, fils aîné de Jean P% le
vieux sire de Baruth. Fait cheva-
lier par son père (1223), 7. —
Connétable du royaume de Chypre,
7. — Son rôle dans la rixe entre
Aimery Barlais et le chevalier
Toringuel, 7-8. — Au banquet de
Limassol (1228), il sert devant
l'empereur, 15.— Il est donné
en otage à l'empereur, 18, 31, 45,
puis rendu à son père, 21, 22. —
L'empereur le reçoit de sa mais-
née, 22. — Éloges que lui dé-
cerne Ph. de Nov., 22. — Tan-
dis que Balian est à Acre, Ph. de
Nov. lui annonce, dans une chan-
son, les dangers qu'il court lui-
même à Nicosie, 29-30. — 11 fait
merveilles d'armes à la bataille
de Nicosie (14 juil. 1229), 33-5.
— Il assiège Deudamor (1229-
1230), 35, 38. — A l'arrivée de Ri-
chard Filangier en Chypre (123 1),
il se rend avec sa troupe à Limas-
sol, 52. — Il s'emporte contre son
père qui s'oppose à ce qu'il prenne
part au ravitaillement du château
de Baruth (1232), 59. — Il est
envoyé à Tripoli pour négocier un
mariage entre une sœur du roi de
Chypre et le fils du prince de Tri-
poli, 61. — Il se rend à Montpè-
lerin, 62 ; puis se réfugie dans
une ferme dite l'Aire de l'évéque
de Tripoli, 62, 63. — Il demande
au Soudan de Damas passage
par son pays, 63. — Il traite
avec les Génois contre les Longue-
bars, 64. — Après la levée du
siège de Baruth par les Longue-
bars, il se rend lui-même dans
cette place, 64. — Sa femme, Es-
chive de Montbéliard, se ré-
fugie dans la maison de l'Hôpi-
tal à Nicosie, puis dans le châ-
teau de Bufavent, 68. — Il rejoint
à Saete l'armée chypriote qui
retourne en Chypre, 71. — A la
bataille de la Gride (15 juini232),
son père lui refuse l'honneur
d'être à l'avant-garde parce qu'il
est excommunié ; il s'y porte
néanmoins, 7^-6. — Il prend
part au siège de Cérines, 83 ; dont
HUGUES — IBELIN (hUGUES D')
151
son père lui laisse la conduite
(i2?2-33), 8$. — En 1236,
après la mort de son père, il
devient sire de Baruth, 89. — 11
prend part à la croisade du roi de
Navarre, puis séjourne à Baruth
(1240), 90. — Informé d'une ten-
tative de Richard Filangier contre
Acre, il se rend en toute hâte vers
cette ville, où il entre (1241), 91.
— Croyant que Filangier est ca-
ché dans la maison de l'Hôpital
d'Acre, il assiège cette maison, 91-
92. — Il s'en excuse ensuite au-
près du grand maître, 92. —
Q.uatre bourgeois de Tyr s'offrent
à lui livrer cette ville ; il s'entend
avec eux, 93. — Sur le conseil de
Ph. de Nov., il fait revendiquer la
régence du royaume de Jérusalem
par la reine de Chypre, Aalis,
93-4. — L'arrangement conclu à
cette occasion porte que le sire
de Baruth et Philippe de Mont-
fort occuperont et garniront
toutes les forteresses du royaume
de Jérusalem, 95. — Balian fait
hommage à la nouvelle régente,
96. — Il lève des troupes et arme
des vaisseaux pour assiéger Tyr,
96. — Il entre par surprise dans
la ville et l'occupe avec l'aide des
habitants ; il oblige les Lon-
guebars à se retirer dans la cita-
delle, 97. — Le siège est mis
devant la citadelle, 98. — Richard
Filangier ayant été fait prisonnier
par les gens de Ph. de Nov., il
obtient que ce personnage lui soit
livré, et le met dans des anneaux
de fer, 99-100. — Il menace Ri-
chard de la pendaison s'il n'ob-
tient de son frère Lotier que celui-
ci rende le château de Tyr, 100.
— Il menace une seconde fois de
le tuer, parce que le bruit court
quePh. de Nov. a été traîtreuse-
ment mis à mort dans Tyr (juil.
1243), lôi. — Il fut le parrain du
fils de Ph. de Nov. et le patron
et ami de celui-ci, 97,101.
Ibeltn (Baudouin d'), sénéchal de
Chypre, 2" fils de Jean P' sire de
Baruth. Fait chevalier par son
père (1223), 7. — Au banquet
de Limassol (1228), il sert de-
vant l'empereur, 15. — Il est
remis en otage à l'empereur, 18,
45 ; puis rendu à son père, 21,
22. — Il fait merveilles d'armes à
la bataille de Nicosie (14 juil.
1229), 33-4. — Il assiège Deuda-
mor (1229-30), 35, 38, 59. —
Il s'emporte contre son père qui
ne veut pas le laisser entrer dans
un vaisseau envoyé pour ravitail-
ler Baruth (1232), 59. — Il prend
part cà la bataille de Casai Ymbert
(3 mai 1232), 65-6. — A la ba-
taille de la Gride (15 juin 1232),
il commande la deuxième échelle,
75-6. — Il prend part, en 1232-
1233, au siège de Cérines, 83 ; et
continue de résider en Chypre,
90.
Ibelin (Baudouin d'), sire d'Ibelin
et de Rama, appelé généralement
Baudouin de Rama, oncle du
vieux sire de Baruth, Jean P' d'I-
belin, 31.
Ibelin (Gui d'), connétable de
Chypre, fils de Jean I*"^ d'Ibelin,
le vieux sire de Baruth, 65, 90.
Ibelin (Helvts ou Héloïse d'),
femme de Renaud de Sidon, mère
de Balian P', seigneur de Saete,et
tante de Balian III d'Ibelin, sire
de Baruth, 127.
Ibflin (Hugues d'), fils du vieux
sire de Baruth. — Il assiège Deu-
damor (1229-30), 38-9. — Il
prend part à la bataille de Casai
Ymbert, 65-7. — A la bataille de
la Gride il commande la première
échelle, 75-6. — Il prend part au
siège de Cérines, après la bataille
de la Gride, 83. — Il meurt
(avant 1241), 90.
Ibelin (Hugues d'), fils aîné de Ba-
lian l^'^ d'Ibelin dit le Français, et
neveu de Philippe de Milly, sire
deNaplouse. — En 1168, il ac-
152
TABLE DES NOMS PROPRES
compagne Amaury I", roi de Jé-
rusalem, en Egypte, 83.
Ibelin (Jean P' d'), seigneur de
Baruth, dit le vieux sire de Ba-
ruth, oncle de la reine de Chypre,
Aalis de Champagne, et d'Isabeau
de Brienne, 1-3, 5, 6, 102. — Ses
qualités, i. — Il a l'habitude de
croiser les jambes lorsqu'il est
debout.
54,
112. — Sa femme
[Mélissende d'Arsur] est apparen-
tée à Hue de Gibelet, 7. — 11 as-
siste au mariage d'Isabeau de
Brienne avec Frédéric II (1224),
2-3. — 11 conseille son frère Phi-
lippe dans les affaires de Chypre
(1223-25), 6. — Il fait couron-
ner le roi Henri de Chypre (1225),
6. — Son intervention dans une
rixe entre son frère Philippe et
Aimery Barlais, 7-8. — Il arme
chevaliers ses fils Balian et Bau-
douin (1223), 7. — Il assiste au
duel d'Anceau de Bries et d'Aime-
ry Barlais (1227), 11. — Aimery
Barlais et Gauvain de Chenichi
excitent Frédéric II contre lui
(1227), 12. — Vers ce temps, il
séjourne à Nicosie, 13, 17. —
Malgré le conseil de ses proches
et amis, il déclare vouloir suivre
Frédéric II en Syrie et va le trou-
ver à Limassol (1228), 12, 13,
17. — Frédéric lui fait don de
riches vêtements et l'invite à un
festin à Limassol, 14-15. — L'Em-
pereur réclame de lui la cité de
Baruth et les rentes du bailliage
de Chypre; 16, 87-8. — Jean refuse
et consent seulement à faire por-
ter la question devant la haute
cour de Jérusalem, 16. — Ses fils
Balian et Baudouin sont donnés
en otages à l'empereur, 18. — On
conseille à l'empereur de se saisir
de sa personne, 19. — Le jeune
seigneur de Césarée (Jean de Ba-
ruth) et Anceau de Bries s'étant
offerts â tuer l'empereur, Jean re-
pousse cette proposition, 19-20.
— De Limassol, il retourne à Nico-
sie, 20. — Il fait garnir le châ-
teau de Deudamor, 20 ; et aban-
donne Nicosie à Frédéric II, 21.
— Celui-ci lui rend ses deux fils
qu'il retenait comme otages, 2t,
22. — Jean refuse de reconnaître
Frédéric II comme bail de Chypre,
21 ; il se déclare homme de la
reine Aalis quant au bailliage de
Chypre et homme de l'empereur,
comme vassal du roi Henri P%
22. — Ses partisans lui proposent
de soustraire le roi Henri I'' des
mains de l'empereur. Il n'en veut
rien faire et refuse également d'a-
bandonner l'armée de Frédéric,
malgré que Frédéric ait formé le
projet de se saisir de lui, 24, 106.
— Lorsque celui-ci quitte la Syrie,
il le défend contre les insultes de
la populace (mai 1229), 25. — En
Chypre, les femmes et enfants de
ses hommes, menacés par les par-
tisans de Frédéric II, se sont réfu-
giés dans la maison de l'Hôpital
de Nicosie, 29,32. — Les cinq baus
s'emparentde ses biens en Chypre,
29, 88. — Il quitte Acre pour se
porter au secours de Ph. deNov.,
à Nicosie, 33. — Devant cette ville
il livre bataille aux cinq baus (14
juil. 1229) et les met en déroute,
après avoir couru de grands dan-
gers, 33-4, 36-7. — Il assiège
Cérines, qui se rend, 35. — De
là, il va assiéger Deudamor, 37-8 ;
durant le siège il se rend à la Can-
dare pour voir une machine de
guerre, 38. — Reddition de ce
dernier château entre ses mains
(1230), 43. — Il conclut la paix
avec les cinq baus, et obtient la
délivrance du roi Henri, et l'éva-
cuation des châteaux de Chypre
par les partisans de l'empereur
(été 1230), 43,44-50. — Il séjour-
ne à Acre, qu'il quitte pour Chy-
pre au moment de l'arrivée de
Richard Filangier en Syrie (1231),
52. — Ses partisans s'assemblent à
Limassol, 52. — Il cherche a éviter
IBELIN (jEAN d')
153
la reprise des hostilités, 53. —
L'armée de Richard Filangier
s'empare de sa ville de Baruth,
dont elle assiège ensuite le château,
>3. — Jean d'Ibelin supplie le roi
Henri I*'' de l'aider en personne à
la délivrance du dit château, 54-$,
112. — Il s'embarque à Fama-
gouste avec ie roi pour passer en
Syrie (mars 1232), $^"5^. — Ph.
de Nov. l'informe qu'on le blâ-
me de ne point laisser de troupes
en Chypre, 56. — Une partie de
son armée l'abandonne, aussitôt
débarqué en Syrie, 57, 68. —
Jean de Baruth, seigneur de Cé-
sirée, se porte à son secours,
58. — Combats livrés par le sire
de Baruth aux Longuebars de-
vant Baruth, 58-9, 113. — Une
partie de ses gens entrent à
la nage dans le château de Ba-
ruth, 59 ; une autre y pénètre
sur un bateau chargé de vivres,
60. — Ne pouvant vaincre les
Longuebars devant Baruth, il va
lever des fontassins aux envi-
rons d'Acre, 61,62. — Jl est fait
maire de la commune d'Acre, 64,
69, 85. — D'Acre il se rend avec
^lOn armée au Casai Ymbert, 64 ;
puis revient à Acre pour négocier
une paix avec les Longuebars, 6$.
— Il reçoit la nouvelle de la levée
du siège de Baruth, 65. — Après la
bataille de Casai Ymbert (3 mai
1232), il se porte au devant des
siens qui fu3^aient, 66-7, 115. —
Les Longuebars occupent tous
les châteaux de Chypre qu'il dé-
fendait pour le roi, 68. — Jean
d'Ibelin s'empare des vaisseaux
des Longuebars, dans le port
d'Acre, 69-70. — Il lève des
troupes en Syrie, et les fait passer
en Chypre, 70, où il retourne
lui aussi, 70, 71, 117. — Arrivé à
Famagouste, il réussit à s'empa-
rer de la flotte des Longuebars,
71-2. — De là il se rend à Nico-
sie, 73 ; non loin de cette ville^ au
casai de la Gride, il livre bataille
aux Longuebars et les bat (1$
juin 1232), 74-78. — Avant le
combat il avait fait vœu d'en-
trer en religion, 75. — L'armée
chypriote, sous ses ordres, met
le siège devant Cérines ; ré-
cit de ce siège (1232-33), 79-
84, 85, 88. — Durant le siège, il
assiste à l'enterrement de la reine
de Chypre, 80, 122-3. — Il se
reproche d'avoir fait donner l'as-
saut à Cérines par ses chevaliers,
83. — La mort d'Anceau de Bries,
blessé au cours du siège, lui cause
une grande douleur, 81. — L'em-
pereur cherche à détacher de lui
les gens de Syrie, 84. — Jean,
ayant laissé la conduite du siège
de Cérines à son fils Balian, se
rend à Acre, où il se fait recon-
naître à nouveau comme maire,
85. — L'évéquede Sidon lui com-
munique une lettre de l'empereur,
offrant de conclure la paix, 85. —
Jean d'Ibelin lui répond par l'his-
toire du cerf sans cœur, tirée du
Roman de Renart, 85-8. — • Lais-
sant en Syrie comme son lieute-
nant le jeune seigneur de Césa-
rée, il rentre en Chypre, 88. —
Après la reddition de Cérines
(1233), il se rend de nouveau à
Acre; non loin de là, a lieu un
échange de prisonniers entre lui
et Richard Filangier, 88. — En
1236, il assiège Monferrand en
Syrie, 126. — Il se retire dans la
maison du Temple d'Acre, 89. —
Sa mort(i236), 89, 127. — Ph. de
Nov., dans une de ses poésies, lui
donne le sobriquet d'Yzengrin, 44-
50. — Son sénéchal, voy. Denises.
Ibelin (Jeand'), comte de Jaffa, fils
de Philippe d'Ibelin, et auteur du
Livre des Assises de Jérusalem, 24,
65,66 (?),70, 79, 100, loi.
Ibelin (Jean d'), dit Jean de Foges,
(Fo^gia), seigneur d'Arsur, con-
nétable et bail du royaume de
Jérusalem, fils de Jean 1*'^ d'Ibe-
154
TABLE DES NOMS PROPRES
lin, le vieux sire de Baruth, 22,
59, 71,90, 114.
Ibelin (Jean d'), neveu de Jean P''
d'Ibelin, voy. Jean [d'Ibeltn ?].
Ibelin (Philippe d'), frère de Jean
d'Ibelin, le vieux sire de Baruth,
1, 3 ; oncle de Aalis de Champagne,
reinedeChypre, i, 3, 5,6. — Bail
du royaume de Chypre, après la
mort du roi Hugues P*" (121 8), 6.
— Il assiste à Acre aux fêtes du
mariage d'Isabeau de Brienne et
de Frédéric II (1224), 2. — Il in-
tervient dans la querelle entre To-
ringuel, qui est de sa maisnée,
et Aimery Barlais, 7. — Il se démet
du bailliage de Chypre, et pro-
teste contre la nomination de son
successeur, Aimery Barlais, 8. —
Il était malade lors du duel entre
Anceau de Bries et Aimery Bar-
lais (1227), 11-12. — Sa mort
(1227), 12. — Il se disposait à
passer en Syrie avec Frédéric II,
dont on annonçait l'arrivée en
Orient, 13. — Au moment de
l'arrivée de Frédéric en Chypre
(1228), les parents de Philippe
portaient encore le deuil de sa
mort, 14. — Frédéric II loge dans
sa maison de Limassol, 14. —
Ph. de Nov., dans une chanson
adressée à Balian d'Ibelin, rappelle
ses hauts faits, 31. — Son fils, voy.
Ibelin (Jean d'), comte de Jafîa.
Isabeau de Brienne, fille de Jean
de Brienne et de Marie de Mont-
ferrat, i. — Mariée à l'empereur
Frédéric II (1224), 2-3, 6, 16,
102. — Sa mort (8 mai 1228), 23.
Isabeau de Jérusalem, fille d'A-
maury P"" de Jérusalem, sœur
utérine de Philippe et de Jean P''
d'Ibelin, reine de Jérusalem, 16, 94.
Isabeau de Lusignan, sœur de
Henri P"", roi de Chypre, 68, 70,
II). — Son mariage projeté, 61,62.
Jacques, évêque de Pàtti en Sicile, 2.
Jacques (Zacco) de Rivet, seigneur
chypriote, 124.
J'iff^.ppf^^, Joppc, 23. — Voy. Ibe-
lin (Jean d'), comte de J.
Jean de Baruth, dit «le jeune sei-
gneur de Césarée », fils de Gautier
III, dit « le vieux seigneur de Cé-
sarée «, 9. — Il tranche au festin
donné par Frédéric II à Limassol
(1228), 15. — AvecAnceaude Bries
il forme le projet de tuer l'empe-
reur, 19. — Un de ses arbalétriers
tue Gauvain de Chenichi au siège
de la Candare, 42-3. — 11 amène
des renforts à son oncle, le vieux
sire de Baruth, qui est passé en
Syrie pour défendre Baruth
contre les Longuebars (1232), 58,
113. — La garnison de Tyr ayant
attaqué l'armée du sire de Baruth,
il la repousse dans la ville, 58. —
Il vend une partie de sa terre de
Césarée pour fournir de l'argent
au vieux sire de Baruth et au roi de
Chypre (mai 1232), 70. — A
la bataille de la Gride (1$ juin
1232), il commande la 3* échelle
75-76. — Il séjourne en Chypre
(1232), 84. — Il fait avorter une
tentative de Richard Filangier et
de l'évêque de Sidon pour sou-
lever les habitants d'Acre contre
les Ibelins, 84-5. — Il fait con-
naître au sire de Baruth, alors en
Chypre, cette tentative, 85. — Le
sire de Baruth le désigne comme
son lieutenant en Syrie, 88. — En
1236, il assiège Montferrand en
Syrie, 126. — Sa mort (avant
1241), 90.
Jean de Brienne, roi de Jérusalem
par son mariage avec Marie de
Montferrat, i, 2, 3. — Mariage
de sa fille Isabeau avec Frédéric
II, 2-4. — Il fait la guerre à Frédé-
ric II, en Fouille, 21.
Jean de Foges. Voy. Ibelin (Jean
d'), dit Jean de Foges, seigneur
d'Arsur.
Jean de Gril. Voy. Pierre de Greil.
Jean d'Ibelin. Voy. Ibelin (Jean P'"
d'), seigneur de Baruth ; Ibelin
(Jean d'), comte de Jaffa ; Ibe-
IBELIN
MANFRED
155
LIN (Jean d'), dit Jean de Foges.
Jean [d'Ibelin?], neveu de Jean I'-'^
d'Ibelin (peut-être, Jean, comte de
Jalîli, fils de Philippe dlbelin), 66.
Jean de Sorent, neveu de Richard
Filangier, 93, 100.
Jean Vaalin. Voy. Vaalin (Jean).
Jenevès. Voy. Génois.
Jérusalem, rendue à Frédéric II par
le sultan d'Egypte, 23.
Jénisaîeiii (Royaume de), i^. —
Haute cour, 18. — Le roi Conrad,
fils de Frédéric II, en est héritier
de par sa mère Isabeau de Brienne,
23, 93-4- — Rois, voy. Amaury
I", Conrad, Jean de Brienne.
— Reine, voy. Isabeau de Jéru-
salem. — Connétables, voy.
EuDE de Montbéliard, Jean
d'Ibelin, dit Jean de Foges. —
Bailes, voy. les mêmes, et Ba-
LiAN, seigneur de Saete, Filan-
gier (Richard), Garnier l'Ale-
MAN, MaUGASTEAU (PhILIPPE). —
Maréchal, voy. Filangier (Lo-
tier). — Patriarches, voy. Ge-
ROLD, Raoul.
JoFFREi. Voy. Geoffroy.
JoHAN. Voy. Jean.
Joppe. Voy. Jaffa.
Justicier (le), père de Geoffroy de
Mosie, 77.
Kantara (eU), Voy. Candare (la).
Karpas. Voy. Carpas.
La Candare. Voy. Candare (la).
La Castrie. Voy. Castrie (la).
La Gride. Voy. Gride (la).
Lance (Le marquis). Voy. Manfred
II, marquis de Lancia.
Lengaire (nom de lieu ou de per-
sonne ?), 37.
LÉOPOLD V, duc d'Autriche, 55.
Lezegniau, Lusignan. Voy. Henri
I" DE Lusignan, Hugues I" de
L., Isabeau de L., Marie de L.
Limassolj Limtsso, Limesson, Lymesson,
ville de Chypre, 12. — Philippe
d'Ibelin, bail de Chypre, y possède
un manoir, 14. — Frédéric II y don-
ne un festin (1228), 14-18. —
Il y met en prison les fils de Jean V^
d'Ibelin, 18-9, 20, 87,100. — Jean
P' d'Ibelin y séjourne en 1228,
puisse rend à Nicosie, 20. — L'em-
pereur y passe à son retour de Pa-
lestine (mai 1229), 25. — Ph. de
Nov. y séjourne (1230), 43. — Jean
V"" d'Ibelin, sire de Baruth, venant
d'Acre, y assemble son armée
(août 1231), 52. — La flotte gé-
noise s'y rend après l'occupation
de FamagOListe par les Chyprois
(juin 1232), 73. — Une autre flotte
génoise y arrive (fin 1232), 80.
Lomhar die. Lombard . — Phil.de Nov.
se dit originaire de Lombardie, 32,
33. — Chevalier lombard ou tos-
can , tué à la bataille de la Gride, 77-
78, 121 (nommé Serge, d'après le
Livre de la Terre Sainte, xxxiii, 3 $ ) .
Longuebart^ Longuebars^ appellation
désignant les partisans de Frédéric
II en Terre Sainte et en Chypre,
32, 36,52, 53, 55,57, 58,59,60 àla
fin. — Le mauvais nid des Longue-
bars (c.-à-d. Tyr), 89, lOi. — La
reine longuebarde, voy. Aalis de
MoNTFERRAT, femme de Henri I*""
roi de Chypre.
LoTiER Filangier. Voy. Filangikr
(Lotier).
Louis, roi de France, un des person-
nages du romande Foulque de Can-
die, 54.
Louis IX roi de France, 43.
LouRE (Guillaume de). Voy. Guil-
laume DE l'Ort.
Lusignan. Voy. Lezegniau.
Lydda^ ville de Palestine, 23.
Lymesson, Voy. Limassol.
MALEBRANCHE,personnage du Roman
de Renart, fils de Renart, 46.
Malek-Kamel ( « le Quemel »),
sultan d'ngypte (1218-38), 23.
Manepiau, Mounepeau, Manope (peut-
être ManopellOy ville de l'Italie
méridionale). Voy. Bérart de
Manope,Gautier de Manepiau,
Manfred II, marquis de Lancia, vi-
156
TABLE DES NOMS PROPRES
Caire général de Frédéric II en
Lombardie, 15.
Manope. Voy. Manepiau.
Mares (Hugues des). Voy. Hugues
DES M.
Margat, château des Hospitaliers de
S. Jean, en Syrie, entre Tortose et
Gibel, 91, Q2.
Marie d'Antioche-Tripoli, dame
du Toron, fille de Raymond Rupin,
prince d'Antioche, épouse Philippe
de Montfort, 90.
Marie de Lusignan, sœur du roi
Henri V' de Chypre, 68, 70, 11$.
Marie de Montferrat, femme de
Jean de Brienne, petite fille (et
non fille) d'Amaury P'', roi de
Jérusalem, i ; sœur aînée d'Aalis
de Champagne, 94.
Martin Rousseau. Voy. Rousseau.
Maucretix, repaire de Renard, 39, 44.
Maugasteau (Philippe), chevalier
habitant Tyr. Proposé par l'em-
pereur pour être bail à Acre, 84.
Maugastel (Simon de). Voy. Si-
mon DE M.
Maumeni (Robert de). Voy. Ro-
bert DE M.
Mau Pas (Porte de)^ à Acre. Voy.
Porte.
Melik el-Aschraf, sultan de Damas
(1232), 63.
Melik el-Aziz Ghiath ed-Din Mo-
hammed, sultan de Halappe ou
Alep, 91.
Melik Kamel. Voy. Malek Kamel.
Messorée, ou Messarîa, en Chypre. Sei-
gneurs de la M., 124.
MiLLY (Philippe de). Voy. Philippe
DE Naplouse.
Monaigre (Anfrey de). Voy. An-
FREY DE M.
Moncoqu, Montquocu, maison des
Templiers, sous les murs de Tri-
poli, 61, 62.
Monferar^ Montferrat. Voy. Aalis de
Montferrat ; Demetrius de
M. ; Marie de M.
Monpelerin. Voy. Montpelerin.
MONTAIGU. Voy. GiRAUT DE M.,
Guarin DE m., Pierre DE M.
MONTBÉCIARD. Voy. EsCHIVE DE
M., EUDE DE M.
Montferrand {C\id,\.t2i\ii de), en Syrie,
126.
MoNTFORT (Philippe de). Voy.
Philippe de M .
MoNTHOLiF (Pierre de). Voy. Pier-
re DE M.
Montpelerin, château voisin de Tri-
poli, possession de l'évêque de
Bethléem, 62.
Montquocu. Voy. Moncoqu.
MosiE (JoFFREi de). Voy. Geof-
froy DE MosiE.
Mounepeau. Voy. Manepiau.
Naplouse, ville et seigneurie de
Palestine. Voy. Philippe de Na-
plouse.
Nazareth, ville de Palestine, 23.
Nefin (aujourd'hui Enféh), château
des princes d'Antioche, au bord
de la mer entre Tripoli et le Bou-
tron, 22, 23.
Nevaire. Voy. Novare.
Nicosie, capitale du royaume de
Chypre. — Le roi de Chypre, Hen-
ri P'', y est couronné, 6. — Jean P*"
d'Ibeliny séjourne (1229), 13, 17,
20. — Les cinq baus s'y rendent
lorsqu'ils apprennent que ce même
seigneur, venant d'Acre,s'en appro-
che (1229), 33. — Bataille de Nico-
sie entre le sire de Baruth et les
cinq baus (14 juil. 1229), 33-35,
42, 108. — Les fils de Jean I**" d'I-
belin y séjournent pendant le siège
de Deudamor, 108. — Balian d'I-
belin, fils de Jean I", y séjourne
(fin 1229-début 1230), 38. —
Devant la cour de Nicosie, Jean
P' dTbelin supplie le roi Henri P""
de venir avec lui au «ecours de Ba-
ruth (1231), 54-55. — Les Lon-
guebars, venant de Syrie, occupent
Nicosie (printemps 1232), 68. —
Après la prise de Famagouste par
les Chyprois (mai 1232), leur
armée se retire à Nicosie, 72.
— Le roi de Chypre donne aux
Génois une maison à Nicosie,
MANOPE PHILIPPE DE MONTFORT
157
73. — Les Longuebars y brisent
les moulins à bras, 73. — Le roi
de Chypre et le vieux sire de Ba-
ruth s'y rendent après avoir occu-
pé Famagouste ; ils établissent leur
armée aux alentours, 73-7^. —
Non loin de là, au casai de la Gri-
de, ils livrent batailleaux Longue-
bars et les mettent en déroute (15
juin 1232), 74-78. — Une partie
de l'armée des Longuebars s'y rend
aussi dans l'espoir de pouvoir y
pénétrer, 78. — Phil.deNov. y re-
tourne et les empêche d'entrer, 78.
— Il y fait mettre en prison 145
hommes pris à la bataille de la
Grideetau château de la Candare,
79. — La reine de Chypre, Aalis
de Montferrat,y est enterrée, 80. —
Anceau de Bries y meurt, 82. —
Archevêques de Nicosie, voy. Eus-
TORGE. — Maison de l'Hôpital à
Nicosie, voy. Hôpital de Saint-
Jean de Jérusalem. — Église
Sainte-Sophie, 80, 124.
Noble, surnom donné à Henri P', roi
de Chypre, parPh. de Nov., 44.
Novare^ Nevaire, ville de Lombardie.
Voy. Philippe de Nevaire.
Obuission (Philippe). Voy. Phi-
lippe O.
Onoire. Voy. HoNORius IIL
Orange (Guillaume d'). Voy. Guil-
laume d'O.
Ort (Guillaume de l'). Voy. Guil-
laume DE l'O.
Osteriche, Autriche. Voy. Léopold
V.
Ours, sobriquet donné à Hugues de
Gibelet par Phil. de Nov., 44.
Pacte. Voy. Paiti.
Padua, erreur ipour Pacte, 102.
Pas du Chien, passage de la côte de
Syrie, entre Baruth et Gibelet,
57-
Pas (Mail). Voy. Mau Pas.
Pas Païen, point de la côte de Syrie,
un peu au sud du Boutron, 57.
Pas de Passe-Poulain, sentiers sur-
plombant la côte entre Tyr et
Acre, 67.
Patti, Pacte, ville de Sicile. — Lvê-
que, voy. Jacques.
Percehaye, personnage du Roman de
Renart, fils de Renart, 46.
Phelippe. Voy. Philippe.
Philangier. Voy. Filangier.
Philippe de Bauduyn, bourgeois
de Tyr, 95.
Philippe de Caffran, châtelain du
château de Deudamor, 68.
Philippe Chenart, frère utérin de
Gauvain de Chenichi, capitaine
du château de la Candare, 43,
puis du château de Cérines, 79.
— Privé de ses fiefs par le roi
Henri I" de Chypre, 124.
Philippe d'Ibelin. Voy. Ibelin (Phi-
lippe d').
Philippe Maugasteau. Voy. Mau-
GASTEAU.
Philippe de Milly. Voy. Philippe
DE Naplouse.
Philippe DE Montfort, seigneur du
Toron [et seigneur de Castres, en
Albigeois], cousin germain des
enfants du vieux sire de Baruth,
époux de Marie d'Antioche-Tri-
poli, dame du Toron ; croisé
(en 1239), qo. — Il défend Acre
contre Richard Filangier, 91. —
Q.uatre bourgeois de Tyr ayant
ofl^ert à Balian d'Ibelin, de lui
rendre cette ville, il conseille de
s'entendre avec eux (1243), 93 . —
Il loue le projet de Balian d'Ibe-
lin de faire revendiquer la régence
du royaume de Jérusalem par la
reine de Chypre, Aalis (1243), 94.
— Conformément aux arrange-
ments pris à cette occasion avec
la reine Aalis, il est chargé, ainsi
que le sire de Baruth, d'occuper
et de garnir les forteresses du
royaume, 95. — Après que les ba-
rons du royaume ont reconnu la
nouvelle régente, il est un des
premiers à lui faire hommage,
96. — Il est aux côtés du sire de
Baruth lors du siège de Tyr (été de
158
TABLE DES NOMS PROPRES
1243), 97. — Le sire de Baruth
lui apprend que Richard Filaiigier,
ramené à Tyr par la tempête, a
été fait prisonnier, 99. — Il va
chercher celui-ci à bord du vais-
seau où il est gardé, 99. — Après
la capitulation de Tyr, cette ville
est remise entre ses mains (1243),
ICI.
Philippe de Naplouse, dit aussi de
MiLLY, grand-maître du Temple
(entre 1166 et 1170), 31, 83.
Philippe de Nevaire (Novare). —
Il a assisté à tous les événements
qu'il rapporte, 5. — Il vient,
pour ses affaires, [de Syrie] en
Chypre (printemps de 1229), 26.
— Les cinq baus le font prison-
nier à Nicosie, 26, 30. — Il oftre
son gage de bataille, pour com-
battre en combat singulier un des
cinq baus; tous refusent, 28. —
Il se réfugie dans la maison de
l'Hôpital de Nicosie, qu'il met en
état de défense, 29. — Surnoms,
tirés du Roman de Renart, qu'il
donne aux cinq baus, et à lui-même,
29, 39, 41, 44. — Ilannonce àBa-
lian d'Ibelin, dans une chanson, les
dangers qu'il court lui-même à Ni-
cosie, 30. — Le sire de Baruth vient
d'Acre à son secours, 33. —
Philippe est délivré, et, pendant la
bataille de Nicosie (i4juil. 1229),
il combat à l'intérieur de cette
ville les partisans des cinq baus, 3 5 .
— Il traite avec lesLonguebars de
la reddition du château de Cérines
au sire de Baruth (1229), 35. —
Chanson qu'il compose sur la ba-
taille de Nicosie, 36-37. — Il est
blessé au siège de Deudamor et
compose une chanson à cette occa-
sion (1229-1230), 39. — Chan-
son qu'il fit sur le siège de la
Candare, 40. — Il refuse d'assis-
ter à la conclusion de la paix
entre le sire de Baruth et les
cinq baus (été 1230), 43, 45,
iio. — Il est chargé d'un mes-
sage auprès des rois de France,
d'Angleterre et d'Espagne (même
époque), mais ne part pas, 43-44,
51. — Il fait une branche de ^^-
nart sur la guerre des Ibelins con-
tre les cinq baus, 44-50. — Au
moment où le sire de Baruth est
sur le point de partir pour la Sy-
rie avec le roi, Philippe le prévient
qu'on le blâme de ne pas laisser
de troupes en Chypre (hiver
1231-2), 56. — Il fait une chanson
à propos du siège de Baruth par
les Longuebars, 113. — Il accom-
pagne à Tripoli Balian d'Ibelin
qui va négocier le mariage d'une
sœur de Henri, roi de Chypre (avril
1232), 61. — Il transmet à
Balian d'Ibelin une fausse lettre
de Frédéric II, que lui a commu-
niquée le comte de Tripoli, et
une « remembrance » de celui-ci,
62-63. — A propos de cette « re-
membrance », il compose une
pièce de vers contre le comte de
Tripoli et sa compagnie, 63. —
Il refuse un fief que lui avait
donné le dit comte, 63. — Il
négocie la reddition du château
de la Candare et de la tour de
Famagousteau roideChypre (juin
1232), 72. — A la bataille de la
Gride (15 juin 1232), il se tient
aux côtés de Balian d'Ibelin, 76.
— Il est envoyé en mission à Ni-
cosie par le roi de Chypre et le
vieux sire de Baruth, et il y livre
bataille aux Longuebars, 78. — Il
fait « démembrer » trois maîtres
des sergents longuebars qui avaient
déserté l'armée du roi devant Gi-
belet, 78. — Il jette en prison
145 hommes longuebars faits pri-
sonniers à la bataille de la Gri-
de et au château de la Castrie,
79. — Il se saisit du traître Mar-
tin Rousseau, 81. — Jean P*^ d'I-
belin veut l'emmener à Acre, mais
son fils Balian d'Ibelin s'y oppose,
85. — Philippe traite la reddition
de château de Cérines (1233), 88.
— Jean l"' d'Ibelin étant sur le
PHILIPPE DE NAPLOUSE
RENART
159
point d'expirer, il lui présente le
crucifix (1256), 89. — Quatre
bourgeois de Tyr ayant offert au
sire de Baruth de lui rendre cette
ville, Philippe conseille d'accep-
ter leur offre, (1241), 93. — Il
indique à Balian d'Ibelin, sire de
Baruth, un moyen ingénieux de
s'emparer de Tyr, en faisant
revendiquer la régence du royau-
me de Jérusalem par la reine Aalis
de Chypre (printemps 1243),
93-94. — Il obtient d'Aalis et de
son mari, Raoul de Soissons,
qu'ils se prêtent à ce stratagème,
et il rédige l'accord qui fut dressé
à cette occasion (juin 1243), 95 ;
puis il conseille aux barons du
royaume de faire hommage à la
régente, 95-96. — Celle-ci donne
àPh. deNov., qui a été un des prin-
cipaux artisans de son élévation,
mille marcs d'argent et mille sa-
razinas de rente, 96. — Philippe
lève des troupes et achète une
grande nef, qu'il garnit de gens
d'armes, pour assiéger Tyr, 96.
— Sou fils Balian, porte la ban-
nière lors de l'assaut de la ville,
97. — Les gens du vaisseau de
Ph. de Nov. font prisonnier Ri-
chard Filangier, ramené à Tyr
par la tempête, 99. — Ph. de
Nov. conseille à Raoul de Soissons
de livrer Richard Filangier au sire
de Baruth, ce qui est fait, 99-100.
— Il traite avec Lotier Filangier
de la reddition du château de Tyr,
loo-ioi. — Après la capitulation
(10 juil. 1243), ^^ livre la forteresse
au sire de Baruth et à Philippe de
Montfort, loi. — Son fils, voy.
Balian.
Philippe Obuissiox, chevalier lon-
guebart, 79.
Pierre de Greil, gentilhomme de la
suite de Richard Filangier, 98. —
Appelé Joan de Gril par Amadi , 131.
Pierre de Montaigu, grand maître
du Temple (1220-1229), 24, 33.
Pierre de Montholii-, chevalier de
la suite de Balian d'Ibelin, '](i'
Pierre de Villebride (Vieille
Bride), grand maître de l'Hôpi-
tal (1240-1241), 91, 92.
Pisans (Colonie des), à Acre, 24, 95,
128, 129.
Plaissié (auj. Pletcha), village de la
plaine qui s'étend au nord-ouest
de Nicosie, 78.
Porcelet. Voy. Bertrand P. ; Hu-
gues P.
Porte de Mau Pas, à Acre, 90.
Poterne de la Boucherie ^ à Tyr, 96,97.
Pouille, 21, 22, 24,43. — Frédéric II,
dit « l'enfant de Poulie », 2.
Poulains, Polains, d'Acre, 70, 85. —
Cf. Glossaire.
Piiy du connétable de Tripoli, entre le
Boutron et Nefin, 57, 71.
Quastrie (la). Voy. Castrie (la).
Quemel (le). Voy. Malek Kamel,
sultan d'Egypte.
Quêter ie (la), Kythrea, au nord-est
de Nicosie. — Moulins^ 73.
Raimont de Place, gentilhomme de
la maison de Balian d'Ibelin, 76.
Raoul, patriarche de Jérusalem.
Voy. Table chronologique, prin-
temps 1225.
Raoul de Saîssons (Soissons),
sire de Cœuvres, 3" mari d'Aalis
de Champagne, reine de Chypre
(1239), 94- — ^^ ^^^'^ ^^^ troupes
et arme des vaisseaux pour assié-
ger Tyr (1243), 96. — Il est aux
côtés du sire de Baruth, lors du
siège de Tyr (1243), 97. — Le
sire de Baruth lui apprend que
Richard Filangier a été fait prison-
nier, 99. — Filangier est amené
dans la maison de Raoul, 99. ^
Raoul le livre au sire de Baruth
(début de juil. 1243), 99-ioo-
Raoul de Tabarie, 127.
Raymond. Voy. Raimont.
Renart, sobriquet donné à Aimery
Barlais par Ph. de Nov., 29, 32,
39-40, 41,44-50, IIO.
i6o
TABLE DES NOMS PROPRES
Renart (Roman de). Voy. Roman de
Renart.
Renardins (Dans), personnage du
Roman de Renart, 46.
Renaud de Sidon, mari d'Helvis
d'Ibelin, père de Balian P"", sei-
gneur de Césarée, et oncle par sa
femme de Balian d'Ibelin, sei-
gneur de Baruth, 127.
Renaud de Zamberlan. Voy. l'ar-
ticle suivant.
Renaud le Chambellan (Zamber-
lan), seigneur chypriote, 124.
Richard de Cornouailles, croisé
en 1240, plus tard régent d'Angle-
terre et roi des Romains, 127.
Richard Filangier. Voy.FiLANorER
(Richard).
Richart (le comte), peut-être Ri-
chard Filangier; se rend en Chy-
pre pour s'emparer des châteaux
(1232), 63.
Rivet. Voy. Guillaume de Rivet;
Jacques de Rivet.
Robert de Maumeni, gentilhomme
de la maison de Balian d'Ibelin, 76
Roman de Renart. — Histoire du
cerf sans cœur, qui en est tirée,
86. — Ph. de Nov. écrit une bran-
che de ce roman, 44.
Rome, 2.
Rousseau (Martin), capitaine des
sergens chypriotes au siège de
Cérines (1232-1233), 81-82.
Rus, localité sise sous les murs de
Baruth, 11 3 -14.
Saefe, Sayete, Sidon, 71, 117. —
Évêque de Saete, non nommé,
(1232), 84, 87-88. — Seigneurs
de Saete, voy. Balian 1*^% seigneur
de Saete ; Renaud de Sidon.
Saint-André (Confrérie de), à Acre,
84-8S.
Saint -Hilar ion. Voy. Deudamor.
Saint-Jèan de Jérusalem (Hôpital
de). Voy. Hôpital.
Sainte-Cruis, Sainte-Croix (Église),
à Acre, 84.
Sainte-Sophie (Église), à Nicosie, 80,
124.
Saissons (Raoul de). Voy. Raoul
de s.
Salonique (Le roi de). Voy. Deme-
TRIUS de MoNTFERRAT.
Saraiins, 14, 17, 21, 24, 98, 132.
Secrète de Chypre. Bailli, voy.
Hernis de Gibelet.
Serge, chevalier toscan, habitant
Chypre, 121.
Sicile, 98, iio. — Voy. Paiti,
Sidon. Voy. Saete.
Simon de Maugastel, archevêque de
Tyr, 3.
Singe, sobriquet donné par Ph. de
Nov. à Hugues de Gibelet, 44. —
Voy. aussi Cointereaus.
SoissoNs (Raoul de). Voy. Raoul
DE Saissons.
Sorel (Hugues de). Voy. Hugues
DE S.
SoRENT (Jean de). Voy. Jean de S.
Sur. Voy. Tyr.
Tatarie, Tibériade. Voy. Eschive
de t. ; Raoul de T.
Table ronde (Chevaliers de la), 7.
Taissel (Dans), ou Taisson, sobri-
quet donné par Ph. de Nov. à
Amaury deBethsan, 29, 32,44-50.
Temple (Maisons du), 22 ; — à Acre,
89, 106 ; en Chypre, 10, 68, 116 ;
en Syrie, 13, 16, 24, 61. Voy. Cas-
trie (la), Moncoqu. — Templiers
faisant campagne à Césarée de
Palestine (1241), 90. — Grands-
maîtres du Temple, voy. Philippe
DE Naplouse, Pierre de Mon-
taigu ; — non nommé, 58 (Ar-
mand DE PÉRIGORD ?)
Terlarghe. Voy. Tour large (la).
Teutonique (Ordre). Voy. Allemans.
Thabor. Voy. Cressi DE Thabor.
Thibaut IV, roi de Navarre et comte
de Champagne, croisé (en 1239),
90, 91, 127.
Tibériade. Voy. Tatarie.
Tinbert, le chat, sobriquet donné
parPh. de Nov. au chevalier To-
ringuel, 44.
TiNERi'S (Guillaume de). Voy.
Guillaume de T.
RENART— VÉNITIENS
i6i
ToR (Le chevalier), erreur pour Tu-
rin guel, 105. Voy. ce nom.
ToRiNGutL, chevalier toscan, de la
maison de Philippe d'Ibelin bail
de Chypre. Blessé dans une que-
relle avec Aimery Barlais (1223),
7, 103 , — Il quitte Chypre, 8. —
Il refuse d'adhérer à la paix entre
le sire de Baruth et les cinq baus
(1230), 43, 45, iio. — Sur-
nommé Tinbert dans une poé-
sie de Ph, de Nov., 44.
Toron (le), auj . Tibnin, au sud-
ouest de Tyr. — Dame du Toron,
voy. Marie d'Antioche-Tripoli.
— Seigneur du Toron, voy.
Philippe de Montfort.
Tortose^ l'ancien Antaradus, ville
de Syrie, $,24.
Tour large (Ici)^ ou TerJarghc^ à
Tyr, 132.
Tour des traîtres^ à Baruth, 59.
Tour (Guillaume de la). Voy.
Guillaume de la Tour.
Trahona (le), localité voisine de
Nicosie, 119.
Tripoli de Syrie, 5, 8, 9, 10, 23, 61,
62,63, 64, 71, 79, 99, loi, m. —
Évêché, 62. — Maison dite l'Aire
de l'évêque de Tripoli, 61, 63. —
Puy du Connétable de Tripoli,
57, 71. - Comte de Tripoli, voy.
BoÉMOND IV, prince d'Antioche
et comte de Tripoli. — Voy. aussi
Marie d'Antioche-Tripoli.
Turquie, 42.
Tyr, Sur, 23. — Livré par Balian,
seigneur de Saete,aux Longuebars
(123 1), 58. — Richard Filangier
y séjourne, 62. — Les Longuebars
s'y retirent après avoir levé le
siège de Baruth (1232), 64, 65.
— Un patriarche d'Antioche [Al-
bert Rezato, 1 225-1245] y passe
(avril 1232), 64. — Les Lon-
guebars y rentrent après la
bataille de Casai Ymbert (3 mai
1232), 67. — Quelques-uns de
leurs vaisseaux paitis d'Acre, s'y
rendent, 70. — La flotte chypriote
allant d'Acre en Chypre passe
Philippe de Navare,
devant (mai- juin 1232), 70. — Ri-
chard Filangier s'y installe en qua-
lité de bail du royaume de Jéru-
salem (i232-i233),79. — La flot-
te des Longuebars, occupée au
siège de Cérines, s'y rend de
temps en temps (1232-1233),
80. — Après la reddition du
château de Cérines (2*" trimes-
tre 1233), les Longuebars par-
tent pour Tyr, 88. — Il se
fait non loin de là un échange
de prisonniers entre eux et le
vieux sire de Baruth, 88-89. —
Tyr est la dernière ville de Syrie où
les Longuebars se maintiennent,
88-89. — Lotier Filangier s'y ins-
talle comme bail de l'empereur
après le départ de son frère Ri-
chaid (1243), 93. — Quatre bour-
geois off"rent à Balian d'Ibelin,
sire de Baruth, de lui livrer la
ville (1243), 93' — Aalis, reine
de Chypre, sur le conseil de Balian
d'Ibelin, requiert, comme régente
du royaume de Jérusalem, le ser-
ment des gens de Tyr (1243),
94-95. — Ceux-ci le refusant,
les partisans de la régente as-
siègent leur ville, 96 — Le
sire de Baruth occupe la ville
par surprise ; Lotier Filangier
se retire dans la citadelle, qui est
assiégée à son tour et prise (10
juil. 1243), 97-101. — Phil. de
Nov. appelle Tyr « le mauvais
nid des Longuebars «,89, loi. —
Poterne de la boucherie, 96, 97.
— Tour large (Teilarghe), 132.
— Archevêque, voy. Simon dh
Maugastel.
Vaalin (Jean), bourgeois d'Acre,
90.91.
Vénitiens. — Les Vénitiens d'Acre
défendent leur rue contre une tenta-
tive de Richard Filangier (1241),
91 — Les Vénitiens de Tyr sont
convoqués à la lectme solennelle
de l'acte par lequel, en 1243,
Aalis, reine de Chypre, revendi-
II
l62
TABLE DES NOMS PROPRES
Baruth dans le siège
quait la régence du royaume de
Jérusalem, 9$, 130; ils secondent
le sire de
de Tyr (1243), 96, 132
Vesconte (Guillaume). Voy. Guil-
laume Vesconte.
Vigne nueve^ mai'-on de l'Hôpital,
sous les murs d'Acre, 92.
Villebride (Pierre de). Voy. Pier-
re DE Villebride.
Ybelin. Voy. Ibelin.
Yzengrin, nom du loup dans le
Roman de Renaît, 87. — Sobriquet
donné par Pli. de Nov. au vieux
sire de Baruth, 44-50.
Zaboc (Hugues). Voy. Hugues
Zaboc.
Zacco de Rivet. Voy. Jacques de
Rivet.
Zamberlan (Renaud). Voy. Re-
naud le Chambellan.
GLOSSAIRE
Abalestrier, voy. aubalestrier.
iibandounecment clxxx, hardiment.
:ibouiiassa,y>/. ^ de abounacier, xcr,
s'améliora, en parlant du temps.
acompaigner rejl, lxxiv, ci, recher-
cher la compagnie^ se mettre du
parti de qiiclqutin.
acoster réfl. lxxiii 57, cxxxi, s'appro-
cher.
adès II IV, L, lA, LXXXV, lxxxviii,
cxvii, cxxii, cxLii, maintenani,
à ce moment^ alors.
adezer cxxii, toucher.
adoubé cxxxii, armé : adoubé a
chevalier.
ufaitier xv, cxlvi, arranger, for mer y
dresser.
aferable I ix, convenable, propre à.
aferir, afferir, convenir, appartenir :
ind. pr. ^ afiert cl ; impf. ^ affe-
roil II IV.
afiguier Lxxii, comparer.
agait CXL, guet, garde ; voy. gait.
aignel, aneau, Lxviir, lxxiii 182,
agneau.
aiguë XI, xxiii, lxxix, xciii, cxix^
cxxii, eau.
ains, ind. pr. i de amer, l, lxxxv,
[j"]aime.
aire xcvir, xcix, cxxiii, terrain plat,
jardin, grange.
aïrer réjî. II vu, li, s'irriter.
aisies (maisons) xc, maisons confor-
tables.
aït, subj. pr. ^ de aidier : si m'ait Des
(ms. si m'ai des) xlix. que Dieu
m'aide.
nlëauter réf. xiii, se justifier.
amermer xxxvi, lxxxviii, affaiblir,
diminuer.
aneau, voy. aignel.
aparant xx, lxxix, lxxxvii, cxxiii,
CLXX, CLXxiv, CLXxv,<7w/5^ moutrc,
apparent, visible, évident, manifeste ;
les plus aparans xxx, les plus consi-
dérables.
apert (en) lxxiii iio, clxvi, o//t'^r-
tement, publiquement.
apoié cxxix, pressé, appuyé.
aforveier réfl. cxr, se pourvoir.
arbaleste,-stre, aubalestre, cxx,cxli,
CXLii, arbalète.
ariere tout II viii, par dessus tout.
ariver I vu; II xii, xviii, xix, xxxix,
XLI, XLV, LXXVIII, LXXXVIII, XCIV,
CXI, CXIV, CXVI, CXVII, CLXXXIII,
aborder.
arme lxxiii 216, cliv, clviii, clix,
âme.
arocher xliii, xliv, lapider.
art lxxiii 95, 211, artifice.
art lv 71, étude, leçon.
aschesa,/!/". _^ de ascheser (?), cxxx,
mot inconnu, ou corrompu (adeser ?).
asodre, absoudre : ind. pr. ^ asot
LXXIII 201 ; impérat. j asoillés
LXXIII 197.
asprement cxxxii, cxxxvii, vaillam-
ment, rudement.
assaut Lxix 24, iud. pr. ^ de assaillir,
assembler Lvit, cxvi, cxxix, cxxx,
cxxxii, en venir aux mains, se
heurter.
assis,/?, pa. de asseoir, lxii, assiégé.
assise cxlv, règlement.
assouager lv, consoler.
atrait clxvi, machination.
aubalestee (var. aubalestree) cvr,
portée d'arbalète.
164
GLOSSAIRE
aubalestre, voy. arbaleste.
aubalestrier,-ticr, lxx, cviii, cxiii ;
arbalestner xxiii ; abalestrier
cxxxvii ; balestier cxxxix ; arba-
létrier.
autiers cxii, autels.
autrier (1') lxix i, Vautre jour.
avaler cli, tirer en bas.
aveaus, pi. de avel, lxxiii 52, désir,
envie.
aveement clxxv, autorisation.
avenant subst. II viii, entregent.
Bacet lxix 5, à voix basse.
bachelier {var. bacheler) xxxviii,
jeune noble aspirant au rang de
chevalier.
balesiier, voy. aubalestrier.
ban (crier le) LV29, clxix, convoquer
les vassaux ; au fig. proclamer la
suzeraineté.
bandon (mettre à) lxxxiv, aban-
donner complèteme» t.
barat lxxiii 211, tromperie.
barbadaye II vu, jeu violent, oii l'on
se frappait (à rapprocher peut-être
de barbatoria, mascarade).
bargaigne lv 9, lxxiii ii, débat,
afiaire.
baudour lxix '^j, allégresse, entrain.
baut LXXiv,yo}'^//,r, assuré.
beau adv. xl, hUement, de bon cœur.
behorder, bouhorder, I ix ; II vu ;
jouter avec des bohors, grosses lances
sans fer.
bend< lés clxxxvi, couverts d'un
bandeau.
bersiers cxv, chiens de chasse.
bescut Liv, biscuit.
besoigne xlvi, xc, cxxxiv, clxv,
affaire, combat, escarmouche ; xxxv,
CXXXIV, besogne.
bien de II v, xlii, xliii, cxxviii,
en bons termes avec.
bonasse, bounace, cv, cix, cxix,
beau temps (sur mer).
bones genN, bonnes g., II ix, xx,
XXX, LXXXIV, xciv, xcviii, cxlii,
CLXV, ^ens notables.
boule xcviii, bulle, sceau.
boulees xcviii, munies d'une bulle.
! boverie xcvii, vacherie, ferme.
bricons lxvii 8, sots.
!
I Calemeles xc, roseaux.
caler clxxxiii, amener {les voiles).
campane cxlvii, cloche .
cantier, étançon^ chevron, chantier :
barque de c. clxxxii, chaloupe.
canton li (ms. caton), xci, coin,
quartier.
careau, quareau, LXI1149, lxvi,lxx,
c\ui,jlèche pour arbalète, armée d\i II
fer en for me de pyramide à 4 pans.
carevanes cxxxviii, escadre^.
casai, cazal, I m; II cvin, cxxii ,
cxxvi ; ferme, métairie, petit fort
isolé (Cazal Imbert).
centence cxxvii, sentence d'excom-
munication.
champaigne lv 14, campagne.
chaoiteLx, chute.
chape saint Johan lv 26, vêtement
des Hospitaliers.
charestie xc (yar. cherestie), cherté
des vivres, disette.
chartre lxix 8, charte.
chasteler, 7 Cl)', enchasteler.
chauce xxxiii, chausse, bas.
chaude novelle xiii, nouvelle récente
et persistante.
chaut, ind. pr. 5 de chaloir : ne
vous en ch. cxlv, ne vous en
soucie:^ pas, peu importe.
cheau lx, var.pour chevau ; de même
cheaucherent cxxvi {var.).
chef, pi. chés, chiés, xxiv, xxvi,
LV 52, cxx, CLXXXVI, tête, bout \
chef de Fan cliii, bout de Vannée ;
chef dou troublât lxxxv ; venir à
chef Lxxvi, c, venir à bout ; le
premier chef (d'une table) xxiv,
le haut bout d'une table ; chef sei-
gnor xxxvii, suzerain.
chevalerie II vi, vu, cérémonie de la
création d'un chevalier; cxxvii,
cxxx, valeur militaire.
chevaucheûres cvi, cix, cxviii {var.
chevauchures), montures.
chevetaine, cheveteine, cheveteyne.
II IX, LVII, LXX, LXXVII, LXXXV,
Lxxxvi, xcii, xcvii, civ, cv, CXXI,
AUBALESTRE — lilUS
165
CXXII, CXXVriI, CXXXVT, CX^CXVII,
cxL, CLXxxi, CLXXXvr, capitaine.
choisir cvir, cviir, cxxv, apercevoir.
chufler Lxvii 13, berner.
claim CLXXvi, appel en justice, récla-
mation.
clamer rèjl. lxxiii 39, cxxxviii,
appeler en justice devant une cour
féodale.
clamor, -our, Lxiii5,Lxrx <f^, comme
claim.
cler : il n'estoit mie si cler d'eaus
Il XI, // n'était pas avec eux dans
des rapports aussi nets, aussi
francs.
comandement : Deu fist son c. de
luy Lxxxiir, cxui. Dieu le rappela
à lui.
compère, ind. pr. ^ de comparer,
Lxxrii 38, paie, expie.
concorder xxî^iii, mettre d'accord.
conduit xcix, cii, escorte.
conoissant I m, expérimenté.
conparison lxxix, différence.
conreé (tel) cxliv, arrangé de telle
manière.
conroy lxxxiii, arrangement, ordre;
ici troupe armée (}).
conseiller xlvit, lxxiii 76, lxxv,
délibérer, prendre conseil.
consele cxxii, consul.
contens II xi, lxix 58, lxxiii 41,
contestation, discorde.
coraus, voy. coural.
cors XX rv, vétemenf de dessous, jus-
taucorps.
costenges cxlv, dépenses.
coubles Lxvi, couplets, strophes.
coue CLii, queue
coural. pi. coraus, lx, cviii, intime
{ami).
couvine, covine, lxix, lxxxi, clxiii,
CLXXXVI, affaire, état, disposition.
covenance, covenancps, convenances,
Xll, XVI, CLV, CLXXIII, CLXXXVIII,
CLXXXix, convention, accord ; par
tel covenance xxxvii, à cette con-
dition.
covenancier, covenenser xii,
CLXxxix, promettre par convention,
convenir, s'engager .
covenant, convenant, pi. covcnans,
XII, XXXI, XXXVII, LI, LXIX,
LXXIII 202, c, CLVII, CLXXIII,
CLXxviii, CLXXXVii, même sens que
covenance ; cf. covent.
covent CXL, accord.
coverture lxxxvii, apparence.
coyement clxii, sans bruit, secrète-
ment.
Damoisele, damoissele, damoizellc,
I I, II, IV, V, VI, VII, ix; II cx
CXI ; demoiselle, fille de roi ou de
grand seigneur.
dardans (en), dardant (en), xiv, xv,
Lxvi, d'estoc.
débat cxx, résistance.
decervir, desc, deservir, II x, xviii,
XLviii, LXiii 39, mériter-, dec. un
fief xcviiT, s'acquitter des devoirs du
feudataire.
delès XXIV, à côté de.
depecie lix, lxix, démolie, ruinée,
deputaire lxiii 36, perfide.
deroier cxxix, se disperser, rompre ses
rangs ; cf. le suivant.
desconroier cxxx, mettre {une troupe)
en désordre ; cf. U précédent.
desgarochié cii, ruiné.
desjuglé xxu, joué, désappointé,
desloc XV, déconseillé.
desordener lxiii 24, mettre en dé-
sordre.
desorder {ms. descorder) xcvii, dé-
barrasser des ordures.
despartir xxxiv, départ.
despendu II vi, dépensé.
despensasion I vi, dispense {de ma-
riaoe), autorisation.
desrivé lxxxix, débordé {en parlant
de cours d'eau).
desruper réfl. cxxxiii, se précipiter.
destreindre xii, cxiii, clxxxi, près-
scr.
desvés lxxiii 87, /0//5.
detraire lxiii 41, ècartelcr.
dilyguanment I viii, avec attention,
doutis XLViii, inquiet.
durs II X, rude.
Eius (ms. euis) clxxxvi, r^//A-.
i66
Gf.OSSAIRE
embler xli eiileirr; lU'fL cxxviii,
s échapper.
empirié cxliit, dclcriorè^ ahunè.
enbalre lv 31, assaillir \ rèfl. cxLiii,
s^ élancer.
encliasteler réjl. \.\\u, lxv {uis. se
cliastelerent), cxxxvii, s'enfermer
dans lin château.
enclin lv 52, incliné.
endementiersque clxxxii, tandis que.
endroit Lvn, en face de; ci endroit
LxxiiL 140, justement, précisément.
engaigne lv 8, irritation, fureur.
engigncr lxxiii 186, tromper, duper.
engineorsLXXx, constructeurs et con-
ducteurs d'engins de guérie.
enpaleger réfl. cxxii, prendre la haute
mer.
enseigne lv 7, cxxxii, cri de rallie-
ment, mol d'ordre ; lx, étendard.
en?on xliii, au commencement de.
entendement II x, clxxxii, inten-
tion, volonîé.
entérinement xxii, clxxxviii (//w.
entnnement), entièrement.
entreseignes xciv, cxxv, signaux,
mots de passe.
enuiouses xliii, insolentes.
cnvaïr lxiii 27, lxxiii 53, attaquer.
envessees (robes) I ix (/«5. vessees),
costumes gais ; cf. envoisier.
envi s (a) xxxv, lxxiii 97, à regret.
envissures I ix, réjouissances.
envoisier réf. lxxiii 62, être gai;
Lxxiv, se divertir.
équivoque (rime) lv 85, rimant sur
de. IX syllabes.
cschargaite cxl, guet, surveillance.
eschargaitier cxl, faire le guet.
eschele, eschiele, lvii, lxxviii, xcr,
cxxvii, CXXVIII, cxxix, cxxx,
fxxxv, corps de bataille ; asescheles
caites cxxT, cxxv, les corps de ba-
taille étant ordonnés.
escheriement civ, avec peu de forces.
cschery cxl, affaibli.
es forcé xxxv, renforcé.
esforceement, esforsecment, xliî,
LXiv, CXL, c\.u, en forces, violemment.
esfors XXI, lxxvi, c:ix, clxitt, forces,
renfort.
csgarder xxv, i.i, lv 21^ prononcer en
justice, juger ; lxxv, regarder.
esgart, esgart de court, xiii, lu, lv 9,
LXiii 5, cxxxviii, clxxvi, déci-
sion de cour de justice ; requerre
esgart lv 20, en appeler à la jus-
tice ; faillir d'esgart lv 64, refuser
de s'en remettre à la justice.
esmaier réfl. xcv, prendre peur.
esmer cxv in, estimer.
esmouvoir réfl. cvii, clxii, se lever,
se mettre en route.
esoingner réfl. xx, s'excuser.
espareigner xiv, ménager.
cspie cxvii, espion.
esploit cxxxvi, profit.
esprevier lui, couvre-lit.
esraché clxxxix (yar.), arraché.
essample cl, clv, exemple, conte ser-
vant d'exemple.
establexxiii^ écurie, communs; clviii
bien^ immeuble.
establie LXiX44,postede gens d'armes^
de sentinelles.
estages xxx, maisons.
estant (en) lxxxii, debout.
estent, ind. pr. ^ de estevoir impers.,
Lxix 14, lxxxii, // faut.
estoire lxxviii, flotte.
estordre lxxiii 193, échapper.
estotie lxiii 2, imprudence, outrecui-
dance.
estoutement cxliii, clxxx, témérai-
rement.
estranges xciii, étrangers.
estre lxxiii 90, état, situation.
esvous LXXIII 55, jjq, voici.
eus (a son) xii, lxvii ir, lxxiii 8,
CLV, à son profit, à son usage.
evangelier cxlvii, évangéliaire.
Faillir d'esgart lv 64, refuser de s'en
remettre à la justice .
faindre réfl. lv 12, s'esquiver.
faiseor clxï, fabricant.
faiseour II x, actifs ingénieux.
faites (entre ces) xli, sur ces entre-
faites.
farrin lv 5 3 , probablement pour frariii ,
misérable, sans valeur, lâche.
fauser lxvi, percer.
i:mbi.i-:k
UKi':
16
feau Lxxiii 214, perjiih', fclon,
fermée xxvii, xcv^ forlifice.
fernel xlii, cslrope, anneau de cordage
servant à maintenir les rames.
fier, grand, fort : cheval tîer xv ;
fiere beste lv 15 ; fier Icuc, fieres
montaiones, lxiv ; fiere trecherie
Lxxiii 102 ; fieres playes cxxxv.
fièrement xlviii, fortement.
fin II VIII, XXXVI, XLvi, Lxxr, clvi,
accord, conclusion .
finer lv 84, clv, achever; xlv, lxii,
xcv, cxxi, cxxii, clvi, conclure un
accord.
flat Lxxiii 44, coup asse:^^ fort pour
faire tomber qqn . à plat.
flatimus lv 35, latinisation de flat, /V/
chute à plat.
flum lxxxix, xci, xcyi, fleuve.
flumaires lxxxix, fleuves, torrents.
fluter CLXXix, flotter.
foïb (ms. foies) cxxxv, cachés.
force II VII, XXXII. xcviii, troupe
dljommes d'armes, forces militaires,
fore h es CLXXXvi, fourches patibu-
laires.
forfait CLXV, dommage.
fors (covenances) xv\,conditions dures .
forspassa II viii, quitta le pays.
fortjugié cxxxviii, jugé par ^^^^^^_
mace.
fortrait xli, emmené.
franchise cxiv, cxxii, exemption de
droits d'entrée, libre entrée.
frapaille Lxxui (^i , canaille.
frarie, frairies, cxlvii, clxxiv, con-
frérie, association pieuse,
frarin, voy. farrin.
froissures xliu, fressure.
froncie lxiii 35, ridée.
fuer (a nul) xcviii, à aucun prix.
fust Lxxxi, cxxxix, bois.
Gaber xxvi, plaisanter.
gait LXix 56, corps de garde, guet ;
voy. agait.
galees, gallees, gualees, guallies, I
vil, XI ; II XII, XIII, xviiT, xxxviii,
XXXIX, XLII, XLIII, XLIV, LXXVII,
XCIII, XCIV, XCIX, CV, CVI, CIX,
CXII, CXVI, CXVII, CXXII, CXXIII,
CXXXVI, CXXXVIII, CXLV, CLVII,
CLXxvii, cLXXix, CLXxx, gaUrcs,
vaisseaux longs, pontés, à voile et
à ranu , d' allure rapide, généralement
armés en guerre.
gareth lvii, guéret.
garides cxxxix, guérites, abris mobiles.
garir xxxii, mettre en garde; réfl.
cxxxiv, se réfugier, se mettre en
sûreté.
garison cliii, guérison.
garni lxiii i<y, disposé ; garny lv 24,
prémuni. ,
gas (a) CLXxvi, par plaisanterie.
goule lxxxi, clxxxv, clxxxvi, ^or^r.
goupil LV 58, renard.
goupiller lxxxvii, s'efforcer par ruses.
grevouse II xi, pénible, désagréable.
g ries xvi, pénibles.
grifaine, grefaignie, II x, lv i^, fa-
rouche
grifon Lxxiii 175, grec,
gualees, guallees, -ies, voy. galees.
guerredon lxxxi, récompense; mau
guerredon xxxvi (var. gerredon),
xxxvii, grief, vengeance.
guerredoner xxii, recompenser.
guigner lxxiii 68, regarder de tra-
vers.
Haut (en) xxv, lxvi, cxliv, à haute
voix.
hee, subj. pr. ^ de haïr, lxxiii 40.
heir, heyr, I i, 11 ; II xviii, xxvii,
XXXIII^ XL, XLIX, XCIII, CLXX,
CLXXiv, CLXXV, héritier.
herberge xxxiv, lxiv, lxv, xcvii,
XCIX, CÏV, cvi, cxxiv, cxxvi,
cxxxî, cxLii, CLXxxiv, logemeut,
doneure, campement d'une armée,
horder liv, garnir de palissades.
Issue LXIV, XCI, XCIV, sortie d'une
troupe assiégée.
Jor (au), jour (au), xli, xlii, xcvii,
cx^ CXI, cxxviii, alors,
uaus I VIII ; II xxiii ; joyaux.
ugnet, juingnet, I xi; II lxi ; juillet.
ure lxxiii 127, serment; II vu,
CLXii, cLXiii, alliance, parti.
ié8
GLOSSAIRE
jut, pf. ^ de gezir, cxlii, être couché,
se coucher.
Karaque,q uaraque,CLXXxii, CLXXXi V,
caraque, vaisseau lourd marchant à
la voile.
Laîdir II vu, xliv, lxxi, maltraiter.
lait LU, Lxxiir l'y '^^ violence.
lancier, lansier, xciii, xciv, cxx,
jeter {avec des machines de guerre) ;
CLii, s'élancer.
lecherie lxxiii lor, cliii, perfidie.
legier (de) lxxxiii, volontiers.
legierementci, cxl. clxiv, facilement.
leonnime (rime) lv 85, vers dans-
lequel les deux hémistiches riment.
liart LV 58, cheval gris pommelé.
lice, lyce, xiv, xv, li, harrière d'un
champ clos.
liement xxii, joyeusement .
liés XLX, l, lxxxviii, clxxii, content.
linge lxxiii 17, mince, fragile.
livraisons {ms. maisons, p.-ê. pour
mensions) lvi, fournitures .
loer, louer, xx, xxvi, xlii, l, lxxxvii,
CLXXi, CLXXII, CL XXV, Conseiller,
approuver ; réfl. xxxviii, Lxxiii 134,
xcviii, se louer (de qq. ch.ou de qn.).
longdigne LV 10, latrine,
los, ind. pr. i de loer, l.
lozengeresses cxlvi, flatteuses.
luminaire lxxxix, xciv, illumination.
Mahaignyé, mahanié, II vu, viii,
blessé.
maihnee, maignee, mahnee, voy.
maisnie.
maint, ind. pr. ^ de maindre, lxvii 4,
hahite.
maintenement II xi (ms. mainte-
nent), appui.
maisnie, maihnee, maignee, mahnee,
II VII, xviii, XXXVIII, Lviii (ms.
maaignée), xcii, cxxxi, cli, cliii,
clxviii, personnes constituant la
maison.
maisons, voy. livraisons,
maistrier lxvii 12, dominer.
maistries cxiii, compagnies (de soldats
commandées par un maître).
malenconious cli, mélancolique,
manaie, manaye, xxii, clv, pouvoir.
manant cl, richement établi.
mangueneaux cxxxvii, cxxxix, man-
gonneaux, engins de guerre, lançant
des projectiles, et dont la force propul-
sive était fournie par un contrepoids.
mant, ind. pr. i de mander, lxiii 56.
marein, marain, lxxx, lxxxi, bois
de construction,
marine, maryne, pi. marines, I xi;
II xviii, cxii, cxix; bord de la
mer ; gens, homes de m. xxiii,
Lxxvn, LXXX, cxxxvii, marins.
mars xlv, lit, clxxvii, marcs, mon-
naie de compte (ici, marc d'argent,
dont le poids était fixé, en Chypre, à
223 gr. Ô49).
mas (ms. mat) lxix 4, abattus.
mau, m2i\, adv., xliv, ex, cxiii, cli,
mal ; mau de xlii,xcvii, en mau-
vais termes avec ',m2iM mener clxiv,
malmener.
meaus, maus, II i, xxi, xxxii, lix,
LXIX, lxxiii 136, LXXXV, LXXXVIII,
xcvii, cv, cxxviT, mieux, plus ;
qui meaus a meaus, qui meaus
meaus, xciii, clxxx, à qui mieux
mieux.
mehlée cviii, mêlée, combat corps à
corps.
mehler réfl. lx, cviii, combattre, se
jeter dans la mêlée.
mensions clxi, dépenses ; cf. livraisons.
mère yglise cxlvii, église métropoli-
taine.
mermes cxix, moindres.
message lxix 49, lxxii, lxxiii 187 ;
Lxxix, CLXXX VI, messager y ambas-
sadeur.
mestier lxxiii 96, lxxx, lxxxit,
Lxxxvi, lxxxix, ex, CLVii, bcsoin,
utilité.
mezeaus lxxiii 84, lépreux.
miege lxxiii 35, cli, cliii, médecin.
mineorsxciv, mineurs (dans un siège).
moe Liv, moue.
monter cxxxi, faire remonter (à che-
val) ; monter contre II vu, valoir,
surpasser.
moreau lxiii 28, cheval noir.
JUT — PRISONS
169
inostre lxxviii, xcvi, inoiilre de sol-
dats.
inoti, moty, xvi (ms, moitié), lxii,
cxxii,^jct' d'avance, convenu ; dessus
m. CLXii, susdit.
muer lv, s'empêcher de.
muete c, départ, expédition.
muire, subj. pr. i de morir, Lxxxv.
musart lxiii 30, fou.
musser réfi. cxi, clxiii, se cacher,
Nafrer, naffrer, lui, lxvi, lxvii,
CV, CVI, CXXXIX, CXLII, CXLIII,
cxLiv, CLTi, blesser.
nafres cxxxv, clii, blessures,
naïté Lxxxiv, origine.
nave xl, lxxii, lxxvi, lxxvii, cxv,
CXXII, CXXIII, CXXXVI, CLXXXII,
CLXxxiii, cLXxxiv, navire.
navie xvm, xxiii, xxxiv, xxxviii,
XXXIX, XL, LVI, LXXVII, LXXXIX,
xc, xcv, CI, cm, cxiv, cxx,
CXXXVI, /o//^.
neporquant CLXVii, /?owr^a«/.
neteee {ms. netee) lxxxviii, nettoyée.
nicement cliv, sottement.
noe (a) xcii, à la nage.
noreture (de la) dou lignage d'Ibelin
xcii, élevé par les Ibclins.
Ormegees xcii, alignées.
orpeau lviii, cxxxii, feuilles de mé-
tal doré.
ouan LV 4, 27, cette année.
ounement cxxii, mot probablement
corrompu : p.-ê. aveement, auto-
risation, ou aiinement, réunion.
outreement xlix {ms. otroyement),
Lxxiii 189, absolument.
Paenime xcix, pays des païens.
parage lv 73, famille, parenté.
parastre lvii, xcix, beau-pére.
parole l, xcviii, clxxiv, mot, opi-
nion, argument ; xxxvi, xlvii,
xcv, xcvi, xcvii, pourparlers, ou-
vertures', raison de parole li, argu-
ment juridique.
par si que, par ensi que, xlvi, xcv,
CLXXV, à condition que, de sorte que.
partir xci, CLXXiit, partager^ distri-
buer.
Pascor, -our, 11 viii, lxix, temps
de Pâques.
Pasque de may cxli, Ascension {}).
paute cli, clii, patte.
pelagre clxxxiii, haute mer.
peme lvii, lxxxv, rude {en parlant
d'une bataille) ; cf. pesme.
pénibles II x, lxx, dur à la peine, in-
fatigable.
periere lxix 14, cxxxvri, cxxxix,
CLXXXi, pierrière, engin de guerre
servant à lancer des pierres, mil par
un ressort.
pesme clxxxix, mauvais ; cf. peme.
petreaus lxix 23, murailles, fortifica-
tions.
pies (en)LXXXiv, debout.
piessa xxix, // y a longtemps.
piétaille, -allie, xxxii, xcv, cxxxix,
CLXXXi, t>oupes à pied.
piour XIV, Lxxxiii, pire.
pitous XLVi, miséricordieux.
plantive (fcrest) cli, abondamment
plantée^, épaisse.
plege xxxvii, lu, garant, caution.
piéger xxx, lu, servir de garant.
plumer lxxiii 98, 99, se dégarnir de
poils.
pluyage lxxxviii, pluie.
poer, poier, voy. pooir.
ponent lvii, vent d'ouest.
pooir, poer, poier, poyer, I v, vu ; II
VII, VIII, XX, XXII, XLVIII, LXXIII
163, Lxxxiv, xcv, cm, cxvii, cl,
CLV, CLX, CLXXXIV, CLXXXIX ; /)w/5-
sance, forces militaires, influence.
porchacier I v, vi ; II, xviii, xlv,
LUI, XCII, xcv, c, CI, CXXI, CLX ;
chercher à obtenir, à faire.
porclias CLXii, clxvi, effort pour ob-
tenir qq. ch
porpens, porpensement, lxix 47,
cxx VI, dessein.
porpenser;^/?. xiii, lxxiii 101, for-
mer un dessein.
porprendre xxv, s'emparer.
poulains, po^ains, cxv, cxlix. Francs
nés en Terre-Sainte {plus spécialement
d'un Franc et d'une Syrienne) ^ par
opposition aux croisés.
prisons cxxxiv, prisonniers.
I/O
GLOSSAIRK
prive Lxx.r, xciii, cxl, cxlvi, eu,
CLiiT, CLXVii, CLXxiii, familier.
proie xxx:i, héfail ; proye cw^ proie,
Quaraque, voy. karaque.
quarean, i'oy. careau.
quart (soi) lv 69, lui quatrième.
Racointier lxxiii 59, refaire connais-
sauce.
randon (de grant) lxxiii 167, avec
grand élau^ avec impétuosité.
ratirerent, pf. 6 de ratirier, cxxxix,
remettre en état.
receit xli, lxxxvi, refuge.
receter xcviii, cxi, cxxxv, recueillir,
donner asile ; réjl. cx,cxi, cxxxin,
se réfugier, trouver asile.
reclain lxxiii 178, appel.
recovrier cxxi, recouvrement.
recréant lv 66, recréés lv 53, de
recreire, abandonner la lutte.
recreûs lxxviii, fourbus.
recuit lv 22, njadré.
recullir (au) I xi, au moment de se
retirer.
refaiter lxxiii 51, remettre en état.
refreichis cxlix, renouvelés.
régal xxvii ; regale xxvi, xli ; pro-
duit des droits royaux.
regehir lxxiii 122, 125, avouer, con-
fesser.
religion xxx^ xxxvi, xli, lvii,
LXXV, CXI, CXII, CXXVII, CXXXITI,
cxxxiv, communauté relip^ieuse.
remanant (le) lxxxix, cxiy, le reste.
rememhrâncexcYui,mémoire,instruc-
lions.
remés, p. pa. de remanoir, xxi, aban-
donné, délaissé.
Ycmest, pf. ^ de remanoir, cxLii,r^5A/.
repairier lxvii 4, avoir son gîte.
repost XXV, caché.
respiter xii, xiii, retarder.
respons clxxv, clxxvi, réponse du
défendeur devant un tribunal.
révéler xxxii, soulever ; réfl. xxi,
xxix, se révolter.
riche cl, puissant ; riches homes
xxxvii, CLXxiii, hauts personnages.
richesse, -esce, II v, xxxv, puissance.
rimes xlti, rames.
rivere clxxxiii, bord de la mer.
robe I IX ; II xxii, xxiii, xlvii,
Lxviii, Lxxiv, xcii ; costume.
roiste cxxxi, escarpé.
rote, route, xxxiv, lxxv, cli, troupe.
Saisine, saizine, clxxv, clxxvi, />o5-
session (sous certaines réserves de
droit féodal).
salandre, ssalandre, lxxvii, cxiv,
cxv, salandre, navire à voiles et à
rames plus long et rapide que la galéc.
sarazinas clxxvii, besantd'or, valant
28, 2S gr. d'argent fin, ou 7 gros
tournois d'argent de France.
sarazinès (parchemin) xcviii, de pro-
venance sarra\iue ou façonné à la
sarra-^ine.
saudroyent, cond.pr. 6 de saillir, cxl,
se lèveraient, s'élanceraient.
saut (prendre un mau) lxxiii 74,
faire une chute mauvaise; prendre
les sans lxvii, sauter, p.-ê. être
pendu ; sur saut lxxx, ex,
CLXXXVii, à Vimproviste.
sautre lxvii 2 (var.), son autre.
sauvement lxxx, en sûreté, sans
dommage.
saytiés c, vaisseau long et étroit (sa-
gitfa ?), à ^ ou j; voiles, sans rames.
secors xxiv, vêtement de dessus.
secrète ex, trésorerie secrète.
segur (a) lxxxviii, en sécurité,
seignorie clxxvii, clxxxiii, princi-
pauté-, avoir prime la seignorieLXiii
2b, avoir V initiative, être le premier.
semblant xxii, xxv, xxvii, xlii,
XLIV, XLVI, XLVIII, LIV, LXXIII IO3,
apparence ; par semblant lxxxviii,
par feinte.
semenoient, impf. 6 de semondre,
cxv.
semonces I ix, invitations.
semondre xlit, lxxviît, cxv, faire
venir ; cf. semenoient.
sereement lvii, en rangs serrés.
serventoysLxiii49, chanson satirique.
sodées cxlv, soldes.
SOS LXii, cxxxviii, soldes.
soufraite xlii, lxxxvi, xcii, cxv,
cxxVjCLVi, matfque, besoin, déjaiit;
PKI M-;
VIS
171
pour soufraite de \.\\x\i, faute de.
soutil xxviir, Lxx, ////, adroit; sonti-
lece xxviir.
suriens, rowr/. />;•. ./ dr cstrc, i.xxxiv.
Tablier(tout sera surle) i.xxxvi, tout
set a sur V échiquier, on jouera le tout
pour le tout.
taison, taisson, taisscl, liv, lv 57,
Lxxir, Lxxiii 82, blaireau.
tart LV 70, de tarder ; que qui tart,
p.-ê. nom d'un jeu d'enfants.
tarydes xviii, tarides, vaisseaux courts,
servant surfout au transport, généra-
ment pontés et armés pour la dé-
fense, marchaiit à la voile et parfois
aussi à la rame.
tenser xciir, faire des reproches, querel-
ler.
toup Lxxiii 98, toupet de cheveux.
tour de la lune lxxxv, chanoremcnt
de lune.
touronet cvi, petite colline, t-rtre.
trabuc lxiv, lxv, lxviii, cxxxvii,
cxxxix, cxLi, tréhiichet, engin de
guerre, servant à lancer des projectiles,
mû par des ressorts et des cordes bri-
dées.
trabucheourLXix 21 , servant du trabuc.
trabucher lxix 22, démolir éi coups de
pierres lancées avec le trabuc.
trait (a) lxxxii, tout d'un trait.
traversai n xxxi, li, lv 22, pièce de
bois oii Von enfermait les jambes (ou
les bras) des prisonniers.
trecheour, trechiere, lxxiii 99, 120,
tricheur, tromj^eur .
trcigné, p. jui. de treïnner, cxli, trai-
né. »
tricoplcs {probablement le même que
turcoplos), Lvir, lxxviii, cviir,
troupes mercenaires de cavalerie
légère.
trive xxxvi, xl, xlii, trêve,
troson lxvt, tronçon.
troublât lxxxv, probablement le temps
troublé qui accompagne l'époque de
Véquinoxe.
truit, ind. pr. ^ Jetrcuvcr, truver, l\
69, trouver.
Vaisseau, vaiseau, vaisseaus, vas-
seaus, xviir, lxxxtx, xcir, xciii, c,
ex, CXII, CXV, CXVI, CXX, CLVII,
cLxxxii, CLXxxiv, vaisseaux, bateaux
larges, de transport o:t de guerre.
valet, vallés, I vu, x ; II xxxviii,
Lxxvii, Lxxviir, xcii, valet, jeune
noble non encore armé chevalier.
vau la terre (ceaus de) xlti, les gens
de la plaine .
vavassor, -our, xxx, lxvit 6. xciir,
vavasscur, seigneur qui dessert le fef
d'un autre seigneur.
vayrs II x, de diverses couleurs, ta-
cheté .
veneour cxv, chasseurs.
vent (sur) cxvr, cxvii, %'ent debout,
contre le vent.
vesiés XIV, avisé.
vileynis xlv, insulté.
vis XXXIII,
vivants .
cviir, CLVii, vivant.
ILE DE CHYPRE
SYRIE ET PALESTINE
Alep.
îApamée
iMargat(Ch'^de)
Montrerrand 35
MER
MORTE
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Introduction ; iii-xxi
I. L auteur et ses œuvres m
II. Le Recueil de Philippe de Novare v
III. Les Mémoires de Philippe de "Novare et les Gestes des
Chiprois vi
a) V Autobiographie de Philippe de Novare viii
h) LEstoire de la guerre des Ihelins et de Frédéric IL ix
IV. Editions et travaux antérieurs xiv
V. Établissement de V édition XV
a) Le manuscrit de Cérines xv
b) Edition Raynaud et copie Perrin xvi
c) Edition de V Académie xvii
d^ Traduction d'Amadi xviii
VI. Graphie de Védition xix
VII. Variantes et notes critiques xx
VIII. Appendices xx
Bibliographie xxii-xxv
Additions et corrections xxvi
MÉMOIRES DE PHILIPPE DE NOVARE i~ioi
L Fragment d'une autobiographie i
II. Guerre des Ibelins contre les Impériaux en
Terre-Sainte et en Chypre, 12 18-1243 5
Variantes et notes critiques 102
Table chronologique 134
Table des noms propres 139
Glossaire 163
Cartes : I. Syrie et Palestine ,
IL lie de Chypre.
D
Philippe
181
Mémoires
P5A3
1913
PLEASE DO NOT REMOVE
CARDS OR SLIPS FROM THIS POCKET
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